Midnattsol

Entretien avec le groupe au complet - le 15 août 2008

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Dexxie

Une interview de




Midnattsol_20080815

C'est dans le cadre de l'édition 2008 du Summer Breeze, dans l'après-midi qui suivit leur show que nous avons rencontré les membres du groupe Midnattsol pour une petite interview. Elle a lieu dans le chapiteau en backstage, sur un banc en bois et autour d'une bière. L'ambiance est excellente et la troupe ne manque ni de sympathie ni d'humour pour répondre à nos quelques questions. Rappelons que la formation a sorti il y a à peine quelques mois son deuxième album, Nordlys (chronique ici).


Dexxie : Quelles sont vos sources d'inspiration, quels groupes écoutez-vous ?

Daniel Droste : C'est toujours difficile, parce-que tu as tes groupes préférés, desquels tu essaies de t'inspirer sans les copier, pour que ça sonne quand même différemment. Tu entends quelque chose, tu te dis : "ouais, c'est comme ça que je veux que ma musique sonne" et alors tu essaies de faire un truc qui s'en approche, et finalement ça sonne différemment.

PhotoDexxie : Pouvez-vous citer des groupes que vous aimez ?

Daniel Droste : Opeth, Anathema, ...

Birgit Öllbrunner : Nevermore !

Daniel Droste : Nevermore...

Chris Merzinsky (faisant mine de me le murmurer à l'oreille) : Anthrax !

Birgit Öllbrunner : Mais aussi des trucs un peu différents, comme Obituary.

Chris Merzinsky : Chaque membre du groupe écoute des trucs différents et a donc des influences variées, comme Obituary pour le Death Metal. Nous aimons aussi les groupes un peu plus Old School...

Birgit Öllbrunner : Et les groupes comme Nightwish peuvent aussi nous servir d'inspiration.


Dexxie : Sinon, y a-t-il des livres, des films, ou autres formes d'art qui vous inspirent ?

Chris Merzinsky : Des films ? Attend... non.

Birgit Öllbrunner : (rires) réponse courte !

Dexxie : Vous avez déjà joué ici, au Summer Breeze, il y a trois ans. Vous êtes un groupe qui est quand même relativement jeune, comment vous sentez-vous quand vous jouez dans de pareils festivals ?

Birgit Öllbrunner : Nous ne sommes plus si jeunes ! (rires)

Chris Merzinsky : Et oui, Birgit a déjà 33 ans...

(elle le frappe)

Chris Merzinsky : Bon, 32 !

Birgit Öllbrunner : Je veux dire, tu as raison, le groupe existe depuis seulement 6 ans. Mais ça fait 15 ans que nous faisons de la musique, voire 20 ans pour certains membres du groupe.
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Dexxie : Sur le premier album, la chanteuse apparaît sur la pochette. Sur la pochette du second album, on t'y voit aussi. Combien de temps cela a-t-il a pris pour vous rendre compte que les deux filles du groupe étaient mignonnes ? (sourire gêné de la part de la bassiste) Ou, plus sérieusement, qu'avez-vous envie de répondre aux gens qui vous accusent de vous montrer sur les pochettes des albums pour mieux vendre votre musique ?

Chris Merzinsky : Et bien nous avons envie de leur répondre que si nous mettions les filles sur les pochettes pour vendre plus d'albums, elles seraient moins habillées (Birgit rit). On ne voit pas trop leur peau, donc nous ne considérons pas cela comme un argument. Et puis ce n'est pas notre objectif de toute façon.

Birgit Öllbrunner : Et il y a une idée derrière cette pochette, ce n'est pas juste histoire de mettre des filles dessus. Ça concerne la lumière nordique (ndlr : l'album s'appelle Nordlys, Lumière du Nord ou Aurore Boréale en Français), la manière avec laquelle elle se développe... c'est une interférence entre la Terre et le Soleil. C'est une question d'harmonie avec le contenu de l'album, ça a une signification. Ce n'est pas juste pour mettre des filles sur la couverture.

Daniel Fischer : Ceci-dit, c'est vrai que dans le groupe les filles ont meilleure allure que nous autres.

