Svart Crown

Entretien avec JB Le Bail (chant+guitare) - le 18 janvier 2017

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Silverbard

Une interview de




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Après une longue période d'absence, Svart Crown revient sur le devant de la scène avec un nouvel album tout juste sorti des fourneaux. Le nouveau méfait s'intitule Abreaction, et nous avons profité du passage du leader JB Le Bail dans la capitale, lors d'une après-midi glaciale d'hiver, pour prendre des nouvelles du groupe. Au programme de la discussion : les récents changements de line-up et de label, l'œil de JB sur la scène extrême actuelle, et bien sûr une analyse du tout nouveau son !

Silverbard : Ça fait déjà quatre ans que Profane est sorti, que s'est-il passé pendant ce tout ce laps de temps ? Essentiellement des tournées ? Ou tu voulais surtout prendre le temps de composer ?

JB : Les deux ! On avait un plan en tête après la sortie de Profane et on a essayé de s'y tenir au maximum, bien que tout ne se soit pas passé comme prévu. On a malgré tout réussi à atteindre nos objectifs, à savoir posséder une base solide en Europe, et mettre un premier pied valable aux États-Unis. Ceci dit, il est vrai que la tournée s'est bien étalée en longueur. On pensait plutôt la finir en 2014 mais elle a finalement continué jusqu'en 2015. Entre temps, il s'est passé des changements de line-up assez importants. Au final, tout a pris un peu plus de temps que prévu et quand est arrivée la composition du nouvel album, on a surtout voulu prendre notre temps. Ça ne servait à rien de précipiter les choses.

Silverbard : Je sais que tu es la tête pensante du groupe, mais me confirmes-tu tout composer ?

JB : Oui.

Silverbard : Okay, sachant que la moitié du line-up s'est donc renouvelée pour ce nouvel album, la composition n'a pas été tant bouleversée j'imagine ?

JB : Si, un petit peu quand même. Notre ancien guitariste Clément Flandrois était assez impliqué avec moi dans le processus. Même s'il n'était pas auteur des chansons, il m'aidait souvent pour les arrangements et il avait bien apporté sa patte sur Profane. Il avait aussi quasiment carte blanche sur ses parties et il était bon juge des choses que j'amenais. On travaillait vraiment bien ensemble et son avis était très pertinent. À son départ, il a fallu revoir tout ça car je me suis retrouvé vraiment seul. Je n'avais plus de recul ni beaucoup d'objectivité sur ce que je faisais et ça a été compliqué.

Silverbard : Lors de notre précédent entretien [Ndlr : au Hellfest 2013], tu m'avais en effet dit que Clément était un pote d'enfance et que tu avais une bonne complicité avec lui. Ça n'a pas été dur de le perdre du groupe ?

JB : Si, bien sûr que ça a été dur. Sentimentalement et émotionnellement tout d'abord, pour moi comme pour lui, car il était beaucoup attaché au groupe. Mais il est arrivé un moment où il y avait un mal-être et il n'était plus heureux dans le groupe. On le sentait et ça se voyait, il n'était plus heureux de partir sur les routes, physiquement et mentalement il n'était plus en phase avec nous et ça créait une grande frustration. Et puis il est venu un moment où il fallait que ça s'arrête, tout simplement. C'est comme pour une rupture, tu fais un tableau, les choses qui vont, celles qui ne vont pas... Et à la fin tu fais le bilan. Et si ça ne le fait pas, il faut prendre une décision. C'est quelque chose qu'il a fait de son côté, en prenant le temps de bien y réfléchir. Il avait déjà décidé de ne pas venir aux États-Unis pour la tournée de Profane. Ce n'était pas aussi important pour lui que pour nous. Et à côté de ça, il avait aussi envie de changer d'air et de musique, travailler ses nouveaux projets qui lui tenaient à cœur car il se sentait un peu prisonnier dans Svart Crown... Tout ça a fait qu'il est parti. Donc au final oui ça a été compliqué... Mais pas insurmontable non plus.

Silverbard : Sont donc arrivés un nouveau guitariste et un nouveau batteur, j'ai lu dans le fichier promo, tous deux d'Agressor.

JB : Euh... Il n'y a plus que Kévin Paradis [Ndlr : batterie] d'Agressor, il ne doit pas être à jour....

