Lacrimosa

Entretien avec Tilo Wolff - le 11 juin 2009

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Lucificum

Une interview de




Lacrimosa_20090611

Bientôt vingt ans que Lacrimosa existe : il fallait donc donner la voix à son maître-d'œuvre, le charismatique Tilo Wolff. Malgré sa musique capable de plomber l'ambiance d'une réunion d'amateurs de blagues Carambar et son look travaillé de zombi romantique, c'est un homme sympathique au rire facile avec qui votre serviteur a parlé au téléphone ce jour-là. Car contrairement aux apparences, pour produire une musique aussi torturée, il faut avoir la tête suffisamment sur les épaules et ne pas se laisser emporter par le Sehnsucht, qui est aussi le titre du dernier album de Lacrimosa (chronique ici). Explications.


Lucificum : Nous allons commencer par parler de Sehnsucht (littéralement : la nostalgie), bien sûr. Beaucoup de Lieder allemands du XIXe siècle (Schuman, Brahms, Schubert…) portent ce nom de Sehnsucht…c’était supposé décrire la tristesse et une certaine idée de l’esprit romantique. Est-ce la raison de ce choix de titre ?

Tilo : Oui et non. Oui, parce que c’est un mot très fort, avec une profonde signification qui répond à beaucoup de facettes de ma vie. Et non, parce malgré son côté signifiant le désir, je ne vois pas ce mot comme décrivant uniquement la tristesse et le romantisme. Je le vois plus comme une prière qui te guide… quand tu veux une chose, ou bien que tu souhaites te diriger quelque part. Ca ne représente pas nécessairement quelque chose de romantique. C’est cela que je voulais pointer, cet aspect pas forcément romantique de ce désir languissant qui, comme je le dis dans la chanson "Feuer", peut s’apparenter à la colère, à l’amour, ou comme dans la dernière chanson où cette fois-ci le désir est de se réveiller et d’être conscient de tout ce qu’il se passe.

Lucificum : J’ai lu quelque part que Sehnsucht était le mot le plus utilisé dans les paroles de Lacrimosa…

Tilo : Oui, je l’ai lu aussi ! (rires) Pour être honnête, je n’ai jamais vérifié si c’était vrai…mais ça n’est pas impossible. Parce que c’est quelque chose de très fort. Tous les jours, quand tu n’es pas fatigué ou lassé, tu veux toujours obtenir quelque chose, ou atteindre quelque chose. Si cet espoir, ce pouvoir ou cette volonté sont assez forts, alors tu peux parler de «Sehnsucht» pour désigner ce désir. C’est donc plus l’expression de vouloir, de se languir de quelque chose très très fortement. Et ce «Senhsucht», bien sûr, c’est ce que je fais toute ma vie, car je suis quelqu’un de très émotionnel qui cherche toujours quelque chose. C’est ce qui me garde en vie.

PhotoLucificum : Et en tant que personne émotionnelle… dirais-tu que tu es plutôt optimiste ou pessimiste ?

Tilo : Absolument optimiste, car si j’étais pessimiste, je ne ferais pas ce que je fais. Parce que j’ai toujours de l’espoir et que j’ai toujours pensé que si je travaillais dur, si j’essayais de faire les choses… mais bien sûr, quand j’écris de la musique ou des paroles, je négocie avec tous les aspects de mon être et de ma vie, toutes ces choses très privées et profondément cachées en moi. Ce qui en ressort sous forme musicale est vraiment ce que j’ai de plus intime, dont je ne parle pas à qui que ça soit. Lorsque j’écris une chanson, je ne pense pas à sortir une chanson pour Lacrimosa, j’écris juste mes pensées. Quand j’écris quelque chose, c’est un processus très intime où j’exprime mes sentiments les plus profonds. Alors bien sûr, par la suite, tout le monde peut l’écouter, mais ça reste un dialogue avec moi-même.


Lucificum : J’ai quelques questions concernant plus spécifiquement certains titres de Sehnsucht…par exemple, sur "Feuer", d’où t’es venu l’idée d’utiliser une chorale d’enfants ?

Tilo : Pour ce morceau, alors que je travaillais sur la musique, je voulais un côté avec des cordes très fortes, mais qui formeraient malgré tout une belle atmosphère, et de l’autre côté ces guitares très lourdes. Concernant les voix, je voulais retrouver là aussi une partie opposée à mes hurlements. Tu peux comparer ma voix avec les guitares, et les enfants avec les cordes. Je ne voulais pas quelque chose de trop agressif, ça n’aurait pas collé avec les paroles. J’ai donc pensé que ça serait une bonne idée de faire appel à des enfants innocents pour chanter cela car leur expression rendrait les paroles encore plus dures. J’ai donc pris cette décision parce que les entendre chanter ces mots durs, c’était tout à fait justifié.

