My Own Private Alaska

Entretien avec MiLKa (chant), Tristan (piano), Yohan (batterie) - le 22 mai 2008

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Cosmic Camel Clash

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Gazus

Une interview de




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Quelques temps avant de donner un concert marquant à Paris, au Klub (live report ici), les membres de My Own Private Alaska ont accepté une interview des Éternels. Et ce qu'on peut tirer de cet entretien, c'est que depuis la sortie de l'EP éponyme (chronique ici), les choses se passent et s'annoncent très bien pour ces sympathiques toulousains. Attention, gros scoop inside !!


Cosmic Camel Clash : Étant donné qu'il s'agit de la première interview de My Own Private Alaska pour le site, pouvez-vous nous expliquer comment l'idée d'une telle formation vous est venue à l'esprit ?

Tristan : Cela faisait un bon moment que nous souhaitions foutre un peu le merdier dans ce milieu hardcore à base de guitares, de basses lourdes et de « je-te-clone-et-je-te-copie » et... (l'interview est interrompue par le serveur qui vient prendre commande). Bref, cela faisait un certain moment que nous traînions avec Psykup, l'autre groupe de MiLKa, avec qui nous avons beaucoup tourné et croisé beaucoup d'autres groupes qui étaient au final toujours les mêmes genres de groupes avec le même son, les mêmes textes... Nous nous sommes alors dit qu'il fallait mettre un coup de pied dans cette fourmilière et qu'étant donné que je joue du piano et que MiLKa hurle, ce serait intéressant de mélanger ces deux aspects. Tout est donc parti d'une vaste blague que nous avons mis en pratique. Cela faisait bien cinq ou six ans que nous y pensions et il ne nous restait plus qu'à trouver un batteur, cinq ou six ans durant lesquelles chacun avait ses préoccupations et ses propres obligations, et un beau jour nous avons trouvé le batteur idéal et nous nous sommes vite mis au travail. Au final, il se trouve que ça le faisait, alors que nous ne savions franchement pas ce que cela allait donner lors de la première répète : piano, batterie et chant hurlé... « Voilà, bon... essayons. C'est parti ! » Nous avons tout de suite su durant cette répétition que tout cela donnait quelque chose, nous nous sommes sentis comme de nouveaux explorateurs, des sortes de Christophe Colomb. Nous nous sentions en train d'approcher une nouvelle terre musicale qui n'existe pas et nous sommes dit : « Il faut faire quelque chose avec ça. » Les choses sont parties ainsi et depuis, nous en sommes là où nous en sommes, c'est à dire pas très loin, mais contents de faire ce que nous faisons.

Cosmic Camel Clash : Qu'est-ce qui est venu en premier ? Le nom du groupe ou bien la ligne de texte dans "I Am An Island" ?

Tristan : Le nom du groupe, qui tourne autour d'un concept, a été trouvé assez tôt.

MiLKa : Il y avait jadis un texte que j'avais écris en français intitulé "Je suis une Île", sur le concept d'être soi-même une île coupée de tout, sans aucun lien avec un quelconque pays anthropisé existant. La traduction de ce texte n'est pas ce qu'est aujourd'hui "I Am An Island". La musique ayant été composée avant le texte, j'ai écrit quelque chose dans cette lignée, une sorte de site général de tout. On peut y trouver un côté démago dans l'esprit mais cela est à la base d'un certain nihilisme qui, je pense, nous guide tous au fond de nous, mais que nous n'assumons pas. Par exemple, nous sommes tous en train de boire des Stella bien confortablement installés à un café et nous sommes très contents et ainsi de suite. Nous n'avons pas fait comme le héros de Into The Wild, aucun de nous n'est parti en Alaska en brûlant son argent, en coupant sa carte de crédit en deux pour de vrai... Mais il y a tout de même cette envie de vouloir pointer du doigt tout ce qui se passe aujourd'hui qui nous dégoûte, pointer ce qui fait qu'il y a de très bonnes choses dans le monde moderne et auxquelles nous nous accommodons et nous nous réconfortons avec certains aspects de cette modernité mais... mon Dieu que certaines choses sont tristes.

Tristan : Les textes sont vraiment l'essence du groupe et de son nom. Pour résumer ce qu'il vient de dire, le nom du groupe existait déjà et nous avons voulu broder une chanson qui cristallisait le concept du groupe.