Silverbard : Ah d'accord. Je t'avoue que je ne connais pas du tout le groupe. Je sais simplement qu'ils ont joué au Fall Of Summer et que c'est un groupe assez ancien...

JB : En effet c'est un groupe pionnier du death/thrash en France, c'est un des groupes considérés comme cultes au même titre que Mercyless, Massacra ou Loudblast.

Silverbard : Ça marche. Par contre, tu me confirmes que votre nouveau batteur [Ndlr : Kévin Paradis, donc] a bien également officié avec Benighted ?

JB : Oui, c'est exact.

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Silverbard : Justement, vous allez tourner et ouvrir en France pour Benighted prochainement, sur plus de cinq dates en France. Est-ce que cette tournée s'est décidée rapidement et vous avez saisi cette opportunité en envisageant de tourner en tête d'affiche plus tard, quand l'album sera officiellement sorti ? En effet, les premières dates de la tournée sont quelques jours avant la sortie annoncée de votre nouvel album Abreaction...


JB : En fait le projet avec Benighted date d'assez longtemps, ça doit faire presque six ans qu'on parle de faire des dates ensemble. Et malheureusement à chaque fois, ça ne s'est pas avéré faisable... Et puis là, le planning a fait que nos albums sortent quasiment en même temps. On s'entend vraiment très bien et quoique nos groupes évoluent dans des styles assez différents, on possède une base commune. Le projet s'est donc préparé dès le mois de septembre. Ensuite, c'est vrai qu'on travaille souvent par opportunité, quand une se présente et qu'on la juge intéressante, on la saisit ! Mais par la suite, je pense en effet qu'on reviendra avec davantage de dates en tête d'affiche. On essaie d'alterner les deux en fait. Des places comme celles-ci avec Benighted nous intéressent, car c'est un groupe qui est suivi par une base de fans solide, on sait qu'il y aura du monde et qu'on bénéficiera d'un temps agréable de jeu. On pourra de notre côté aussi apporter une part du public et ainsi ajouter notre pierre à l'édifice.
 
Silverbard : J'ai aussi vu que vous avez déjà annoncé une date à Bruxelles avec Regarde les Hommes Tomber. Je crois que je vous vous entendez bien avec eux également. Et justement, pour enchaîner sur la musique de Abreaction, j'ai trouvé (à l'issue des premières écoutes) que tous les contrastes de votre musique semblaient plus accentués, les passages calmes sont encore plus calmes et les plus violents encore plus violents... Quant aux atmosphères, j'y retrouve ces cassures et ces changements de rythme qu'on peut avoir dans la musique de Regarde Les Hommes Tomber. Qu'en penses-tu ?

JB : Euh... (hésite et réfléchit) En tout cas, ce que tu dis est vrai sur l'analyse musicale. Après je pense que ce qui nous plaît - tout comme chez Regarde les Hommes Tomber - c'est le côté hybride où on ne va pas être exclusivement influencé par la scène metal extrême mais aussi par d'autres groupes qui vont plus tourner dans le doom, le sludge ou le post-hardcore. Ce sont des influences qu'on revendique chez Svart Crown depuis quelques temps maintenant. Au fur et à mesure, on arrive à les digérer et ça donne le résultat actuel. C'est vrai cependant qu'il y avait sur ce nouvel album une volonté d'essayer de poser les choses, de prendre un peu de temps, de faire venir les ambiances, quitte à rallonger les morceaux. Il y a vraiment eu un gros travail sur les atmosphères et les ambiances dans l'écriture. Je pense que Regarde les Hommes Tomber sont aussi sur cette optique là sur certains points.

Silverbard : Quels sont les titres qui ressortent le plus pour toi dans l'album ? Pour ma part, il y en a un qui sort vraiment du lot pour le moment, c'est la troisième piste "The Pact", la plus longue de l'album d'ailleurs. Le titre possède un long break au milieu qui pose une lourde ambiance et dans un effet de climax ensuite, la tension monte jusqu'à une explosion grandiose.

