Sybreed

Entretien avec Ben (chant) et Drop (guitare) - le 24 novembre 2009

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Gazus

Une interview de




Sybreed_20091124

À l'occasion de leur venue à Paris aux côtés d'In Flames (report ici), histoire de promouvoir un peu leur dernier album The Pulse Of Awakening (chronique ici), Sybreed s'est laissé de nouveau tenter par une interview avec les Éternels. Et comme l'année précédente, les franco-suisses représentés par Ben (chant) et Drop (guitare) s'avèrent être d'invétérés bavards, accordant à votre serviteur un entretien approchant l'heure. Au menu, tournée, concept, pensée Nietzschéenne, mixage et batteries de cuisine.


Gazus : Comment s'est déroulée votre tournée auprès d'In Flames ?

Drop : C'était... super bien.

Ben : C'était énorme, vraiment.

Drop : À tous les niveaux, tout d'abord parce que le fait de pouvoir partir en tournée avec un groupe de cette trempe est déjà super pour nous, ce qui fait que nous étions très contents, mais aussi parce que nous avons découvert qu'il s'agit de gars hyper sympas, que tous leurs techniciens sont vraiment cools, nous ont pas mal aidé, nous prêtaient carrément du matériel lorsque nous avions des problèmes, comme ça. En plus de ça, ils ne nous ont pas fait chié pour le temps que nous jouions... Vraiment de super types.

Ben : De plus, si j'ai bien compris, ils nous apprécient bien, ce qui est un plus; nous avions vraiment une liberté qui n'est pas toujours existante pour un groupe de première partie. Sachant que nous allions tourner avec un groupe comme In Flames, nous nous attendions à des conditions du genre «T'attends dehors et pis valà !» et au final, nous nous sommes retrouvés avec des conditions carrément excellentes. Puis ce sont des gars vraiment sympas, comme l'a dit Drop, autant l'équipe technique que les musiciens en eux-mêmes.

Gazus : Vous avez pu aller jouer aux États-Unis, où vous vous êtes créé une bonne fanbase à vos débuts. Comment était ce retour là-bas ?

Ben : Tout d'abord, que du bonheur, étant donné que nous sommes assez fans de ce pays, justement depuis notre première tournée, grâce à l'accueil que nous avions eu là-bas et justement, cette tournée avec Threat Signal que nous avons fait cet été s'est excellemment bien passée je trouve, nous avons de la chance à ce niveau là en ce moment, de toujours tomber sur des groupes sympas en tournée. Nous nous sommes très bien entendus avec eux. Pour ce qui est de renouer le contact avec la fanbase américaine... C'est une fanbase très fidèle, dans le cas de Sybreed, étant donné que ce sont vraiment des gens qui ont découvert le groupe par le bouche à oreille - nous ne sommes pas passés dans les gros médias -, qui vont parfois faire dix heures de route pour venir nous voir... Ils ont répondu présent, il y a vraiment eu des soirs où l'ambiance était assez incroyable dans les salles. C'était un réel bonheur.

Gazus : Vous êtes repassés par l'Allemagne, si je ne me trompe pas.

Ben et Drop : Ouais, récemment.

Gazus : Comment était le public par rapport à votre tournée avec Samael ?

Drop : Il était presque plus nombreux, j'aurais envie de dire... Proportionnellement à la taille de la salle (rires). C'est vrai que les dates que nous avons fait avec Samael en avril 2008 en Allemagne manquait vraiment de promo. Les concerts n'ont pas été... (il cherche ses mots) merde...

Gazus : «Promus ?»

Drop : Ouaip, promus dans les magazines, etc. On nous a dit, je ne sais pas si c'est une blague ou non, que pour les Allemands, si ce n'est pas marqué dans les magazines type Rock Hard, ils n'y vont pas.

Ben : Je serais assez d'avis de croire que ça se passe comme ça. Là, nous avons fait un concert dans une petite salle, à Cologne et... il y avait des fans, donc c'était vraiment un public venu pour nous voir. Ils n'étaient pas forcément très nombreux, mais ils étaient là pour nous ce qui fait qu'il y avait une certaine ambiance. Après, c'est vrai que la musique de Sybreed n'est pas forcément une musique faite pour un public germanique, nous sommes même carrément à l'opposé des goûts habituels du public allemand. (Drop approuve) Il faut, j'ai l'impression, que ce soit bien bien metal ou alors que ce soit bien bien electro-industriel. Étant donné que nous avons le cul entre deux chaises...

