CHRONIQUE PAR ...

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Droom
le 06 janvier 2017




SETLIST

Kvelertak :
Dendrofil For Yggdrasil
1985
Mjødo
Bronsegud
Månelyst
Berserkr
Evig Vandrar
Blodtørst
Ondskapens Galakse
Nekroskop
Svartmesse
Offernatt
Heksebrann
Bruane Brenn
Kvelertak

Rappel :
Nattesferd
Utrydd dei svake

Skeletonwitch :
Burned from Bone
Beneath Dead Leaves
Crushed Beyond Dust
Black Waters
Serpents Unleashed
Beyond the Permafrost
Upon Wings of Black
Gorge Upon My Soul
This Evil Embrace
Well of Despair
I Am of Death (Hell Has Arrived)
Infernal Resurrection
Red Death, White Light

AFFILIÉ

Kvelertak
AccorHotels Arena (Bercy)
(08 septembre 2017)

29 novembre 2016 - Paris - La Maroquinerie


Kvelertak_-_Skeletonwitch_Paris_-_La_Maroquinerie_20161129

De certains événements, on sait à l'avance qu'ils seront bons. L'esprit le sait : il est impatient. Le corps le sait : il est en tension. Cette impatience de l'esprit aura bel et bien été satisfaite dès l'ouverture des portes de La Maroquinerie, en ce 29 novembre 2016. La tension du corps aura en revanche dû attendre l'arrivée de Kverlertak pour pouvoir se relâcher.

Quel triste accueil pour Skeletonwitch ce soir-là ! Certes, le thrash moderne de cette formation n'a rien, mais alors, rien de bien particulier. Pour autant, fallait-il que l'imperturbable motivation du frontman se heurte à un tel mur de neutralité satisfaite ? Malgré des titres bêtes et efficaces comme il en suffit traditionnellement pour faire remuer les nuques, le public de ce soir reste d'un marbre à faire rougir Rodin. C'est pourtant peu dire que le groupe – que le présent rédacteur découvrait intégralement ce soir – assure et tient la scène. Les musiciens sont sympathiques, au point d'inviter la préciosité du public dans un circle-pit qui n'aura bien évidemment pas lieu. Il ne faudrait pas se salir, v'comprenez. Si presque aucun cou ne tourne et que les têtes qui headbanguent se comptent sur les doigts des deux mains, le circle-pit peut encore attendre un peu avant d'arriver à l'existence... La faute au son ? Peut-être bien, au moins partiellement, ce dernier étant, sur cette première partie de set, assez brouillon (problème qui disparaîtra fort heureusement sur Kvelertak – à moins que ce ne soit dû à une plus grande, bien plus grande connaissance des morceaux par le public). M'enfin voilà pour Skeletonwitch. Les morceaux déroulent finalement assez vite (car oui, à titre personnel, j'ai beaucoup aimé le groupe sur scène) et le public peut enfin aller boire une bière avant son Kvelertak d'amour. Skeletonwitch a dû être sacrément déçu de sa soirée, assez clairement... Surtout à la vue de ce même public – en feu – durant la prestation de Kverlertak.
Car, pendant le set des Norvégiens, la fosse devient un véritable bouillon. En permanence, des pogos, des gens qui passent sur vos côtés, au-dessus de vos têtes. Des gens partout, de la musique partout, de la bonne humeur et du black'n'roll (plus ou moins, hein : le maniement de l'étiquette n'est pas facile, avec Kvelertak). C'est quasi tout le Nattesferd qui passe dans les enceintes ce soir (manque à l'appel : "Nekrodamus") et qui, alors qu'on pouvait craindre le contraire en raison du calibrage effectué sur cette sortie, éclate tout sur son passage, passez-moi l'expression. Paradoxalement, seul "Dendrofil For Yggdrasil"... morceau le plus « violent » de la cuvée 2016, sonne un peu mou en début de set. L'ensemble agrémenté de tout un paquet de morceaux aux titres norvégiens vraiment pas évidents à garder en mémoire. Reste que les classiques y passent, tous. Et que n'importe quel morceau de Kvelertak est, de toute façon, une bombe potentielle à voir sur scène. Le masque de hiboux sera vite rangé pour laisser place au véritable visage du groupe : une bande de potes, à la sympathie totale, qui vit le spectacle au moins autant que le public. Et v'là que les musiciens sautent dans la fosse pour faire de la guitare au milieu du public (!); et v'là que les musiciens sautent sur le public, qui porte le tout à bout de bras, pendant que le jeu continue (!!); et v'la que les musiciens sautent à nouveau sur le public, marchent dessus, pour aller s'accrocher à la tuyauterie (!!!). Non vraiment, ces jeunes gens-là savent mettre le feu, puis sauter dedans à pieds joints. Finalement, pas grand chose n'est à dire au-delà de tout ça. La musique et l'énergie de Kvelertak est parfaitement retranscrite sur scène; et lorsque qu'un public en feu parvient à entraîner les pros dans son délire, alors, seulement, la soirée est complète, parfaite, inoubliable.


En somme, une soirée à deux visages : mou et hautain de la part du public sur Skeletonwitch, qui méritait mieux; et vivant et participatif sur Kvelertak, qui ne méritait décidément rien de moins.



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