JB : Effectivement, ce morceau - notamment dans sa partie centrale - peut faire penser à toute cette scène post-hardcore/black dont on vient de parler. Même si j'y vois l'ombre également de groupes comme Celtic Frost ou Triptykon (qui m'ont personnellement toujours beaucoup influencé), qui ont ce côté bulldozer, bien massif. Encore une fois, ce travail sur les ambiances est un peu le leitmotiv de l'album, c'est vrai. Particulièrement sur ce titre, j'ai eu beaucoup de bons échos jusqu'à présent, bien que chez quelques autres il ne plaît pas du tout. C'est étonnamment très clivant.

Silverbard : Et donc à titre personnel, quels sont tes titres phares ?

JB : Quand je suis sorti du studio, il y a eu vraiment trois titres qui se sont imposés d'eux-mêmes. Tout d'abord "Khimba Rites" (le cinquième), ensuite le premier morceau qu'on a posté en avant-première sur les réseaux sociaux "Transsubstantiation" et enfin le morceau "Orgasmic Spiritual Ecstasy", qui a un côté très catchy qui rappelle nos débuts avec une fin forte, ce qui en fait je trouve un morceau assez prenant. Mais là où je suis très fier de nous, c'est vraiment au niveau du travail des guitares et des ambiances. Et à titre plus personnel, je suis vraiment fier des vocaux, on a voulu placer la barre un peu plus haut, amener un peu plus de mélodies à ce niveau là afin de pouvoir exprimer de la mélodie autrement que par les guitares et les ambiances.

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Silverbard : C'est vrai que j'ai été très bluffé sur le premier titre qui commence très lentement, et d'un coup la voix débarque avec un grain très haineux, c'est vraiment épatant. Du coup, ça va être un vrai défi pour le live j'imagine.


JB : Ah oui, c'est sûr que ce sera un défi...

Silverbard : On verra ! (rires)

JB : Oui on verra ! (rires) Non mais c'est vrai qu'il y a toujours la magie du studio où on peut prendre un peu plus le temps de peaufiner. Le live, ça va être une autre histoire. D'autant qu'il y a plusieurs tessitures de voix qu'il faudra bien travailler. Ça va être compliqué mais pas infaisable.

Silverbard : Pour les prochaines dates à venir, vous allez donc vous focaliser sur certains morceaux ?

JB : Ce seront des dates pré-album mais certains titres auront déjà été diffusés donc on n'en jouera pas beaucoup mais quelques-uns oui.

Silverbard : Je reviens à notre discussion sur le post-hardcore / sludge / doom. Mais avant cela, as-tu lu le fichier promo du label ?

JB : Euh... Ouais... (peu assuré)

Silverbard : J'ai l'habitude que le texte soit toujours exagéré, mais je dois dire que l'auteur y est allé assez fort cette fois-ci dans le côté grandiloquent ! On y reviendra car je voulais tout d'abord t'interroger au sujet de Kurt Ballou qui y est évoqué. C'est formulé bizarrement mais ça dit que vous auriez pu aller aux États-Unis pour enregistrer avec lui, était-ce une vraie volonté de votre part ?

JB : Je crois que le label avait plus dit ça pour justifier le fait qu'on soit resté en France pour enregistrer, c'est ça ?

Silverbard : Oui exactement !

JB : Je pense que le nom de Kurt Ballou est ressorti car c'est une référence dans le domaine, mais il est vrai qu'on l'avait prospecté à une époque. Ça remonte à 2014 ou 2015, on avait été en contact avec lui et d'autres producteurs mais pour un tout autre projet : celui d'enregistrer un ep pour les dix ans du groupe. L'idée était de faire quelques nouveaux titres, des reprises et peut-être certaines réinterprétations. Et j'avais envie de voir ce que ça faisait de travailler avec d'autres producteurs et pourquoi pas quelqu'un qui me plaît beaucoup. Kurt Ballou était dans cette liste et je l'avais contacté pour savoir ce qui était possible de faire. Mais plusieurs événements ont joué contre, déjà le fait que c'est quelqu'un de très pris, ensuite qui ne travaille pas gratuitement non plus, et enfin en termes de logistique ça restait très compliqué d'aller enregistrer dans un autre continent avec les frais engagés. Donc ce n'était pas l'optique la plus faisable, mais ça reste quelque chose que j'aimerais faire un jour.

