CHRONIQUE PAR ...

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Painlesslady
le 08 novembre 2017




SETLIST

Paradise Lost :
From the Gallows
Tragic Idol
The Enemy
Gods of Ancient
Enchantment
Erased
Medusa
An Eternity of Lies
Faith Divides Us - Death Unites Us
Blood and Chaos
As I Die
Beneath Broken Earth
Embers Fire

Rappel :
No Hope in Sight
The Longest Winter
The Last Time

Pallbearer :
Worlds Apart
Thorns
Dancing in Madness
A Plea for Understanding

Sinistro :
Partida
Corpo Presente
Cidade (Parte II)

AFFILIÉ

Paradise Lost
Paris - Elysée Montmartre
(13 septembre 2007)
Paris - Elysée Montmartre
(19 décembre 2009)
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2008)
Paris - Bataclan
(18 septembre 2008)

Pallbearer
Paris - Glaz'art
(09 octobre 2014)

31 octobre 2017 - Paris - Trabendo


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Dix ans, ou presque. C'est le temps qu'il m'a fallu pour renouer, face-à-face, avec mes premières amours métalliques, celles qui m'ont fait basculer, irrémédiablement, dans l'enfer délicieux des accords lourds et des guitares arrogantes. Les retrouvailles étaient programmées le jour d'Halloween - joli pied de nez du destin quand on connaît l'imagerie peu portée sur la farce, fût-elle horrifique, véhiculée par l'objet de mes attentions. Paradise Lost. Paradis que j'ai cru perdre à jamais, rejetée de l'Eden par les sortilèges fanés de recueils insipides . Et puis, il y a deux ans, la magie a opéré à nouveau. Je devais y retourner. Pour savoir si mon cœur battrait toujours aussi fort, aussi fort que la première fois.

