CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 06 décembre 2018




SETLIST

Ne Obliviscaris:

Devour Me Colossus (Part 1) : Blackholes
Intra Venus
Libera (Part 1) : Saturnine Spheres
Urn (Part 2) : As Embers Dance in Our Eyes
Plague Flowers The Kaleidoscope

Ihsahn:

Lend Me the Eyes of Millenia
Arcana Imperii
Sámr
Pressure
Hiber
Pulse
Tacit
Until I Too Dissolve
My Heart Is of the North
Mass Darkness
The Paranoid
Celestial Violence
Wake
 
Rappel
Frozen Lakes on Mars
A Grave Inversed
The Grave

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05 novembre 2018 - Paris - La Machine


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Il fait froid en ce début novembre, vraiment froid, comme si l'hiver nous était tombé dessus du jour au lendemain. Alors pour lutter contre les jours qui raccourcissent et les morsures glacées de la nuit, quoi de mieux que d'aller profiter d'un concert au sein de la Machine du Moulin Rouge en ce lundi 5 novembre. Car l'affiche réchaufferait les âmes de bien des métalleux avec Astrosaur et les Australiens de Ne Obliviscaris, mais surtout Ihsahn qui vient défendre son dernier album, Ámr. Un concert d'Ihsahn, c'est toujours un moment intense à vivre et cette fois encore le Norvégien ne nous a pas déçus.

Après le metal technique instrumental de bonne facture, mais un peu froid d'Astrosaur, c'est au tour de Ne Obliviscaris de débarquer sur scène. La salle est loin d'être pleine, même si l'affluence est correcte, et n'augmentera pas beaucoup plus avec la venue d'Ihsahn, dommage. Dommage, mais compréhensible aussi, les Australiens tournent assez souvent en France (leur dernier passage datant de mai au Gibus). Qu'à cela ne tienne, les musiciens semblent prendre beaucoup de plaisir à jouer ce soir sur une scène plus grande qu'à l'accoutumée et le public le leur rend bien. Tim Charles semble d'ailleurs particulièrement en forme, alternant tout sourire passages au chant clair et grandes envolées au violon. Il n'hésite pas non plus à pousser le public à bien réagir aux différents passages tortueux des cinq morceaux présentés. La salle y répond avec grand plaisir, et ce dès "Devour Me, Colossus (Pt 1)" en tapant des mains et hurlant. Et l'ambiance ne cessera de monter pendant tout le concert, avec un très bon "Intra Venus", mais surtout un final stratosphérique sur "Libera Part 1: Saturnine Spheres" où le public reprendra comme un seul homme les chœurs. Le plaisir du groupe est nettement palpable à ce moment-là. Dommage que le morceau suivant issu lui aussi de Urn est bien trop bourrin et que les guitares soient complètement noyées dans le mix. D'ailleurs le son du set n'est pas exceptionnel avec ces guitares bouffées par la batterie. À ce petit jeu, la basse s'en sort très bien et se révèle très audible, ce qui n'était pas toujours le cas lors des sets antérieurs, permettant d'apprécier la technique du nouveau venu, Martino Garattoni. On oubliera aussi le moment gênant où le guitariste français, Benjamin Baret, fait un coucou au public avec un micro qui fait d'énormes larsens. On préférera plutôt se souvenir du morceau de clôture "Plague Flower The Kaleidoscope", classique, mais d'une efficacité redoutable dopé par un public de feu. Bref, une très bonne première malgré un son perfectible.
C'est alors qu'Ihsahn débarque et met tout le monde d'accord. Tout d'abord, le son n'a rien à voir avec celui d'une guitare bien massive et n'étouffe pas le clavier. En revanche, on pourra regretter l'absence d'un bassiste sur scène, d'autant que les autres musiciens font bien le show (les grimaces du batteur pendant tout le show sont absolument géniales!) et Ihsahn, comme d'habitude, pète la classe, toujours droit et hurlant comme un dieu des Enfers. Mais revenons au show en lui-même. Tout d'abord, l'opener "Lend Me The Eyes of Millenia" envoûte le public pour laisser place au riff vicieux de "Arcanna Imperii" et à son refrain imparable pour enfin calmer le jeu avec la sublime ballade "Sámr". Le concert a à peine démarré et le public est déjà conquis, le groupe ayant prouvé que les nouveaux morceaux passaient très bien l'épreuve du live. Après quelques présentations et les applaudissements nourris du public, le Scandinave propose un retour en arrière en enchaînant deux morceaux plus violents : "Pressure" et "Pulse". Les deux titres sont d'une efficacité redoutable que ce soit dans leur interprétation brutale forçant le public aux headbangs où dans l'alternance des lightshow bleus et rouges. Mais ce seront surtout les passages au saxo de "Tacit" qui cloueront les metalleux sur place. Bref, les instrumentistes prouvent, si certains en doutaient encore, qu'ils maîtrisent parfaitement la scène et savent bien capter l’auditoire.
C'est alors qu'Ihsahn change quelque peu de ton en évoquant son affection pour le heavy metal via une petite blague et envoie la très énergique et rock "Until I Too Dissolve". L'effet est immédiat et le public se met à hurler le refrain sous les injonctions du guitariste. Efficace donc, tout en étant quelque peu à part dans l'ensemble du set. Et si certains fans de black ont failli en recracher leur bière avec un enchaînement de morceaux plus rock et de lightshow colorés, mais toujours efficaces, Ihsahn sait réserver, heureusement pour eux, de bonnes surprises avec l'énormissime "The Paranoid". Son chaos organisé, ses riffs envoûtants clouent le public au sol et ne cessent de les faire headbanguer de plus en plus violemment, tandis que les chœurs du refrain survolent la salle. Le lightshow est épileptique, la folie règne sur les métalleux abasourdis par les cris et les riffs. Le morceau s'arrête - silence - et les premières notes de l'exceptionnel "Celestial Violence" résonnent. Toujours aussi efficace, le morceau passe sans problème et Ihsahn réadapte bien les parties d'Einar Solberg. Enfin, la mélodie de "Wake", l'un des meilleurs morceaux de Ámr raisonne, et il faut bien avouer que le refrain est extrêmement fédérateur, donnant envie de continuer un peu plus l'aventure avec le groupe lorsque celui-ci s'en va... Pour revenir avec un rappel qui va se faire sur les sonorités et la folie d'After : "Frozen Lake on Mars" et "A Grave Inversed". Le chaos s'empare une dernière fois de la salle qui se prends une quantité astronomique de riffs et de hurlements, ne sachant plus où donner de la tête.


Ça défonce et pourtant... pourtant... ce sera sur un dernier pied de nez que le groupe sortira. "The Grave" calme le public avec son doom aux riffs lourd, aux hurlements pénétrants et au final totalement barré au saxo. C'est sur cette dernière pirouette que le groupe tire sa révérence. Ihsahn montre encore une fois que ses morceaux passent très bien le cap du live et surtout qu'il sait s'amuser avec le public en n'hésitant pas à proposer des tournants inattendus dans sa set-list. Un artiste, un vrai !


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