CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 21 octobre 2018




SETLIST

Caligula's Horse:

Dream the Dead
Will's Song (Let the Colours Run)
Dark Hair Down
Rust
Songs for No One
Fill My Heart
Graves
Bloom
Marigold

Rappel :
Inertia and the Weapon of the Wall
The Cannon's Mouth

Circles:

Breaker
Winter
Dream Sequence
Another Me
Erased
Blueprint for a Great Escape
Resolution
As it is Above
Tether
Arrival

I Built the Sky

AFFILIÉ

08 octobre 2018 - Paris - O'Sullivan By The Mills


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Cela faisait longtemps. Oui, mais cela faisait longtemps que quoi ? Eh bien que l'on avait pas passé un concert d'une aussi bonne qualité venant d'un groupe de metal progressif qui n'a pas forcément l'habitude de squatter les têtes d'affiches en Europe. Pour preuve, les gars sont Australiens et, en ce lundi 8 octobre, ils étaient venus en nombre préparer leur « All Aussie Invasion » et montrer qu'au-delà de réaliser de très bons albums studios, ils savaient aussi très bien défendre leur musique en live. Oui, vous l'avez deviné, nous parlons ici de Caligula's Horse et de leur première tournée en tête d'affiche pour défendre l'excellent In Contact sorti l'an dernier.

Bien que votre serviteur n'ait pu assister au passage du premier groupe de la soirée (I Built the Sky, du metal progressif instrumental de bonne facture à défaut d'être très original), j'arrive tout de même à temps pour écouter le metal technique de Circles. Première impression avant d'aborder la musique, la salle n'est malheureusement pas très remplie et ne le sera jamais complètement, même si cela s'améliorera avec l'arrivée de Caligula's Horse. Dommage, car cette délégation australienne aurait mérité un accueil plus massif. Mais revenons à Circles. Déjà vu en 2014 lors du Damage Festival, la musique s'est bonifiée avec le temps, tout comme leur prestation live. Défendant leur nouveau recueil The Last One, le groupe s'en sort bien avec un nouveau chanteur affûté et une envie fort appréciable de jouer avec les harmonies vocales. On sent les Australiens plus à l'aise avec les différents éléments qui composent leur musique, les morceaux plus lourds sont mieux maîtrisés, ceux aériens bien amenés et certains refrains pop fonctionnent bien ("Another Me"). On notera notamment une fin de set bien plus entraînante avec le chaos de "Blueprints for a Great Escape", le groove de "Tether" et le final aérien d'"Arrival". Et si le répertoire n'est pas très original, il a le mérite en l'occurrence de bien sonner, notamment grâce à Chris Edrich (ingé-son de Leprous, The Ocean...) qui veille au grain.
Cette qualité sonore ne se démentira pas avec l'arrivée des héros de la soirée: Caligula's Horse. Débarquant sur "Dream The Dead", les Australiens sont en pleine forme. Les mélodies à la guitare fusent, Jim Grey se met à chanter avec un énorme sourire aux lèvres. Et il chante divinement bien, se rapprochant d'un mix entre Arnor Dan (Agent Fresco) et Einar Solberg de Leprous. Bref, ça envoie et dès le break aérien du premier morceau le public est conquis. Avec "Will's Song", les progueux décident déjà de muscler leur jeu. Light show rouge, headbang obligatoire, les choses sérieuses commencent, les chœurs et les riffs défoncent: c'est un régal. Vient ensuite le moment pour Jim Grey de parler et annoncer qu'il s'agit ce soir du tout premier show en headline en Europe pour son groupe. Tonnerre d'applaudissements puis retour en 2012 avec "Dark Hair Down" de The Tide, The Thief and River's End. Les mélodies touchent, le riff final envoûte, ça groove. Rien à dire, la prestation est parfaite.
Mais c'est après ce titre que le chanteur révèle davantage son côté showman en proposant au public de « sacrifier un de ses deux bébés », c'est à dire en faisant voter le public pour un morceau de Bloom: "Rust" ou "Turntail". C'est donc la violence de "Rust" qui viendra clouer au tapis le public, le forçant au headbang, à admirer le jeu imparable de Josh Griffin à la batterie ou à subir la dose abondante de lumière rouge et de flashs. Le chanteur lui joue énormément avec le public, contrairement aux autres musiciens concentrés sur leurs instruments. Après ce cataclysme, Jim Grey invite l'assistance à l'aider à faire démarrer le prochain titre "Songs for no One" véritable hymne metal prog dont le refrain est joyeusement repris en chœur par la salle, en jouant aussi avec son batteur et son guitariste Sam Vallen. Il n'hésitera pas non plus, plus tard, à taquiner des spectateurs à l'arrière qui assistent au concert bras croisés « Yeah, play what you want, we don't care ». Bref, l'homme fait le show et cela fait plaisir à voir.
C'est aussi avec "Songs for no One" et le gros plat de résistance "Graves", pépite progressive de seize minutes, que le concert prend véritablement son envol. Les morceaux rendent extrêmement bien et on peut apprécier la maîtrise hallucinante des musiciens, le son impeccable faisant bien ressortir les différents instruments ainsi que la précision et les émotions que Sam Vallen et Adrian Goleby transmettent avec leurs soli de guitares. Vraiment un très grand moment avec un auditoire réceptif, obéissant aux moindres injonctions du frontman. L'ambiance retombera un peu avec "Marigold" et "Bloom", mais ce ne sera que pour mieux amener le rappel. Il ne manquait pas grand chose pour parachever cette soirée, ce sera donc au tour de Jim Grey de lancer seul son poème "Inertia and The Weapon of the Wall" (ce qui permettra par moments d'entendre du AC/DC dans le bar juste derrière, tranchant avec l'ambiance de la soirée) avant d'enchaîner avec l'incontournable "The Cannon's Mouth" et son final instrumental dantesque plaçant le groove à un niveau indécent.


L'espace d'un soir, Paris a vécu au son du prog australien et c'était une expérience délicieuse. Si Circles manque encore un peu de personnalité, Caligula's Horse lui a brillé, proposant un show vivant, chaleureux, au son limpide et d'une maîtrise technique sans faille. Assurément les Wallabies assurent aussi bien en studio qu'en live et cela ne donne envie que d'une chose: les revoir dans les meilleurs délais afin d'être à nouveau emporté par leurs mélodies et leur joie de vivre.



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