(rires)

PhotoDexxie : Et un homme, c'est laid, il y a des poils partout, vous avez raison : ne les mettez pas sur les pochettes. Sinon, c'est un bon argument commercial d'avoir pour chanteuse la soeur de Liv Kristine, mais est-ce que ce n'est pas lourd au bout d'un moment d'être "le groupe avec la soeur de Liv Kristine" ?

Carmen Elise Espenæs : Oui, au début c'était un peu ennuyeux. Partout où nous allions, nous entendions ça. Mais à présent, nous savons exactement ce que nous voulons faire, et nous le faisons. Nous faisons ce qui nous plaît. Et les gens qui connaissent le groupe le savent aussi. Et maintenant, de moins en moins de gens nous comparent avec Leaves' Eyes. Je pense aussi que nous avons gagné en indépendance à ce propos. Donc je ne sais pas ce que les autres membres du groupe en pensent, mais pour moi c'était un peu embêtant au début, même si ça s'est arrangé. Je ne sais pas pour vous autres ?

Birgit Öllbrunner : Nous savons que nous faisons notre propre style de musique, qu'on ne peut pas vraiment comparer avec Leaves' Eyes par exemple.

Carmen Elise Espenæs : De toute façon je ne peux pas le changer, c'est mon sang, c'est comme ça.

Chris Merzinsky : Mais la musique est différente de toute façon.


Dexxie : Arrivez-vous à vivre de votre musique, ou alors travaillez-vous en parallèle ?

Birgit Öllbrunner : Il arrive un moment ou il faut prendre une décision. Est-ce que tu considères Midnattsol comme une partie de ta vie et comme ton job, est-ce que tu essaies de partir en tournée etc., ou est-ce que tu préfères prendre du recul, finir tes études, conserver ton job et ne consacrer au groupe que tes week-ends et tes vacances ? Pour le moment, chacun garde son boulot et joue dans le groupe en parallèle.

Daniel Fischer : Midnattsol, c'est un loisir, pas un travail !

Birgit Öllbrunner : Nous adorons faire de la musique et monter sur scène.

Carmen Elise Espenæs : Et comme ça reste un loisir, nous pouvons nous permettre de faire ce que nous voulons, et ce de manière indépendante. Nous faisons vraiment ce que nous voulons. Je ne pourrais pas imaginer ne faire que ça, avec des gens derrière me disant «tu dois faire ci, tu dois faire ça, tu dois faire ce style de musique, tu dois écrire ce genre de paroles», je ne veux pas de cette pression, et je pense que c'est un sentiment partagé dans le groupe. Nous voulons faire notre truc, même si cela implique de devoir faire certains sacrifices, comme de passer à côté de certains concerts.

Chris Merzinsky : De cette manière, tu n'as pas de pression sur le dos, sans arrêt. Il n'y a personne pour te dire qu'il faut que tu fasses un album l'an prochain, par exemple. Nous faisons ça comme nous l'ententons, sans influence financière en arrière-plan, et ça reste ainsi un plaisir de jouer notre musique.

Carmen Elise Espenæs : Et la musique reste réelle, honnête.

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Dexxie : Question pour la chanteuse : tu as vraissemblablement pas mal travaillé ton style vocal entre les deux albums. N'avais-tu pas peur de décevoir les fans du premier opus ?

Carmen Elise Espenæs : (rires) Non. Je ne l'ai pas planifié, ça s'est passé comme ça. Je ne peux pas revenir en arrière, ma voix est comme ça, c'est comme ça que je chante à présent, sans me demander si les gens aimeront ou pas. D'ailleurs, ça me permet de faire plus de variations. Ça apporte aussi quelque chose à la musique, et ça peut nous permettre de faire des choses plus complexes.

Dexxie : Quels ont été vos pires moments, dans le groupe ?

Chris Merzinsky : Nos pires moments ? Hum... nous avons joué en Autriche, si tu as entendu parler de ce pays (rires). Nous avons roulé en voiture pendant 11 heures...

Birgit Öllbrunner : ...et nous n'y voyions rien à cause du brouillard.

