Molybaron

Entretien avec Gary Kelly (chant+guitare), Sébastien de Saint-Angel (basse) - le 24 octobre 2017

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Cosmic Camel Clash

Une interview de




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Sorti en mars dernier, le premier album de MolyBaron est une très bonne surprise. On y trouve un rock varié et qui lorgne très souvent sur le metal, aux influences extrêmement larges. Le groupe ayant organisé une journée promo à Paris, l'occasion était rêvée pour aller deviser avec des musiciens très francs, à la fois lucides et sans filtre par rapport à leur production. Un entretien très plaisant. 

Cosmic Camel Clash : Gary, arrête-moi si je dis une bêtise, mais tu as construit ce groupe autour de toi, non ? Tu as recruté des musiciens.

Gary : Oui, en gros c'est ça. Ça a commencé en 2014, j'étais dans un autre groupe qui s'appelait Human Fate, c'était du metal. J'aimais beaucoup jouer dans ce groupe, mais d'un autre côté j'avais vraiment envie de faire mon truc à moi. Du coup, j'ai commencé à enregistrer des démos et des chansons dans mon petit home-studio, des trucs qui ont fini ensuite sur l'album. Et après à peu près six mois passés à travailler dans mon coin, je me suis dit qu'il était temps de recruter des musiciens. J'ai rencontré Steven en 2015…

Sébastien : Tu as rencontré Steven en décembre 2014 et moi en mars 2015.

Gary : C'est ça. Nous avions un autre batteur à l'époque, on va dire qu'il faisait l'intérim en attendant que nous trouvions la bonne personne. Nous avons commencé à jouer en tant que groupe en 2015. Nous avons beaucoup répété en studio, puis nous avons fait une petite pause pour nous concentrer sur la composition. Je me concentrais sur les arrangements, j'enregistrais une démo de travail, je la soumettais aux autres et nous la bossions en studio. C'est là qu'ils faisaient des suggestions, qu'on bougeait telle ou telle partie, qu'on testait de nouveaux riffs… que j'ai dû virer des trucs que je trouvais bons mais qu'ils trouvaient à chier. J'avais besoin de ce regard extérieur. Ça a donc commencé comme ça, puis nous sommes partis en quête d'un chanteur et ça nous a pris un an. Et on ne trouvait pas. Nous avons essayé encore et encore, dix ou onze personnes… et au final je me suis dit « bon ben je dois m'y coller ». Du coup j'ai du commencer à écrire des paroles, tout ce genre de merdes que je ne voulais pas faire à la base (rires). Nous avons fini par tomber d'accord sur le fait que je serais le chanteur du groupe. Mais ça n'allait pas de soi.

Sébastien : (à Gary) A la base tu avais posé ta voix sur les démos pour servir de guide aux chanteurs candidats, et c'est en écoutant ça qu'on t'a dit que tu devrais carrément être le chanteur du groupe. Tu n'étais pas convaincu mais nous t'avons dit que tu étais bon et que tu pouvais le faire. (à moi) Il n'arrêtait pas de dire « non mais je sais pas »… et finalement un été il a essayé de s'enregistrer seul chez lui, puis il nous a fait écouter ça et c'était très bon. Il avait construit une cabine d'enregistrement de chant dans son placard (rires).

Gary : Oui, c'était dans un vrai placard, avec une porte coulissante et tout. Et c'était pendant la canicule de l'été 2016, je ne pouvais pas respirer dans ce truc. J'ai enregistré mes parties en slip dans mon placard, et bien sûr, impossible de mettre un ventilateur à cause du bruit !

CCC : Je savais déjà que tu es devenu chanteur par nécessité (Gary acquiesce), du coup quel type de voix avais-tu en tête à la base, avant de te résoudre à devoir utiliser la tienne ?


Gary : C'était bizarre en fait. Le truc c'est que quand on écrit un album et qu'on veut que le plus grand nombre accroche, il faut un chanteur avec un accent neutre. Et comme nous sommes en France, tous les candidats étaient français. Certains avaient de très bonnes voix, mais on entendait leur accent quand ils chantaient en anglais. Pour moi ça bloquait, j'étais en mode « il nous faut un anglophone », c'était très important pour moi qu'on ne puisse pas entendre d'accent français à l'écoute. Du coup j'ai dû m'y coller car je ne parle qu'anglais.

