CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 29 avril 2019




SETLIST

The Neal Morse Band

Overture
The Dream Isn't Over
Welcome To The World
A Momentary Change
Dark Melody
I Got To Run
To The River
The Great Adventure
Venture In Black
Hey Ho Let's Go
Beyond The Borders

Interlude

Overture 2
Long Ago
The Dream Continues
Fighting With Destiny
Vanity Fair
Welcome To The World 2
The Element Of Fear
Child Of Wonder
The Great Despair
Freedom Calling
A Love That Never Dies

Rappel
Medley avec

The Land of Beginning Again
Reunion
The Temple of the Living God
The Conflict
Leviathan
It's for You
Momentum
The Call
Broken Sky / Long Day (reprise)




AFFILIÉ

Morse, Neal
Paris - Le Divan Du Monde
(09 mars 2015)

25 mars 2019 - Paris - L'Alhambra


Morse,_Neal_Paris_-_L'Alhambra_20190325

Pourquoi revenir ? C'est avec cette question simple que je me rends, un peu blasé, à ce concert du Neal Morse Band à l'Alhambra en ce lundi 25 mars. Pourquoi en effet ? J'ai déjà vu de pas mal de fois le combo et je connais par cœur la paire Neal Morse / Mike Portnoy et ses différentes formations live (Transatlantic, Flying Colors, Neal Morse Band...). L'intérêt m'apparait sur le coup limité, d'autant que le groupe s'annonce sans première partie et que se profilent essentiellement The Great Adventure, suite de The Similitude of a Dream, suite de concept-album oblige. Bref, tout semble écrit pour un bis repetita, agréable certes, mais sans surprises. Et pourtant cela revient à omettre la puissance divine d'un Nealou des grands soirs ! Car oui tout est écrit, mais bordel... qu'est-ce que c'est bon !

Peu avant 20h, l'Alhambra se remplit. La messe du rock progressif à forte tendance claviers et délires instrumentaux à rallonge va sonner ce soir et le peuple progueux vient nombreux assister à ce moment de communion, donné une fois tous les deux ans par le père Morse et sa clique. D'ailleurs, cela faisait longtemps qu'il n'était pas venu prêcher la bonne parole dans cette salle. Et oui ! Cela remonte à la tournée du deuxième album de Flying Colors en 2014, c'est dire si ces lieux n'avaient pas besoin d'un bon rappel des Dix Commandements du rock progressif. C'est donc devant une salle bien remplie que les cinq musiciens s'avancent, sous les applaudissements et les arrangements orchestraux. Tout sourires, ils entament la longue instrumentale "Overture" et "The Dream isn't Over". Les instrumentistes sentent les bonnes ondes de l'Alhambra, la salle admire ses héros d'un soir et parfois regarde les différentes animations déployés sur une toile géante en fond. L'ensemble est bien fait, carré. Le concert démarre bien.
Mais dès que les premiers chants de "Welcome To the World" résonnent, on le sent : Neal Morse est en forme, s'agitant partout, blindé d 'énergie. Il n'hésite pas à pousser le public à reprendre en chœurs les différents refrains, déjà connus par les fans. Et ça marche diablement bien, embarquant toute l'Alhambra avec lui à chacune de ses interventions. Et elles sont nombreuses. Et non seulement l'homme est en voix, mais il n'hésite pas, comme sur la tournée Similitude of a Dream, à se changer entre les morceaux. Le public aura le droit à la panoplie complète : lunette steam punk pour "Welcome to the world", foulard sur la tête pour "A Dark Melody", chapeau farfelu et bariolé pour "Vanity Fair" ! Neal Morse est partout, tout le temps et il rayonne comme rarement sur scène. D'ailleurs, plus le concert avance, plus on reste impressionné par l'énergie de cet homme. D'autant que le show a été bien ficelé, à l'image des animations sur écran qui permettent à un "To the River" ultra émouvant de briller de mille feux avec ses lightshows blancs, ses projos tombant sur Neal Morse et, en fond, ses images d'escaliers menant vers la lumière : divin, on vous dit ! La tension ne retombe pas tout de suite, puisque le titre "The Great Adventure" déborde lui aussi de peps, et comme le public est déjà conquis, le refrain est gueulé à en perdre haleine, tandis que les mains tapent le rythme avec une immense ferveur. Un grand moment ! Dommage que les trois morceaux suivant se révèlent un peu moins bons. Mais rien de grave, juste l'occasion de se prendre une bière et d'assister à une drôle de scène où un vigile appelle le bar pour les prévenir : « Attention, c'est le dernier morceau avant la pause. Je répète, c'est le dernier moment avant la pause, préparez-vous ! » 
Pause donc. Le temps de lorgner du côté du le merchandising et de constater hélas, qu'il est toujours hors de prix, avec des T-shirts pas sublimes. Rien de tentant. Dommage. Le groupe reprend après un bon quart d'heure et les morceaux s'enchaînent, toujours aussi efficaces. On notera d'ailleurs que si le reste du groupe s'avère assez concentré, celui-ci se décoince peu à peu, à l'image d'un Bill Hubauer particulièrement en forme. Il faut dire que l'homme est souvent mis en lumière, chante beaucoup, avec une voix fragile assez touchante. Une vraie bonne surprise. Si "Fighting with Destiny" mettra d'accord tous les progueux en mal de rythmiques complexes et d'un peu de headbangs, ce sera "Vanity Fair" et son côté beattles qui réjouira toute l'assemblée avec un Neal Morse toujours autant à fond dans ses personnages. S'en suit une intervention chouette de Mike Portnoy qui explique que c'est le moment où il vient « tout gâcher » en chantant sur l'efficace "Welcome To My World part 2". Les cinq musiciens resteront ensuite à l'unisson et carrés sur le reste des titres, mais l'apothéose viendra de l'enchaînement entre l'instrumental envoûtante "Freedom Calling" et le final "A Love That Never Dies" où Eric Gillette brille de mille feux, nous stupéfiants, que ce soit par son chant ou son solo de guitare, tout en émotions. Un moment incroyable, repris en chœur par un public en transe. Et pourtant, le concert n'est pas fini puisque, si l'album a été joué entièrement, le groupe revient pour un rappel : revisiter l'ensemble de la carrière de Neal Morse en solo. Oui. L'ensemble. Par un medley. Et celui-ci est proprement incroyable, partant de Testimony part 1 jusqu'à The Similitude of a Dream. Et les titres sont énormes : l'enchaînement "The Conflict" / "Leviathan", le passage émouvant d'"It's For You", le refrain ultra fédérateur de "The Call" et le final grandiloquent et épique "Broken Sky / Long Day (reprise)", n'en jetez plus ! Le public demande grâce, achevé par tant de belles débauches de rock progressif, d'énergie et de bonne humeur.


C'est sous un tonnerre de cris et d'applaudissements que le groupe salue son public. Neal Morse est visiblement extrêmement ému, presque au bord des larmes. Ce concert était véritablement un très beau moment. Alors, oui tout était un peu prévu, mais se reprendre régulièrement une grosse dose de Nealou, de sa bonne humeur, de son entrain, cela fait du bien. Le type donne tout ce qu'il a sur scène et cela fera toujours plaisir à voir. Et maintenant, je ne me souviens plus pour quelle raison absurde j'avais douté. Je reviendrai, promis, car le spectacle vaut toujours le déplacement !


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