CHRONIQUE PAR ...

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Count D
le 13 janvier 2008




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

12 mars 2006 - Lyon - Ninkasi Kao


Dark_Funeral_-_Naglfar_-_Amoral_-_Endstille_Lyon_-_Ninkasi_Kao_20060312

Ce qu’il caille, devant le Ninkasi Kao de Lyon, cette salle hétéroclite ou quelques combos comme Dissection et Arcturus ont déjà eu l’occasion de passer! La tournée européenne de Dark Funeral, le grand attendu de cette soirée, s’annonce pas mal, avec pas moins de cinq groupes: Otargos, Amoral, Endstille, Naglfar et enfin Dark Funeral.

Arrivé un peu après l’heure prévue de début de concert, c’est Otargos qui joue ses deux derniers morceaux. Et c’est bien dommage d’être arrivé avec ce retard, parce que la salle est pleine et les Bordelais la chauffent avec un très bon black metal d’obédience scandinave. Maquillages, exécution diabolique, feeling underground, bref de très bons ingrédients qui rendent hommage à la scène française. Même niveau son, ce n’est pas désagréable, surtout pour une première partie, sauf le chant, un peu en retrait. On verra ensuite que c’est un gros défaut de balance qui s’est répété tout au long de la soirée.

Débarque alors Amoral. Une question se pose: mais que vient faire Amoral, groupe sympathique aux influences death/thrash mélodique au milieu d’une tournée aux relents true black metal? En tout cas c’est précis, tranchant, le guitariste faisant ici une démonstration technique sobre et brillante. Le chanteur chauffe la salle par son charisme de néo metalleux. Le son est ici excellent pour un style qui en a de toute façon besoin. Bonne intervention donc, mais pas des plus judicieuses en ce qui concerne la programmation de cette tournée. Dans un sens, ça casse un peu l’intervention d’Otargos, qui avait réussi à installer une atmosphère assez noire dès le début de soirée.

Quelques minutes plus tard, retour au black metal avec Endstille, prophète dans la musique aux riffs très simples mais noirs. Encore une fois, plantage sur plantage au niveau du mix des voix, le chanteur commence à s’énerver, mais finit par reprendre les rennes sur un black metal pur, aux influences Darkthroniennes dans lequel l’ambiance reste la composante principale. Bonne prestation, au son assez brouillon mais agréable. Le batteur semble apprécier ce qu’il fait, son rictus continuel le montre presque en état de jouissance. Une demi-heure de jeu, ça passe vite, mais l’on sait que c’est bientôt au tour du grand Naglfar, connu pour son intégrité malgré l’inégale qualité de ses réalisations.

On sent déjà un niveau de prestation supérieur à ceux des précédents groupes, marqués de sobriété. Kristoffer Olivius, illustre chanteur au crâne rasé, déboule sur scène dans son apparat de cuir, au sein d’un groupe aux allures ultra agressives. La qualité de son est cette fois au rendez-vous, et surtout ici, c’est le jeu de scène qui plaît. Le chanteur s’adresse vraiment au public, souvent sans micro, jette des regards, intervient auprès des musiciens, tout cela dans une espèce de théâtralisation globale mettant à l’aise à la fois le public et le groupe. Les guitaristes se montrent et l’on aborde des titres de plusieurs périodes, comme celle du dernier Pariah, ou bien Sheol et il me semble même du Diabolical. Quarante minutes de black bien monté, direct, qui font vraiment du bien. Le public en aurait voulu plus, mais bon, c’est au tour des grands de cette soirée: Dark Funeral.

Si le temps inter-groupes était assez réduit avant cette heure, celle de Dark Funeral est plus longue, notamment parce qu’ici le décor va avec la musique. Tous drapeaux satanistes sortis, imagerie [i]Under The Sign[/i], pentacles de chaque coté… L’attirail est sorti et c’est enfin le groupe attendu qui arrive sur scène, aux parures metal jusqu’au-boutiste. L’intro était longue mais le public accueille comme il se doit cette figure du black extrême. Il est clair qu’il était venu pour lui. Mais pour aller droit au but: Dark Funeral a déçu. Si les premiers titres ont fait ressortir toute la violence du groupe ("King Antichrist", "The Arrival Of Satan’s Empire"), la prestation du groupe dans son ensemble est plate, sans relief. Personne ne bouge et personne n’a l’intention de bouger. Caligula notamment, lui par qui devrait passer tout le diabolisme de cette formation pourtant excellente. Mais quelque chose semble choquer, et cela provient du chant de ce même Caligula, en retrait, sautant même des parties entières, en aucun cas mis en avant. Il a semblé à beaucoup ce soir-là qu’il n’était pas en forme, passant le plus clair de son temps sur scène à boire une potion noire, peut-être du sirop...

Et pourtant, dans tout cela, c’est toujours Dark Funeral que l’on observe, avec sa batterie infernale, un guitariste (Lord Ahriman) charismatique et un bassiste à l’allure d’un Abbath dark funéralisé. De très bons titres se font entendre, comme Ravenna Strigoi Mortii et l’excellent Vobiscum Satanas, qui soulève les foules. Enorme moment aussi avec Hail Murder, refrain repris par le public et Attera Totus Sanctus, bien exécuté (malgré quelques pains de l’un des gratteux…). Et là, tout s’arrête, avec en tout et pour tout vingt – vingt cinq minutes de set, la lumière se rallume malgré l’exclamation du public, le rap commence à sortir des enceintes de la salle…

Mais que se passe-t-il? Caligula semble avoir vraiment un souci ce soir. Heureusement et après cette frayeur, le groupe revient et finit son set bien trop court (une grosse demi-heure) avec "Atrum Regina" et le tant acclamé "My Dark Desires" sur lequel le chanteur de Naglfar intervient en deuxième partie. Cela donne au groupe une nouvelle impulsion face au public qui se demande bien comment tout cela va finir. Et d’ailleurs ça finit là, aussi rapidement, laissant une foule sur sa faim mais pas avide de questions… Dommage pour ceux qui attendaient une grande et glorieuse prestation des plus sataniques de tous. En espérant que la prochaine tournée nous amène un Dark Funeral en forme…




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