Lucificum : Ça n’a pas été trop difficile de faire chanter des enfants sur un album de Lacrimosa ? Leurs parents n’ont pas eu trop peur ?

Tilo : (rires) Oui, tu as tout à fait raison ! Quand je leur expliquais ce qu’ils étaient censés chanter, je me suis dit « oh Scheiße, voila leurs parents !». Mais l’une des enfants a dit, très cool, que « C’est comme une histoire, un conte de fées » et je disais « Oui, voila, exactement ! C’est un conte de fées » et les parents trouvaient ça cool, parce qu’un conte de fées est toujours une bonne chose. Tout le monde était d’accord avec cette idée. C’était très drôle car lorsque les enfants ont quitté le studio, ils continuaient à chanter « je souhaite que tu brûles !» (rires) C’était vraiment très amusant.

Lucificum : Concernant la chanson "I Lost My Star In Krasnodar"…Krasnodar est une ville du sud de la Russie, et les paroles font penser à une chanson d’amour triste… est-ce une chose qui se rapporte à ton vécu ? Si bien sur tu souhaites ne pas répondre, tu as le droit !

Tilo : Alors, oui, Krasnodar est bien une ville en Russie, et avant que je n’aille y jouer, je ne connaissais pas vraiment cette ville. Et si la ville ne m’a pas vraiment marqué, j’ai plus été impressionné par les gens que l’on y a rencontrés, nous avons vraiment passé un très bon moment là-bas. C’est finalement un sujet qui concerne le concept de tournée : de tous ces gens que l’on rencontre et que l’on doit laisser derrière. Nous devons leur dire au revoir. Tu sais que tu ne les reverras peut être jamais, ou pas avant des années. Nous sommes repartis dans la ville d’après, et pour le coup c’était une ville où j’avais toujours voulu me rendre. Donc, après avoir quitté Krasnodar, je me suis retrouvé assis dans ma chambre d’hôtel, dans cette ville que j’avais toujours voulu voir, à regarder en arrière vers cet endroit que je ne connaissais même pas avant la tournée. C’est à ce moment là que je me suis dit qu’il fallait que j’écrive toutes ces choses, tous ces « hello » et ces « goodbye », pour avoir quelque chose à quoi se raccrocher. Un peu comme un souvenir de tournée. C’est la raison de cette chanson.
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Lucificum : Et "Mandira Nabula" ? Qu’est ce que c’est ? Je n’ai rien trouvé…

Tilo : C’est un peu comme un code. En fait, les mots ne veulent rien dire. Mais si tu assembles les lettres dans un ordre différent, tu leur donne un sens. La façon de les réassembler est cachée dans les paroles. Tu sais, il y a des gens qui passent leur vie à inventer ou résoudre des énigmes, que ça soit la Bible ou les prédictions de Nostradamus. C’est une espèce de fascination, assembler des nombres et y cacher des choses… Là, c’est ce que je fais, et la raison de tout ça, c’est que l’idée contenue dans les paroles est comme une énigme pour moi. Alors que je les écrivais, je ne pouvais pas définir si mon état d’esprit sur le sujet était positif ou négatif. Ça arrive que dans la vie quelque chose t’impressionne, mais sans que tu saches si cette impression est une bonne ou mauvaise chose pour ta vie et toi-même. Ça s’est passé comme cela pour moi. Il fallait juste que j’écrive ces mots sans savoir quelle était mon opinion vis-à-vis du sujet abordé. Je voulais donc résoudre cette énigme. Je suis presque sûr que quand je chanterai cette chanson sur scène, j’en apprendrais plus à son sujet. C’est quelque chose qui m’apprendra des choses dans le futur.

Lucificum : Étant donné que je n’ai eu qu’une version promotionnelle de Senshucht, peux-tu me dire qui joue quoi, sur cet album ?

Tilo : La batterie est jouée par Arturo Garcia et Florian Brunset, tout le reste est joué par moi-même. Enfin, la plupart, bien sur, je ne joue pas du violon. Le Spielmann-Schnyder Philharmonie, l’orchestre avec qui nous travaillons, est le même avec qui nous jouons depuis maintenant déjà trois albums. Guitares, claviers, pianos… je les ai faits moi-même.

