Diluvian

Entretien avec Trivette (chant) et Dut's (guitare) - le 16 novembre 2008

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Lucificum

Une interview de




Diluvian_20081116

Un bon EP (Inhumanity Remains, - chronique ici), ça vous ouvre des portes. Peut-être pas immédiatement celles du succès mondial, des fans en folie, des groupies à demi nues qui vous attendent après chaque concert. Pas non plus celles des tournées des hôtels 5 étoiles (où chaque chambre sera soigneusement saccagée), des plateaux-télé de MTV ou des couvertures de Rock Hard, mais tout cela viendra en son temps. Non, le premier grand pas de la vie d'un nouveau groupe, c'est évidemment l'interview donnée aux Éternels.


Lucificum : Comme toujours pour une première interview…pouvez-vous nous faire une présentation du groupe ?

Dut’s (guitare) : Nous avons commencé Diluvian avec Trivette (chant), et nous avons enregistré une première maquette à deux avec une boite à rythme pour trouver des musiciens. C’est allé assez vite puisque parmi nos potes il y avait Bubu (batterie) puis Anto (guitare) qui ont intégré le groupe. Nous avons commencé à répéter ensemble puis nous sommes passés en studio pour enregistrer le CD. Enfin, Jean-Fi (basse) de Recueil Morbide s’est proposé. Nous avons donc fait un test, et ça a marché.

PhotoLucificum : Jean-Fi a donc quitté recueil morbide à l’heure actuelle ?

Dut’s : Oui, il l’a quitté.

Lucificum : Diluvian : pourquoi un tel nom ?


Dut’s : Il n’y a pas vraiment d’histoire derrière…en cherchant un nom, j’ai vu que ça voulait dire déluge en latin.

Lucificum : C’est la sonorité latine qui vous a plu ?


Dut’s : Plus sa signification, et puis le mot était sympa.


Lucificum : Et quelles sont les connexions entre Diluvian et les autres groupes de la scène française ?

Trivette (chant) : Pour le moment, il y a Anto puis Bubu qui jouent dans Smeti Duchu, un groupe régional. Bubu joue aussi dans un autre groupe, Rising Purge. Dans le groupe en lui même, c’est à peu près tout, et c’est déjà pas mal. Ah oui, il y a Anto, qui joue dans Xaros, un groupe de grind, ce qui fait pas mal de groupes à gérer. Je suis de plus le frère du batteur et du guitariste de Dieresis.

Lucificum : Toute une petite famille dans le death… (rires). Tu as réalisé la pochette de l’album, non ?

Trivette : Tout à fait. C’est plutôt Dut’s qui avait les idées et moi j’essayais de passer à la réalisation. L’idée, c’était par rapport à l’inhumanité de l’humain, avec cette espèce de crâne qui part en vrille sur le front, et j’ai essayé de faire ressortir ça de façon étrange, comme je pouvais, vu que je ne suis pas très doué non plus. Pour l’album, en principe, nous ferons appel à un pro. Car vu que je suis amateur, je mets des années et des années pour faire quelque chose de pas mal. Pour celle-là, j’ai du mettre un an pour sortir quelque chose, et on n’aura pas autant de temps pour l’album. Nous allons donc passer par Treize (http://www.myspace.com/orbscurarium), un gars qui a déjà fait deux trois artwork pour Giktor Velu et Magnify My Agony, et ce qu’il a fait est plutôt bien, donc nous allons collaborer avec lui pour l’album.

Lucificum : Et donc, cet album à venir ?

Trivette : Là il est en préparation pour Deepsend Records, qui distribue notre récent EP. Nous avons également signé pour un album en 2009, et nous allons essayer de nous pencher sur l’enregistrement d’ici le début d’année, en Mars ou quelque chose comme ça, pour une sortie comme pour l’EP, en Septembre ou Octobre. Nous sommes en cours d’écriture, il y a déjà deux ou trois morceaux de faits, mais le plus gros est à venir.

Lucificum : Et d’ailleurs, comment vous composez un titre ? En jam, ou c’est quelqu’un dans le groupe qui compose ?

Dut’s : En ce qui concerne la composition, chaque membre apporte ses riffs, mais la plupart du temps c’est moi. Je bosse avec le logiciel Guitar Pro, j’envoie ce que je fais aux gars du groupe et puis on voit ce qu’on peut faire. Nous composons très peu en répèt’.
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Lucificum : Et quelle est l’approche au niveau des paroles, des thèmes ?

Dut’s : Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas cherché à faire compliqué. Il n’y a pas de thème précis, nous parlons de ce dont nous avons envie dans chaque chanson. Ca passe du tout au tout, on parle de la vengeance… "Inhumanity Remains " est une vision assez noire de l’humanité, "Blastin’ Dead ", c’est un gros zombi comme on les aime bien (rires)…ça passe vraiment du sérieux au n’importe quoi.

Lucificum : Comment avez-vous décroché ce deal avec Deepsend Records ?

