Lazarus A.D.

Entretien avec Alex Lackner (guitare) - le 22 mars 2009

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Cosmic Camel Clash

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Kroboy

Une interview de




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On a tous nos coups de cœur de temps en temps, y compris sur des groupes qui, même sans avoir atteint la perfection en studio, donnent tout de même envie d'en savoir plus. C'est le cas de Lazarus A.D., dont le premier album récemment réédité, The Onslaught (chronique ici), nous présentait une vision du thrash un peu moins étriquée que la plupart des groupes de la vague revival. Entretien par mail avec Alex Lackner, guitariste d'un groupe ambitieux et sûr de sa force.


Kroboy : Bonjour ! Etant donné que c'est notre première interview ensemble, pouvez-vous nous présenter le groupe ?

Alex Lackner : Jeff Paulick est notre chanteur-bassiste, Dan Gapen assure les choeurs et la guitare lead, Ryan Shutler est à la batterie et je suis à la guitare rythmique.

Kroboy : Quand on pense au thrash US, on pense beaucoup plus à la Bay Area qu'au Winsconsin. Y'a-t-il une scène métal dans cet état voire une scène métal, ou bien êtes-vous le seul groupe du coin ? N'est-ce pas difficile de trouver des dates?

Alex Lackner : Non, il y a des groupes de métal dans le coin et ça fait pas mal de temps que c'est le cas. Par contre quand nous avons débarqué nous avons amené quelque chose de nouveau, quelque chose que la plupart des gens n'avaient jamais entendu... du bon métal. Depuis que nous avons émergé le nombre de groupes de qualité n'a cessé d'augmenter. Je pense que nous avons ouvert la voie pour le thrash moderne, et il va sans dire que la scène locale est plus fournie aujourd'hui qu'auparavant. Nous connaissons beaucoup de gens qui croient en nous, donc trouver des dates de concert dans le coin n'est pas une tâche impossible du tout, même si ça ne va pas encore de soi. Nous sommes pile entre Milwaukee et Chicago, et en fait c'est un endroit parfait. Sans oublier que nous avons joué beaucoup de concerts en dehors du Midwest.

Kroboy : Étant des nouveaux dans la scène, j'imagine que vous ne vivez pas encore de votre musique. Avez-vous des boulots, et si oui lesquels ? Pouvez-vous consacrer autant de temps à Lazarus A.D. que vous le souhaitez ?

Alex Lackner : Oh non, techniquement nous sommes pro. Le seul d'entre nous qui a encore un taf est Jeff, il bosse dans un resto mexicain du coin qui s'appelle Taco's El Rey et qui est absolument fabuleux. Nous essayons de manger là-bas aussi souvent que possible. A part ça Dan, Ryan et moi sommes tous les trois des flemmards et nous n'en branlons pas une... ah si, Dan donne des cours de guitare de temps en temps. Et nous faisons beaucoup la fête. Mais nous avons beaucoup de temps pour Lazarus A.D.

Kroboy : Vous avez réussi à vous faire connaître quand une de vos chansons a fini sur la compil d'Earache Thrashing Like a Maniac. Vous vous y êtes pris comment ?

Alex Lackner : Honnêtement, nous n'avons pas vraiment l'impression d'avoir accompli quoi que ce soit, en fait nous n'avons rien eu à faire. Earache nous a contactés et nous a demandés si ça nous plairait d'être sur la compil, nous avons accepté avec joie et voilà. Nous sommes très reconnaissant envers Earache de nous avoir offert cette opportunité.
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Kroboy : The Onslaught était une autoproduction à la base mais le son était déjà excellent. James Murphy (ndKroboy : Testament, Obituary, Konkhra, Death...) l'avait masterisé... comment étiez-vous entré en contact avec lui ? Ça ne vous avait pas coûté trop cher ?

Alex Lackner : Ça a été d'autant plus cher que nous étions tous fauchés à l'époque. Nous avons fini par contracter un prêt, sachant que le rembourser ne serait pas trop difficile. Nous n'avions que deux semaines pour enregistrer l'album donc il était obligatoire que le tout soit hyper carré avant même d'entrer en studio. Une fois dans la place Chris Djuricic nous a donné le choix entre travailler avec James ou Trevor Sadler (Nine Inch Nails) pour le mastering. Nous avons choisi James car il est associé à la scène thrash depuis un paquet de temps et qu'avoir son nom associé au nôtre était une bonne idée de toutes façons. Au moment de la seconde sortie de l'album nous sommes revenus vers lui pour qu'il fasse le remix et le remaster.

Kroboy : Comment s'est déroulée la signature avec Metal Blade ? Étiez-vous en contact avec d'autres maisons de disques, et si oui pourquoi avoir les choisis, eux ?

