Abduction

Entretien avec Guillaume Fleury et François Blanc - le 05 juin 2020

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Winter

Une interview de




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« Une fourmi de dix-huit mètres. Avec un chapeau sur la tête. Ça n'existe pas ! Ça n'existe pas ! »
Pourquoi mentionner Robert Desnos et son kvltissime poème faisant toujours fureur en école primaire ? Parce que le prochain album d'Abduction lui sera dédié ? Non ! (Quoique...) C'est juste que j'aimerais bien rajouter un vers au poème.
«Un t-shirt de black metal. À la gloire de Jeanne d'Arc. Ça n'existe pas ! Ça n'existe pas ! »
Et pourquoi pas ?

Winter : Salut à vous ! Combien de messages des SJW (Social Justice Warriors) recevez-vous par jour pour avoir appelé votre album Jehanne ?

Guillaume : Ça fait deux mois que l’album est annoncé et nous n’en avons eu aucun. Il y a juste un ami très à gauche, qui a fait une plaisanterie à ce sujet, c’est tout.

François : Honnêtement, c’est quelque chose que j’appréhendais un peu. Comment ça allait-il être perçu ? Mais pour l’instant, le titre de l’album a surtout provoqué une saine et justifiée curiosité… À moins qu’avec le confinement, les gens n’aient pas le temps de s’occuper d’un petit groupe de metal français…

Guillaume : En tout cas, j’ai eu pas mal de réactions de gens qui étaient intrigués et fiers que l’on fasse un album sur le sujet. Ça m’a plus apporté de contacts positifs que de haters. Ça a l’air d’encore intéresser pas mal de gens, ce sujet, mine de rien…

Winter : Marine Le Pen vous a-t-elle félicités ? Vous a-t-elle invité pour la fête du premier mai ?

Guillaume : Pas encore, mais l’album vient de sortir ! (rires) Blague à part, les gens ont oublié que Jeanne d’Arc n’a pas toujours été une icône d’extrême-droite. À la fin du XIXème siècle, elle était l’égérie de l’extrême gauche, pour qui elle était une femme du peuple, abandonnée par son Dieu et par son Roi. C’est peut-être la seule figure française qui a trouvé écho autant d’un côté que de l’autre. Elle peut unir tout le monde, tout le monde peut y trouver quelque chose. Par contre, en 2020, on n’a plutôt en tête des slogans comme « Jeanne, au secours ! » Mais ça fait à peine trente ans que l’extrême-droite a récupéré le symbole.

Winter : Ça a commencé avec Jean-Marie Le Pen ?

Guillaume : Il me semble, oui. Dans le concept actuel d’extrême-droite, en tout cas. Car, évidemment, le symbole parlait à des groupes comme Action Française. Après, l’extrême gauche a récupéré le concept après 1870 et la débâcle, comme pied-de-nez envers les catholiques. Des francs-maçons ont également récupéré le symbole et ont célébré des commémorations que l’extrême droite essayait de faire interdire…

Winter : Parlons de l’album, comment s’est passée la période entre À l’heure du crépuscule et Jehanne ?

François : Avant d’entrer en studio pour L’heure du crépuscule, nous savions déjà que le troisième album serait un concept album dédié à Jeanne.

Winter : Petits cachottiers…

François : Dès que Guillaume avait des riffs épiques ou qui sonnaient médiéval, il les mettait de côté dans la perspective du troisième album. Quelques idées ont été développées en parallèle de la construction d'À l’heure du crépuscule. À un moment donné, Guillaume et Mathieu, qui s’occupent principalement des paroles, ont décidé de donner aux titres la devise de villes par laquelle était passée Jeanne, de manière à ce que l’on puisse suivre son parcours chronologiquement, depuis son enfance et adolescence à Domrémy, jusqu’au bûcher à Rouen. Après cela, il a été plus facile à Guillaume de savoir à quel moment l’insérer dans le concept album. La musique devait coller à l’histoire racontée. L’enregistrement a été effectué en étroite collaboration avec Déhà, qui est plus qu’un simple producteur pour nous. Mon expérience - je suis arrivé juste pour les vocaux - a été assez dingue. J’avais énormément aimé chanter pour A l’heure du crépuscule, mais avec Jehanne et ce concept aussi fort… Guillaume m’avait d’ailleurs fait part de son intention de mettre le chant en avant, puisqu’il y a une narration. Il y a eu une véritable osmose entre Guillaume et moi, et avec Déhà aussi, malgré quelques passages difficiles où nous hésitions sur le placement du chant par rapport à la musique. Guillaume m’a laissé plus de liberté quant aux variations de mon chant, par rapport à A l’heure du crépuscule et j’ai pu m’amuser avec des modulations différentes.