Chris Merzinsky : Et notre système de navigation était toujours en retard. Par exemple, quand nous traversions une intersection à laquelle il fallait tourner, c'était cinq secondes plus tard que le GPS nous disait (il imite la voix de l'ordinateur de bord) : «Tournez à gauche».

Daniel Droste : Nous avons roulé pendant 11 heures, tout juste eu le temps de manger, sans parler de la pluie. C'était pluvieux pluvieux pluvieux. Après, nous arrivons sur scène et un groupe de punk venait de jouer juste avant nous.

Chris Merzinsky : Il n'y avait que des punks dans le public, pas de metalheads, pas de cheveux longs. Nous étions là, sur scène, en se demandant ce que nous faisions là.

Dexxie : Quel festival était-ce ?

Chris Merzinsky : Il s'appelait... hum...

(la troupe se concerte une minute sans succès)

Birgit Öllbrunner : Il y avait aussi cette fois où on faisait une tournée avec In Extremo, et il faisait vraiment très chaud sur scène, et pendant notre balance, le clavier nous a lâchés. Nous avons dû aller dans le restaurant, où il y avait d'énormes réfrigérateurs, et nous avons mis le clavier dans l'un d'eux. (rires)

Chris Merzinsky : Nous l'avons refroidi, et dix minutes après nous avons pu refaire la balance avec le clavier ! Et il a marché !
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Dexxie : Et maintenant, les meilleurs moments ?

Chris Merzinsky : Pour moi, c'était la première fois que nous avons joué au Female Voices Festival en Belgique. Nous n'avions jamais joué dans un festival comme celui-là avant, nous avions notre propre container pour le matériel et tout, et à un moment, Christian, notre ancien guitariste, nous dit : «Hey, je ne comprends pas, mais écoutez ça !» Et la, il ouvrit la porte, et la foule criait : «Midnattsol ! Midnattsol ! Midnattsol !» au moins 15 minutes avant que notre show ne devait commencer.

Daniel Droste : Ah, et puis nous avons une autre bonne nouvelle !

Chris Merzinsky : Ah, oui, un autre grand moment : on peut te présenter Fabian.

Birgit Öllbrunner : C'est notre nouveau guitariste, depuis environ une heure.

PhotoDexxie : Ah, excellent, nous avons pour le moment l'exclusivité de l'information alors !

Chris Merzinsky : Oui, il a fait ses preuves ce matin sur scène, et nous avons décidé de l'engager à plein temps !

Daniel Droste : Tu penses que c'est une mauvaise idée ?

Dexxie : Oh oui, il est mauvais !

(rires)

Dexxie : Il nous reste deux questions...

Fabian Pospiech (en pointant du doigt mon carnet) : tu vas vraiment réussir à relire ça ?


Dexxie : C'est simplement une sécurité si le micro me lache... Daniel, tu es le chanteur-guitariste du groupe AHAB, peux-tu nous présenter ce groupe rapidement ?

Daniel Droste : Nous ne voulions pas vraiment être un groupe à part entière, on voulait simplement faire de la musique un peu différente de ce que l'on entend en général dans le milieu du metal. Nous voulions juste enregistrer quelques chansons pour faire un truc nouveau, mais à la base nous ne pensions pas jouer sur scène. Nous avons eu cette occasion ici, alors nous l'avons saisie, mais ce n'était pas prévu à la base. En fait, nous faisons ça au jour le jour.

Dexxie : Comment imaginez-vous le futur de Midnattsol ?

Carmen Elise Espenæs : Nous ferons d'autres albums bien-sûr, et nous sentons déjà les nouveaux morceaux nous arriver dans les doigts. De toute façon, je ne pourrais pas imaginer ma vie sans Midnattsol. Mais nous ne plânifions rien en fait, tout se fait naturellement, nous répétons, essayons de trouver de nouvelles choses, mais nous ne forçons pas le destin. Ça rend d'ailleurs la chose très excitante.

Dexxie : Les dernières lignes sont pour vous, si vous avez quelque-chose à dire à vos fans français ?

Carmen Elise Espenæs : Nous avons une relation très particulière avec les fans français. Vous avez votre propre forum pour les fans de Midnattsol. Nous voulons les remercier pour le grand soutient qu'ils nous apportent et espérons pouvoir jouer rapidement en France !


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