Sébastien : Pour le type de voix, on a eu un type avec un timbre proche de celui d'Eddie Vedder de Pearl Jam…

Gary : Il en faisait trop, ça ne fonctionnait pas. Il y a eu cette fille qui avait une super voix bluesy, mais elle n'était pas apte à travailler à plusieurs dans un groupe.

Sébastien : Il y a eu ce mec qui était en mode Guns 'n Roses, un clone d'Axl Rose ! Avec l'ego qui allait avec !

Gary : Il s'habillait pareil (rires). Un autre mec tout au début, qui avait une tessiture incroyable et une voix limite féminine, mais sa voix ne collait pas à la musique au final. Bref, nous ne savions pas quel type de voix nous voulions. Aucune idée ! Bien sûr, j'entendais ma propre voix dans ma tête, je savais comment je voulais que ça sonne. Mais quand on est chanteur, on déteste toujours sa putain de voix. Même une fois l'album enregistré, durant le mix, je n'arrêtais pas de baisser ma voix. Je montais les guitares et la basse sans arrêt parce que je n'arrivais pas à assumer. Même aujourd'hui, quand j'écoute, je suis en mode « bordel, comment est-ce que les gens peuvent aimer ce chant ? »... je sais pas. Dans ma tête j'entendais ma propre voix sur les compos, mais dans ma tête je chantais comme David Bowie. Bien sûr aujourd'hui je n'imagine plus une autre voix sur les compos que la mienne.

CCC : Elle fait partie de l'identité du groupe désormais.


Gary : Voilà. Vous êtes niqués, vous êtes coincés avec moi.

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CCC : Tu as dit que tu ne voulais pas écrire de paroles à la base, mais au final les paroles de l'album sont plutôt bonnes. Tu y affirmes des choses, tu y racontes des histoires… comment ça se fait que tu te sois appliqué comme ça alors que tu ne voulais pas le faire à la base ?

Gary : Je pense que quitte à devoir faire quelque chose, autant le faire bien. Écrire des paroles pour cet album a été pour moi l'équivalent de faire mes devoirs de maths après être rentré de l'école. Je n'y prenais aucun plaisir. Je ne suis pas quelqu'un qui écrit. Je suis créatif en termes de musique et de graphisme (c'est mon métier) mais je ne suis pas bon avec les mots, je ne l'ai jamais été. C'était déjà dur de mettre mes idées sur le papier en tant que tel, et en plus il fallait que ça rime, qu'il y ait la bonne métrique, que ça colle avec la mélodie… ça a vraiment été par nécessité. L'idée de devoir écrire les paroles du prochain me terrifie (rires). C'est aussi pour ça qu'on cherchait un chanteur : pas seulement pour la voix, mais aussi pour que quelqu'un s'occupe des paroles.

Sébastien : La capacité à raconter des histoires était un de nos critères de recrutement.

Gary : Du coup si tu aimes les paroles tant mieux, et chacun peut s'en faire sa propre interprétation.

CCC : Il me semble que sur certaines chansons tu essayes vraiment de dire des choses, je pense notamment à "Fear Is a Better Business Than Love". Il y a un message (Gary acquiesce). C'est important pour toi de faire passer un message, ou c'était juste un de ces trucs que tu as fait parce que tu devais le faire ?