Winter : À ce sujet, tu as même plagié Rosarius (d’Angellore, l’autre groupe de François) sur le premier titre…(rires)

François : Si tu te réfères au passage central, nous avons écrit les lignes de chant avec Guillaume et il est possible qu’on retrouve une approche à la Angellore…

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Winter : Comment s’est passé l’enregistrement des instruments ?

Guillaume : Bien. Mais pour moi, l’enregistrement des guitares, c’est toujours le pire moment. La magie opère seulement quand François arrive et qu’on peut mettre la voix sur les parties instrumentales. Les guitares, c’est pénible. Tu prends tes riffs, tu les enregistres, tu les doubles, tu les triples… Ce n’est pas très glamour, pas très créatif. Beaucoup de rigueur. En plus, il y a des riffs qui datent d’un an avant, donc même si j’ai bien révisé, comme il y a parfois des couches de six guitares, je commence à me mélanger les pinceaux, à confondre… Je pense que pour la basse, Mathieu a la même sensation. C’est la partie douloureuse mais nécessaire. Après, on a de la chance de travailler avec Déhà, qui nous met à l’aise. Son studio ne fonctionne pas au tarif horaire, ce qui permet de passer le temps souhaité.

Winter : Vous avez réussi à sonner médiéval sans un seul instrument folklorique… Allez-vous y venir un jour ?

Guillaume : Je ne m’interdis pas d’utiliser d’autres instruments un jour mais les instruments folkloriques médiévaux, ce n’est pas trop un objectif. J’aimerais qu’un jour il y du clavecin, j’aime le violoncelle - et il y en a déjà. L’idée n’était pas du tout de faire un album médiéval au départ. Je pense que certains disent que c’est un album médiéval parce qu’il est consacré à Jeanne d’Arc. C’est vrai qu’il y a quelques mélodies, l’introduction de la "Chevauchée de la Loire", qui font volontairement médiéval, mais en général ça n’a pas été fait de manière consciente.

Winter : Il est certain que l’imagerie joue. Si tu avais mis une photo moderne, on serait certainement parti sur autre chose, mais certains arpèges, le travail des guitares, ça s’y prête très bien…

Guillaume : D’accord, mais en termes de composition d’arpèges, il y a les mêmes sur À l’heure du crépuscule et Une ombre régit les ombres, mais oui, il peut y avoir de ma part un rapprochement inconscient. Après, notre vision de Jeanne d’Arc, c’est celle du XIXème siècle, elle s’inspire du travail des historiens de l’époque. Le tableau de la pochette est d’ailleurs de cette époque. Nous aimons cette vision très romantique. Sinon, je voulais ajouter qu’il y a un morceau, le septième, "Très fidèle au Roi et au trône" qui a été écrit d’une manière différente. Je l’ai écrit de A à Z d’une traite. Il n’est pas fait de riffs piqués à droite et à gauche. J’ai fait ça en lisant les minutes du procès. C’est un de premiers titres composés pour l’album.

Winter : Je voyais une unité dans l’excellente trilogie finale, mais elle n’existe pas vraiment. Elle n’a pas été composée d’un bloc.

Guillaume : Non. Après, dans les faits, quand on a tout structuré, ces trois morceaux devaient aller ensemble.