Le quintet n'était pas venu seul. Cependant, je ne pourrai pas dire grand-chose au sujet de Sinistro, dont le peu que j'ai pu entendre depuis ma place nettement décalée vers la gauche – aka le comptoir - ne m'a franchement pas convaincue. La balance n'a sûrement pas non plus rendu justice au collectif portugais - la batterie couvrant quasiment tout le reste de l'orchestre, y compris le chant troublant de Patrícia Andrade. Il m'a été difficile dans ces conditions de distinguer – et d'apprécier le doom à tendance atmosphérique délivré par les Lisboètes.
J'étais en revanche bien placée dans la salle lorsque les Américains de Pallbearer ont démarré leur set. Je ne m'étais jamais penchée sur l’œuvre des doomsters de l'Arkansas auparavant (malgré les excellentes chroniques publiées en ces lieux) et j'avoue au premier abord avoir pensé qu'une musique aussi complexe, voire alambiquée, incarnée par des compositions assez longues - seulement quatre morceaux pour une prestation de quarante minutes - n'était pas forcément la plus indiquée pour booster un public, fût-il amateur de doom, avant une tête d'affiche. Certains se sont peut-être ennuyés mais ça n'a pas été mon cas. J'ai été plutôt réceptive et même assez hypnotisée par leur doom lumineux et même aérien. Il est sans doute paradoxal de qualifier d'aérien un son aussi lourd mais les envolées de guitares cristallines, le chant clair de Brett Campbell et les mélodies magnifiques m'ont transportée. L'amalgame proposé par les Nord-Américains s'est révélé captivant, nostalgique sans être triste - beau et agréable à écouter, tout simplement. Même les musiciens semblaient totalement absorbés par leur musique - l'interaction avec le public fut des plus minimales. Brett Campbell s'est à peine adressé à nous, hormis pour présenter le titre des morceaux et lancer quelques « Thank You » en réaction aux applaudissements. Ça pouvait paraître un peu étonnant de la part d'un groupe de première partie, censé être là pour se faire connaître. Mais cette découverte a indéniablement constitué une bonne surprise et une agréable façon de passer le temps en attendant l'arrivée sur scène des gars d'Halifax.
Neuf années que je n'avais pas vu les Paradise Lost sur scène, en direct. Et avant même que ne retentisse le premier accord, une frustration : la setlist. J'avais beau m'y être préparée en scrutant celles des concerts précédents, je n'ai pas compris leur choix, une fois encore. Une formation de cette expérience et avec une telle discographie pourrait se permettre de varier, puiser, oser... Si elle jouait plus longtemps, pour commencer : à peine une heure et trente minutes ce soir-là, voilà qui réduit fatalement la probabilité d'entendre davantage de titres plus anciens. En effet, aucune piste de Gothic, ni de One Second ne fut interprétée ; deux petits morceaux de Draconian Times (certes pas des moindres), un seul de Shades of God, un famélique extrait d'Icon : les nostalgiques en furent pour leurs frais. On peut aisément comprendre que les Britanniques préfèrent réserver une plus grande place à leurs enregistrements les plus récents, mais un tel choix ne peut que chagriner les fans de leurs premières réalisations, spécialement ceux qui étaient confrontés à leur « idoles tragiques » pour la première fois. Par ailleurs, ouvrir le set avec "From The Gallows" ne constituait sans doute pas un choix très pertinent au moment de lancer l'ambiance, d'autant que la balance n'était pas au top. "Gods of Ancient" n'a pas très bien passé l'épreuve du live non plus. Non pas que les cinq gaillards l'aient mal interprété, pas du tout. Mais ce titre ne semble pas taillé pour le live, tout simplement, et les conditions ne lui rendaient de toute façon pas justice. Je ne m'étendrai pas sur "Medusa", titre que je déteste copieusement et qui m'a fait vraiment regretter l'absence d'un "Fearless Sky", infiniment meilleur et unique tuerie du dernier LP selon moi. Paradoxalement, "An Eternity of Lies", morceau que j'aime beaucoup ne rendait pas très bien non plus et s'est révélé un poil décevant.
Heureusement, il y eut aussi de bonnes surprises. Ainsi, des compositions que je n'apprécie pas plus que ça sur album se sont révélées bien meilleures sur scène : "Erased", "Faith Divides Us - Death Unites Us", "Blood and Chaos" (présenté par Holmes comme « le titre le plus rapide qu'ils joueraient ce soir ») et "The Longest Winter". Ces morceaux ont chauffé l'auditoire, dont l'enthousiasme s'est particulièrement – et logiquement - déchaîné lorsque le clavier a égrené les premières notes d'"Enchantment", illustrant à quel point la période Draconian Times reste sacrée pour nombre d'aficionados. "As I Die", véritable hymne du groupe a lui aussi déclenché les passions que "Beneath Broken Earth", tristement belle sur album, fera retomber par sa lenteur peut-être trop pesante pour le live. "No Hope In Sight" était pour sa part aussi réussie qu'en studio. Enfin, même si ce n'était pas mon rappel rêvé, j'étais contente que pour cette date, la section du Yorkshire clôture sur un "The Last Time" bien pêchu en remplacement de l'usante "Say Just Words" – dommage, décidément, que les affaires en soient restées là ! Quant à la qualité d'exécution, elle fut à l'origine d'une autre surprise à laquelle je ne m'attendais vraiment pas : Nick Holmes était en grande forme ! C'était la première fois depuis mon premier concert en 1996 que je le voyais aussi détendu et interagir autant avec le public. Vocalement, il fut irréprochable et passait sans problème du growl au chant clair, chose que je pensais encore impossible il y a quelques années.


Entre la sortie de The Plague Within en 2015 et la performance parisienne en cette dernière soirée d'octobre, les iconiques Anglais ont réussi à rattraper la petite fan en dérive que j'étais devenue et me donner de nouveau envie de me déplacer pour les voir. La prochaine fois, je n'hésiterai pas.


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