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Cosmic Camel Clash : Yann, en général un batteur de rock ou de métal se cale sur la guitare, ou bien c'est le contraire. Comment as-tu abordé ton travail sur la batterie sachant qu'il fallait que tu te cales sur le piano? Est-ce qu'au contraire les compositions partaient d'une partie de batterie ?

Yohan : Je pense qu'à partir du moment où Tristan et MiLKa avaient l'idée du groupe, ils avaient aussi une idée de ce qu'ils désiraient, il faut quand même préciser que c'est un projet qu'ils ont fait évoluer durant cinq ans. Je pense donc que s'ils en sont venus à moi, c'est qu'ils se sont retrouvé quelque part dans l'optique qu'ils cherchaient. Maintenant, en terme de concept et pour aborder la musique, je pense que pour faire le lien entre le chant et un piano, sachant que le piano est à la base un instrument rythmique, que j'ai appris à en jouer en même temps que la batterie, c'était au final assez facile pour moi de me placer vis-à-vis des repères rythmiques. Il y a aussi un côté très classique et romantique dans les mélodies de Tristan, mais aussi quelque chose de très structuré et lisible qui fait que le pont est aisé à faire. C'est la même chose pour les lignes de chant de MiLKa, avec ce côté rythmique très scandé et surtout très puissant qui appelle en quelque sorte mon jeu de batterie. Je suis en train de le décrire, mais c'est au final quelque chose de très « animal », je dirais. Quelque chose de très sensible, mais pas dans le sens réfléchi du terme. Il s'agit de spontanéité utilisée pour retranscrire une émotion profonde et essayer de porter un peu plus ce concept et ces idées.

Cosmic Camel Clash : MiLKa, en parlant de ton chant, lorsque l'on écoute les deux groupes où tu hurles, à savoir Psykup et MOPA, ce qui saute aux oreilles est que dans MOPA, tu ne hurles pas du tout comme dans Psykup et que dans Psykup, tu ne hurles pas du tout comme dans MOPA. Tu utilises deux techniques vocales ou en tout cas deux expressions émotionnelles bien différentes. Comment se fait-ce ?

MiLKa : Sur le plan de l'expression émotionnelle, je suis d'accord avec toi. Par contre, techniquement, c'est en gros fondé sur la même voix et la même technique, même si je vais vraiment chercher quelque chose dans MOPA et vais plus rechercher de sens dans le mot que je hurle, presque lui donner une forme géométrique dans l'espace et en quelque sorte approcher l'esthétique du cri. En fait, ce sont des cris que je trouve personnellement, beaux. En criant, il y a quelque chose de, je ne dirais pas « laid » mais en tout cas d'agressif et violent, donc qui ne va pas dans le sens du beau. Mais je trouve dans certains cris dans certains groupes que j'écoute une beauté dans le déchirement de la voix et dans le mariage qui se fait avec les instruments autour. C'est ce que je recherche dans MOPA : rendre ce cri aussi esthétique que possible et que la sonorité se marie avec le reste. Il y a quelque chose que l'on m'a dit qui est assez rare comme critique : « À partir du deuxième ou du troisième morceau, on oublie que tu cries ». Cela a beau être agressif, il y a comme un aspect différent de certaines formations, selon ce que ces personnes m'ont dit comme tel, où le chant n'est pas décrit de la même manière, parce que mon chant, même s'il est agressif, arrive à couler. C'est en ce sens que je parle d'esthétique, en fait.
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Cosmic Camel Clash : Est-ce que tu serais d'accord de dire que dans Psykup tu es plus dans l'agression et que dans MOPA tu es plus dans la souffrance ?

MiLKa : La souffrance dans MOPA... quelque part, assurément, oui, étant donné qu'il y a un côté cathartique, avec les textes qui sont très personnels et qui abordent tout plein de choses pas très gaies qui viennent remuer les tripes, les miennes ou bien celles des gens dont je parle. Pour ce qui est de Psykup, je ne sais pas trop pour ce qui est de l'agression. Je parlerais plutôt de polyvalence, avec une part d'agression effectivement avec un côté plus positif et libérateur dans Psykup, contrairement à My Own Private Alaska. Définitivement. (rires)

PhotoCosmic Camel Clash : Okay. Le statut actuel du groupe est que le nom commence à faire un peu le tour, en particulier sur le net. Par exemple, la plupart des gens à qui j'ai parlé de MOPA connaissaient au moins de nom. Vous avez un EP qui est sorti, que les gens peuvent acheter, vous commencez à faire des dates avec votre propre nom. Commencez-vous déjà à envisager un peu la suite ?

