CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
le 08 octobre 2018




SETLIST

Empyrium:

Mourners
The Blue Mists of Night
The Franconian Woods in Winter's Silence
Lover's Grief
Under Dreamskies
The Ensemble of Silence
My Nocturnal Queen

Rappel:
Ode to Melancholy

Helrunar:

Saturnus
Devils Devils Everywhere!
Als Die Welt Zur Nacht Sich Wandt
Nebelspinne
Blutmond
Raune Mit Der Tiefe
Da Brachen aus Böse Blattern, am Menschen und am Vieh
Magdeburg Brennt
Landsnecht

Sun of the Sleepless:

Motions
The Owl
Where in my Childwood Lived a Witch
In the Realm of the Bark
Phoenix Rise

AFFILIÉ

04 octobre 2018 - Paris - Nouveau Casino


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Ce jeudi 4 novembre 2018, nous assistons à un événement : un concert d’Empyrium. Effectivement, les Allemands se font relativement discrets, que ce soit en studio ou en tournée. La troupe, emmenée par son leader charismatique, Ulf Theodore Schwadorf profite de cette nouvelle aventure pour jouer entièrement le magnifique et culte Songs of Moore and Misty Fields, qui a vu le jour il y a désormais vingt-et-un ans.

C’est au Nouveau Casino, dans le vivant quartier d’Oberkampf que les Germains ont donné rendez-vous à leurs fans. À 18h30, heure officielle de l’ouverture des portes, une file d'attente conséquente s'est déjà formée quand le directeur de la salle annonce un décalage de trente minutes, ce qui aura malheureusement ses conséquences en fin de soirée. Passés le racket du vestiaire (forcer les gens à mettre leurs sacs à dos contre quatre euros est un concept que je n’avais encore jamais vu [ndlr : bienvenue à Bobo-Paname, man]) et un tour au merch' plutôt bien fourni pour les trois formations de ce soir, il est temps d’accueillir un des nombreux side projet d’Ulf, Sun of the Sleepless.

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Créé à la fin des années 1990, le projet a accouché de deux EP’s à cette époque. Puis en 2013, Ulf compose le magnifique To the Elements, œuvre proposant un black metal ambient à la fois cru et mélodique, sombre mais rayonnant. Pour cette tournée européenne, Ulf est accompagné par quatre musiciens, deux guitaristes (ce qui en fait trois avec lui même) un bassiste et un batteur. Après une introduction aérienne sur fond de voix féminine, surgit Motions, proposition alliant à la perfection black metal et metal mélodique. Le batteur impressionne dès les premières notes. Tout au long du show, son jeu est puissant et sans temps mort (sur "Where in my Childwood Lived a Witch", la double pédale ne nous lâchera pas). Si "The Owl" est aérienne, la précédemment citée, elle, se veut plus heavy avec un Ulf reprenant le chant clair qu’il utilise si bien avec Empyrium. La fin du set voit un "In the Realm of the Bark" brut et sans fioriture et un "Phoenix Ride" (également titre de clôture de l’album), puissant, sans ménagement avec un final magnifique qui enchante la salle. Sun of the Sleepless sort sous les applaudissements du public, la prestation a convaincu (on pouvait se le demander, car durant l’exécution des morceaux, le silence régnait dans le public). Une bien belle découverte pour ma part, et j’espère qu’Ulf n’en restera pas là avec ce beau projet.

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La foule se montre désormais plus impatiente à l’approche du show des Rhénans d’Helrunar qui viennent de sortir leur cinquième album, Vanitas Vanitatvm. Le combo n’est pas le plus connu dans le registre du black metal, mais commence doucement mais sûrement à se faire un nom. La section de Münster propose officiellement un pagan black metal avec pour thèmes récurrents, le paganisme (forcément), la nature et les questions sociales. Cependant, sur scène tout du moins, le côté pagan se ressent assez peu. Durant tout le show, la prestation fut sans fioritures, sans effets, sans samples. Juste un metal froid, délivré avec talent et avec le cœur. Je suis étonné du peu de réactivité (encore une fois) du public malgré plusieurs appels de Stefàn, guitariste (et chant) lors de la tournée. Il faudra attendre "Nebelspinne", pour voir la foule réagir. Issu de Sol (la troisième livraison de Helrunar), ce titre a tout du classique. À partir de ce moment, la communication entre Skald (vocaliste) et les spectateurs est lancée et le reste du show en sort gagnant. Le combo enchaîne notamment avec l’excellente "Blutmond" et son final de l’espace. À noter qu'un membre du public - un certain Jérôme (un coucou à lui s’il nous lit) - se fait reprendre par Skald avec un joli « ta gueule » faisant suite à l’état d’ébriété du fan. C’est bon enfant et le public apprécie. Si je ne suis pas un spécialiste de black metal, j’adhère complètement au show des Teutons, carré et puissant, bien exécuté avec un excellent son notamment. "Landsknecht" conclut de sublime manière un set de près d’une heure qui là encore, aura ravi la foule présente au Nouveau Casino.
Le crew d’Empyrium s’attèle alors à la préparation de la scène. La demi-heure de retard s’est transformée en une heure. Le dispositif est mis en place (notamment cette boite magique avec encens charbons et pierres spéciales).