Gary : La seconde option. Asséner de grandes déclarations est un truc que je n'ai pas du tout envie de faire. Nous ne sommes qu'un petit groupe, nous ne sommes pas Youtube (rires). Par contre si je dois écrire quelque chose, il faut que ce soit quelque chose dans lequel je suis investi émotionnellement. Et j'étais très… si tu remontes mon fil Facebook jusqu'en 2016, tu trouveras énormément de choses concernant l'élection présidentielle américaine. La manière dont elle divisait tellement les gens… on touchait le fond. Je regardais tout ça et je me disais que c'était le thème parfait pour un album. La manière dont les media, en tous cas ceux détenus par des entreprises, déformaient tout… ils exprimaient un discours préfabriqué et la plupart des gens avalaient ça. Il y a beaucoup de gens qui ne font pas l'effort de chercher des médias indépendants, ils ne font que suivre ce qui est dit par la BBC, CNN, France 24, etc. En gros ça parle de tout ça. S'il y a un message, c'est essaye d'avoir ta propre conscience, ne laisse pas les autres te dire quoi penser. C'est un message simple et banal. C'est peut-être un cliché et tant pis, c'est ce que je ressentais à l'époque. Encore une fois, je n'essaye pas de forcer qui que ce soit à croire ce que je dis, c'est juste un instantané de mon ressenti à ce moment-là. Le prochain album peut potentiellement être totalement différent, avec des thèmes qui n'auront rien à voir. On verra.

CCC : Sébastien, en tant que bassiste, tu as la chance de faire partie d'un groupe où la basse a un rôle important. Est-ce que c'est quelque chose que tu as apporté ou bien est-ce que ça a toujours été une composante clé de la musique de MolyBaron ?


Sébastien : J'ai rencontré Gary parce qu'il m'a envoyé un mail…

Gary : (l'interrompant) C'était à cause de ta chaîne Youtube.

Sébastien : C'est ça. Son mail disait « j'ai vu ta chaîne Youtube, tu es un très bon bassiste, je pense que ton son collerait sur mes lignes de basse et mes chansons ».

Gary : En fait c'est via un chanteur que nous avions auditionné, qui avait une voix fantastique mais qui ne collait pas sur notre style. Je lui ai demandé s'il connaissait des bassistes et il a mentionné Seb.

Sébastien : Oui, j'avais joué avec lui à un moment donné. Gary m'a envoyé des extraits de chansons et dès les quinze premières secondes j'ai trouvé la basse magnifique. J'ai tout de suite eu envie de jouer ce style de musique parce que c'était varié, non linéaire. Il n'y avait ni paroles ni chant sur ces extraits mais j'ai tout de suite su qu'il y avait un gros potentiel pour ajouter des mélodies vocales. Je voulais vraiment rajouter ma patte sur ces chansons, et j'étais très heureux de constater à quel point la basse pouvait être la fondation des morceaux, avec la batterie.

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CCC : C'est évident sur "Moly" par exemple. Sans la ligne de basse, la chanson s'écroule.

Sébastien : C'est le cas pour toutes les chansons à mon avis.

Gary : Ouais, c'est la partie la plus importante pour moi. La section rythmique en général.

Sébastien : Et j'apprécie la manière dont un songwriter comme Gary aime à ce point la basse. (à Gary) Ça se voit que tu as parfois commencé les chansons par la ligne de basse, avant de composer le reste.

Gary : C'est ce qui m'éclate le plus à écrire. Je suis un wannabe bassiste (rires).

Sébastien : Oh, moi je voudrais être batteur alors…

Gary : La batterie est mon premier instrument en fait. La basse c'est juste l'instrument le plus incroyable. Nous avons poussé la disto sur la basse et nous l'avons mise au centre, nous avons baissé les guitares pour faire ressortir la basse. C'est ce que je préfère sur l'album. Par contre en termes de composition je commence par les riffs de guitare, mais ce qui me donne le plus de plaisir c'est d'écrire la basse.

CCC : En parlant de section rythmique : on peut décrire MolyBaron de plusieurs façons, et une des définitions qui marchent est qu'il s'agit d'un groupe de rock avec un batteur de metal (Gary acquiesce en riant). Votre batteur est un bûcheron, et certaines de vos chansons lorgnent sur Rage Against The Machine. A quel point pensez-vous pouvoir muscler le propos tout en gardant votre identité ?


Gary : Quand tu joues live, tu es totalement libre.

