Hypno5e

Entretien avec Emmanuel Jessua (chant+guitare), Gredin (basse) et Théo Begue (batterie) - le 03 avril 2015

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Silverbard

Une interview de




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Silverbard : Même si je ne peux pas vraiment, sachant qu'il n'est pas sorti, je vais quand même vous poser des questions sur le nouvel album... (rires)

Gredin : Ah non, on ne va pas te le faire écouter ! (rire général)

Silverbard : Avant tout, est-ce que vous pouvez expliquer le retard qu'il y a eu pour ce nouvel album qui, si j'ai bien suivi, aurait dû sortir avant la tournée qui était planifiée là ?

Gredin : Oui tout à fait. On a eu des retards à la post-production en fait. De notre côté, on a fini d'enregistrer notre travail, les instruments. Le problème, c'est le mixage. Il est passé de mains en mains, de pays en pays, de continents en continents...

Emmanuel : A la base, l'album devait sortir à l'automne 2014, puis il a été décalé en février 2015. Au niveau de la tournée, il y avait beaucoup de dates prévues, même une tournée européenne était planifiée, qui a dû passer à la trappe... Cette histoire de mix nous a mis dedans à plein de niveaux et est complètement indépendante de notre volonté. Nous n'avions aucun intérêt à reporter la sortie sachant que toutes ces dates étaient calées, notamment des dates comme Paris, qui avaient été pensées comme des « release parties ». Là, ça nous permet à la place de faire un tour de chauffe pour qu'on puisse présenter quelques extraits de nos morceaux, ça nous permet de voir ce qui marche aussi. Cela dit, on ne va pas jouer plus de deux morceaux, car sinon on joue tout l'album... (rires) On a finalement donc décidé de garder quelques dates phares uniquement pour s'échauffer, afin de garder un peu le groupe sur la route, et que le nom circule... Comme dit, on a choisi un très mauvais casting de post-production, qui a fait qu'on a eu un puis deux et maintenant quatre mois de retard sur la sortie prévue. On a été obligé de décaler à octobre prochain car ça ne servait à rien de sortir l'album pendant l'été. Et de cette façon, on est sûr de pouvoir bien faire les choses. Il y aura donc une nouvelle tournée qui va se préparer à partir d'octobre avec de nouvelles dates en France, où on présentera vraiment entièrement le nouvel album.

Silverbard : Ça sera donc la tournée qui avait été prévue en tête d'affiche ?

Emmanuel : Il y aura beaucoup de dates en tête d'affiche un peu éparpillées, mais on veut vraiment s'axer sur l'international pour cet album. On a signé sur un nouveau management qui va nous permettre de mieux se développer à l'international. Pour la France, il y aura des dates en tête d'affiche et en support. Il y aura forcément une date à Paris, soit à la sortie, soit en début d'année suivante, nous ne savons pas encore précisément. Tout se met en place doucement, dès qu'on aura des confirmations de notre côté, on mettra immédiatement les gens au courant via notre site et bien sûr aussi tous les contributeurs du KissKissBankBank (NdlR : entreprise de financement collaboratif française sur le modèle de Kickstarter, où le groupe a récolté plus de 12000€ en 2014, soit 200% de son objectif initial, ayant pour but principal le financement de la réalisation de son nouvel album, ainsi que le repressage d'anciens albums et la réalisation d'un documentaire du groupe)

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Silverbard : En effet, je rebondis sur ça. Il y a toujours le fameux concert où seront invité tous les contributeurs du projet (dont moi) ! (rire général)

Emmanuel : Et bien, ce sera après la sortie du nouvel album également. On ne peut malheureusement pas donner de date précise non plus... Mais grossièrement, ce sera en milieu de tournée, quelque part entre octobre 2015 et... juin 2016, donc pas dans l'immédiat ! L'idée sera de faire un long set. Nous tiendrons là encore les gens informés, aux alentours de l'été je pense, quand toutes les déboires de l'album seront définitivement réglées.

Silverbard : Avez-vous à ce propos déjà réfléchi au cadre où se déroulerait ce set ?

Emmanuel : On ne sais pas trop non, on se pose la question en ce moment.

Gredin : On en parle assez souvent, oui.

Silverbard : Ce sera un lieu un peu spécial j'imagine ?

Emmanuel : Oui le lieu sera particulier c'est sûr, mais il faut surtout trouver la ville où ça va pouvoir se passer...

