CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
le 13 janvier 2008




SETLIST

Beatallica :
Blackened In The USSR
Sandman
For Horsemen
Sgt. Hetfield's Motorbreath Pub Band
And I'm Evil
Revol-oh-tion
The Thing That Should Not Let It Be
Helter Skelter Of Sorrow
A Garage Dayz Night
Lepper Madonna
Ktulu (He's So Heavy)
Hey Dude
...And Justice For All My Loving
Trashing
I Want To Choke Your Band
We Can Hit The Lightz
Blood
Got To Get You Trapped Under Ice
No Remorseful Reply
Everybody's Got a Ticket to Ride Except for Me And My Lightning

AFFILIÉ

Beatallica
Paris - Nouveau Casino
(16 décembre 2007)

04 mai 2007 - Paris - La Maroquinerie


Beatallica_-_Doktor_Rock_Paris_-_La_Maroquinerie_20070504

Arrivé en retard à la petite salle de la Maroquinerie, je rate le premier groupe. Mais Doktor Rock n'allait pas tarder à anesthésier le public, c'est le cas de le dire ! Distribuant à l'entrée des masques de chirurgien pour chaque personne et déguisés eux-mêmes en médecins, leur mise en scène est amusante et originale ! Avec en plus des bruitages en fond sonore, des « bip – bip » incessants comme en clinique, cela donnait une ambiance hospitalière particulière lorsque le groupe parlait entre chaque morceau. Le public ne savait pas trop comment réagir, s’il fallait prendre les allemands de Doktor Rock au sérieux ou pas. Et cette réaction est parfaitement recherchée car Doktor Rock prend un malin plaisir sur scène à déstabiliser son auditoire.

Composé de deux musiciens seulement (un chanteur-guitariste et un batteur), Doktor Rock est le groupe le plus « à l'arrache » que l'on puisse trouver sur le marché du rock, les gars ne se sont même pas pris la tête à rechercher un bassiste... pour quoi faire ? C'est gras, c'est cradingue, un riff par chanson, genre les Stooges en plus dépouillé encore, on peut difficilement faire plus rock 'n' roll ! Chant noyé derrière le brouhaha des guitares, batterie minimaliste, chansons qui se suivent et se ressemblent (avec une reprise du duo Motörhead/Girlschool : "Please Don't Touch" !), Doktor Rock apparaît comme un groupe de gros flemmards... et pourtant ça fonctionne, leur attitude « j’m'en foutiste » impose le respect. C'est envoyé avec tellement de distance et de sérieux, avec un naturel à faire peur, rien n'est forcé chez eux. On sent que les deux vieux rockers (la quarantaine bien tassée) ont du métier, ça nous change des gamins de 16 ans de la scène rock actuelle. Et pour une fois qu'on ne tombe pas sur un sous-Motörhead, on ne va pas s'en plaindre ! Pas de doute, Beatallica a très bien choisi sa première partie, on est tout de suite mis au parfum. Mais les métalleux présents dans la salle veulent du metal justement ; l'accueil réservé à Beatallica ne sera pas le même que pour Doktor Rock, forcément !

Pour leur premier concert à Paris, Beatallica a mis les bouchées doubles, les fans sont aux anges, la fiesta est continue et ne s'arrêtera pas de sitôt. Visiblement, une bonne partie du public ne connaissait pas Beatallica et venait par curiosité découvrir cet étrange mélange des Beatles et de Metallica, d'où les rires que l'on peut voir à droite à gauche. Si on ne traîne pas sur Internet, il est en effet impossible d'avoir pu écouter du Beatallica étant donné que leurs deux albums ne sont pas en vente dans le commerce !

En tout cas, on peut dire qu'ils nous ont gâtés ! Déjà, rien qu'avec l'intro ridicule de "Blackened In The USSR", cette mélodie de "Hey Jude" reprise avec les guitares de "Blackened", la tension monte d'un cran ! Dommage que Jaymz Lennfield ne parvienne pas à placer sa voix de porc autant en avant que sur album car il s'agit là d'un des principaux attraits de Beatallica ! Mais la performance des zicos (avec un nouveau guitariste, Greg Hammettson) est bonne, sans être virtuose. Avec les « classiques » joués façon speed et heavy ("Garage Dayz Night", "Lepper Madonna", "…And Justice For All My Loving"), Beatallica met le public dans sa poche, sans oublier les « superbes » ballades, "The Thing That Should Not Let It Be", agrémenté pour l'occasion d'une accélération thrash comme sur le final de "One" et "Hey Dude", toujours un grand moment de rigolade !

Et on n'a encore rien vu, les Beatallica nous réservent quelques surprises avec de nouvelles reprises ! Si la version de "Revolution" (rebaptisé "Revol-oh-tion", à prononcer «Ouuuuurrrrr !») ne se démarque pas vraiment des reprises habituelles (on prend les Beatles et on accélère à la sauce Metallica), les fans seront impressionnés par la « créativité » dont a fait preuve Beatallica dans leur adaptation d'"Helter Skelter" et surtout de "I Want You (She's So Heavy)" ! "Helter Skelter Of Sorrow", comme son nom l'indique, est un excellent mélange d'"Helter Skelter" avec la lourdeur d'"Harvester Of Sorrow", efficacité garantie ! Mais le clou du spectacle, c'est bien sûr "Ktulu (He's So Heavy)" que Jaymz Lennfield présentera comme « very atmospheric » avec un sourire diabolique. C'est heavy, c'est crétin (les couplets sont massacrés dans les règles de l'art) et les fans deviennent dingues dès que les fameux arpèges de "The Call Of Ktulu" apparaissent avec la mélodie de "I Want You"... le mélange est superbe et c'est bien la première fois que Beatallica nous pond un truc aussi harmonieux : une de leurs meilleures reprises, assurément !


Beatallica n'oublie pas de déconner entre les morceaux, de faire chanter la foule avec les intonations ridicules de James Hetfield « Naahééééééé, Yoooooohohoho, Yeaaaaarrrrg, Ouuuuuuuuh »... déjà fini ? Ben oui, le groupe a à peine joué 1H30, tout le monde en veut davantage, mais imiter James Hetfield, c'est fatigant. S'ensuivra une séance de dédicaces improvisée à la fin, avec Doktor Rock également.


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