CHRONIQUE PAR ...

132
Eudus
le 07 novembre 2018




SETLIST

Sirenia:

In Styx Embrace
Dim Days of Dolor
Goddess of the Sea
Queen of Lies
Elixir
Asphyxia
Treasure n' Treason
Into the Night
My Mind's Eye
The Other Side

Rappel:
The Path to Decay
Sister Nightfall

Triosphere:

My Fortress
Steal Away the Light
The Sphere
Breathless
Sunriser
Storyteller 
Driven
Relentless
The Heart's Dominion

AFFILIÉ

05 novembre 2018 - Paris - La Boule Noire


Sirenia_-_Triosphere_-_Mind_Whispers_-_Paratra_Paris_-_La_Boule_Noire_20181105

Ce lundi cinq novembre 2018 est un petit événement dans le monde du metal symphonique. Près de dix ans après leur dernière prestation en France, Sirenia est de retour et plus précisément à la Boule Nire, petite salle parisienne d’environ deux-cents places. Pour l’occasion les Norvégiens sont accompagnés de leurs compatriotes Triosphere et de Paratra ainsi que Mind Whispers.

Malheureusement pour ces derniers, je n’assisterai qu’à la dernière chanson, interview d’Emmanuelle Zoldan, vocaliste de Sirenia, oblige. Du peu que j’en entends, le combo fait preuve d’une grande énergie, la voix du chanteur est plutôt maîtrisée.

1541594800-img-20181105-192204.jpg

S’ensuit Paratra, groupe venant tout droit d’Inde et auteur de trois albums à ce jour. Le sourire de la troupe fait plaisir à voir et ses membres nous font part de leur joie incommensurable de se produire en Europe pour cette tournée. Musicalement parlant nous sommes face à un metal/ rock électro teinté d’influences indiennes (à l’aide notamment d’un sitar, instrument traditionnelle, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous). La sauce prend rapidement avec le public, les morceaux sont catchy, les samples sont bien dosés et n’écrasent pas le travail des musiciens. Siddharth possède un agréable organe vocal, que ce soit en voix claire ou hurlée. Le guitariste, Samron, n’hésite pas à haranguer le public et les trente minutes passent relativement vites. À noter que le combo de Mumbai (Bombay) assurera également la première partie de la prochaine tournée d’Orphaned Land - je vous conseille d’aller les voir.

1541594640-img-20181105-194744.jpg

Les choses - vraiment - sérieuses commencent avec l’apparition de Triosphere, un de mes groupes coup de cœur, découvert au MFVF (Metal Female Voices Fest) 2011 et dont la réputation live n’est plus à faire. Bien que leur dernière réalisation longue durée date de 2014 (The Heart of the Matter), les Scandinaves continuent à faire la promo de cette dernière et très bonne sortie. Le combo envoie la sauce directement avec "My Fortress" et "Steal Away the Light", deux morceaux directs, puissants et sans chichis. Malheureusement, le son ne va pas être à la hauteur pendant plus d’un tiers du set, ce qui aura tendance à agacer la chanteuse et bassiste Ida Haukland. Malgré tout, sa voix est toujours aussi belle et puissante. Ida n’est pas dans un registre lyrique mais bien rock. Le heavy metal de Triosphere va enchanter le public pendant quarante-cinq minutes sans temps mort et sans ballades. Outre la performance sublime d’Ida (et ce sourire à faire fondre n’importe qui) les deux guitaristes se font plaisir, surtout Marius Silver Bergesen, le soliste qui fait un sans faute. Il semble d'ailleurs qu'une partie de la salle était venue pour la prestation du groupe de Trondheim. Le petit reproche est la part trop belle à leur dernière sortie, sept titres sur neuf. Les deux premières livraisons de Triosphere (Onwards et The Road Less Travelled) n’ayant droit qu’à un titre chacun. Le final du set avec le tube "Relentless" et "The Heart’s Dominion" (avec ses chœurs) clôture parfaitement la prestation des Nordiques.