Drop : (l'interrompt) Mais tout avec un petit côté moule-burnes ! Les Allemands aiment bien. (rires)

Gazus : J'en conclus que tu n'as pas pu sortir cette phrase que j'avais lu sur ton blog «Merci beaucoup ! C'était la meilleure répétition que nous ayons jamais faite !» ?

Ben : Nan mais ces temps-cis, je sais pas, j'ai mis de l'eau dans mon vin, je suis assez...

Drop : Gentil...

Ben : Ouais, assez gentil, à essayer de motiver les gens sur scène, j'ai un peu changé ma manière d'être. D'abord parce que nous faisons une musique assez déprimante par moments et je me suis dis «Bon, allez...». Surtout depuis les USA, en fait, quand tu vois qu'il y a un public qui répond présent, qui gueule quand tu rentres sur scène, tu te dis «Okay, c'est bon, on va y aller, ça va être super fun.» Et ce genre de chose a très bien marché, par exemple sur la tournée avec In Flames vu que nous avons réussi sur trois dates à faire «circlepiter» les gens sur une première partie. Je vais réessayer ce soir, je ne sais pas si ça marchera à Paris, on va essayer.

Drop : En tout cas, ça a marché jusqu'à maintenant.

Ben : On va voir.
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Gazus : Parlons de The Pulse Of Awakening. Tout d'abord, j'ai eu une surprise en l'écoutant, sachant que j'avais beaucoup d'attentes quant à cette histoire de concept, de truc ultra dark très méchant... et je n'ai pas vraiment retrouvé ce côté conceptuel auquel je pouvais m'attendre...

Ben : Ah ben pourtant il y est à fond là caisse.

Gazus : Dans ce cas, est-ce que tu pourrais développer ce fameux concept ?

Ben : Le problème c'est que je ne sais pas si tu t'attendais à un conceptuel narratif (je confirme), car ce n'est pas du tout ça. Ce n'est pas un album narratif, mais un album conceptualisé sur une base de la philosophie nietzschéenne, tout simplement. Sur l'idée de la remise en cause permanente de la valeur et des morales, de tout ce système de pensée que l'on croit être des vérités et qui sont en fait des constructions sociales liées à des sociétés à un temps et un lieu bien précis. Et tout l'album est fondé spécifiquement sur cette idée-là. Le «Pulse Of Awakening» dans ce cadre précis est l'idée chez Nietzsche du passage de cet état de ce qu'il appelle «le dernier Homme»...

Gazus : (l'interrompt) ... à l'état de «Surhomme» ?

Ben : Voilà, justement. C'est à dire la destruction totale de toutes ses propres valeurs, idées, ce que l'on croit être juste ou faux... On va dire que quand tu arrives à la destruction totale, tu es libre, justement de recréer entièrement ta symbolique...

Gazus : (l'interrompt) Reconstruire totalement après la table rase...

Ben : Ouaip, c'est une sorte de trip intérieur sur la possibilité de se construire une nouvelle symbolique, c'est très existencialiste en fait. Et autant l'album commence par "Nomenklatura" qui est plus un état des lieux, «Voilà ce qu'est le monde comme je le vois à l'heure actuelle...».

Gazus : C'est vrai qu'il fait clairement le lien avec la musique d'Antares.