Winter : Je crois que tu as une anecdote sur le tableau de Jehanne

Guillaume : J’ai toujours besoin d’avoir le visuel sous les yeux pendant que je travaille. J’avais fait imprimer et encadrer la pochette et je l’ai amenée au studio, histoire qu’au milieu de tous les trucs satanistes qu’il y a dans le studio de Déhà, on soit quand même dans l’ambiance Jeanne d’Arc. Je ne voulais rien imposer, donc j’ai posé le tableau par terre. C’est resté comme ça pendant l’enregistrement des guitares et de la basse. Ça ne me plaisait pas vraiment, j’avais envie qu’elle soit au mur, qu’elle trône. Mais je ne voulais pas l’imposer à Déhà. Pendant l’enregistrement du chant, il y a eu quelques moments de tensions, vu le caractère à fleur de peau de Déhà, François et moi. À un moment, Déhà a commencé à s’énerver. Il nous a dit « Il y a quelque chose qui m’énerve, quelque chose qui ne va pas ! Ce tableau ne doit pas être par terre ! » Il a pris le tableau et l’a mis exactement où je voulais le mettre. Alors que je ne lui avais absolument rien dit.

Winter : Il fallait se placer sous les auspices de Jeanne.

Guillaume : Une autre anecdote en rapport, c’est que lorsque je réécoutais les différentes prises, au moment où j’écoutais celles qui me plaisaient le plus, une sorte de halo blanc se formait sur le tableau, dû au reflet su soleil sur le capot des voitures de la rue qui se reflétaient sur le tableau. En rigolant je me suis dit « Tiens, c’est marrant, Jeanne approuve ! »

Winter : Déhà est une figure importante pour vous.

Guillaume : Absolument. Il a donné plein de conseils, notamment à François pour son chant. Il s’est énormément impliqué dans la production de l’album. Il a fait beaucoup de suggestions. Il a glissé quelques lignes de chant, et quelques lignes de basse aussi. C’est le cinquième membre, officieux, du groupe. Nous nous entendons très bien, des fois, sans même avoir besoin de se parler.

Winter : François, comment vis-tu le black metal en étant croyant ? En quoi le black metal n’est pas lié à Satan ?

François : J’aime le côté transgressif du black metal. Après quand je vois un groupe satanique sincère qui exalte Satan, je vois ça comme une recherche spirituelle bien intentionnée mais mal orientée. Ils ont estimé que Dieu ne leur a pas répondu et ils vont s’adresser, via une musique très sincère et très crue, à une figure qui représente le rebelle, l’entité qui a dit « non », l’image du mal et de la liberté absolue. J’aime beaucoup cette musique même si je ne suis pas d’accord avec certains des concepts ou thèmes utilisés, et dans Abduction, je retrouve cette expression vive et crue, et dirigée vers quelque chose de spirituel, à savoir le passage du temps, une exaltation du patrimoine et de l’histoire, et les grandes questions sur la vie, la mort, notre rapport à nous-mêmes. Après, quand je chante de manière extrême, je ne vois pas ça comme quelque chose de blasphématoire, je fais tout de même attention à ce que je chante. Je ne chanterai jamais, même pour un projet« délire », des choses qui ne soient pas raccord avec mes convictions religieuses.

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Winter : Et toi, Guillaume ? Comment vis-tu la musique ?

Guillaume : Beaucoup de gens disent que le black metal est indissociable du satanisme, personnellement, je n’ai jamais vu les choses comme ça. Le black est mysticisme, mais pas uniquement satanisme à mes yeux. Je n’ai pas l’impression que ça doit obligatoirement être orienté vers une énergie satanique. Je me suis toujours détaché de ça. J’ai creusé le sujet, comme beaucoup d’autres, mais j’ai toujours pris du recul. J’ai toujours un peu de mal qu’un style de musique soit prisonnier d’un carcan idéologique. D’autant plus que dans ce cas, c’est censé être une forme d’expression transgressive. Donc on n’est pas censé commencer à y mettre des codes. Avec Jehanne, j’ai parfois l’impression d’être dans la transgression ultime, puisqu’on parle de choses saintes et catholiques. J’ai l’impression qu’on choque davantage les gens avec ça qu’en continuant à parler de satanisme, sujet qui ne choque quasiment plus personne aujourd’hui, puisque plus personne n’a de foi.

Winter : Il y a quand même une vieille tradition de codes sataniques dans le black metal. Darkthrone évoquait ces dogmes au début de son époque black metal.

Guillaume : Eux, oui, mais Satyricon, par exemple, non. Emperor non plus. Ils ne sont pas moins légitimes que Darkthrone. Nous on fait du black metal parce que c’est la musique qui nous parle le plus en terme de fond, d’expression, point.