Silverbard : Quelque part qui arrange un peu tout le monde...

Emmanuel : Oui, et l'idée de mettre en place des covoiturages pour chaque ville... Il faut qu'on réfléchisse encore, on a pensé à Paris évidemment pour la facilité d'accès, mais ce sera peut-être un peu plus bas finalement, on verra...

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Silverbard : C'est un peu délicat de poser des questions sur ce nouvel album sans l'avoir écouté, mais comment vous pourriez me le décrire là, par exemple, vous parliez à l'instant du nombre de pistes, de leurs longueurs... Quelques petites infos que vous pourriez partager ? (rires)

Emmanuel : Pas beaucoup de petites infos malheureusement ! (rires) Le titre de l'album par exemple, nous ne pouvons pas le diffuser. Il est quelque part dans le merchandising des albums je crois... (rires)

Les autres (le coupant) : Non il a été retiré ! (rires)

Emmanuel : Ah oui c'est vrai ! (rires) Il y a cinq titres, enfin quatre « vrais » titres, phares, qui constituent l'essentiel de l'album, dont deux titres longs. Et un titre supplémentaire qui est une expérimentation qu'on a voulu rajouter. En terme de durée totale, c'est à peu près la même que les précédents, pas loin d'une heure. On ne sait pas encore si ça sera divisé en plusieurs parties, on n'a pas encore fait la tracklist. Niveau musique, c'est assez proche d'Acid Mist, mais avec un petit retour sur Des deux l'une est l'autre par moments. Tel que je le reçois, c'est qu'il est plus extrême dans les deux sens. C'est à dire, plus taillé pour le live, avec tout le bagage qu'on avait derrière nous : plus violent et plus compact au niveau de riffs, etc... Et d'autre part, on s'est permis plus de longueurs sur les parties calmes, beaucoup de moments ambiants et éthérés. Mais les gens qui ont eu l'occasion de l'écouter trouvent que c'est la suite logique des deux précédents albums.

Gredin : Les passages calmes sont aussi dépressifs que sur le premier et les passages bourrins sont aussi décortiqués que sur le second. Je pense que ça résume bien l'idée.

Silverbard : Et au niveau des gimmicks : l'aspect cinématographique, l'insertion de dialogues... Est-ce qu'il y aura du Camus ? (rires)

Emmanuel : Il y a toujours des habitués qui reviennent faire des featurings. (rires) Non, on a un peu changé de continent pour les références, on est plus passé à la littérature américaine, il reste toujours pas mal de références au cinéma français ou européen (dans des langues du Nord plutôt), mais comme d'habitude des samples de films ou de lectures qui nous ont touché. Il a toujours cette patte là même si on parcoure une période différente, plus contemporaine et moins début du XXème siècle.

Gredin : Toujours pas de Marc Lévy, hein ! (rire général)

Emmanuel : J'ai insisté pour en mettre pourtant, mais personne n'a voulu ! (rires)

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Silverbard : Pour rebondir sur ce que tu disais tout à l'heure, le nouvel album est plus taillé pour le live, est-ce que tu penses qu'il va prendre un place importante dans les prochaines setlists ?

Emmanuel : De la même façon qu'Acid Mist est plus forgé pour le live par rapport à Des deux l'une est l'autre, ce nouveau est dans la même veine. Cela dit, il y a quelques morceaux qui, je pense, sont plus difficiles à présenter en live sans avoir eu une écoute au préalable. Certains sont plus difficiles à digérer et à capter, contrairement à Acid Mist qui est plus facile d'accès. En tout cas, il y a un morceau qu'on a essayé de jouer en début de tournée et qu'on a préféré ensuite garder pour un peu plus tard.

Théo : Cet album était aussi mon intégration dans le groupe, on a travaillé ensemble dans la compo et on ne l’avait jamais fait avant. J'avais juste intégré le groupe comme batteur remplaçant pour les concerts et là du coup Manu a composé et je l'ai suivi ensuite. C'est donc aussi un album qui présente des nouveautés car l'équipe a changé, mais la recette reste la même. C'est du Hypno5e dans une version nouvelle. Il n'y a pas de grosse surprise.

Emmanuel : Après je pense qu'il y a quand même une évolution et des choses à se mettre sous la dent. Je pense à un ou deux morceaux qui sont assez surprenants par rapport à ce qu'on a fait jusque là. C'est vrai qu'il y a la présence de Théo qui a un jeu différent de Thibault. Ça porte aussi le projet différemment et donc ça peut expliquer aussi la touche live plus nette qu'auparavant. Mais on va pouvoir développer ça sur les concerts à venir... Ce soir, on va jouer un mélange de deux nouveaux morceaux pour un total de quinze minutes, c'est déjà pas mal, on ne voulait pas plus.