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Silverbard : En tout cas sur ce point, j'ai bien apprécié la production de Abreaction quoiqu'un peu plus compressée que Profane, je suis assez sensible sur ce point. Mais dans l'ensemble je trouve que ça sonne propre.

JB : C'est le même producteur qui a travaillé sur tous nos albums. C'est compliqué à mixer comme musique. Comme on disait tout à l'heure, il faut arriver à trouver un équilibre entre les parties les plus extrêmes, où il va falloir de la définition, de l'attaque et de la vélocité ; et les parties lentes afin qu'elles soient compactes et qu'elles pètent vraiment. C'est un vrai défi pour la batterie, mais aussi pour les guitares, savoir si on a un son qui prend plus de gain et plus de place pour les parties lentes. Ça fonctionne bien sur le doom ou sur le sludge mais ça fonctionne moins sur le death metal plus classique. Et sur ce dernier point, on passe du coq à l'âne tout le temps sur l'album. Donc c'est compliqué et il faut faire des compromis, ce qui n'est pas toujours une bonne chose en musique, car il vaut souvent mieux prendre un parti et s'y tenir. Le son me plaît, celui de Profane me plaisait aussi, mais c'est vrai qu'on est toujours dans le compromis du fait de cette double casquette.

Silverbard : Lors de notre dernier entretien, tu m'avais parlé de tes groupes du moment que tu écoutais. Je ne m'en souvenais plus mais tu m'avais parlé de Mgła. Je ne sais pas si tu es toujours sur ce groupe...

JB : Moins. J'avais bien aimé leur album de 2012 [Ndlr : With Hearts Towards None]. Mais je n'ai pas trop aimé le dernier [Ndlr :Exercises in Futility (2015)] à l'exception d'un titre, le numéro "V" ou "VI", qui est vraiment bien... Par contre, j'aime beaucoup plus leur autre groupe Kriegsmaschine, qui musicalement me parle bien davantage. Mgła reste du black metal assez classique et mélancolique voire épique, c'est peut-être justement ce dernier côté épique qui me dérange le plus. Mais attention, ça reste un groupe très solide ceci dit.

Silverbard : Ce que je trouve marrant, c'est le succès fou que connait le groupe actuellement alors qu'à l'époque de notre précédente interview, encore très peu de gens les connaissaient... Tu m'avais également parlé des Grecs de Dead Congregation qui jouaient à vos côtés au Hellfest 2013, grâce à toi j'ai découvert et c'est vraiment un excellent groupe.

JB : Ils ont eux aussi eu un sacré succès d'estime dans l'« underground », ils ont vraiment vendu beaucoup d'albums. Je pense que tout comme Mgła, ils ont pris le pas et à l'heure actuelle, ce sont des groupes extrêmement solides de réputation ainsi qu'en termes de chiffres de vente. Ils commencent à sérieusement concurrencer les plus grosses pointures. Je pense à Bölzer aussi, ce sont des groupes qui ont connu des petits buzz mais qui sont bien implantés.

Silverbard : Du coup, je voulais cette fois-ci parler avec toi de deux groupes du milieu - si tu les connais - coups de cœur de l'an passé pour moi, Blood Incantation et Chthe'ilist [Ndlr : Le Dernier Crépuscule (2016)]. Deux albums à la production incroyable, ultra dynamique et avec une ambiance assez fumante et caverneuse...

JB : Alors pour Blood Incantation, j'ai bien écouté l'album et je trouve ça très bon. Ça part un peu dans tous les sens mais il y a vraiment un truc qui se passe et c'est très créatif. L'autre groupe canadien dont tu me parles, j'en ai entendu parler, j'ai peut-être dû écouter mais pour être honnête, je ne m'en souviens plus trop. Ensuite je t'avouerais que j'avais fait un bon tour d'horizon dans le style il y a un an, mais ces derniers temps, je n'ai pas trop suivi ce qui est sorti.

Silverbard : Pour revenir au fameux fichier promo un peu grandiloquent, le label disait que vos prochains concerts seraient un « véritable spectacle ». Est-ce que vous avez bossé quelque chose de particulier, une mise en scène, ou était-ce simplement une figure d'exagération ? J'ai le souvenir de shows plutôt sobres vous concernant...