Winter : Qui sont les guests pour Jehanne ?

François : Guillaume et moi avons pensé qu’il y avait deux arrangements particuliers qui devaient être interprétés au violoncelle. Déhà nous a présenté une de ses amies, Lon Sophie, violoncelliste. Nous avons également voulu que les phrases que Jehanne a réellement prononcées soient chantées par une voix pure et ingénue. J’ai suggéré ma nièce, Fleur, âgée de vingt-et-un ans, fan d’Abduction. Elle n’a pas d’expérience en tant que chanteuse, mais chante très juste. Elle a donc mis sa voix à notre service. Déhà lui-même a reconnu la justesse de son chant. Elle manque encore un peu de maîtrise, mais quelque part, ça cadre avec l’image que l’on peut se faire de Jeanne dans sa prime jeunesse.

Winter : Êtes-vous conscients que l’exaltation dont vous faites preuve sur l’album passerait formidablement bien en live ?

Guillaume : Tout le monde est emballé par l’idée, mais il faut s’organiser... Nous avons bon espoir de nous voir quelques fois et mettre en place la section rythmique et les guitares. Nous ne sommes pas partis dans une démarche à la Summoning.

Winter : En parlant de section rythmique, Morgan se dope à quoi ? Il est d’une précision redoutable...

Guillaume : Oui. Il a beaucoup épuré son jeu, pour être plus efficace. La batterie sert tout le temps tous les morceaux. Il est moins « bavard », que par le passé, il a pris sur lui.

Winter : Techniquement, vous avez l’impression d’avoir tous progressé ?

Guillaume: Oui, tous les quatre.

François : J’estime avoir livré ma meilleure prestation vocale avec cet album. En chant black, j’ai atteint le grain que je cherchais depuis très longtemps. Sur le début de la "Chevauchée de la Loire", j’arrive à avoir un grain assez aigu, furieux et malsain. C’est une grande satisfaction. Quant aux voix claires, Abduction est toujours un défi. Je pense avoir fait de mon mieux. Être entouré de personnes qui connaissent mon chant, comme Guillaume et Déhà, m’a beaucoup aidé.

Winter : Guillaume, combien de riffs as-tu déjà enregistré pour le prochain album ?

Guillaume : Une vingtaine peut-être. C’est la première fois que j’ai aussi peu de choses entre deux albums. Pour une fois, nous avons besoin de prendre une pause après un album. C’est d’ailleurs la première fois que j’ai une sensation d’accomplissement après une œuvre. Je ne suis jamais satisfait de rien, mais en rentrant du studio avec Jehanne dans la main, pour une fois, je me suis dit qu’il n’y avait rien à changer. Là je reprends tranquillement la composition. J’ai des idées, je sais vers quoi je veux aller. La couleur sera différente de celle de Jehanne, à mon avis.

Winter : Ça sera un nouveau concept album ?

Guillaume : Non. À la base on n’est pas un groupe à concept. Pour le prochain album, on va repartir sur nos thèmes habituels, le temps qui passe, etc. J’ai envie de retourner aux samples de vieux films, également.

Winter : Quelles œuvres nous conseilles-tu pour connaître la Pucelle d’Orléans ? Ce surnom est-il d’ailleurs une invention récente ?

Guillaume : Non, ça lui a été donné de son vivant. À l’époque pucelle voulait dire jeune fille, tout simplement. Sans connotation sexuelle. Sinon, point de vue film ou documentaire, il y en a eu beaucoup, mais peu valent quelque chose. La meilleure production faite sur Jeanne d’Arc, c’est le film de Jacques Rivette de 1994, avec Sandrine Bonnaire, l’une des meilleures interprètes de Jeanne. Rivette était un excellent metteur-en-scène et dialoguiste. Il a fait un très bon travail avec Régine Pernoud, qui l’a secondé. Le film est très fidèle à la réalité, très sourcé, sans extravagances. Un peu la même approche que celle d’Abduction. Le problème du film, c’est son manque de moyen. Les effets spéciaux sont en carton-pâte. La bataille d’Orléans est faite avec dix figurants. Quand tu sais avec quelle ferveur Jeanne a été accueillie à Orléans, il y avait des musiciens, tout le monde voulait la toucher, la voir... Cette scène n’a même pas pu être intégrée au film. Si Rivette avait eu les moyens de Luc Besson, ça aurait été un chef-d'œuvre. Le film de Robert Bresson a beaucoup vieilli, celui de Besson est nul.