MiLKa : Par rapport à l'actualité que nous avons, nous nous apercevons qu'il y a eu un engouement assez certain à travers la rapidité de la chose. Ça parle à énormément de gens et les choses sont en train de se profiler pour nous, qui nous laissent entrevoir une suite plus confortable et plus que ce qu'on pouvait espérer. Nous allons faire une tournée européenne en septembre avec Will Haven dans six pays avec 17 dates d'affilée et ce dans de pures salles. Nous allons jouer en Autriche, en Allemagne, en Hollande, en République Tchèque, en Belgique et en France. Par rapport à ça, nous avons eu un coup de chance énorme, à savoir que Ross Robinson, le producteur de Korn, Slipknot... soit le mec le plus influent de ces vingt dernières années, nous a contacté, sans que l'on vienne le chercher, pour nous dire : « C'est génial les mecs, qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » En ce moment, nous sommes donc en train de concrétiser l'enregistrement d'un premier disque à l'Indigo Ranch avec lui. Un premier album chez lui.


Cosmic Camel Clash : C'est intéressant comme nouvelle...

Yohan : C'est une exclu.

Cosmic Camel Clash : Alors merci beaucoup pour l'exclu, ça me fait toujours plaisir, j'aime bien.

MiLKa : Vu que nous sommes en train de concrétiser et vu qu'il y a déjà des bruits sur le Net, il fallait que nous commencions à l'annoncer de façon plus officielle. Il se peut que ça ne se fasse pas pour X raisons, mais il y a très peu de chances. Là où avant nous lui parlions par mail, nous lui parlons désormais par téléphone et nous parlons plus de dates et de projets avec lui que de faisabilité.

Cosmic Camel Clash : Vous n'avez rien de signé pour l'instant par contre ?

Tristan : C'est en cours de négociation, nous sommes en train de gérer les détails de logistique, de dates, d'emplois du temps... Donc oui, il y a un certain avenir pour nous par rapport à ça. Maintenant, sans Ross Robinson, MOPA aurait pu tout de même subsister.

Cosmic Camel Clash : C'était déjà bien parti.

Tristan : Exactement. C'est une chance extraordinaire comme il disait et je ne dirai pas que c'est mérité, car ce serait une connerie de dire ça, mais nous en sommes bien contents.

Yohan : C'est un peu le mec qui a réalisé tous les albums qui nous ont marqués que ce soit dans notre enfance, notre adolescence et même à l'âge adulte. Il a véritablement une démarche en terme de direction artistique qui fait qu'il transcende un groupe. Pour nous, ça fait l'effet de travailler avec notre poster. C'est quelque chose qui arrive à peu près à un groupe sur un milliard et que nous n'aurions jamais imaginé, même dans cinq vies. Je pense que nous sommes proches du stade où nous commençons à profiter.

Cosmic Camel Clash : Justement, connaissant la manière de travailler de Ross Robinson qui est connue, êtes-vous prêts à ce qu'il vous pousse à bout ?

Yohan : De par son travail et de par les qualités humaines que nous avons pu percevoir de par les contacts que nous avons pu avoir avec lui, je pense que d'un point de vue artistique et directif, nous lui faisons entièrement confiance, que ce soit la direction de groupe, l'oreille... C'est une personne qui a travaillé avec des musiciens et des personnalités assez difficiles et assez uniques et nous avons vraiment confiance en son jugement et sa manière de travailler. Il nous tarde d'y aller.
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Cosmic Camel Clash : Il est connu en général pour tirer le meilleur des artistes en les amenant à un point de rupture psychologique. C'est ce qui est revenu systématiquement dans les commentaires qui ont été faits sur lui.

Yohan : C'est quelque chose dont nous avons commencé à parler. Il parle de « mental surgery ». Dans le processus d'enregistrement, nous allons faire de très grosses répétitions avec lui et à partir de là, il va essayer d'aller aux tréfonds de nous-mêmes pour puiser « l'essence du truc ». C'est quelqu'un qui puise l'essence d'un projet pour créer une sorte de source de musique pure, d'émotion pure qui peut parler à n'importe qui, quel que soit le style, quelle que soit l'approche... C'est quelqu'un qui rend la musique presque transparente, presque autant que lui-même.