PhotoLucificum : C’est la première fois que Lacrimosa propose une pochette noir et blanc et une autre avec un peu de couleur (et des versions différentes des morceaux)… pourquoi pour cet album ?

Tilo : J’ai eu cette idée pour cette illustration, alors je l’ai peinte. J’en étais très satisfait et quand j’ai fini de la peindre, l’album n’était pas terminé. Je travaillais encore sur les titres "A Prayer for Your Heart" et "Feuer". Je regardais donc cette illustration et j’ai eu une idée. Je veux dire, quand tu joues tout toi-même, tu essaies des tas de choses pour voir si cela fonctionne. J’ai donc beaucoup d’enregistrements où je suis parti sur une idée et où j’ai arrêté. Et j’ai donc pensé que ça serait super de me surprendre moi-même encore un peu plus. En général, l’écriture d’un album, c’est tout à fait ça. Mais cette fois-ci, tout marchait bien, la couverture était prête, je n’étais plus surpris. Tout était presque fini mais je n’avais pas encore terminé la production. J’ai donc voulu continuer à faire les choses différemment. J’ai donc repensé à tous ces mots différents que j’avais mis dans les chansons et j’ai voulu en faire d’autres versions… il fallait donc pour cela une illustration différente, et cette idée du feu m’est revenue mais cette fois en couleur. En fait, si tu collectionnes les albums de Lacrimosa, tu dois acheter les versions originales en noir et blanc, il y a ainsi une unité. Mais si tu es en quelque sorte un nouveau fan de Lacrimosa, tu peux choisir celle en couleur, vu que tu n’as pas les autres en noir et banc… ça ne jurera pas. Et tu peux écouter une version différente de cet album. Mais bien sur, la version noir et blanc est ma version originale. L’autre, même si cette version couleur est fascinante et que je l’aime beaucoup aussi, pour être franc… ça n’est pas l’originale.


Lucificum : Une question peut-être un peu étrange…mais si de célèbres compositeurs tels que Mozart, Bach, Beethoven, pouvaient écouter Lacrimosa… à ton avis, qu’en penseraient-ils ?

Tilo : Si quelqu’un comme Bach écoutait ma musique je pense… qu’il me tuerait. (rires) Et si quelqu’un comme Mozart l’écoutait… je pense qu’il la comprendrait. Car bien sur, ce que je fais ne leur paraîtrait pas très normal. Je combine et fais tellement de choses qui sont en réalité interdites lorsque tu es un étudiant musicien. Par exemple, mettre un accord mineur et un accord majeur ensemble… quelqu’un comme Bach me tuerait pour une chose pareille. Mais je ne fais pas de musique pour faire de la musique… je fais de la musique pour exprimer des émotions. La musique doit être l’esclave des émotions. Partant de là, je ne me préoccupe que de la musique et pas des règles de la musique. Elle doit faire ce que les émotions lui disent de faire. Dans ce cas, beaucoup d’étudiants en musique peuvent avoir des problèmes avec Lacrimosa.

Lucificum : En général, de quoi pars-tu pour commencer à écrire une chanson ? Une émotion, un texte, une musique ?

Tilo : Ça dépend ! La plupart du temps, d’une émotion, qu’elle vienne d’une musique que j’ai en tête et que je veuille enregistrer ou des paroles que j’écris. Mais c’est simplement parfois l’émerveillement de faire de la musique, de s’asseoir devant un piano ou d’attraper sa guitare et de jouer. Jouer d’un instrument me fascine, et quand j’arrête d’en jouer je sais qu’une nouvelle musique est née dans le monde. Ça me fascine. J’espère que ça ne changera jamais, mais quand je m’assois devant un piano il ne me faut pas plus de dix minutes pour avoir une idée. C’est merveilleux, comme si la musique me parlait. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une chanson entière, il reste beaucoup de travail, qui peut prendre parfois une année… C’est donc toujours cette fascination de jouer de la musique et tu sais que quand tu essais et que quelque chose sort…tu me demandais avant si j’étais optimiste ou pessimiste, je suis vraiment optimiste, car je sais que lorsque que je fais un essai, ça marchera toujours. C’est merveilleux.

Lucificum : Et quelle a été la contribution d’Anne (Nurmi, chant et claviers live) durant le processus d’écriture de Senshucht ?

