CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
le 08 septembre 2007




SETLIST

Hunting High and low
Speed of Light
Distant Skies
A Million Lightyears Away
Father Time
Visions
Paradise
Last Night on Earth
Eagleheart
Black Diamond

AFFILIÉ

Stratovarius
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31 octobre 2007 - Wacken


Stratovarius_Wacken_20071031

Stratovarius au Wacken, tiens donc! Suite à sa reformation cahotique le groupe avait été le surprise act de l'année dernière, jouant trois titres avant de s'en aller. Entre temps l'album éponyme est sorti, le groupe a donné de bons concerts qui ont rassuré leurs fans, et a recruté un atout de choix en la personne du bassiste surdoué Lauri Porra. Il n'empêche que le groupe joue en plein après-midi et n'a pas de nouvel album à défendre... quelle approche Stratovarius allait-il donc privilégier? Le show best-of qu'ils ont déjà fait dix mille fois? Le déterrage de raretés pour satisfaire les fans hardcore? La présentation de nouveaux titres? Et bien un peu de tout ça...

Etrange prestation que celle de Stratovarius aujourd'hui. Pour commencer Timo Kotipelto n'est pas à 100% et lutte franchement dans les aigus,à 100% et lutte franchement dans les aigus, ce à quoi il ne nous avait pas habitués. Jens Johannson est encore plus bourré qu'à l'habitude à savoir que ça se ressentira sur son jeu. Timo Tolkki est brouillon et dégage autant de joie de vivre qu'un bigorneau dépressif, et même Lauri Porra semble préoccupé : l'homme qui a apporté la niaque dans les concerts de Strato n'est pas à fond cette fois-ci, et sa prestation semble bien sage quand on connaît son habitude d'headbanguer comme un fou et de courir partout. Il ira tout de même plusieurs fois jammer ave Tolkki, lui donnant l'occasion de lâcher ses seuls sourires du set... le bassite virtuose fait d'ailleurs le lien entre tous les membres du groupe, car il est le seul à s'éclater avec tout le monde. Tolkki et Kotipelto n'échangent pas un coup d'oeil (comme d'habitude), et quand le guitariste regarde son claviériste c'est plus pour le fusiller du regard qu'autre chose. L'ambiance est donc vraiment spéciale, et le parti-pris de la setlist n'aidera pas à se mettre vraiment dans l'ambiance.

Commençant le set par "Hunting High And Low" en lieu et place du désormais traditionnel " Maniac Dance" (qui ne sera pas joué), Stratovarius laisse croire à un set best-of sans risques, surtout quand "Speed Of Light" déboule derrière. Mais là, tournant brusque : on n'attendait nullement "Paradise" là au milieu, et ça fait du bien d'entendre ce titre de Visions qui a rarement eu les faveurs de la scène ces dernière années, et bastonne mine de rien pas mal. Le groupe continue de ménager la chèvre et le chou : "Distant Skies" est un classique (sur lequel Kotipelto en chie d'ailleurs comme pas possible), mais "A Million Lightyears Away" est moins attendu.. Puis le chanteur annonce ce qui restera sûrement le souvenir le plus marquant pour beaucoup : le title-track "Visions", longue pièce épique voire progressive par moments reste une composition de haute volée, que les problèmes de son de Tolkki sur le break acoustique et que la voix poussive de Kotipelo ne gâcheront pas. Et ensuite, c'est la surprise : le groupe annonce un nouveau titre!!!!

La curiosité s'empare de la foule car on ne peut plus trop savoir à quoi un album de Stratovarius va ressembler ces temps-ci... et "The Last Night On Earth" aura rassuré ceux qui ont conchié l'album Stratovarius : finies les digressions hard-rock, ce titre bateau est complètement power-speed et construit autour d'une mélodie de clavier qui pour l'anecdote reprend note pour note le thème de la "Fille Du Coupeur De Joints" de H.F. Thiéfaine (!!!). Le public est visiblement satisfait de retrouver « son » Stratovarius, et ne proteste même pas quand le vocaliste annonce qu'il reste deux morceaux et que le premier sera "Eagleheart". On sait que le groupe finira par "Black Diamond" donc il ne jouera pas "Forever", alors que ce titre est autant un impératif de festival que "The Bard's Song" de Blind Guardian. Tant pis, ne faisons pas chanter 35 000 personnes et balançons plutôt un mid-tempo poussif que "Kiss Of Judas" aurait mille fois mieux remplacé... heureusement que l'humour de Jens Johannson qui joue l'Hymne A La Joie en lieu et place de l'intro de "Black Diamond" vient remettre la bonne humeur dans l'équation.


C'est bien simple : on n'a pas retrouvé aujourd'hui ce qui a fait de Stratovarius un grand groupe à un moment donné. L'humour? Envolé. La technicité? Bancale. La puissance? Desservie par ladite technicité bancale et une setlist soufflant le chaud et le froid. Les finlandais ont été moyens alors qu'ils pouvaient théoriquement mettre le Wacken à genoux, ce qui inquiète un peu. Espérons que le prochain album dissipera ces craintes...


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