1541594639-img-20181105-205450.jpg

Il est 21h30 et il temps d’accueillir Morten et sa troupe pour l’heure de show de Sirenia. Avec ses neuf albums, la formation n’est plus à présenter, mais a tout à prouver en France où elle n’a pas joué depuis 2009. Il est à noter que depuis cette année le line-up est composé de deux membres français, à savoir Emmanuelle Zoldan au chant (présente depuis 2016) et Nils Courbaron (tout fraîchement arrivé) à la guitare et au chant clair). La première déception concerne le nombre de spectateurs. La petite salle qu’est la Boule Noire n’est qu’à moitié remplie et c’est fort dommage. Ceci dit, cela n’empêche pas le collectif de tout donner, à l’image d’Emmanuelle qui a livré une prestation de haute volée. Sur le LP Arcane Astral Aeons, la Marseillaise alterne voix lyrique et pop mais c’est dans ce dernier style qu’elle se montre la plus convaincante. Sur scène, c'est l’inverse. Comment ne pas vous parler de sa performance sur "In Styx Embrace" (qui ouvre l’album et le set de ce soir) mais surtout l'enchaînement "Goddess of the Sea" et "Queen of Lies" sur lequel Emmanuelle prouve qu’elle n’a strictement rien à envier aux autres vocalistes du style ? Certes, tout n’est pas parfait. Ainsi, la mezzo-soprano de formation éprouve des difficultés à placer sa voix plus pop. Si sur "Asphyxia", cela se fait moins sentir (quel tube !) puisqu’il a été composé pour elle, sur les autres c'est plus compliqué, notamment sur les morceaux issus de Nine Destinies and a Downfall ("My Mind’s Eyes" et "The Other Side") dont elle malmène quelque peu les refrains - les couplets sont quant à eux parfaits.

1541594637-img-20181105-213402.jpg

Des regrets, aussi, concernant l’absence de titres d’An Elixir for Existence et de Perils of the Deep Blue, réalisations les plus sombres du combo. Ainsi, les grunts de Morten Veland sont moyennement présents ("In Styx Embrance", "Queen of Lies", "Elixir", et "Sister Nightfall"). Ces deux derniers morceaux auront été la petite surprise de la setlist, "Elixir" n’ayant jamais été joué avant cette tournée tandis qu'habituellement, c’est "Meridian" qui incarne la première livraison de Sirenia (At Sixies At Sevens) et non "Sister Nightfall". Cependant cette chanson colle parfaitement à ce qu'insuffle désormais le combo. À savoir un metal plus axé symphonique, moins sombre malgré la présence de grunts par moment mais tout en gardant une imagerie gothique. S'agissant de Morten, celui-ci se montre relativement discret, se contentant de « comment ça va ? » ou « santé ! ». Sirenia qui n’était pas vraiment un groupe de live dans le passé, continue ainsi sa mue et les compositions des deux derniers LP vont dans ce sens. Ces pistes sont taillées pour la scène ("Dim Days of Dolor", "Asphyxia", "Queen of Lies", "Into the Night", "Treasure n' Treason"). La classique "Path to Decay" puis "Sister Nightfall" closent la performance en guise de rappel. Le public de cette soirée a clairement apprécié le show, l’interaction entre le groupe et ses fans ayant été présente tout au long de la soirée, notamment grâce à Emmanuelle et Nils qui n’hésitent pas à haranguer la foule.

1541594634-img-20181105-213437.jpg

La salle n’était remplie qu’à moitié ? Et bien comme on dit, les absents ont toujours tort. Entre le metal énergique de Paratra, le heavy metal maîtrisé à la perfection de Triosphere et le retour en France de Sirenia via un set carré et (presque) parfaitement exécuté, les spectateurs présents ont passé un excellent moment. Il faut désormais espérer que le bouche à oreille fonctionne et que Sirenia gagne de nouveaux fans car ils en ont clairement les moyens.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4