Gazus : MiLKa, au niveau des textes, tu écris quasi exclusivement en français dans Agora Fidelio, en anglais dans MOPA et en alternant ces deux langues dans Psykup. Pourquoi choisir l'anglais pour MOPA ? Est-ce pour « boucler la boucle » ou bien as-tu une préférence pour l'anglais au niveau de l'expression personnelle ?

MiLKa : Il y avait clairement une préférence qui est...

Tristan : (l'interrompt) C'est pour l'export !

MiLKa : Voilà, pour l'export c'est pratique et on s'en vante ! À la base, c'était principalement pour des questions esthétiques. La langue anglaise, de par le fait qu'elle n'est pas consonantique, comme on dit pour les langues germaniques et aussi pas mal pour le français, arrive à « couler ». C'est-à-dire que malgré le fait que cela puisse être crié, il y a tout ce flow et ce flux assez coulé qui est beaucoup plus difficile à obtenir si tu chantes par exemple en allemand ou en français. L'anglais permet cela et c'est bien pour ça que les meilleurs groupes de ce genre-là chantent en anglais. Je ne dis pas que c'est impossible dans d'autres langues. Il y a des groupes merveilleux qui chantent dans des langues différentes. Mais pour l'instant, je pense que cette langue est la meilleure pour cela.

Gazus : D'un point de vue musical, j'avais vu récemment que Philip Glass ou encore Edgard Varèse figuraient parmi vos amis sur Myspace. Les avez-vous ajoutés par humour ou bien y a-t-il une affiliation entre MOPA et ces compositeurs ?

Tristan : Je trouve que les influences que j'ai au piano peuvent ressembler à Philip Glass. Je l'ai très peu écouté, mais je trouve qu'il y a des similitudes et effectivement, je le cite parfois en référence, bien que je ne l'ai pas spécialement écouté quand j'étais petit ou autre. Pour ce qui est d'Edgard Varèse... (il hésite) c'est simplement que j'aime bien son avatar, alors je l'ai mis dans le « top friends » ! (rires) Mais c'est quelqu'un qui a fait de l'expérimental, qui a eu les couilles de faire ce qu'il a fait et je dirais qu'il y a un pont entre nous et ce qu'il a fait, par rapport à la démarche. Pas forcément l'esthétique, mais le concept.

Gazus : Le piano, même s'il est répétitif dans MOPA se démarque de la musique minimaliste de Glass, tout de même.

Tristan : Oui, j'ai tendance à être plus bavard au piano, même si cela se veut tout de même épuré... enfin je ne mettrai pas quatre pianos par-dessus l'autre. Maintenant, si Ross Robinson me dit de le faire, je m'exécuterai peut-être... (rires) Mais ça n'est pas vu de cette manière. C'est plus pensé comme ceci : la main gauche soutient, la main droite discute et parfois les deux se répondent l'une à l'autre. Je ne suis pas un technicien de la musique non plus, j'ai un niveau qui est loin d'être exceptionnel donc je ne pourrai pas faire autrement que de faire des choses simples. Le pont avec Varèse est plus en terme de prise de risque que d'esthétique musicale.

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Gazus : MiLKa, My Own Private Alaska est un projet parallèle pour toi et j'ai fait récemment la découverte de Simone Choule, avec notamment Ju, Brice et Pelo de Psykup. Comment gérez-vous tous ces projets parallèles, toi et les membres de Psykup, notamment avec les tournées qui s'annoncent ?

MiLKa : C'est assez compliqué mais cela se règle par la discussion, dans le sens où il y a également Baptiste dans Simone Choule, qui est aussi le guitariste du deuxième groupe de Yoann, qui est Aeria Microcosm... comme quoi il y a de la consanguinité à Toulouse... Ce n'est pas évident de faire vivre tout ça et heureusement qu'il y a beaucoup de respect d'un groupe à l'autre, dans le sens où personne ne tire la couverture de son côté et où tout le monde comprend qu'il y besoin de développement pour tous les groupes. Des besoins de tourner, de faire des albums, etc. Pour l'instant, ça se passe bien et pourtant on en est à trois groupes chacun avec Ju, Yohan... Ce n'est pas évident mais pour l'instant nous y arrivons tous dans le respect et une ambiance des plus solidaires et conviviales. Tandis que nous serons en tournée avec Will Haven, ils auront l'occasion de tourner de leur côté. En leur en parlant de cette tournée, j'ai pensé que ça pourrait leur servir, je leur ai donc présenté les choses de cette manière. Nous tournerons durant cette période tandis qu'ils pourront tourner avec Simone Choule, avec Divine, un autre groupe de Montpellier et Selam, de Toulouse... qui est le quatrième groupe de Brice... décidément c'est catastrophique (rires)... c'est tout simplement un groupe de grunge. Il y beaucoup de gestion de calendriers, tout cela tient pour l'instant et c'est généralement un groupe après un autre, difficilement deux en même temps. En ce moment nous nous occupons de Psykup et MOPA en même temps et c'est vrai que c'est chaud à gérer. C'est sûr que 2009 sera une année beaucoup plus tournée vers MOPA, c'est en tout cas assuré pour la fin de l'année et le début de l'année sûrement avec Ross Robinson.

