CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
le 14 décembre 2016




SETLIST

Ihsahn

Hel (intro)
Hiber
Pulse
Pressure
Until I Too Dissolve
Frozen Lakes on Mars
A Grave Inversed
Celestial Violence (avec le chant d’Ihsahn)
Emperor Medley (An Elegy of Icaros / Thus Spake The Nightspirit)
Tacit 2
Tacit
My Heart is of the North
The Paranoid
Mass Darkness

Rappel

Grief
The Grave

Acyl

Non renseignée

AFFILIÉ

Ihsahn
Hellfest (Clisson)
(17 juin 2012)
Hellfest (Clisson)
(23 juin 2013)

Acyl
Le Petit Bain
(05 mars 2016)

22 novembre 2016 - Paris - Le Divan Du Monde


Ihsahn_-_Acyl_Paris_-_Le_Divan_Du_Monde_20161122

Tout le monde vous dira que ce mardi 22 novembre tout bon metalleux aurait voulu se scinder en deux pour voir à la fois Opeth et Ihsahn dont l’un jouait au Trianon et l’autre au Divan du Monde, soit à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Mais hélas, ceci est tout bonnement impossible. Alors, certes Opeth jouait déjà la veille. Mais quand même, une affiche où les deux hommes auraient joué ensemble ça aurait eu de la gueule ! Enfin, rien ne sert de trop regretter cette soirée, car en vérité ceux qui ont choisi Ihsahn, plus rare en terre parisienne, en ont pris plein la gueule cette nuit !

Mais avant de s'immerger dans le metal prog black aventureux, une première partie s’impose. Et ce ne sera pas un groupe de metal progressif pur jus qui s'en chargera, mais les Franco-algériens d’Acyl, officiant dans un metal vaguement death et prog aux fortes couleurs orientales. Les gars semblent être à fond sur scène et ont même travaillé leur entrée et leur jeu de scène avec la diffusion d’animations pendant tout le show. Une bonne chose donc, renforcée par la bonne humeur communicative du groupe et un Amine chantant, improvisant lors des imprévus sur scène, et entrainant le public à danser avec lui. Car la force de la musique d’Acyl réside en grande partie dans l’incorporation successive d’instruments traditionnels du Maghreb dans les divers morceaux (sagattes, bendir derbouka, guembri) et de chœurs dansants, rappelant parfois Orphaned Land. Pourtant, le voyage est bien vite terni quand le groupe revient à un death metal lourd, déjà entendu mille fois. Et si à cela, on ajoute que la basse était bien trop forte, on obtient une première partie intéressante, au capital sympathie indéniable, mais qui doit encore se peaufiner pour être vraiment percutante sur scène.
Après un intermède permettant à la salle de se remplir davantage (même si celle-ci ne sera jamais pleine à craquer, le balcon étant fermé au public), Ihsahn et ses musiciens arrivent sur scène avec deux titres de Das Seelenbrechen : "Hiber" et "Pulse". Le son est impeccable. Les guitares sont lourdes, la batterie précise, le chant d'Ihsahn bien audible et les claviers nappent bien l'ensemble. Même l’absence d’une véritable basse (elle est jouée par le claviériste) ne choque pas. Après quelques mots à la fin de la lourde "Pressure", le Norvégien continue son show en envoyant un morceau bien rock au refrain ultra efficace, "Until I Too Dissolve". Et ça marche terriblement bien, le public reprenant avec plaisir le refrain. Mais tout ceci n’est qu’un amuse-bouche par rapport à ce qui va suivre, car l’enchaînement d’une densité folle "Frozen Lakes on Mars" et "A Grave Inversed" met tout le monde d’accord. Ihsahn est en forme, ça se voit et ça fait plaisir.
Le chanteur paraît d’ailleurs assez ému de se produire à Paris, revenant y jouer pour la première fois depuis très longtemps. Il explique qu’il va jouer "Celestial Violence", mais si sur album c’est Einar Solberg (Leprous) qui se charge d’une partie des voix, ici Ihsahn s'occupera de tout quitte à montrer ses limites. Une version touchante donc, pas parfaite, mais sincère tout simplement et c’est mieux ainsi. L’homme enchaîne, blagueur, en évoquant son « boys band » avec lequel il jouait quand il était jeune et dont il aime toujours interpréter des titres. Surgit ainsi un medley d’Emperor exceptionnel : "An Elegy of Icaros / Thus Spake The Nightspirit". Le public est aux anges, la densité des riffs proposés écrase la fosse qui ne peut qu’headbanguer. La soirée continue avec les deux "Tacit", plus ambiants, montrant toute l’émotion et la puissance des hurlements du Norvégien. Que rajouter ? Les titres plus progressif d’Arktis bien en avant ce soir passent eux aussi très bien l’épreuve du live avec notamment les excellents "My Heart is of The North" et "Mass Darkness".


Le concert s’achève avec un rappel en apesanteur et une interprétation sans faille de l’angoissante et lourde "The Grave". Et au final il n’y a pas grand-chose à dire d’un tel concert. Malgré son look de hipster, Ihsahn garde toujours autant la classe, offre un show carré n’hésitant pas les forts contrastes (l’enchaînement "Pulse" / "Pressure" / "Until I Too Dissolve") et sachant contenter aussi bien les nouveaux venus que les plus anciens. Un grand artiste, vraiment !

Album photo Acyl : Das Silverfoto
Album photo Ihsahn : Das Silverfoto

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