CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 22 juillet 2017




SETLIST

Eyes of a Panther
Goin' in the Backdoor
Just Like Tiger Woods
Fat Girl (Thar She Blows)
Death to All but Metal
That's When You Came In
Poontang Boomerang
Community Property
17 Girls in a Row
Gloryhole
Party All Day (Fuck All Night)

AFFILIÉ

Steel Panther
Londres - Wembley Arena
(14 décembre 2011)
Paris - Bataclan
(25 mars 2012)
Hellfest (Clisson)
(16 juin 2012)

17 juin 2017 - Hellfest


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Vue la dimension prise par le groupe en quatre LP et une petite dizaine d'années. Vue la chaleur clissonnaise du jour. Vue la scène, ou plutôt l'avant-scène prévue pour Aerosmith et d'usage autorisé pour les autres groupes. Vu le spectacle donné par le groupe quelques heures avant à l'espace presse. C'est tout vu : Steel Panther n'avait plus qu'à transformer l’essai ou, pour être plus dans le contexte, se finir en en mettant un peu partout histoire de montrer son plaisir et la jouissance utile (enfin pas en en mettant partout du coup... de rein.. STOP...!). Report

Et le show commence à l’espace presse où une conférence est planifiée quelques heures auparavant. La salle est pleine et la chaleur étouffante. Se mêlent journalistes, curieux, photographes et quelques fans au glam « swaguemment » préparés et parqués sur le côté en attendant la sortie des Hommes et espérant un autographe sur la fesse droite. Entre quelques questions sur la tournée, les influences historiques ancestrales et si le groupe avaient eu un retour des combos les ayant inspirés (Bon Crüe ou Motley Jovi), le quartet enchaîne déjà les blagues salaces et se lance dans un a capella très juste – le temps pour Lexxi de poser un peu son miroir. La salle applaudit, les Américains maîtrisent vraiment la machine de promotion. Bye Bye, Bisous Bisous et rendez-vous sur la mainstage. Cet aparté démontre que le groupe ne s’arrête jamais et donne l’impression de stars ne vivant que pour le rock, le sexe (99,99% du fonds de commerce) et la drogue. Il fait chaud devant la grande scène et le public est présent en nombre sur le campus, remplissant le site comme pour les têtes d’affiche. Car tout le monde veut voir le phénomène qui, au-delà d’une technique musicale impeccable quel que soit le registre : la batterie pour Styx, la guitare pour Satchel, les chants du beau Michael et, malgré les apparences, le très bon niveau de Lexxi. Le groupe pose en pré-requis la technicité pour balancer ses compositions finalement très modernes malgré le registre pratiqué.
La setlist fera la promotion du dernier LP en date – Lower The Bar – pourtant un niveau en dessous des trois dernières sorties [ndlr : ça se discute], mais suffisant pour entamer une nouvelle tournée mondiale, en commençant par les festivals estivaux européens. "Eyes of a Panther" issu du disque Feel The Steel servira d’opener, histoire de donner le rythme et permettre au public d’apprivoiser les étalons du moment. Le groupe proposera ensuite des titres du dernier effort et, comme à son habitude, prendra le temps de présenter les musiciens durant une longue intervention. Entre l’improvisation et le véritable sketch d’un spectacle vivant, pour qui comprendra l'américain grossier, le moment sera vraiment « tordant » tant les vannes se succèdent, les quatre membres du groupes ayant développé une mécanique comico-scénique parfaitement menée. Mais place à la musique ! Les poitrines commencent à pointer ( ! ) le bout de leur tétons sur "Just Tiger Woods" avant que le concert ne vire définitivement au grand n’importe quoi à partir de "Fat Girl". Même si chacun sait que le groupe a réussi à faire revivre la tradition de la reconnaissance de la qualité du show par un « Look at my Boobs for You », la chaleur et le contexte vont donner encore un peu plus chaud à tout le monde. Le public semble en plus connaitre parfaitement les anciens titres : "Community Property", "17 girls in a Row" et un incontrôlable "Gloryhole".
Les derniers titres verront d’ailleurs un énorme (sans manque de respect, je précise – tout ici est dans la comédie – faut-il le préciser) « lâché de salopes » sur scène, ravies de faire des bisous à leur membre préféré, tout en montrant qu’une poitrine exposée ne reste finalement qu’un symbole exhibé (le mot est pesé) à la face d'une société gargarisée de tabous à l’œdipe mal digéré, sur laquelle on peut piétiner… du moins durant quelques chansons et l'espace d'un week-end.  Allez, c’est la folie et tout le monde chante, hurle, bouge son popotin et pour la quarantaine de premiers rangs, se prend des vagues continues de slammers qui finiront par agacer quelques novices du genre dans les premiers rangs visiblement rigolards aux premiers assauts mais vite fatigués de jouer les costauds surtout au passage des balourds « alors que d'autres ne jouent pas le jeux et balancent les surfeurs au lieu de les porter » (petite dédicace au festivalier s'étant permis ce vilain sermon à votre reporter du jour). En moins d’une heure, Steel Panther a une nouvelle fois faire revivre les grandes heures du glam en repoussant allègrement et so(ma)mairement leurs limites.

Steel Panther est venu, a vu, a tâté et a gagné. L'expression « show musical » qualifierait bien plus la prestation du jour que le mot concert. Dommage ? Absolument pas :  car les qualités de musicien du quatuor sont réelles, mais le groupe donne bel et bien à chaque fois l’impression de s’éclater ou permet en tout cas au public de passer un très bon moment , de se défouler et de se changer les idées. Après tout, le Hellfest avec de la bière, du bon rock, des filles fêtardes et un public bon enfant malgré tout, il n' y a pas mieux non ? (non mais il y a pire .... il y a Trust

Crédits photo : Nidhal Marzouk
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