Trivette : Eh bien, nous faisions pas mal de promo avec notre Myspace pour dire que nous avions notre EP qui allait sortir, et au bout d’un moment Deepsend Records nous a demandé si nous étions intéressés par un label. A cette époque, pas du tout, mais nous avons tout de même demandé pour voir ce qu’ils proposaient. Nous avons regardé à droite à gauche ce que d’autres labels nous avaient proposé, et au vu des résultats, nous avons préféré signer avec eux. C’est un bon petit label américain pour commencer, pour nous c’est tout de même un assez grand pas vu que nous sommes distribués mondialement. Ils nous proposent de payer l’intégralité du pressage, donc nous sommes tout de même bien aidés au niveau des frais. Nous avons surtout parlé de l’EP, qu’il nous fallait rapidement, et eux ont pas mal de groupes comme Dawn Of Demise qui sortent eux aussi justement un nouvel EP alors qu’ils ont déjà un album d’eux…il a donc fallu lutter pour l’avoir rapidement, mais sinon tout se passe bien. Le gars qui gère ça est super sympa, donc pour le moment tout est dans le meilleur des monde.

PhotoLucificum : Vous n’auriez pas préféré signer avec un label français ?

Trivette : Justement, nous nous posions la question, au début. C’est vrai qu’au niveau de la communication, c’est bien préférable, mais au niveau du deal, nous n’aurions jamais eu tout ça sur un label français. Il aurait fallu trouver un gros label et en plus, la plupart des labels français, quand ils signent, c’est pour plusieurs albums. Alors que là, c’est juste un album, et puis on voit ce qu’il se passe après. C’est plutôt libre.

Lucificum : Vous avez eu des propositions concrètes de labels français ?

Trivette : Non, nous avons juste comparé avec d’autres groupes. Jean-Fi, de Recueil Morbide, a déjà eu pas mal d’expériences de ce coté là, et il était d’accord pour dire que la proposition de Deepsend Records était bonne.


Lucificum : Vous pensez qu’il reste des choses à dire en death ?


Dut’s : Je pense que tout a été fait et refait. Il n’y a plus beaucoup d’originalité ni d’innovation. C’est pour cela que nous essayons de tout miser sur l’efficacité. Nous nous cassons la tête sur les compos mais je pense qu’il faut maintenant rechercher l’efficacité avant tout.

Trivette : Je suis un peu du même avis que Dut’s. Quand on voit le nombre de groupes et de génies de la musique qui se sont cassé la tête sur de la musique…je ne pense pas que nous ayons vraiment envie de nous arracher le crâne pour être à la fois innovant et efficace, puisque ce que nous recherchons c’est vraiment d’envoyer la purée en live avec quelque chose d’accrocheur. Nous voulons nous faire vraiment plaisir et ne pas rentrer dans quelque chose de soit ultra-complexe soit ultra-bizarre sur lequel il est très difficile d’accrocher, même pour nous…

Lucificum : Et dernièrement, quels sont les groupes qui vont ont marqué ?

Trivette : Surgery ! Personnellement, nous avons bien accroché sur ce qu’ils font ! Ils sont devenus des potes, ce sont des gars très sympas, mais sinon…parmi les groupes français… (silence).

Lucificum : Et autres que français ?

Trivette: Misery Index… (réfléchit)…Dying Fetus, les gros groupes, quoi. Après, niveau révélation, il n’y a pas grand-chose. Les bons albums qui sortent se comptent au compte-goutte.

Dut’s : ou alors, ce sont des groupes déjà confirmés. Des grands classiques, quoi.

Lucificum : Que pensez-vous du rôle des webzines comme le notre dans la promotion des nouveaux groupes ?

Trivette : Nous en parlions un peu hier….c’est vrai qu’avec la multiplication des webzines, il y a d’un côté ceux qui restent relativement pros, qui ne prennent pas les groupes pour de la merde. Et puis il y a ceux qui sont ultra amateurs qui font un webzine histoire de recevoir des disques. Nous avons envoyé un sacré paquet de disques pour notre promo, et on s’inquiète un peu des retours…c’est dommage de voir le peu de retour que nous avons de la part des webzines, nous savons très bien que 50%, c’est du perdu. C’est dommage ! Mais après, nous pensons que le webzinat est indispensable pour la promo, cela permet de donner une bonne idée de la chose si les avis sont cohérents les uns les autres, ça donne en général une bonne idée du groupe.

Lucificum : En ce qui vous concerne, les retours sont plutôt bons, non ?

Trivette : Pour le moment, oui. Il y a bien sur deux ou trois critiques moins bonnes, il faut bien qu’il y en ait, tant qu’elles restent constructives. Mais ça reste pour le moment assez positif.
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Lucificum : Internet est donc pour vous un moyen de promotion avant tout, et non de piratage ?

Trivette : Promotion à mort. Le piratage, nous ne nous en inquiétons pas du tout.

Lucificum : De toute façon, votre priorité n’est pas forcément le nombre de CD vendus, mais plus la notoriété ?

Trivette : C’est à doubler tranchant. Le label, lui, regarde les ventes ! Nous, nous ne le voyons pas car nous nous focalisons sur les concerts et pour ça, c’est la notoriété qui compte. Mais le label, s’il n’y a pas de vente, ne va rien nous proposer. Ils nous mettraient de côté et nous oublieraient.

Lucificum : Quel est donc le programme pour la suite de Diluvian ?

Trivette : Pour l’album, de la composition à mort. Nous avons été sélectionnés pour le tremplin du Sin Sessions, pour jouer au Hellfest…vu le nombre de groupes qu’il y a sur la France, cela va être très dur, mais nous allons nous y mettre. On va se bouger le cul, mais ça va être très très chaud de passer ! Nous verrons ce que cela donne.


Crédits photo :
www.myspace.com/diluvianfr


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