Tilo : Elle a un rôle très important, car je n’ai pas de producteur, je n’ai pas de musicien de studio, je suis donc complètement seul. Je pourrais être vraiment perdu dans ma musique, et faire des choses que personne ne comprendrait. Donc dès que j’ai une démo ou un titre, je le joue à Anne. Elle est la seule qui est à même de juger car comme elle n’est pas impliquée dans le processus de composition, elle est relativement éloignée de la musique – bien plus que moi – et elle est donc capable de voir les choses avec du recul. De l’autre côté, elle fait vraiment partie de Lacrimosa, elle sait ce que je veux exprimer, ce que l’on fait sur scène, elle fait partie de tout cela. Elle a travaillé sur tellement d’album de Lacrimosa, donc elle en connait toutes les facettes sans y être autant impliqué que moi. Elle est le juge parfait. C’est exactement ce dont j’ai besoin. Et puis elle peut écrire des chansons, comme "A Prayer for Your Heart", sa voix, le fait qu’elle joue les synthés sur scène…tout cela est bien sur très important.
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Lucificum : As-tu déjà envisagé un jour de faire un album totalement symphonique, sans guitare, ni batterie… ?

Tilo : Non, je ne crois pas. J’ai déjà écrit des chansons comme cela, sur l’album Echos en 2003, avec uniquement de l’orchestre. Je l’ai fait à ce moment là, et je pense que ça sera tout. Car j’aime la combinaison entre la merveilleuse violence des instruments classiques, des guitares plus agressives et de la batterie… cette combinaison me fascine. Écrire de la musique uniquement pour l’un ou l’autre – l’orchestre ou les guitares – n’est pas tellement intéressant pour moi, il y a de plus tellement de groupes qui font cela, des groupes de rock ou des compositeurs de musique classique. Je ne crois pas que ma place soit là.

Lucificum : Tu ne te vois pas vraiment comme un compositeur classique, mais plus un compositeur rock ?

Tilo : Eh bien, je me vois quelque part entre les deux !

Lucificum : Et jouer live avec un orchestre classique, est-ce une chose que tu as envisagé dernièrement ?

Tilo : (silence) Tu vois… bien sur, ça serait merveilleux. Mais je vois deux problèmes. Le premier, c’est que lorsque je suis sur scène, pour revenir à ta question précédente, je me vois beaucoup plus comme un musicien rock. Je veux à ce moment là vraiment faire du rock, parler au public et que le public me parle. L’énergie de ce public doit m’influencer. Si le public est plus calme, alors je ne peux pas faire de concert, je dois sentir le public. Alors, je peux m’ouvrir et varier les chansons, les paroles et ainsi chaque concert devient unique. Chaque concert est différent des autres, car j’essaie toujours d’exprimer les émotions du public. Si je montais sur scène avec un orchestre, cela ne serait pas possible. Je ne pourrais pas improviser. Je ne pourrais pas être spontané car je devrais jouer ce que nous avons enregistré, un orchestre a ses partitions et doit les suivre. Finalement, cela serait surement plus comme un jeu théâtral et pas vraiment comme un spectacle. C’est le premier point difficile. Le second c’est que cela serait « le » gros évènement. Et ça ne serait pas juste, car nous avons tellement de fans partout dans le monde… organiser ce gros évènement, peu importe dans quel pays, ça ne serait qu’à un seul endroit, et tous les autres ne pourraient pas y assister. Alors bien sur, nous pourrions organiser une sorte de retransmission online en direct sur internet, mais ça ne serait évidemment pas la même chose. En un sens, donc, ça serait injuste, et je serais bien incapable de décider d’un pays pour le faire !

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Lucificum : Alors tu n’as pas le choix : il va falloir jouer dans tous les pays avec un orchestre !

Tilo : Exactement ! (rires) Ce qui serait impossible…

Lucificum : Es-tu toujours satisfait d’avoir ton propre label, Hall Of Sermon ? Tu n’as jamais envisagé de rejoindre un autre label et de travailler avec eux ?

