CHRONIQUE PAR ...

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Tabris
le 07 avril 2020




SETLIST

Reset
Craving
Set your Sights
Innerverse
Cocain Sally
Crazy Horses
On the Run
Expand your Mind
Babylon
Winter Queen
Reflections
Midnight Meditation

AFFILIÉ

03 avril 2020 - Dillon - Reykjavik


The_Vintage_Caravan_Dillon_-_Reykjavik_20200403

21h00, un vendredi soir, un verre de whisky à la main au comptoir, il fait bon vivre en Islande, non ? Et en compagnie de The Vintage Caravan, j'avoue ne pas bouder mon plaisir. D'autant que la session de ce soir a été précédée d'un échange très sympathique qui s'est tenu quelques heures plus tôt. Un échange où on aura appris entre deux passes acoustiques qu'il n'est pas prudent de manger une pizza avant un concert, que les chaussettes en tournée ça disparaît étrangement et laisse des traces, que les boots et la drogue restent des valeurs sûres pour inspirer un morceau de stoner psychédélique et j'en passe... Tiens, je me commanderais bien une crème glacée moi... Non, blague à part, The Vintage Caravan nous apprend surtout qu'un nouvel album va bientôt voir le jour sous la signature de Napalm et quand on sait qu'il ne faut pas se fier à leurs gueules de jeunots barrés pour juger de la qualité de leur son, on ne peut que se réjouir.

21h00 donc et passé un petit problème d'ingénierie sonore, on se lance direct dans le set des énergiques compères - point de première partie (hé oui, parfois on peut se vanter d'être la tête d'affiche) - avec un très efficace "Reset", histoire de donner le ton de la soirée d'emblée. Et la suite sera à l'avenant, avec "Craving" et un jam de bon aloi qui nous rappelle aussi sec que nos gugus sont loin d'être manchots et savent faire vivre leurs titres. On embraye avec un "Set your Sight" qui lâche les chevaux. Séquence émotion avec "Innerverse" et surtout "Cocain Sally" pour la joie des amateurs de la prime heure et son groove sablonneux, sans négliger son solo endiablé final et bam, on débranche. Aucune note ne sera pipée cependant de la future offrande – on se prend une bière, ça fait plaisir aussi - et on se régale de cette setlist qui pioche, certes plus allègrement dans le dernier né, Gateways, mais qui laisse tout de même place aux compositions les plus stimulantes d'Arrival et de Voyage. Ainsi, je parlais de chevaux lâchés, alors, ne serait-il pas un petit "Crazy Horses" pour nous emballer plus encore quelque part dans ce set ? Que oui. Et le titre, qui fleure bon la bonne crise de délirium tremens, fait toujours mouche. Et si "On the Run" et "Expand Your Mind s'accueillent avec un plaisir non feint (et révèleront un batteur déshydraté capable de boire de... l'eau, mais aussi de se claquer son petit solo qui va bien), "Babylon" aura son petit effet de « je te jaillis hors du temps et t'en claque une ». Quasi aucun reproche à faire quant à la qualité de la prestation, si ce n'est la basse d'Alexander quasi inaudible sur "Winter Queen", surnommée la « progy shit » - dommage, on aurait préféré qu'il ne troque pas son habituelle quatre-cordes verte car le titre n'est pas pauvre en idées (euphémisme) et aurait mérité tout son coffre. Tout du long de la prestation, on retrouve en tout état de cause l'énergie imparable qu'on reconnait très volontiers au trio qui, une fois encore, illustre son plaisir à être sur scène, un plaisir diablement communicatif. Et puis, rien que pour les yeux exorbités d'Oscar, ça vaut le coup, on s'attend toujours à ce qu'ils sortent de ses orbites ! Sans oublier de souligner ses envolées dantesques à la six cordes, un régal. Le set s'achèvera sur "Reflections" et le saccadé "Midnight Meditation", de manière attendue certainement, mais toujours ô combien appréciée.

En fait, la seule chose qu'on pourrait bouder ce soir, c'est sans doute d'être en vérité bien loin de la scène, assis sur un canapé, confinés parce qu'un putain de virus se balade dehors et que notre spectre visuel est limité à un kilomètre pour une durée encore indéfinie. En guise d'applaudissements, on balancera donc plein de « likes » et de cœurs - silencieux mais soutenus - à l'attention des trois musiciens qui se produisent en streaming pour nous et jouent véritablement le jeu pour nous mettre dans l'ambiance et nous offrir le plaisir de « sortir ». Consolons-nous, le Dillon n'aurait de toute façon pas été capable d’accueillir les quelques mille deux-cents personnes ayant répondu à l'invitation.


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