Opeth

Entretien avec Martin Mendez (basse) - le 19 juin 2011

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Sebrouxx

Une interview de




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A peine sont-ils arrivés sur le site du Hellfest que les membres d'Opeth enchaînent les interviews. Il faut dire que le Suédois ont l'immense honneur de clore les festivités sur la Mainstage 2, aux environs de 1h00 du matin, sitôt achevé le set de Ozzy Osbourne. Une première partie de luxe qui semble largement convenir au bassiste Martin Mendez, homme timide au premier abord et grand fan de fan devant l'Eternel.

Sebrouxx : Martin, bonjour, et merci de me recevoir. Permets-moi de te demander si tu vas bien.

Martin Mendez : Ca va plutôt bien, je suis ravi d’être enfin arrivé en France.

Sebrouxx : D’où nous arrivez-vous avec Opeth ?

Martin Mendez : Nous venons de faire une date du Danemark. Et puis un sacré voyage en bus. Mais vraiment ca va.

Sebrouxx : Si tu le veux bien, nous allons commencer alors par parler du Hellfest. Quelle serait sa particularité, sa différence par rapport aux autres festivals d’été européens, voire nord-américains ?

Martin Mendez : Déjà, c’est un festival auquel nous avons déjà participé par le passé et que nous connaissons. C’est un festival assez important, déjà pour vous les Français, et il devient un des grands évènements metal en Europe. Vous avez beaucoup de monde qui se déplace et personnellement, c’est cool d’être là en France.

Sebrouxx : Merci pour la France et le Hellfest. En toute honnêteté, quel est le festival dans lequel et tu préfères te produire et que tu considères être le meilleur.

Martin Mendez : Pas facile de te répondre. Déjà parce qu’il y en a beaucoup, de plus en plus  même. Mais j’aime beaucoup les festivals en Finlande. Mais également ceux qui se tiennent en Suède.

Sebrouxx : En quoi les préfères-tu ? Jouer à domicile rend le jeu plus facile ?

Martin Mendez : Ce n’est pas si différent que cela en fait, mais je peux t’assurer que le fait de jouer chez nous, en Suède, ca ne rend pas la prestation plus facile. Loin de là. C’est plus en terme de satisfaction, de voir que chez nous, nous sommes aussi appréciés qu’ailleurs.

Sebrouxx : Je te propose de faire une pause. Jette un œil, s’il te plaît au running-order du Hellfest, et imagine-toi comme le festivalier lambda. Pour chaque journée, peux-tu me désigner le groupe qui t’aurait mené jusqu’ici sans hésitation?

Martin Mendez (rires) : ouh, pas simple. Attends. Alors pour le premier jour, je te dirai Clutch sans hésiter. Pour le jour 3, j’hésite entre entre Mr. Big et Judas Priest.

Sebrouxx : Tu as oublié la deuxième journée, celle du samedi.

Martin Mendez : Va pour Scorpions !

Sebrouxx : Tu ne sembles pas plus emballé que cela par le deuxième jour.

Martin Mendez : Si, si. Scorpions : c’est très bien (rires).

Sebrouxx : Tu auras pu citer le Black Label Society. D’ailleurs j’en profite également pour te poser la même question qu’à John DeServio. Regarde à nouveau la liste et peux-tu désigner ton MVB (NDLA : Most Valuable Bassist, meilleur bassiste, en référence au joueur du match, le fameux MVP) du Hellfest 2011 ?

Martin Mendez (très rapidement) : Billy Sheehan de Mr. Big.

Sebrouxx : Il est l’une des influences ?

Martin Mendez : C’est un bassiste que j’apprécie beaucoup, doté d’une grande technique. Maintenant, je ne dirai pas que c’est une de mes influences.

Sebrouxx : Quelles sont-elles alors ?

Martin Mendez : Stanley Clarke et Jaco Pastorius restent mes influences, des musiciens que j’ai énormément écoutés et écoute encore souvent.

Sebrouxx : Pastorius, cela te fait un point commun avec John DeServio qui m’a aussi cité, si tu veux tout savoir, Geezer Butler de Black Sabbath et Steve Harris de Iron Maiden.

Martin Mendez : Vraiment ? Je suis un grand amoureux de jazz et de fusion, j’ai commencé par cela. Les autres que tu me cites sont d’excellents bassistes de rock, de heavy metal. Mais je n’ai pas la même approche entre leurs jeux, et celui d’un Pastorius et d’un Clarke. C’est totalement incomparable, tu t’en doutes bien.

Sebrouxx : Quel rapport entretiens-tu alors avec le jazz et la fusion. Tu en écoutes simplement, ou tu en joues encore chez toi pour ton plaisir ou pour entretenir ta technique ?

Martin Mendez : J’aime énormément jouer et revoir un paquet de plans jazz. Bien sûr qu’au sein de Opeth, je ne joue pas jazz. Mais je reste convaincu qu’il faut savoir apprécié un peu de tout dans tous les mouvements musicaux existants et rester ouvert d’esprit. C’est d’ailleurs le cas des autres membres du groupe : je ne suis pas le seul à adorer le jazz dans Opeth.
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Sebrouxx : Le temps nous est compté et peut-on aborder rapidement le prochain album d’Opeth, intitulé Heritage, prévu pour septembre.

Martin Mendez : C’est ça, et nous n’en jouerons aucun extrait ce soir.

Sebrouxx : Dommage, on aurait bien terminé ce festival avec une nouveauté. La pochette a été dévoilée il y a quelques semaines sur Internet, et elle a immédiatement fait parler d’elle. Peux-tu nous en donner la signification, la symbolique ?

Martin Mendez (silence) : Ce n’est pas simple à expliquer et chaque membre d’Opeth t’en donnerait une version différence. Pour moi, c’est une image qui lie le passé du groupe à son présent et son avenir. C’est le symbole d’une transition. Je trouve que c’est assez drôle en plus.

Sebrouxx : Si tu me le permets, l’artwork me paraît plus ironique qu’amusant…

Martin Mendez : Bien sûr qu’il y a un fond ironique, mais je persiste : c’est drôle. C’est la vie.

Sebrouxx : Tu parlais à l’instant de transition. Qu’entends-tu pas là : une toute nouvelle direction musicale ?

Martin Mendez : C’est un album qui sera différent. Différent du précédent, Watershed. Et asez différent, finalement, de tout ce que Opeth a déjà sorti jusqu’à présent. Et tous les membres du groupe en sont contents et même fiers. Tout ce que je peux te dire, c’est qu’il sera plus lourd, moins Metal que les deux précédents. Nous avons tous donné le meilleur de ce que nous avions en nous lors de l’enregistrement.

Sebrouxx : Moins Metal ?

Martin Mendez : Il restera assez heavy d’une certaine manière, tu sais. Mais pas le truc heavy habituel.

Sebrouxx : On en reparlera à sa sortie. Je te laisse le dernier mot pour les lecteurs des Eternels.

Martin Mendez : Sincèrement, je remercie de la France de soutenir Opeth comme elle le fait. C’est un pays où votre public nous a toujours soutenu et bien reçu depuis nos débuts et surtout depuis des années. Nous reviendrons vous voir avec le prochain album au mois de décembre, je crois. Merci à vous et merci à toi.

Sebrouxx :  Avec plaisir et à ce soir, à 1h00 du matin, après Ozzy Osbourne. Sympa comme petit groupe de première partie ?!

Martin Mendez (rires) : Ca devrait aller !



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