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le 13 janvier 2008




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DevilDriver
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2009)

21 décembre 2005 - Paris - La Boule Noire


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Pour ce dernier concert de leur tournée européenne, les DevilDriver finissent sur un point d'orgue: ils jouent ce soir à Paris à guichets fermés, ce dont ils sont très fiers. La file d'attente devant la porte est en effet assez longue et on compte un certain nombre de malheureux qui tentent de trouver une place au petit bonheur. Bel exemple de succès pour un Dez Fafara dont on se préparait déjà à parler au passé après le split de Coal Chamber et qui s'est installé aujourd'hui dans le paysage métal de fort belle manière.

La première partie de ce soir se nomme The Agony Scene, et officie dans un metalcore à tendance bien brutal. Les blast-beasts s'enchaînent aux mosh-parts tandis que le chanteur costaud hurle dans une tonalité hyper aigue assez surprenante: on est entre le hardcore et le black-metal et il faut un certain temps pour s'y faire. Une fois cette donnée intégrée, on ne peut que constater l'efficacité brute de la formation: je n'ai jamais vu un public réagir comme ça à une première partie "inconnue". Les abords de la scène sont une zone de pogo sauvage, et la foule (jeune et pas forcément typée "métalleux") se déchaîne sans faire semblant. Chaque titre est ovationné, et même si la fin du concert laisse se dévoiler une certaine ressemblance entre les titres, nul doute que The Agony Scene aura marqué les esprits… Surtout que les musiciens sont humbles et n'ont de cesse de remercier le groupe de tête d'affiche avec une sincérité visible. Un bon moment.

Ayant assisté au soundcheck de DevilDriver un peu plus tôt dans l'après-midi, je suis un peu inquiet car le son des guitares était vraiment approximatif. Une fois terminée l'intro mélodique sur bande d'"End Of The Line" -premier et très bon titre du dernier album-, le groupe envoie la sauce et mes craintes s'avèrent malheureusement justifiées. Les guitares créent un mur de bruit dans lequel on est bien en peine de reconnaître les notes jouées... Mais la foule n'en a cure, et la fosse devient une véritable zone de guerre. Le public de DevilDriver est venu là pour mettre le feu, et le pogo atteint une intensité et une violence que j'ai rarement vues dans un concert de metal (Slipknot et Machine Head inclus). La configuration de la salle aide pas mal, car la Boule Noire est toute en longueur et sa faible largeur compacte littéralement les personnes en présence... Slammeurs et stage-divers -qui sont tolérés sur scène tant qu'ils n'y restent pas trois plombes- se déversent donc sur nos têtes en un flot ininterrompu. C'est un peu l'essence du metal, ça durera tout le concert, et c'est bon.

Les fans furieux connaissent les chansons par cœur, et au vu de leur qualité ça se comprend. Le groupe adopte une stratégie de blitzkrieg et abat toutes ses cartes les unes après les autres: les énormes "Nothing's Wrong" et "I Could Care Less" du premier album débarquent très vite et assassinent littéralement l'auditoire ravi. Le son des guitares s'est un peu amélioré, et l'attitude des musiciens qui s'éclatent visiblement autour d'un Dez qui beugle fort bien et se révèle un authentique frontman met le feu sacré à tout le monde. La première moitié du concert est vraiment un moment d'anthologie: il faut voir les kids hurler "Hold Back The Day" ou péter un plomb en reconnaissant le début de "Sin And Sacrifice", le bonheur commun est aussi palpable que l'humidité dans l'air (il fait une chaleur à crever). Par contre, et c'était le risque d'une telle stratégie, la deuxième moitié perd en impact… En effet, une fois tous ses tubes joués, DevilDriver reste très balèze mais retombe dans une catégorie plus classique. L'énergie et l'efficacité brutes sont toujours là, mais l'impression d'entendre des hymnes métal n'y est plus.

Plus ennuyeux, le groupe quitte la scène après à peine une heure de concert… Il reviendra pour un rappel monstrueux, le très néo "I Dreamed I Died" du premier album qui prend une toute autre dimension en live. J'attends fébrilement "Die (And Die Now)", un des meilleurs titres black du groupe et voilà que les lumières se rallument! Quoi? Un seul rappel? Un regard à ma montre me confirme mes craintes: il est 21H30. Première partie comprise, l'évènement n'aura duré que deux heures au total! C'est une réelle déception, car pour un dernier concert de tournée et devant un public aussi déchaîné que ce soir le groupe aurait vraiment pu faire un effort.


Même si les kids interrogés dehors sont unanimes ([cit]C'était énorme![/cit]), je repars de ce concert avec de très bons moments gravés dans ma mémoire mais l'impression d'avoir vu une formation qui ce soir a raté de peu le statut d'excellent groupe qui était pourtant à portée de leurs mains. En tout cas, avec seulement deux albums au compteur, DevilDriver peut se targuer d'un niveau live impressionnant et d'une fanbase complètement psychotique. A revoir…


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