Silverbard : Pour la suite, en termes de label, vous allez rester attachés à Klonosphère ou il est possible que ça bouge ?

Emmanuel : Klonosphère restera toujours dans l'entourage promotionnel du groupe en France, mais ça va bouger. Acid Mist était sorti en France avec une grosse promo, mais à l'étranger il était difficilement distribué. Et c'est ce dernier point qui va être notre principal défi à relever pour ce nouvel opus.

Silverbard : Là encore dans l'objectif de plus tourner à l'étranger...

Emmanuel : Oui, mais surtout dans de meilleures conditions que par le passé.

Silverbard : Sachant que le fait d'avoir ouvert pour Gojira vous a, je pense, déjà permis de gagner beaucoup en popularité, en France dans un premier temps et peut-être même un peu à l'international...

Emmanuel : C'est vrai que les quelques dates faites à leur côté étaient surtout en France, mais aussi une en Allemagne, en Hollande et en Espagne. C'est bien sûr le genre de tournée très intéressante, surtout quand le plateau marche bien et les gens qui accrochent à la tête d'affiche sont susceptibles d'aimer la première partie. C'était un choix artistique en plus, puisque c'est Gojira qui avait choisi les deux groupes en première partie (NdlR : Hypno5e donc, et les Suisses de Kruger). C'était nickel et ça nous a permis d'avoir une audience à l'écoute. On a clairement vu la différence en France avant et après la tournée Gojira. Ça a vraiment été un tremplin.

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Silverbard : Au niveau des thèmes de l'album, est-ce qu'il y a des choses que vous pouvez évoquer ?

Gredin : Tu essaies de creuser les informations, hein... (rire général) Non je rigole, sans l'avoir écouté, c'est vrai que ce n'est pas facile de poser des questions...

Théo : L'ambiance générale est différente, il n'y a pas la même mélancolie. Personnellement, j'étais auditeur d'Hypno5e avant de rentrer dans le groupe. Ce que tu ressens en général après une écoute sera un sentiment général différent je trouve... C'est assez nouveau pour du Hypno5e, il y a plus de moments où tu as l'impression d'avoir... un peu plus d’espoir, peur-être ? (rires)

Emmanuel : Mmh ce n'est pas vraiment ça, il y a peut-être un côté plus humaniste qui pour moi était déjà présent sur les autres albums. Le côté mélancolique n'est pas défaitiste pour moi, il n'est pas fatal. Ce n'est pas une mélancolie plombante, c'est une mélancolie qui pousse vers l'avant.

Théo : Une mélancolie qui fait du bien ?

Emmanuel : Oui voilà, l'idée est d'avoir quelque chose d'exhalant...

Silverbard : La fameuse catharsis...

Emmanuel : Oui et créer ainsi des climax. Sinon à propos, les thèmes dans les textes, ça rejoint ceux des précédents albums en décrivant l'errance d'un personnage dans un espace donné. Cette fois l'album est presque construit comme une carte, avec de la géographie - abstraite bien sûr...

Théo : Il y a plus d'émerveillement et d'ouverture je pense.

Gredin : Mmh, oui je vois à quel riff tu fais référence...

Théo : Oui, celui à 7'44 là...

Gredin : Oui, avec un petit carré rose ! (rire général)

Silverbard : Je vous laisse le mot de la fin, si vous voulez ajouter quelque chose.

Emmanuel : Merci à ceux qui nous suivent et qui sont patients, et encore désolé pour le retard...

Gredin : On essaie de faire les choses bien et de prendre le temps qu'il faut pour ça.

Théo : C'est pas tant qu'on est désolé que c'est chiant, je pense que personne ne va nous reprocher d'avoir eu du retard, je veux dire il y a tellement de groupes qui sortent des albums pas aboutis...

Les autres (le coupant) : Non non, c'est fini, faut couper ça ! (rire général)

Théo : Non mais, c'est vrai, Faith No More est dans la même situation que nous actuellement, ils ont posté une annonce comme quoi ils avaient du retard sur les titres car ils voulaient les remixer derrière... Bon après, c'est un petit groupe Faith No More... (rire général)


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