Cosmic Camel Clash : La grosse actualité pour Psykup en ce moment, c'est la sortie de l'édition internationale de We Love You All. La bonne nouvelle c'est que l'album sort à l'étranger, la mauvaise c'est qu'il a été amputé de moitié.

MiLKa : Il y a eu une concertation et discussion avec le label et nous avons nous-même accepté et compris pourquoi des gens au fin fond de l'Allemagne ou même de l'Ontario ne peuvent pas comprendre "En vivre libre ou oourir" ou encore "La vie dont vous êtes le héros Part 1, 2 One again, etc". Nous avons donc sorti les morceaux internationaux sur cette édition-là, ce qui donne un condensé de Psykup beaucoup plus efficace, un peu moins expérimental et nous allons voir ce que ça va donner. Psykup n'a jamais été confronté au public international, nous verrons donc ce que le public en pense, si Psykup est une musique absconse pour le monde entier (rires) ou bien si nous avons été un peu compris. En tout cas c'est super, je reçois les CD promos et je vois écris « attaché de presse Psykup Allemagne », « USA », « Canada »... ça me fait halluciner, c'est vraiment génial. C'est un développement global, pour faire un pont avec My Own Private Alaska. Cela fait dix, douze ans que je suis dans la musique et que je fais des concerts, des disques, etc. Nous avons attendu le troisième Psykup pour finalement sortir à l'étranger tandis qu'avec MOPA, au bout de même pas deux ans nous risquons aussi de sortir à l'international. Je suis très content de sortir mes disques à l'international, pas par question de démagogie ou de sur-ambition, mais mon ambition n'étant pas de jouer dans mon garage, j'ai envie de partager ma musique avec le maximum de gens, ici à Paris, demain à Lille et ensuite nous passons la frontière pour aller voir les Belges, un autre jour en Hollande... Je suis ouvert à toutes les cultures différentes. Si jamais je me retrouve au Japon avec Psykup ou MOPA, ça me fera plaisir. Nous avons le monde entier à découvrir, on n'a qu'une vie et si en plus c'est par la passion de la musique que nous pouvons faire tout cela, c'est fabuleux.

PhotoGazus : Étant donné que Psykup sort à l'étranger, allez vous garder la balance habituelle entre anglais et français ou bien les textes seront-ils uniquement en anglais, parce qu'il faudra désormais compter avec l'international ?

MiLKa : Nous avons vu que nous pouvons toujours faire du français et de l'anglais et sortir une version internationale différente. Nous ne nous poserons donc pas la question, nous verrons bien comment ça vient et nous ferons le compte à la fin. C'est sûr que s'il y a neuf chansons sur dix qui sont en français, ça posera un problème, mais pour l'instant, les choses s'équilibrent naturellement entre ce qu'écrit Ju et ce que j'écris. Je pense qu'il faut avant tout penser artistique et non pas business avant d'écrire de la musique. C'est ce que nous faisons dans Psykup, c'est ce que nous faisons dans MOPA, c'est ce que nous faisons dans Agora, c'est ce qu'ils font dans Aeria Microcosm... Tu fais les comptes à la fin et tu essayes de faire en sorte que tout se passe bien.

Cosmic Camel Clash : (à Yohan et Tristan) J'ai vu que vous avez été négligés et spoliés durant la dernière partie de l'interview, j'ai vu que vous le viviez très mal. Voulez-vous ajouter quelque chose pour clore l'interview ?

Yohan et Tristan : Merci pour la bière !


Crédits photo:
www.myspace.com/myownprivatealaska
morka.free.fr


Questions : CCC & Gazus
Transcription : Gazus


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