Ben : C'est juste, mais il y a aussi une autre idée derrière ce titre. C'est une chanson qui dit, sans qu'on le veuille ou non, de manière rationnelle ou inconsciente qu'il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, je vais dire ça comme ça (rires), quelque chose de pourri dans le monde. On le sait, mais finalement, personne ne veut faire quoique ce soit pour que ça change. Personne n'a la force ni n'a l'envie de le faire. C'est donc ça, ce morceau, c'est l'état des lieux, tu te dis «Putain, ça pue, putain ça craint...» en tout cas, c'est ma vision du monde actuel, hein, je trouve qu'il y a un truc qui ne joue pas, que l'être humain n'est pas fait pour vivre comme il vit à l'heure actuelle. Après, toutes les chansons sont des remises en cause de certaines valeurs. Une chanson comme "Dommsday Party" qui une chanson super fun et très dansante, c'est tout de même l'idée qui existe chez Nietzsche qui est de vivre son existence en sachant que l'on va mourir. "Doomsday Party" c'est l'idée de se dire «Même si mon existence doit durer le temps de quelques heures, autant le faire à fond la caisse, même si je vais en crever». "Killjoy" par exemple est une chanson sur les gens qui érigent la morale et les valeurs en modèle absolu et qui souvent ne sont pas capables eux-mêmes de les tenir... Il y a donc un concept très intense dans cet album qui est très présent mais qui n'est pas dans un sens narratif, plus visible en filigrane. Par contre, il y a plus ou moins un certain sens, par exemple le morceau "From Zero To Nothing" qui finit l'album, c'est l'expression de la destruction de sa propre psyché...

Gazus : (l'interrompt) L'explication du principe de tout détruire pour mieux reconstruire ensuite...

Ben : Voilà. Je vois aussi ce que tu veux dire... Beaucoup de gens s'attendaient à un concept super-narratif, quelque chose du genre, mais ça n'est pas du tout ce que j'ai envie de faire (il sourit). J'ai envie que les gens se prennent un peu la tête.

Gazus : En tout cas, à partir du moment où tu donnes certaines clés d'explication, on comprend bien, mieux, notamment par exemple, la présence de morceaux comme "Killjoy". Je me demandais au départ ce que ce morceau fichait là, car il faut avouer qu'il tranche totalement avec le reste de l'album.

Ben : Il est très «cure-esque», ouaip.

Gazus : C'est vrai, puis c'est un des seuls morceaux où tu restes quasi constamment en chant clair.

Ben : Dans cet album, le type de voix utilisée suit énormément le concept des morceaux. Finalement, tout est très pensé mais il faut avoir le déclic ou les clés pour bien le comprendre et je trouve cela plus amusant au final que d'avoir le travail prémâché. Nous ne faisons pas du Michael Bay, ce n'est pas Transformers.

PhotoGazus : Comment places-tu "Love Like Blood" (nd Gazus : reprise de Killing Joke) dans ce concept ?

Ben : Je ne sais pas si on peut la placer... Telle quelle, si, au niveau des paroles, il y a cette idée, un fond... (il hésite) Dans la chanson "Love Like Blood" qui pourtant est un hit New Wave super commercial, il y a toujours cette idée de dire... je ne sais pas comment expliquer ça ni le dire à la place de Jaz Coleman, mais il y a quand une ambiance au niveau du texte de ce s'approche de ce que nous avons voulu dire sur l'album. Après, il y a le côté hommage, nous avions envie de reprendre une chanson de New Wave, mais là c'est plus d'un côté musical que ça joue.

Gazus : Niveau composition sur le dernier album, est-ce que la recette est la même, c'est-à-dire Drop à la compo dans son coin avec son Logic...

Drop : Non, ça a changé. Nous sommes toujours dans le même coin avec le même Logic et le machin sauf que cette fois-ci, Ben et Kevin (batteur du groupe) viennent et apportent leurs idées sur les chansons, voire composent carrément avec moi. Nous nous sommes vus, ils ont amené quelques idées depuis chez eux mais nous avons surtout bossé ensemble. Moi j'ai un peu digéré le tout quand même mais c'est vrai qu'il y a eu d'autres...

Ben : (l'interrompt) Il a même vomi deux trois fois...


Gazus : D'où sa patte très organique que l'on reconnaît ? (rires)

Drop : Exactement !

Ben : Il y avait une grosse poubelle à côté.

Drop : Ça m'a fait du bien d'avoir des idées fraîches et surtout nous nous sommes bien marrés. Nous avons fait ça assez vite en nous donnant trois mois, nous nous sommes vus quelques fois par semaine, surtout le vendredi en essayant de faire un morceau par jour et puis voilà. Nous avons quand même ressorti deux ou trois petites chutes d'Antares qui se retrouvent par-ci par-là, mais rien de mauvais, juste des trucs que nous n'avions pas eu le temps de finir, notamment "A.E.O.N".

Ben : "A.E.O.N" fait typiquement le lien entre les deux albums.