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Des bougeoirs sont installés près du siège où prendra place Aline Deinert du collectif Haggard, violoniste lors de cette tournée. Le show n’a pas encore débuté que les effluves d’encens montent déjà au nez. La lumière s’éteint et "The Host of Seraphim" de Dead Can Dance tourne encore dans la salle. Est-ce fait exprès ? Normalement non, mais l’ambiance du titre colle tellement à celle de la scène que la question peut se poser. La véritable intro résonne, il s’agit de bruits de vent et non l’intro de l’album, par ailleurs interprété en intégralité ce soir : Songs of Moors & Misty Fields .
La bande arrive sur scène et entre dans le vif du sujet avec la magnifique et culte "Mourners". Sur la tournée, comme régulièrement, le violon prend la place de la flûte jouée sur l’album. La prestation d’Aline sera parfaite tout au long du set. Ulf est en voix, ses grunts sont sans fausses notes (là où il aura un temps d’adaptation pour sa voix claire), aucun instrument n’est noyé dans un autre, le solo de guitare est léché. Cette version sonne plus rock que sa version studio mais n’en est pas moins magnifique et le public est déjà conquis. Empyrium enchaîne avec la puissante "The Blue Mists of Nights" (qui de base ouvre l’album après l’introduction). Contrairement à Helrunar, la foule réagit dès les premiers titres. Celui ci est entraînant, avec sa touche de rock accompagnant un son brut (sans samples à tire-larigot, c’est à souligner) et old school. Le chant claire d’Ulf, après des hésitations sur "Mourners" commence à bien se mettre en place.

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Le combo ne laissera pas ses fans décrocher de toute la soirée. Surtout quand résonne ce qui est pour moi LE titre d’Empyrium, celui faisant la synthèse de leurs œuvres (bien qu’il soit sorti sur leur premier album (A Wintersunset… 1996) à savoir "The Franconian Woods in Winter’s Silence". Le public (tout comme moi) semble contemplatif, comme absorbé par la prestation, la froideur magnifique du morceau, jusqu’au final, plus violent sur scène qu’en studio. Les Allemands sont sûrs de leur force, de leur talent, et le reste de la soirée ne dément pas cette imperssion. Ce dernier morceau n’est pas issu de Songs of Moors & Misty Fields, qui ne contient que cinq titres (hors introduction). Empyrium ajoutera à son set trois anciens morceaux. Outre celui-ci, nous avons droit à une autre proposition de A Wintersunset… à savoir "Under Dreamskies" et "My Nocturnal Queen", morceau qui m’était inconnu (et issu de la toute première démo du groupe ...Der Wie Ein Blitz Vom Himmel Fiel...) et qui sera le morceau le moins ambient, le moins folk et surtout le plus black metal du set. Ce qui n’est pas pour me déplaire surtout au vu d’un final assez jouissif. Quelques mots sur "A Lover’s Grief" et le travail formidable d’Aline et la sublime "The Ensemble of Silence" qui clôt Songs of Moors & Misty Fields. J’observe beaucoup de fans les yeux fermés profitant de la beauté du morceau, son intro légère, sa première partie toute en émotion et son final fait de changements de rythmes et parfaitement conclu par le chant clair d’Ulf. Cependant, ce soir, c’est "My Nocturnal Queen" qui clôt le set avant le rappel.
Ce dernier se fera sans plusieurs membres du public partis prendre leur RER. En effet, Empyrium jouant soixante-dix minutes et annoncé à 21h20, la performance aurait dû prendre fin à 22h30, heure de clôture de nombreux concerts parisiens. Ce soir, la fin du rêve se produira à 23h30. Gênant. Cela n’empêchera pas les plus téméraires de profiter d’une « Ode à la Mélancolie » en guise de rappel ("Ode to Melancholy"), titre phare du groupe, présente dans de nombreuses setlist du combo. Le public est en communion avec Ulf et ses acolytes pour un final en apothéose. Vient le temps des applaudissements (mérités) et de se dire que nous avons eu une grande chance et un honneur d’avoir pu assister à ce show unique, fait d’anciens morceaux plus ou moins rares et d’avoir pu tout simplement voir Empyrium sur scène, ce qui n’arrive pas tous les jours. N’oublions pas l’excellente performance d’Helrunar et la sublime découverte que fut Sun of the Sleepless.

La soirée fut quasi parfaite (encore une fois mentionnons ce son parfait du début à la fin). Si le Nouveau Casino a l’avantage d’être une salle à taille humaine, ce qui permet une excellente communion entre les groupes et leurs publics, je ne peux m’empêcher de penser que la scène fut trop petite pour un groupe comme Empyrium qui a son propre univers et qui ici était presque vide de tout décor. Je le remercie cependant de m'avoir déboucher les bronches à travers les torrents d’encens mentholés (renouvelés ou changés à chaque chanson). En espérant désormais un nouvel effort des Allemands après le très surprenant The Turn of the Tides et son néo folk abandonnant les sonorités black et doom des débuts.

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