CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
le 23 septembre 2021




SETLIST

Amenra

Les Lieux Solitaires
Aorte
Diaken
Razoreater
Roads (Portishead Cover)
The Dying of Light
Wear My Crown
Voor Immer
Kathleen (Townes Van Zandt Cover)
De Evenmens
A Solitary Reign
Song to the Siren (This Mortal Coil cover)
To Go and Live With Out
The Longest Night
Deemoed

The Devil's Trade

Pusztinai Nagy Hegy Alatt (Hungarian folksong)
Dead Sister
16 To Die 6 To Rise
No One Here
Harom Arva (Hungarian Folksong)
No Arrival

AFFILIÉ

Amenra
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17 septembre 2021 - Lille - Aéronef


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625 jours, 625 jours sans concerts, sans émotions, sans poils qui se hérissent, le vide, le néant. Mais cette pandémie est, on l'espère, quasi dernière nous, et il est temps de nous retrouver avec nos artistes préférés. Si les tournées mondiales et européennes sont encore presque toutes annulées, Amenra fait office d’exception. Certes la tournée « classique » est décalée en 2022 mais le combo belge maintient les dates en proposant une performance acoustique d'une heure trente.

Mais avant cela, place à l'artiste hongrois Dávid György Makó qui officie seul sous le nom de scène de The Devil's Trade. Signé chez Season of Mist, l'artiste magyar propose un dark folk du plus bel effet. Seul avec ses guitares (une traditionnelle hongroise et une classique acoustique) et tout en timidité, l'artiste débute son set avec un magnifique chant traditionnel ("Pusztinai Nagy Hegy Alatt") qui met en valeur une voix des plus sublimes et qui vous prend aux tripes. Le long des six morceaux interprétés, dont trois issus de son très beau dernier effort, The Call of the Iron Peaks, The Devil's Trade nous parle de sa région natale (la Transylvanie), qui a subi bien des traumatismes sous le règne du dictateur roumain Ceausescu ("No One Here") ou encore de sa sœur aînée décédée dix ans avant sa propre naissance. L'artiste se permettra un petit aparté sur les réseaux sociaux et la désinformation, mais toujours avec une douceur dans la voix. The Devil's Trade conclut par un "No Arrival" qui sent le désespoir et clôt une performance qui aura parfaitement rempli son rôle d'opener. Initialement prévu pour cette date lilloise uniquement, The Devil's Trade s'est vu offrir d'accompagner Amenra sur la totalité de la tournée. Mérité !



Une petite demi heure plus tard, Amenra arrive sur scène dans une formation particulière. Les six artistes forment un cercle, tout simplement, et se font face. Étonnant. Ce soir, pas de post metal/sludge atmosphérique, pas de cris déchirés dans la nuit par son chanteur Colin. Non, l'artiste belge joue une partition en voix claire ce soir pour une performance ahurissante qui tranche avec celles de concerts plus traditionnels pour ceux qui le découvrent sous ce jour. Dès le premier titre interprété, "Les Lieux Solitaires", passages extraits de "Plus près de toi", Colin délivre un torrent d'émotions qui subjugue la salle complètement scotchée et immobile. La setlist alterne des passages courts comme cet opener et morceaux plus longs, plus fidèles à leurs versions d'origine comme "Diaken" ou "De Evenmens". Amenra nous offre également quelques passages plus folk comme sur l'émouvante reprise "Roads" de Portishead ; Reprises au nombre de trois ce soir. Comment ne pas mentionner celle de "Song to the Siren", de Tim Buckley (sublimée par This Mortal Coil). Morceau extrêmement difficile à interpréter mais Colin s'en sort à merveille. Si le vocaliste réalise donc une performance incroyable, le mérite en revient également à la qualité de l'accompagnement de ses quatre comparses, toujours justes.
Et si certaines œuvres se font à deux, Colin et un guitariste, à l'instar de la cultissime "Razoreater" ou "Voor Immer" (extrait de l'excellent dernier album, De Doorn), tout le long du set, Amenra joue en harmonie, concentré et imperturbable. Le quintet est accompagné sur cette tournée par la violoniste Femke De Beleyr qui apporte cette petite touche en plus par moment. La musicienne effectue également les chœurs sur l’enchaînement "To Go On And Live Without Out "(un des grands moments de la soirée) -"The Longest Night". Si l'exercice du concert acoustique est difficile, force est de reconnaître qu'à la sortie, le sentiment d'avoir retrouvé les concerts avec une performance de ce style fait chaud au cœur et le remplit de la plus belle des manières. Une scénographie intimiste, des backgrounds sombres, sobres et animés bien adaptés et un groupe au diapason font de cette soirée un très beau moment de musique à l'image d'"A Solitary Reign", véritable monument d'émotions confortant la qualité indéniable de Mass VI, qui peut être fier de son petit frère De Doorn. Un très beau moment de musique.



625 jours plus tard, la joie est revenue, le plaisir, l'émotion également. Amenra, accompagné de The Devil's Trade, a réussi à de nouveau insuffler un vent de magie en délivrant deux performances acoustiques magnifiques, réussies et riches en intensité. Un grand merci à tous ces artistes et à Garmonbozia pour l'invitation à cette soirée pas comme les autres.


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