Gazus : Surtout le final très posé qui me rappelle "Orbital", avec la guitare en son clair, très new wave...

Drop : Ah ben cette guitare a été faite après, pour le coup. Kevin m'a mis le beat et avec Ben nous avons bossé le riff... deux trois notes et hop !

Gazus : En parlant de Kevin, et vu qu'il n'est pas là, vous allez pouvoir vous lâcher, j'ai trouvé que son jeu était beaucoup plus fouillé et tranchait vraiment avec celui de Dirk Verbeuren sur Antares, qui semblait plus faire son boulot d'intérimaire.

Drop : Ah c'est clair ! Pour Antares, j'ai envoyé les versions démo que j'avais fait chez moi à Dirk et étonnamment il a presque repris tout exactement, même s'il y a mis ses breaks, sa patte, tous les beats et les machins, c'est ce que j'avais composé à la base. Là, Kevin a un jeu plus jazz, plus groovy...

Gazus : Surtout sur "Doomsday Party" et ses parties de batterie qui virevoltent et font bien vivre la chanson.

Drop : Ouaip, ce que je trouve bien. D'autant que là, le batteur a vraiment composé avec nous, ce qui fait que ça doit être bien plus intéressant à jouer pour lui.

Ben : Il a aussi apporté ce côté un peu organique qui se trouve sur l'album...

Drop : Ce côté groovy...

Ben : Nous sonnons plus «rock» et nous nous rapprochons plus d'un groupe de post-punk surboosté... justement à la Killing Joke, j'aurais envie de dire, qu'un groupe de metal indus super cuté au ciseaux.

Gazus : Là où Kevin m'a déçu, je plaisante, hein, c'est que l'année dernière, il avait évoqué l'idée de se construire un kit à base de fûts en métal, de trucs bizarres en acier...

Drop : Entretemps il a eu un endorsement avec Tama donc nous avons eu de bonnes batteries à bon prix.

Gazus : Donc il n'a pas recyclé ses batteries pour avoir un son à la St. Anger.

Drop : Voilà, où tu choisis tes casseroles selon leur son pour te faire une caisse claire...

Ben : Ah il a essayé les Seb, mais ça ne le faisait pas. (rires) À la place il achète de grosses china qui font mal aux oreilles.

Drop : Ah ben il ne les achète pas, hein.

Ben : Non, on les lui donne et nous il nous casse les oreilles avec !

Gazus : Ça reste donc mieux qu'un endorsement chez Tefal...

Drop : Ouais, mais au moins il aurait pu nous faire la cuisine.

Gazus : Cela dit, une china, tu la retournes, ça te fait un tajin...

Drop : Tu la mets sur la tête...

Ben : Finalement, c'est un ensemble électroménager une batterie, tu peux recycler la grosse caisse en machine à laver...

Gazus : D'où le terme de batterie de cuisine. (rires) (s'adresse à Drop) Plus sérieusement, comment s'est déroulé l'enregistrement ? À la «Do It Yourself» comme auparavant dans ton Drone Studio ?

Drop : Oui et non. Disons que nous n'avons jamais fait les batteries chez moi, nous sommes toujours allés dans des studios mais nous étions là, nous avons monté les micros, etc, donc ça reste un peu du «Do It Yourself», oui. Pour les deux premiers albums, nous sommes allés chez Claude Lander au Taurus Studio, qui est un pote et là nous sommes allés chez un autre pote, David Blanc au SDF Studio, à Lausanne, David qui est aussi notre guitare tech quand nous pouvons le prendre. Nous le connaissons depuis la tournée avec Samael et nous sommes allés faire les batteries et le chant chez lui, tandis que pour les guitares, basses et synthés, nous avons fait ça chez moi, mais quand j'ai envoyé les pistes à Rhys (Fulber, qui a mixé l'album), elles étaient clean et je pense qu'il a ré-ampé chez lui avec des amplis organiques, ce qui fait que le son a pas mal changé, même si la recette est un peu toujours la même.

Ben : On peut dire qu'entre ce que nous avons enregistré en studio et le passage chez Rhys, il y a eu un fossé...