JB : (un peu gêné) Oui c'est plutôt sobre. Mais on aimerait développer quelque chose qui soit plus visuel, au niveau des lumières, sans forcément parler de mise en scène... C'est en pourparlers et ça ne dépend pas que de nous malheureusement. En tout cas, en termes de scénographie, on aimerait apporter quelque chose d'un peu plus neuf. On commence un peu à se lasser du format très standard. Et si ça s'avère possible, on compte travailler là-dessus.

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Silverbard : On finit par le changement le label, qui me semble une évolution logique pour vous. Vous arrivez sur une grosse écurie, Century Media. Je pense que vous comptez désormais toucher un public plus large, peux-tu nous dire comment ce changement s'est déroulé ? Vous avez beaucoup tourné avec Marduk, eux-mêmes signés chez ce label, avez-vous pris contact par ce biais ?

JB : Les contacts se sont plutôt faits lors de la tournée avec Deicide, groupe aussi chez Century Media. Les recruteurs du label nous ont vu sur cette tournée là en Europe comme aux Etats-Unis, car nous avons partagé la scène avec le groupe sur les deux continents. Ils étaient bien au courant du groupe. On a ensuite rencontré le patron à Los Angeles et on a eu un bon contact avec lui. Des recruteurs d'autres labels étaient également présents ce soir-là. Quand l'enregistrement de Abreaction s'est achevé, on a essayé de réévaluer nos conditions avec Listenable, dans la mesure où on avait un certain plan en tête pour ce nouvel album. Mais de leur côté, ça ne cadrait pas avec leurs attentes et leurs envies. La discussion était plus compliquée et on n'a pas réussi à trouver de terrain d'entente. Au lieu de rentrer en conflit, on a préféré mettre un terme à la collaboration et on est alors rentré en contact avec les labels qui nous suivaient, dont Century Media. Quand on a commencé à parler avec eux des conditions de sortie, on voyait les choses beaucoup mieux cadrer avec nos attentes. Donc au final, il y avait deux options pour moi. Soit on passait à un label d'une plus grosse taille avec les reins plus solides pour mettre un investissement important sur le groupe, soit une autre option plus risquée mais qu'on a envisagé, c'est de revenir en indépendant voire monter notre propre structure. Je pense qu'à l'heure actuelle, les groupes n'ont pas vraiment le choix. La façon dont je vois les choses est la suivante : indépendant ou grosse structure, l'entre-deux n'est pas intéressant. Parce que les labels qui n'investissent pas vont récolter la majorité du bénéfice que le groupe a créé, sans forcément travailler plus que cela, ils vont activer un réseau, presser un CD, faire un peu de promo... N'importe quel groupe un peu débrouillard peut le faire. C'est mon avis, mais dans les faits, je pense que pas mal de groupes s'y retrouvent. Tant qu'à avoir un label, autant avoir un vrai apport et un vrai carnet d'adresses, une structure qui peut apporter beaucoup plus que ce qu'on peut faire par nous-mêmes. C'était donc le cas avec Century Media. Ce qui m'a particulièrement plu aussi, en dehors du fait que ça soit un très gros label racheté par une major - puisque ça appartient à Sony Music désormais - c'est son identité, particulièrement au sein du metal extrême, avec des groupes crédibles et qui ont un impact. En cela, nos chefs de projet en Allemagne ou aux États-Unis connaissent vraiment bien leur boulot. Ils connaissent tous les groupes et sont très axés sur le fait d'avoir un beau produit physique. C'est je pense quelque chose de très important à l'heure actuelle où les CD ont du mal à se vendre - tant qu'à faire, autant mettre le paquet là-dessus. Et l'autre atout, c'est évidemment le fait que ce soit un label mondialement implanté, qu'il y ait des bureaux partout en Europe, des gens pour la promo ici en France... La maison-mère est en Allemagne, ce qui est primordial pour notre couverture sur territoire européen et il y a des bureaux aux États-Unis, ça aussi c'est important pour nous. Toutes ces raisons font qu’aujourd’hui, on est fier de notre choix. L'avenir nous dira si on s'est trompé ou pas... (rires) Mais pour l'instant, on en est satisfait !

Silverbard : Je te laisse conclure si tu veux ajouter un mot...

JB : Merci à toi pour l'interview et notez bien nos dates dans vos agendas, car on vous donne rendez-vous sur la tournée !


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