CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 13 janvier 2008




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

12 juin 2006 - Paris - Bataclan


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Stone Sour revient à Paris pour promouvoir Come What(ever)May, et c’est peu dire que la foule est au rendez-vous : le Bataclan n’est pas plein mais presque, et le choix judicieux d’Ill Nino en première partie de luxe permet de voir la salle déjà bondée avant que la tête d’affiche n’arrive...

Malheureusement, on se rend immédiatement compte que le son désavantage clairement la bande à Machado, qui semble maudite de ce point de vue : le concert de l’Elysée-Monmartre en février 2006 avait vu les percus complètement disparaître du mix, et si on les entend cette fois-ci c’est au détriment des guitares que le son saturé de basses rend inaudibles. Mis à part ce souci gênant, le groupe délivre une performance carrée et enthousiaste, chaque musicien s’éclatant au possible. On remarque une fois encore à quel point Ahrue Luster semble plus heureux qu’avec Machine Head, et que si Machado a beau chanter juste dans ses parties en clair il est tout de même poussif et assure bien mieux dans son registre hardcore. Chaque riff néo-jumpy fait péter les plombs aux fans, et comme le groupe joue moins d’une heure la lassitude propre à la musique jouée n’a pas le temps de s’installer... le problème d’Ill Nino est en effet d’utiliser toujours les trois mêmes ingrédients (riffs jumpy écrasants, passages pop en chant clair, passages de guitare acoustique, et on recommence), mais sur un laps de temps suffisamment court le groupe repart en ayant convaincu.

Puis Stone Sour arrive sur scène, et c’est la claque. Corey Taylor est littéralement adulé par la foule et il le lui rend bien. Les problèmes de son (guitares trop en arrière) s’estompent au bout de deux titres, et c’est parti pour une heure et demie d’un métal multiformes qui tape aussi bien dans le heavy que dans le hardcore, dans le hard-fm que dans le hard-rock bluesy, le tout unifié par le chant magistral de Taylor. Bien sûr sa nouvelle technique de hurlement est toujours aussi spéciale quand on se rappelle de son growl de goret sur les premiers albums de Slipknot et Stone Sour, mais en dehors de ça quel chanteur! Sa voix est saisissante de justesse et de beauté, et il module entre chant clair et chant râpeux avec une facilité déconcertante, ce dernier registre permettant par moments à l’esprit de feu Cobain de planer sur la scène. Ses acolytes ne sont pas en reste, et Roy Mayorga en particulier est totalement halluciné et son jeu est non seulement très visuel mais techniquement très solide.

Quant aux titres joués, ils permettent de confirmer que le public les connaît tous par coeur. Taylor n’aura de cesse de remercier les parisiens qui chantent à gorge déployée, et l’homme se sert de son charisme d’une manière qui force le respect. Impérial dans sa manière de commander à la foule tout en gardant un sens du deuxième degré salvateur, il déconnera ainsi seul sur scène durant un "Bother" d’anthologie qui le verra se planter, changer de gratte, vanner le public... et c’est ainsi tout du long. La variété du répertoire des américains fait mouche : le rock d’"Inhale" et "Take A Number" est repris par des milliers de gorges en folie alors que les couplets Slipknotiens de "Idle Hands" font péter un plomb à tout le monde. "Reborn" dégage une énergie phénoménale et le groupe s’amusera même à reprendre "Sweet Home Alabama" de Lynyrd Skynyrd, que le jeune public connaît étonnamment par coeur! C’est donc comblée que la foule repart après un concert en tous points parfait. Faites qu’ils reviennent vite...




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