Drop : Le jour et la nuit. Ce que nous avions en sortant de studio sonnait bien plus comme Antares, vu que j'avais fait moi-même les prémixs, c'était dans la même veine, le même son de guitare, le même son de batterie, les mêmes sons de triggers et trucs... Du coup, tout a changé et ça n'est pas si mal je pense.
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Gazus : En parlant de ce bon vieux Rhys, d'une, pourquoi lui, de deux, comment êtes-vous rentrés en contact avec lui ?

Drop : Pourquoi lui... parce que nous sommes fans de ce qu'il fait depuis bien longtemps, surtout avec Frontline Assembly. Bon, c'est vrai qu'il a produit les Fear Factory, Demanufacture, Obsolete... il a mis sa patte dedans et il a fait les synthés, mais ça n'était pas pour moi la raison principale. Notre but n'est pas de ressembler à Fear Factory, malgré tout ce que certains ont pu dire et continuent d'ailleurs à dire... Pour nous, c'était surtout son boulot avec Frontline Assembly qui nous dit qu'il allait vraiment apporter quelque chose aux synthés, aux voix, faire un mix différent, quelque chose de moderne tout en restant super pêchu et nous n'avons pas été déçus.

Ben : Avec une sonorité très différente des normes metal. Par exemple, je suis extrêmement fatigué de toutes les voix de metal moderne ou par les voix claires : ils ont tous le même son de voix, c'est à dire, c'est Auto-tune qui chante à leur place et ça je n'en voulais plus. Je ne veux pas sonner comme un autre gars, j'ai une voix bien spécifique, qui plaît ou ne plaît pas, ça je m'en fous, ce n'est pas mon problême. Je voulais un son plus à l'ancienne et ça il l'a fait. Ce sont des voix qui sonnent très naturelles, presque pop ou New Wave. Nous l'aurions fait nous-mêmes, nous aurions été obligés de mettre de l'Auto-Tune... (il imite de son de sa voix trafiquée par cet effet) Nous n'en voulions pas. Ce que j'ai trouvé de très intéressant, c'est qu'il a aussi énormément nettoyé le son. À la base, nous avions mis énormément de synthés sur cet album et lui en a jarclé un bon gros paquet, lorsqu'il sentait qu'il y en avait trop...

Drop : Plus de la moitié.

Ben : Lorsqu'il sentait que le son devenait trop brouillon, ben hop !

Drop : Ce que j'ai remarqué c'est qu'il a enlevé tous les backbeats, tu sais, tous les petits beats électroniques qui sont dans le fond.

Gazus : Ça m'a d'ailleurs un peu choqué par rapport à Antares.

Drop : Alors qu'il y en avait quasiment tout le long. C'était vraiment beaucoup plus électronique que le résultat final, mais bon, nous sommes assez contents.

Ben : Il a fait un mix extrêmement metal mais qui a une densité qui va très bien avec l'ambiance de l'album. Finalement, je suis très content de son choix de production, mais même nous avons été choqués au début (Drop acquiesce) mais à la manière dont il a géré le truc, on sent qu'il a saisit une ambiance et s'est dit «Tiens, je vais faire un truc comme ça.» Après, ça plaît ou non, je sais qu'il y a des personnes qui ont dit «Beuaah, c'est pas tout à fait du Sybreed !» mais en même temps, un groupe ça évolue. Tu ne peux pas avoir le même son du début à la fin d'une carrière.

Gazus : C'est donc à refaire, pour vous ?

Ben : Nous sommes déjà en train d'en parler.

Drop : C'est à refaire et même en plus complet. Si nous arrivons à avoir le budget, nous aimerions pouvoir aller tout faire chez lui. Mais si nous n'avons pas ce budget, nous aimerions au moins allez faire les voix et le mix chez lui, soit moi tout seul ou avec tout le groupe, histoire de partager quelques idées. Là c'est clair qu'il a pris trois mois et demi pour bosser, même s'il n'a pas bossé que sur ça...

Ben : Il déménageait de studio au moment même où il faisait notre mix...

Drop : Il devait s'occuper du nouveau Fear Factory, donc il ne nous a pas pris tout le long, mais il a quand même bossé longtemps car il avait l'intention de nous faire quelque chose de bien.

Ben : À ce qu'il nous a dit, il souhaiterait faire encore mieux pour le prochain.

Drop : Il aimerait vraiment que nous aillions chez lui mais ce n'est vraiment qu'une question de budget.



À suivre.


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