Sébastien : Il faut garder la structure des morceaux quand même… et coller aux samples…

Gary : C'est vrai. Mais nous jouons plus fort, et d'une manière beaucoup plus agressive que sur disque. Il y a certaines chansons dont la version studio nous a lassés à force de les écouter, mais que nous adorons jouer sur scène.

Sébastien : "Let's Die Together" n'est pas ma chanson préférée sur disque ou en répète, mais vu qu'en concert je peux la jouer avec le volume à fond elle est géniale. En plus je vois l'atmosphère, l'énergie du public quand nous la jouons… c'est un super titre live.

Gary : C'est aussi parce que Raph crée ce groove à la batterie dont la chanson a besoin. A la base, la batterie était programmée, et le plan initial était de sortir l'album avec ça. Nous ne pensions pas trouver de batteur pour la version studio. Mais plus j'écoutais les enregistrements, plus je trouvais que ça manquait de feeling, de cet élément humain qui peut se décaler à peine du métronome.

CCC : On peut humaniser artificiellement une batterie programmée…


Gary : On peut le faire, mais ça ne donne pas le même résultat. Il y a un truc humain, ça peut être l'écho d'un coup de caisse claire qui est à peine à côté… du coup j'ai fini par me dire « fuck, nous avons besoin d'un vrai batteur ». Du coup j'ai envoyé toutes les parties de batterie programmée à Nashville, où elles ont été enregistrées par un batteur de session. Mais j'ai vraiment hâte d'en être à l'album suivant, où Raph va jouer les parties. Ça va donner un son différent. Tout sonnera différent, car ce sera plus une création collective. Les chansons prendront naissance en répétition, pas devant un ordinateur. Ce sera plus organique, et plus heavy également. C'est beaucoup plus heavy, en fait.

CCC : Une chose qui a été relevée par beaucoup de chroniques, c'est la largeur du spectre des influences qu'on trouve sur l'album.

Gary : C'est ton avis aussi ?

CCC : Oui. La première fois que j'ai écouté l'album je me suis dit que j'aimais certaines chansons mais que je ne voyais pas ce qui les reliait entre elles. Et c'est ma question : à votre avis, qu'est-ce qui assure la cohésion des chansons ? Quel est le fil rouge ?

Gary : Je dirais que c'est la basse.

Sébastien : Pour moi, c'est l'énergie qu'on apporte, la puissance du tout. Mais c'est vrai que chaque chanson a son propre style.

Gary : C'est difficile pour nous de mettre le doigt dessus car chaque chanson est… il y a des chansons comme "Sleep Leaves This Place" qui ne devraient même pas être là. Quand je l'écoute je me dis qu'est-ce qu'elle fout là, ça ne sonne pas comme nous. Mais elle est là… et il y a d'autres chansons comme "The Other Side" qui… c'est difficile à dire. "Let's Die Together" sonne complètement différemment de "Moly".

Sébastien : "Fear Is a Better Business Than Love" sonne plus comme du Rage Against The Machine, parce qu'elle est mid-tempo. "Mother" se rapproche plus de Metallica…

Gary : (à moi) Et toi tu dirais quoi ? C'est vraiment dur pour nous d'avoir un avis objectif là-dessus.

CCC : Je trouve que c'est le défaut principal de l'album, ce manque de fil rouge. Il y a ta voix bien sûr, mais ça c'est vrai pour n'importe quel groupe. Par contre, ça prend du sens quand vous jouez en live, d'un seul coup tout est cohérent. Mais c'est une des faiblesses de l'album à mon avis, ce manque de cohérence. Après, c'est un premier album… et vu à quel point ça devient évident quand vous jouez sur scène, j'ai bon espoir que le fait que le prochain album sera un effort collectif gommera ce problème.

Gary : Oui, probablement. Nous avons totalement conscience de ce problème. Il y a vraiment des chansons que je ne voulais pas mettre sur l'album au départ, comme "Only When Darkness Falls".

Sébastien : Oui, ça s'est décidé au tout dernier moment.

CCC : C'est ma préférée sur l'album, donc je suis bien content que vous l'ayez laissée.

Gary : Ah oui ? Je la déteste, mais les autres l'adorent (rire général).