Winter : Ouïlle, ouïlle, tu vas vexer les amateurs de Luc Besson qui participent à l’interview...

François:(rires) Non, c’est juste qu’on me l’avait tellement descendu avant que je le voie. Quand je l’ai vu, ça m’a fait de l’effet. L’hystérie de Mila Jovovich...

Guillaume : Mais Jeanne n’était pas hystérique...

François: Je ne dis pas que c’était réaliste, mais entre ça, et certaines batailles, je n’ai pas trouvé ça si nul. Même si la seconde partie du film, plus « ésotérique », ne m’a pas du tout convaincu.

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Winter : Des livres sur Jeanne ?

Guillaume : En ce qui concerne l’histoire pure et dure, l’ouvrage de référence, c’est celui d’Henri Wallon, qui date de 1860. C’est lui qui a le mieux compilé les travaux de recherche. Derrière lui, on a progressé par petites touches, même s’il y a eu d’excellents historiens par la suite, dont Régine Pernoud, encore assez célèbre. Elle a d’ailleurs écrit un livre de vulgarisation qui est très bon, Jeanne d’Arc par elle-même et par ses témoins, qui date de 1962. Elle y démonte pas mal de théories farfelues. Marius Sepet a également fait une très bonne vulgarisation. Si tu veux être pointu, il y a les minutes des procès à Rouen et les chroniques des gens qui l’ont côtoyée. C’est une des figures historiques les plus sourcées. Les théories de certains esprits chagrins affirmant que c’est un mythe sont très peu recevables.

Winter: On va bientôt fêter les cent ans de la canonisation de Jeanne d'Arc.

Guillaume : Oui, nous sommes très contents que l’album sorte la même année, même si je suis très déçu par l’annulation des festivités. J’espère que ça sera rattrapé.

Winter : Le timing était voulu ?

Guillaume : Pas au départ, mais ensuite nous avons tout fait pour qu’il sorte le 29 avril. Déjà, le morceau "Souvenir des lierres", qui parle de la première guerre mondiale, était sorti en 2018, sur À l’heure du crépuscule.

Winter : Vous avez mis peu de temps entre les deux albums... Tout est bien rôdé dans la machine Abduction.

Guillaume: Nous avons quand même mis plus de temps qu’entre À l’heure du crépuscule et Une ombre régit les ombres. À l’heure du crépuscule a été l’album qui a été créé le plus facilement. Pour le premier, nous avions eu beaucoup de problèmes techniques. Pour Jehanne, François ne dira pas le contraire à mon avis, c’est l’album qui a été le plus compliqué à mettre en place. Celui qui nous a demandé le plus d’énergie. Émotionnellement parlant, ça a été dur. Depuis deux ans, Mathieu et moi avons travaillé sur Jehanne tous les jours. Nous avons réécrit des textes cinq fois, il y avait le visuel, les livrets...

François : C’est effectivement l’album qui a fait l’objet de la plus grande implication. Ça a été dense...

Winter: Vous vous en seriez voulu sinon...

Guillaume : Oui. C’est parce que c'était ce sujet-là que nous nous sommes impliqués à ce point.

François : Sinon une petite anecdote qui a à voir avec cette implication. Au moment des enregistrements, autant pour le chant clair je n’ai pas suivi l’ordre des morceaux, autant pour le chant extrême j’ai suivi l’ordre des titres. Plus le temps passait, plus ma voix se fatiguait, ce qui allait parfaitement avec l’histoire de Jeanne. Au début, ce sont ses victoires, puis arrivent les défaites, le grain fatigué s’adaptait bien. Pour le dernier morceau, j’arrivais à chanter et à crier, mais presque plus à parler... Je suis resté enroué plus de deux semaines !

Winter : Il va falloir faire attention en live...

Guillaume : Oui, sauf qu’on peut aménager les morceaux pour le live. Notre démarche sur album, c’est que les titres sonnent au mieux, même si on ne peut pas restituer ça en live.


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