CHRONIQUE PAR ...

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Sven
le 07 mars 2017




SETLIST

Devin Townsend Project :
Rejoice
Night
Stormbending
Failure
Hyperdrive!
Where We Belong
Planet of the Apes
Ziltoid Goes Home
Suicide
Supercrush!
March of the Poozers
Kingdom

Rappel :
Ih-Ah! (acoustic)
Life (acoustic)
Higher

Between The Buried And Me :
Fossil Genera - A Feed from Cloud Mountain
The Coma Machine
Lay Your Ghosts to Rest
Bloom
Option Oblivion
Life in Velvet

Leprous
Foe
Third Law
The Price
The Flood
Rewind
Slave

AFFILIÉ

Between The Buried And Me
Paris - La Maroquinerie
(31 octobre 2012)
Paris - La Maroquinerie
(02 septembre 2011)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2013)

Devin Townsend Project
Paris - La Cigale
(05 mars 2015)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2010)

Leprous
Paris - Le Divan Du Monde
(05 octobre 2015)
Strasbourg - La Laiterie
(08 avril 2016)
Paris - Le Divan Du Monde
(20 octobre 2012)
Hellfest (Clisson)
(23 juin 2013)

01 février 2017 - Bordeaux - Rock School Barbey


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Devin Townsend est devenu au fil des ans une star de la sphère metal. Travailleur prolifique, compositeur et musicien de grand talent, sachant multiplier les projets et les univers, il s’est bâti une solide renommée et rassemble de très nombreux fans, Pour son retour à Bordeaux plus de quatre ans après son dernier passage, en tournée pour son dernier album Transcendence, accompagné pour l'occasion par Between The Buried And Me et Leprous, la Rock School Barbey lui fait l’honneur d’afficher complet en ce premier février 2017.