Alex Lackner : Nous étions en contact avec quelques autres labels mais rien ne semblait intéressant pour nous. Il y avait beaucoup de négociations en cours, mais aucun deal ne nous semblait valoir le coup... et au moment où nous nous étions résignés à rester sans label pendant encore un bon moment Mike Faley de Metal Blade nous a appelés. Il nous a dit qu'il aimait vraiment notre musique et nous a offert un deal. Nous avons accepté évidemment, et nous avons examiné le contrat avec attention. Metal Blade est un super label, ils sont dans le milieu depuis un sacré bout de de temps et ils savent ce qui fonctionne ou pas. Nous avons le sentiment que de grandes choses vont sortir de cette collaboration.

Kroboy : Cette signature avec Metal Blade a été annoncée durant l'été 2008 et pourtant l'album est sorti en février 2009. Ce délai a-t-il été provoqué par des soucis légaux liés au changement de nom (ndKroboy : de Lazarus à Lazarus A.D.) ?

Alex Lackner : Non, pas du tout. C'est juste le fait de signer le contrat, de remixer l'album, de refaire l'artwork, d'essayer de poser des dates et de booker des interviews... Il y a eu plein de choses différentes qui ont ralenti le processus, mais nous voulions vraiment être sûrs que tout soit prêt avant que l'album ne sorte. Il vaut mieux ne pas se presser si on veut être sûr de bien faire.

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Kroboy : Vous faites aujourd'hui la promo d'un album sorti en 2007. Ca n'est pas un peu étrange pour vous ?

Alex Lackner : Pas vraiment. L'album a été remis au goût du jour, et nous avons l'impression qu'il a encore des choses à dire. Ça valait vraiment le coup de le ressortir sur un gros label, ça ne fait qu'ajouter à son histoire en tant que disque. Nous avons fait des progrès musicalement parlant entre temps, donc ce n'est pas comme si nous étions figés dans le temps à cause de lui. Nous continuons d'avancer, nous voulions juste vraiment donner à cet album toutes ses chances. Et jusqu'ici ça se passe plutôt bien.

Kroboy : Vu la situation, devons-nous nous attendre à ce que vous ressortiez quelque chose rapidement ? J'imagine que vous n'êtes pas restés sans rien faire tout ce temps...

Alex Lackner : Bien sûr que non. Nous avons du nouveau matériel sous le coude et nous travaillons encore dessus à l'heure actuelle, mais ne t'attends pas à ce que quelque chose sorte tout de suite. Nous voulons défendre The Onslaught sur la route pendant un certain temps avant de retourner en studio. Nous nous y attellerons dans un an je pense... qui sait, peut-être que certaines des nouvelles compos seront jouées sur cette tournée.

Kroboy : Par rapport à tous les albums du revival thrash qui ont été faits depuis 2007, votre disque a un son très moderne. Est-ce que c'était important pour vous de ne PAS sonner comme un groupe de thrash des années 80 ? Quel regard portez-vous sur des groupes comme Bonded By Blood ou Fueled By Fire qui sont clairement dans un optique nostalgique ?

Alex Lackner : Oui, c'était voulu. Nous avons nous sommes inspirés des fondateurs de la Bay Area mais nous avions l'intention claire de faire quelque chose de différent. Nos influences sont évidentes, mais il est tout aussi évident que notre son a un côté moderne. Nous ne voulons pas être un groupe de thrash Bay Area de plus, ou même un groupe de thrash de plus en général. Nous sommes très concentrés sur notre musique et nous voulons que les gens sachent que nous sommes de bons compositeurs, pas juste des thrashers. Nous aimons les groupes que tu as cités, ils ont de bonnes chansons... mais ils ont un vieux son, c'est comme ça. Un trop vieux son, un son daté. Personne ne peut ramener les années 80, mais peut-être qu'il est possible de continuer sur le chemin tracé par ces groupes il y a tant d'années en vivant avec son temps et en créant un thrash nouveau.

PhotoKroboy : Vous allez partir en tournée avec Amon Amarth très bientôt, est-ce votre première tournée nationale aux États-Unis ? Si oui, qu'est-ce que ça vous fait ?

Alex Lackner : Nous avons fait des tournées avant, mais jamais quelque chose de cette ampleur. C'est énorme pour nous et n'en pouvons plus d'attendre, nous crevons d'envie de partir. Amon Amarth n'a jamais été aussi gros et c'est le moment rêvé pour figurer sur l'affiche d'une telle tournée. Nous avons l'impression que ce sera notre tour de chauffe, que ça nous permettra d'observer comment les groupes plus gros fonctionnent en tournée. Ensuite nous allons partir avec Unearth en mai... et avec TESTAMENT ! C'est la tournée qu'il ne faudra pas louper, si tu es un fan de métal tu y seras forcément. Il y a la vieille école avec Testament, la nouvelle avec Unearth et nous qui appartenons aux deux. Tous ensemble nous formerons la meilleure tournée qu'il y aura eu depuis longtemps.


Kroboy : Bon, je n'ai plus de questions. Si vous voulez ajouter quelque chose, c'est le moment de la tribune libre.

Alex Lackner : Allez chez votre disquaire le plus proche et achetez The Onslaught ! Allez aux concerts, buvez de la bière, fumez de l'herbe et écoutez de la musique. Merci.



Crédits photo : www.myspace.com/lazarus1


Questions : Kroboy
Traduction / transcription : CCC



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