CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 13 janvier 2008




SETLIST

In The Flesh
Mother
Set The Controls For The Heart Of The Sun
Shine On Your Crazy Diamond (Parts 2 To 7)
Have A Cigar
Wish You Were Here
Southampton Dock
The Fletcher Memorial Home
Perfect Sense, Parts 1 & 2
Leaving Beirut
Sheep

Dark Side Of The Moon:
Speak To Me
Breathe
On The Run
Time
Breathe Reprise
The Great Gig In The Sky
Money
Us And Them
Any Colour You Like
Brain Damage
Eclipse
The Happiest Days Of Our Lives

Rappel:
Another Brick In The Wall (Part 2)
Vera
Bring The Boys Back Home
Comfortably Numb

AFFILIÉ

Waters, Roger
Paris - Bercy
(01 juillet 2011)

03 mai 2007 - Paris - Bercy


Waters,_Roger_Paris_-_Bercy_20070503

Amis de l’homme en noir, bonsoir ! Roger Waters foule le sol français pour la seconde fois en moins d’un an, après son passage à Nevers Magny-Cours en juillet dernier, lors du dernier Grand Prix de France de Formule 1. Deux shows, mais une seule et même cause pour l’ex-leader de Pink Floyd: tout simplement reprendre l’intégralité du multi-platiné Dark Side of The Moon… voire plus si affinités.

Le POPB s’est mis sur son 31 avec une insolite configuration soooo british. Lire : l’habituel placement libre de la fosse a cédé sa place à d’implacables rangées de sièges comme la Perfide Albion les affectionne tant. Est-ce une résultante de l’âge (un peu) avancé du public ou le reliquat du passage de Nicolas Sarkozy la semaine dernière dans de l’enceinte de Bercy ? À chacun de voir, si ce n’est qu’il ne faut pas sortir des Hauts-de-Seine pour pronostiquer une zéro tolérance au pogo en ce jeudi soir. Mais l’honneur est sauf pour les plus agités : les headbangers de tous bords vont s’en donner à cœur joie dès les premières notes de “In The Flesh”. Une ouverture non pas sur Dark Side of The Moon, mais sur… The Wall. Quoi, on aurait menti aux spectateurs? Non, l’audience dévouée va juste patienter onze titres, soit une petite heure, avant d’entendre l’intégralité de DSOTM. Un apéro/best of attendu, efficace, mais sans audace puisque Waters et son équipe interprétaient peu ou prou les mêmes titres lors de sa dernière venue à Bercy en 2002  pour le In The Flesh Tour. Contrairement à son meilleur ennemi, David Gilmour, Waters ne s’aventure pas dans le psychédélisme des “Interstellar Overdrive” et autres “Astronomy Domine”. Au mieux, le groupe va reprendre un “Set The Controls For The Heart Of The Sun” réarrangé avec brio pour que le morceau sente plus le métal prog que le LSD. Autant être franc : Waters préfère s’en tenir aux hits principalement contenus dans The Wall (dont un “Mother” qui restera dans les annales), Wish You Were Here (trois titres et merci pour le furieux “Have A Cigar”) et même The Final Cut (deux titres pour réconcilier le public avec cet opus des plus controversés). Et quitte à prendre des risques, le bassiste opte pour deux morceaux de son répertoire solo, dont “Leaving Beirut”, un long inédit politico-autobiographique, étrangement servi par un fond visuel rappelant le style graphique du Sin City de Frank Miller.

Arrive enfin ce qui avait appâté le chaland : la totalité de Dark Side Of The Moon, soit les onze titres dans l’ordre bien évidemment. Certes l’album demeure un monument du rock moderne, séduit toujours une cible de 7 à 77 ans. Seulement reprendre ne signifie pas rejouer sagement note pour note, ce que Waters et les siens ont trop tendance à faire. Il en ressort une intense émotion atténuée par la déception de ne pas entendre les musiciens s’affranchir davantage des partitions originelles. L’erreur est d’autant plus fatale que les rares incursions vers un plus de modernisme s’avèrent réellement plaisantes. C’est le cas de “Us And Them” qui gagne en puissance (merci le chant du pianiste Jon Carin), mais aussi de “Money” interprété et rallongé par le guitariste Dave Kilminster, attendu ce soir au tournant. Ce dernier -que les amoureux de Keith Emerson connaissaient déjà - est d’ailleurs LA révélation de ce set. Il parvient à faire oublier sans difficulté Doyle Bramhall II, pourtant excellent six-cordiste des précédentes tournées de Waters. Mais surtout il assure bien plus que l’autre guitariste soliste, Snowy White (membre additionnel live du Floyd lors de la tournée originelle de The Wall) qui dénote dans l’ensemble et oblige le spectateur déplaisant à prier le retour de Saint Gilmour. White, magistral musicien au demeurant, est assurément dans un mauvais jour. À ce sujet, dans le rappel dédié entièrement à The Wall, à noter que White se gaufre dans les grandes largeurs sur le solo de “Another Brick In The Wall” et - ô désespoir - dans sa partie de “Comfortably Numb”. Certes, un menu détail qui va ravir les aficionados de David Gilmour, ravis de constater (avec force dédain?) que seul ce dernier est et restera "la guitare" de Pink Floyd.

Seulement un public enfin debout ne lui en tient pas rigueur, ébloui par le bouquet final d’un jeu de lumières, de projection d’images et d’objets gonflables parfait de bout en bout. Pris dans sa globalité, le spectacle offert demeure d'une rare qualité, les titres s'enchaînent avec fluidité et le light-show soigné régale autant pendant les morceaux, que lors des interludes. D'ailleurs il se poursuivra dehors avec un ciel parisien illuminé par une pleine lune orange. Signe que Waters avait presque tout prévu.



Crédit photo: www.rogerwaters.com



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