Un concert de metal sold-out à Bordeaux, voilà qui fait plaisir. Sur le principe en tout cas… En effet, la foule est plus que compacte dans un Barbey archi-comble dès le début du set de Leprous. Les vagues de retardataires se succèdent et se concentrent à l’entrée de la salle. Le public a répondu présent, mais la prestation sera-t-elle à la hauteur? Visuellement, c’est pour le moins sobre. Le groupe, tout de sombre vêtu occupe la scène sans extravagance aucune. Vocalement, le chanteur Einar Solberg est très impressionnant et même touchant, comme sur le refrain de la superbe "Third Law". Le son est cependant assez brouillon, difficile dans ces conditions de distinguer les instruments. Mais les riffs font ostensiblement bouger les têtes et quelques nappes de claviers se démarquent de temps en temps, des ambiances venant parfois rappeler Tesseract, comme le refrain de "The Flood". Quoiqu’il en soit, le public adhère totalement. Seul "Slave", le titre final manque sérieusement d’énergie et semble se prolonger, un peu inutilement. Dommage.
Après quelques courtes minutes d’installation, Between The Buried And Me entre en scène. La musique pour le moins élaborée des Américains pourrait souffrir du passage au live. Elle va surtout pâtir d’un son indigne. Le leader Tommy Giles Rogers est quasiment inaudible pendant toute la durée du concert, notamment en chant hurlé. Les compositions du groupe se voient donc amputées d’une partie de leur intérêt... Les soli du guitariste Richard Waggoner manquent également franchement de décibels. Musicalement, c’est aussi complexe que prévu. Le son n’aidant pas, on a l’impression d’entendre des successions de plans ou de séquences sans réel rapport entre eux, passant d’un passage ultra technique en 17/8 à un autre ultra planant avant d’enchaîner sur une boîte à musique puis sur un twin lead type NWOBHM. Alors oui, certains plans voire chansons sont franchement prenants, à l’image de "The Coma Machine" dotée d’une structure plus classique et cohérente et d’un refrain très cool. Mais si l’on rajoute à la complexité inhérente aux morceaux un son franchement moyen et l’absence de certaines lignes de chant, il est vraiment difficile de juger de la valeur réelle de BTBAM sur scène. D’autant plus que les gaillards ne sont pas vraiment démonstratifs dans leur attitude. Dommage, là aussi…
Mais il va désormais être l’heure de passer aux choses sérieuses. Une bière, et on rentre vite se mettre à l’avant de la salle. Étrangement, la foule semble plus clairsemée dans la fosse. Peut-être que bon nombre sont montés se réfugier dans les gradins, les falses ! Les vrais métalleux vont patienter pendant une grosse demi-heure debout dans la fosse au son de Radio Ziltoid le temps que tout soit en place. Les lumières s'éteignent enfin, le Devin Townsend Project s'installe et les hostilités débutent, sous un tonnerre d’acclamations, par "Rejoice". Éliminons tout de suite la seule (petite) déception du concert. Si Devin Townsend a réussi à limiter l’utilisation de bandes enregistrées en intégrant le claviériste Mike St-Jean dans ses rangs et si l’on comprend aisément que l’emploi du temps d’Anneke ne peut pas lui permettre de tourner avec le Canadien, le fan tatillon ne peut s’empêcher d’avoir quelques regrets de ne pas voir de chanteuse sur scène. Qu’à cela ne tienne, Devin est grand, il avait réussi en 2012 à faire un show somptueux sans claviers ni chanteuse dans ce même Barbey, ça ne peut être que mieux aujourd’hui !
Concentrons-nous donc sur ce qui est présent sur scène, pas sur ce qui pourrait manquer. Mais argh, le chant est sous-mixé ! Espérons que… Ouf, non, le problème se règle assez rapidement. Il aurait été dommage de ne pas apprécier la voix du bonhomme à sa juste mesure. Comme à son habitude, Devin est incroyable d’aisance, que le chant soit grave, aigu, hurlé, puissant sur "Stormbending", plus intimiste sur "Where We Belong", lyrique en diable sur le refrain de "Ziltoid Goes Home" agressif et digne de Strapping Young Lad sur les parties les plus violente de "Planet Of The Apes", toujours aussi hallucinant sur la fantastique "Kingdom". Il fera même taire les critiques (voir ci-dessus) en assurant le chant de manière parfaite sur"Supercrush!" pourtant en grande partie interprétée par Anneke sur album. En plus d’assurer superbement les parties vocales, il se charge aussi de la guitare, bien entendu, mais fait également le pitre sur scène, comme à l'accoutumée. Enchaînant grimaces et sourires immenses, il interagit en permanence avec le public, pendant et entre les morceaux.
La setlist très variée couvre une bonne partie de sa discographie et permet d’apprécier en live quelques raretés comme "Night" tiré de Ocean Machine et "Suicide" issu de Accelerated Evolution. S’il avoue en interview avoir modifié certains titres pour les adapter au live, la différence est difficile à percevoir, tant le son est énorme. L’auditeur se prend des murs compacts par vagues, des riffs comme s’il en pleuvait, et c’est véritablement le déluge lors du final de "The Planet Of The Apes" sur lequel le batteur Ryan Van Poederooyen est monstrueux, à l'image de l'ensemble de sa prestation. Ses compères ne seront pas en reste, même si forcément ils seront moins extravagants que leur leader. Ils semblent en tout cas prendre du plaisir, Dave Young et Brian Waddell arpentant la scène de long en large. Impossible au passage de ne pas mentionner les différentes guitares utilisées par les musiciens, toutes plus belles les unes que les autres, ornées de diodes et d’éclairages venant se rajouter au jeu de lumières magnifique et à l’ambiance énorme qui se dégage du show.
Après un "Kingdom" toujours aussi dévastateur, et quelques blagues de bon aloi, le groupe se retire en coulisses. Puis Devin revient seul, armé d’une guitare acoustique : « Quoi de plus gênant qu’un groupe qui fait semblant de partir pour revenir ? Un groupe qui revient jouer des morceaux en acoustique ! ». Il joue alors un "Ih-Ah!" somptueux, accompagné par un public aux anges. Avant de reprendre "Life", toujours en acoustique, seul sur scène, dédié à un fan qui le lui a demandé pour honorer la mémoire de son père récemment disparu. Grosse émotion ! Et enfin, pour clôturer la soirée, tout le groupe revient pour un "Higher" épique. Et c’est déjà fini… Enfin pas tout de suite, puisque le génial Canadien passera de très longues minutes à serrer les mains de tous les fans présents aux premiers rangs. Avant de regagner les loges, laissant un public épuisé mais conquis et béat d’admiration.

Que dire sur cette soirée ? Que le metal progressif sous toutes ses formes, c’est quand même bien chouette. Que c’est encore mieux avec des micros qui marchent et un son qui tient la route. Que les concerts avec trois groupes de cette stature et de ce talent, c’est très appréciable. Mais que malgré tout, Devin Townsend règne en maître incontesté et incontestable, grâce à une générosité et une présence scénique largement au-dessus du lot. All hail Devin Townsend !


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