CHRONIQUE PAR ...

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Winter
le 03 octobre 2019




SETLIST

GOLD

Intro ("War" - Sinead O'Connor)
Wide-Eyed
He Is Not
Things I Wish I Never Knew
Summer Thunder
Old Habits
I Do My Own Stunts
Taken By Storm
Please Tell Me You're Not the Future
You Too Must Die
O.D.I.R.
Till Death Do Us Part
Mounting Into Bitterness

AFFILIÉ

24 septembre 2019 - Madrid - Nazca


GOLD_-_Bones_of_Minerva_Madrid_-_Nazca_20190924

Mardi soir. Petite salle. Un groupe local et une formation jouissant certes d’une certaine notoriété, mais évoluant dans un univers musical non standard… Tous les éléments sont réunis pour qu’on se retrouve deux tondus et trois pelés. Dix minutes avant l’ouverture des ports, les alentours de la salle sont peu garnis (litote). Quand sortent Milena et Thomas pour me faire l’honneur de s’asseoir sur un banc et parler musique (interview à venir), seuls quelques curieux tournent la tête. « Ouh mon Winter, tu vas avoir de la place pour mosher ce soir… »

Quand je pénètre dans la salle, Bones of Minerva a déjà commencé sa prestation et effectivement, si la musique s’y prêtait, on mosherait, pogoterait, slammerait sans aucune gêne, tant les rangs sont clairsemés. Le Madrilène n’est pas ponctuel et puis la prestation est horrible, soyons clairs. À tel point que je me demande ce que ces filles foutent sur scène… La faute à qui ? À un ingénieur du son… peu inspiré (on va rester soft). La guitare écrabouille les tympans et les autres instruments. Heureusement que Blue, la chanteuse, fille de l’union charnelle d’Asphodel et Mike Patton, arrive à se faire entendre. C’est d’ailleurs sa puissance vocale et sa justesse qui me font dire que je devrais écouter le groupe autrement que via cette terrible cacophonie. Renseignements pris, Bones of Minerva s’avère être un groupe certes peu expérimenté, mais possédant, outre une vocaliste d’exception, un univers poétique propre et une musique légèrement barrée absolument digne d'intérêt. Mais ce soir, la prestation est une bouillie. Ne nous le cachons pas. « Las cosas como son. », comme on dit ici.
C’est donc avec la crainte de ne rien discerner du show vrillée au corps que je vois Thomas, Milena et leurs acolytes monter sur scène. Bouillie or not bouillie ? La bonne réponse est la seconde. L’ingé est apparemment sorti de sa sieste (ndW: en fait non... GOLD voyage avec son propre ingé, ce n'est donc pas le même bonhomme… ceci explique cela...) et le mur produit par les trois guitares résonne de manière nette et incisive dans nos têtes. Autre bonheur: la salle s’est garnie. La vie est belle ? Oui ! GOLD est une communion. Pas d’esbroufe, zéro simagrée. Vêtue d’un long manteau gris, Milena adopte une gestuelle de sorcière gothique - même si, quelques minutes auparavant nous convenions, Thomas, elle et moi, que GOLD ne pouvait être classé dans le gothique…- et mène la danse. C’est la seule à parler (peu) avec le public. À côté, Thomas triture sa six-cordes, Jaka et Kamiel font de même, possédés. Leyla, impassible, solidement campée, hausse le sourcil de temps en temps. La terre pourrait s’ouvrir autour de nous, des hordes venues de l’enfer pourraient faire irruption qu’elle ne bougerait pas. Impactant. Tout cette gestuelle dépouillée est impactante, en fait. Les vibrations qui émanent du groupe doré se diffusent dans l’atmosphère et gagnent un public qui ne demande qu’à être conquis. Court, le show est donc dense. Le live confère aux blasts de "Taken By Storm" et "Please Tell Me You’re Not the Future" un sens que je peine à trouver sur l’album. Appuyés par le trio de guitares mordantes, les blasts d’Igor me convainquent nettement plus dans ce cadre. Ne réduisons cependant pas le concert à cette belle surprise. GOLD n’est pas vraiment venu faire la promotion de son dernier disque. Le groupe est venu jouer et donner, et n’entend pas de distinctions entre nouveautés et anciennetés: presque la moitié des treize titres joués ne provient pas de Why Aren’t You Laughing. Aucune fausse note, aucun mosh pit. Le public écoute religieusement la sombre mécanique dorée déverser sa magie dépouillée dans les airs, headbangue discrètement et apprécie grandement ce savant mélange indie/metal. Quand une machine est aussi bien rodée, il faut se laisser porter.

Lorsque je sors à l’air libre, un vertige me prend. Lors de l’interview, ils ont dit être ancrés dans le réel. Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, donc ? C'est la seule option. GOLD n’est vraiment pas ordinaire.


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