Tilo : Ah…c’est l’amour et la haine mélangés ! J’en suis toujours satisfait car je peux faire ce que je veux. Par exemple, sortir cet album en deux versions, aucun label ne m’y aurait autorisé. Ou encore, placer une des chansons les plus longues de l’album en première place. Tous les labels insistent sur le fait que le premier titre doit être un hit, c'est-à-dire catchy et court. Tant que ce genre de décision m’appartient, je suis très satisfait d’avoir mon propre label. Par contre, quand il s’agit de la sortie à proprement dite, tout le travail, tous les risques financiers que je suis obligé de prendre… bien sûr, je déteste cela. A ce moment là, j’adorerais avoir un label et pouvoir leur dire « il FAUT que vous fassiez ceci, il FAUT que vous fassiez cela, je ne suis pas satisfait que vous ne fassiez pas ceci, alors faites-le sinon je cherche un autre label !» (rires) Bien sur, ça serait génial. Mais je continue à faire toutes ces choses, et si quelque chose échoue, alors je ne peux m’en prendre qu’à moi-même…c’est vraiment à la fois de l’amour et de la haine.

Lucificum : Et cette année, y a-t-il des concerts de prévus en France ?


Tilo : J’aimerais tellement…

Lucificum : Nous aimerions tellement aussi !


Tilo : (rires) Oui, bien sûr ! Tu vois, le truc c’est que j’essaie. Je voudrais jouer en France, à Paris bien sur, je vais te dire pourquoi dans un instant. J’aimerais vraiment jouer à Paris, mais je ne trouve pas de promoteur local pour m’y inviter. Ça me rend triste, d’un certain côté… il a des gens en Chine, en Amérique, presque partout, qui nous invitent pour jouer, mais pas dans les pays proches – je suis en Suisse, à quinze minutes de la frontière française… Je suis donc assez souvent en France, mais jamais pour y jouer car nous ne sommes pas invités par nos pays voisins, et ça me rend vraiment triste. Je vais donc te dire pourquoi je voudrais tellement jouer à Paris. Je te l’ai dit, je suis assez souvent en France, je suis allé pas mal de fois à Paris l’année dernière car j’avais beaucoup de choses à y faire. Et le fait est que cet album a vraiment commencé à être conçu à Paris. Je me rappelle même très bien où. Et à mon retour en Suisse, je me suis mis directement à travailler dessus. C’est donc pour cela que je voudrais tellement emmener cet album à Paris, et j’espère que l’année prochaine, ça marchera et que je trouverai un promoteur qui organisera le concert.

PhotoLucificum : Quand tu n’es pas en train de composer pour Lacrimosa, quel type de musique aimes-tu écouter ?

Tilo : Oh…c’est vraiment très varié. Ca va des premiers groupes de goth/rock, tels que Joy Division, Bauhaus, jusqu’au death métal des années 90 comme Gorefest, Benediction… et même de la musique populaire comme Amy McDonald – elle me fait en fait penser aux premiers albums de New Model Army en un peu plus commercial, mais c’est un peu la même atmosphère… C’est donc très varié, du goth au métal en passant par la musique pop. Je ne suis pas particulièrement lié à un style particulier.


Lucificum : Et pour finir, tu travailles encore pour Snakeskin ?

Tilo : Oui, bien sûr ! En ce moment, j’en écoute pas mal et j’adorerais continuer à travailler dessus. Le seul problème, c’est le temps… bien sûr, Lacrimosa requiert toute mon attention, là je travaille sur la tournée, quand elle sera finie l’année touchera à sa fin et je ne suis pas sur d’avoir prochainement le temps de m’y replonger, mais j’y reviendrai bien sûr. Je ne sais pas quand… mais Snakeskin est toujours en vie.

Lucificum : L’interview touche à sa fin… s’il y a une chose que tu souhaiterais ajouter, c’est le moment !

Tilo : Il y a peut-être une chose ! (rires) J’ai dit tout à l’heure que je voulais venir jouer en France… eh bien j’ai commencé cette année à apprendre le français ! (en français très hésitant :) Oui, je ne parle much actualy, je ne parle trop mais je comprends un petit peu.

Lucificum : Félicitations ! Ça n’est pas mal du tout ! (rires)

Tilo : (rires) (à nouveau en anglais :) Oui, je continue d’y travailler ! J’espère que quand je viendrais jouer en France, je pourrais parler un peu plus ! (rires) Plus sérieusement, tout ce que je peux dire au public français, c’est que je les remercie pour la patience dont ils font preuve dans leur attente pour Lacrimosa, et j’espère vraiment que nous viendrons jouer l’année prochaine en France. D’ici là… je passerai surement mes prochaines vacances en France à nouveau !

Lucificum : Eh bien, nous l’espérons ! Et peut être qu’un jour, tu utiliseras le français dans les paroles de Lacrimosa ?

Tilo : (rires) Peut être, nous verrons ! Merci pour cette interview !




Merci à Eli pour sa participation.


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