CHRONIQUE PAR ...

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Winter
le 23 janvier 2018




SETLIST

Septicflesh

Portrait of a Headless Man
The Vampire from Nazareth
Martyr
Protoype
Pyramid God
Enemy of Truth
Communion
Prometheus
Dante's Inferno
Anubis
Dark Art


AFFILIÉ

Septic Flesh
Paris - La Locomotive
(14 février 2016)
Toulouse - Le Metronum
(30 mars 2015)
Paris - La Locomotive
(01 mai 2008)
Bruguieres - le Bascala (Toulouse)
(29 octobre 2011)

16 janvier 2018 - Madrid - Sala Caracol


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Quand ton patron ne te retient pas plus de temps que prévu, quand les Dieux de la circulation madrilène ont décidé d’être cléments et que tu trouves une place de parking à moins de cinquante mètres de la salle de concerts, tu te dis que la soirée est marquée sous d’excellents auspices. Et ce n’est pas la vision d’une salle absolument dégarnie qui va te refroidir !

C’est normal, il est à peine 19 heures, tous les gens n’ont pas eu ma veine de c…, euh ma chance quoi, et le fait qu’Odious commence à jouer devant une poignée de spectateurs entre dans la logique du rôle de « telonero », de première partie. Que dire de ces Égyptiens dont je n’avais jamais entendu parler ? Pas grand-chose en fait. Statiques, un brin timorés, leur prestation est correcte. Leur death metal symphonique, sorte de mélange entre Therion et Al-Namrood, passe plutôt bien, sans non plus produire une réaction incroyable, ni de ma part, ni de celle des autres spectateurs. J’ai jeté une oreille après coup sur leurs albums et, ma foi, l’impression d’avoir à faire à un groupe honnête, n’ayant pas inventé le fil à couper le beurre, est confirmée. Je vous épargnerai la tirade sur le mérite, pourtant bien réel, j’imagine, de jouer dans un pays musulman, etc., etc., religion, etc. etc., et passerai directement à Inquisition.
Alors, Inquisition... Le duo infernal m’avait laissé une bien mauvaise impression quand, confortablement installé dans mon fauteuil, j’avais visionné leur prestation au Hellfest 2016 via le site internet d'Arte. Le pauvre Dagon, perdu au milieu de cette grande scène, avait beau émettre ses grognements de crapaud atteint d’un cancer de la gorge, la prestation m’avait paru statique et monotone. Chiante, quoi. Autant dire que je n’attendais pas grand-chose de l’heure à venir. Erreur. Dans l’ambiance bien plus intime du mal nommé Caracol (« escargot » en français, alors que la salle est un simple rectangle sans fioritures ni arrondis), appuyé par quelques gros dessins chthuliens et de la fumée, le duo colombien me paraît bien plus impactant et bien plus à son aise qu’à Clisson. Avec deux  micros installés aux extrémités de la scène, il suffit de détourner la tête un instant pour avoir la sensation que Dagon possède le pouvoir de téléportation –  « ah, mais il est à droite ? Pourtant il y a un instant, il était à gauche… brrr, magie noire… ». Les clones colombiens d’Immortal époque Sons of Northern Darkness déroulent leur black metal lancinant – que je ne maîtrise pas, désolé - et créent une ambiance hypnotique. La majorité de la salle, déjà bien plus dignement remplie, semble être du même avis. Bien sûr, l’ensemble reste légèrement monotone – Dagon a déjà suffisamment de mérite à tenir le show à bout de bras avec sa seule guitare ! mais une véritable atmosphère se dégage de l’ensemble. Les grognements de crapaud ressemblent déjà plus à des imprécations, et quand s’élève une plainte aux sonorités plus tribales, du gosier de Dagon, je ne peux réprimer un frisson. La bonne surprise de la soirée.
« Bon, pour que tu te fasses une idée, Spiros, c’est un peu le Rob Flynn du metal obscur. » Il m’avait prévenu Silverbard, et il avait bien fait. Le nombre de « Come on, my friends! » et autres « I wanna see your f****g hands in the air! » prononcé à la minute par le leader de Septicflesh est ahurissant. Dans un mauvais soir, ça doit être tout bonnement insupportable, mais là, vu la claque assénée par nos amis Hellènes, ça m’a paru très sympa et très communiant – normal non ? Un joli contraste avec la froideur des mecs d’Inquisition. Car oui, Septicflesh a vraiment assuré et, franchement, les critiques que j’ai lues de ci de là, me font dire que nous sommes des enfants gâtés. Le son ? Un peu trop axé sur la batterie et le chant, mais bon Dieu ! On voit que certains n’ont pas connu le Gibus du début des années 90… Le jeu de lumières ? On ne voyait pas assez le joli minois des musiciens ? Euh… personnellement, la plastique de Spiros et ses jolies mailles… je préfère cette atmosphère plus sombre et sobre. L’absence de rappel ? Bon, d’accord, ça oui. C’est dommage, vu la qualité de la prestation. Mais diantre, les Grecs alternent, comme on pouvait le prévoir, poutreries du dernier album, qui passe très bien en live, et gros classiques, issus des albums Communion et postérieurs. Outre ce titre éponyme et les incontournables "Pyramid God" et "Anubis" - j’en ai encore mal au cou-, les gars osent jouer "Prometheus" et le très bon "Prototype" du controversé Titan, ce qui s’avère être une bonne décision, vu que ces deux morceaux passent parfaitement le test du live. Emmené par un Spiros bien en jambes, donc, le groupe joue également, et fort logiquement, bon nombre de titres de Codex Omega, dont les excellents "Enemy of Truth" ou "Dark Art", qui met un point final à la grosse heure de metal symphonico-evil. Septicflesh fait preuve d'une maîtrise digne des vétérans qu'ils sont devenus. Comme à son accoutumée, le public savoure les titres tranquillement, en faisant tout de même savoir qu’il est très satisfait de ce qu’il entend (à l’exception des quelques aigris mentionnés précédemment), et le groupe a droit à une ovation finale tout à fait méritée.


C’est donc après avoir attendu en vain le rappel pendant quelques minutes, seul hic de la soirée, que nous retournons tous gentiment, là, dans nos chaumières respectives. Pour ma part, je me suis même promis de réécouter Titan, c’est dire que Septicflesh a été convaincant !



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