Sébastien : J'aime vraiment la jouer sur scène.

Gary : C'est typiquement une de ces chansons qui est plus fun à jouer en live. Nous avons déjà trois, peut-être quatre chansons pour le prochain album, elles commencent à se mettre en place. Après, je pense que ce n'est pas le moment de se concentrer sur les nouvelles pour l'instant, en ce moment nous devons nous concentrer un maximum sur le matériel existant.

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CCC : Vous pourriez les tester en live…

Gary : Il y en a deux qu'on va tester en live, et l'une des deux est brutale. Genre, vraiment heavy.

Sébastien : C'est la plus brutale qu'on n'ait jamais faite.

Gary : Elle est encore plus violente que la fin de "Incognito". Et elle est super dure à jouer, donc il faut qu'on bosse ! Ça va être un cauchemar pour Raph, mais il la joue bien.

CCC : Sur cet album tu es le compositeur principal, tu as écrit les paroles, tu joues de la guitare, tu chantes et tu as réalisé l'artwork. A quel point es-tu un control freak ?

Gary : Un peu. Ma copine te confirmerait que c'est le cas aussi dans la vie de tous les jours. Même quand un plombier vient faire des travaux chez nous, j'ai toujours le soupçon qu'il va faire du mauvais travail et je suis en mode « attends, laisse-moi jeter un œil... ». C'est une maladie, une putain de maladie. Je peux avoir vraiment du mal à lâcher prise et ça peut faire péter un plomb aux autres membres parfois.

Sébastien : Ouais, parfois, mais on essaye de garder ça sous contrôle (Gary rit).

Gary : Ce n'est pas de l'ego, je prête juste une attention excessive aux détails dans tout ce que je crée. C'est comme offrir un part de moi-même au monde, à des inconnus… c'est pareil quand je chante, ça a été hyper difficile. Je me disais « si ça ne sonne pas correctement, j'aurai tout foutu en l'air, toute la musique sera à jeter si ma voix est merdique ». J'imagine que c'est pour ça que j'ai tendance à vouloir tout contrôler.

CCC : Plus tôt dans l'interview, tu as mentionné que l'importance que tu accordais à l'absence d'un accent audible dans la voix d'un chanteur potentiel était motivée par ta volonté de plaire aux masses. C'est le but ? Penses-tu que MolyBaron puisse avoir un succès mainstream ?


Gary : Mmh, tout le monde recherche un succès massif.

CCC : Je ne sais pas, je joue du metal en France, je sais que ça n'arrivera pas.

Gary : Oui. Après si quelqu'un se contente de jouer par passion et de rechercher le bonheur pour lui, je comprends ça à fond et nous sommes dans le même cas. Mais nous avons aussi conscience que les coups de chance, ça arrive. Et une des manières de ne pas passer à côté d'un coup de chance, c'est d'avoir une voix sans accent perceptible. Si tu veux jouer n'importe où au Royaume-Uni ou aux USA, tu ne peux pas avoir d'accent. Ta musique ne se vendra juste pas. C'est bizarre, mais c'est comme ça. J'avais une conscience aiguë de ça, donc… domination mondiale (rires). Si nous pouvons vendre cent ou deux cents albums dans les mois qui viennent, on sera contents. Mais ce que nous voulons vraiment faire aujourd'hui c'est jouer le plus de concerts possibles, choper quelques nouveaux fans au passage et avec de la chance être repérés par un directeur artistique quelque part. Mais si ça n'arrive pas, tant pis. Nous le faisons par passion d'abord, le reste est du bonus… nous n'avons pas encore eu de groupies qui se sont jetées sur nous, c'est assez décevant.

CCC : L'espoir fait vivre ! Je termine toujours mes interviews de la même manière...

Gary : (m'interrompant) On se roule des pelles ?

CCC : Oh oui, ça c'est sûr. Mais sinon j'allais vous proposer d'ajouter quelque chose si vous le souhaitiez.

Gary : Je ne sais pas quoi ajouter... (à Seb) et toi?

Sébastien : Achetez nos albums !

CCC : Et ce sera le mot de la fin.


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