CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
le 13 janvier 2008




SETLIST

You Can't Bring Me Down
Trip At The Brain
War Inside My Head
Subliminal
Monopoly On Sorrow
Send Me Your Money
We Are Family
Possessed To Skate
Cyco Vision
I Saw Your Mommy
How Will I Laugh Tomorrow ?
Won't Fall In Love Today
Lovely
Pledge Your Allegiance

Rappels:

I Want More
Cyco

AFFILIÉ

Suicidal Tendencies
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

17 avril 2007 - Paris - Elysée Montmartre


Suicidal_Tendencies_Paris_-_Elysee_Montmartre_20070417

Suicidal Tendencies est resté inactif ces dernières années à cause du mal de dos de Mike Muir, l'obligeant à ne plus donner de concerts, le temps de récupérer. Au programme, un groupe canadien, Grimskunk, et un groupe suisse, Kruger, en première partie. C'est un public très branché hardcore qui vient remplir l'Élysée Montmartre, elle est loin l'époque où Suicidal Tendencies tournait avec Slayer, Megadeth, Queensrÿche ou Metallica !

Grimskunk dispense un hardcore assez fun, agrémenté de claviers old-school façon 70's et d'une bonne humeur communicative. Tempos rapides, riffs efficaces, un passage reggae par ci, un gros riff thrash par là, une première partie très adaptée à l'esprit Suicidal Tendencies. Etonnant que Grimskunk, vu son ancienneté, joue avant Kruger mais bon.

Avec les suisses de Kruger, la bonne ambiance va retomber dans le public. Il faut dire que leur musique est vraiment noire, sorte de postcore moderne, mélangé à du stoner, du Isis ou Cult Of Luna, du Entombed-rock, enfin ce genre de choses. Très jeunes, les musiciens impressionnent par leur technique et leur mise en place remarquable. Les morceaux sont longs et laissent de la place à des développements tous aussi glauques et agressifs les uns que les autres. Quel contraste avec la bonne humeur de Grimskunk. La voix du chanteur est bluffante, avec les sons qu'il arrive à faire ressortir dans les graves, même les voix les plus guturales du death metal ne parviennent pas à une telle intensité. Si Kruger est un groupe talentueux, il faut bien avouer que leur présence sur l'affiche dénote un peu avec le hardcore des deux autres groupes.

Place à Suicidal Tendencies, la ferveur avec laquelle ils ont été accueillis fait plaisir à voir. Une foule déchainée, un succès jamais démenti en France (il suffit de voir le nombre de concerts programmés en France à chaque tournée !), les fans disposent de toute la panoplie du bon p'tit skater de Venice avec bandanas, maillots de football américain à l'effigie de ST, casquettes et bermudas. Quand le groupe arrive sur scène, on a l'impression d'être en face de Body Count ou Public Enemy. La « nouvelle » équipe depuis 10 ans n'a plus grand chose à voir avec les belles années de ST, époque Robert Trujillo et Rocky George. Ne restent que Mike Muir et Mike Clarke de l'ancien line up.

ST est revenu vers du hardcore pur et dur depuis leur reformation en 1997. Et si les deux albums qui ont suivi (Freedumb et Free Your Soul... And Save My Mind) sont de qualité plutôt discutables (surtout pour le 2ème en question), force est de constater que sur scène, ça déménage ! Faut dire aussi que la part belle est laissée aux vieux titres, quelle set list !!! Tous les Cyco fans auront de quoi être rassasiés avec l'enchainement des "You Can't Bring Me Down", "Trip At The Brain", "Pledge Your Allegiance", "Monopoly On Sorrow" (le seul titre de The Art Of Rebellion joué), "War Inside My Head", "Lovely", "Send Me Your Money" et j'en oublie... Certains classiques sont tellement accélérés qu'ils en deviennent méconnaissables quand on est habitué aux versions originales (sur les intros de "Possessed To Skate" et "War Inside My Head").

Le ST actuel est peut être moins carré sur scène que celui du line up Trujillo-George, mais alors question patate, rage et spontanéité, il n'a rien à lui envier, bien au contraire ! Plus d'efficacité hardcore, rien ne semble être calculé ici ! Pourtant, les musiciens ne sont pas des manchots, entre le bassiste avec ses slaps faisant oublier Robert Trujillo et le guitariste reproduisant tous les solos de Rocky George sans problème. La set-list est peut être un peu trop axée sur le premier album de ST, qui, même si il reste un gros classique du hardcore, ultra-efficace, n'est franchement pas le meilleur, avec des titres jouant toujours sur l'alternance couplets lents - refrains hyper rapides ("I Want More", "Subliminal"). Il n'empêche que les moments où la basse se fait entendre, avant chaque accélération, cette façon qu'a ST de faire monter la pression avant chaque accélération, rendent la foule complètement dingue, et une telle intensité fait défaut à bon nombre de groupes de metal actuels (même extrêmes). Je n'avais pas vu un concert avec une ambiance pareille à l'Élysée Montmartre depuis celui de Bad Religion en 2004.




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