Porcupine Tree

Entretien avec Steven Wilson (chant+guitare) - le 31 janvier 2008

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Aurelsan

Une interview de




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Les Éternels ont leurs chouchous : Porcupine Tree et Steven Wilson sont de ceux là. Bien que Gavin Harrison ait répondu à nos questions il y a à peine 2 mois (interview ici), l'occasion était trop belle de rencontrer Steven lors de son passage éclair à Paris pour la promo de Nil Recurring. Entretien avec le prolifique Anglais…


Aurelsan : Un mois et demi après votre énorme concert à l’Olympia (live-report ici), vous êtes de retour en France. Je voudrai tout d’abord savoir comment vous avez vécu cette soirée ?

Steven Wilson : C’était un spectacle fantastique, comme je l’ai déjà dit auparavant c’était probablement l’un de deux meilleurs concerts de tous ceux que nous avons fait l’année dernière. Nous avons fait quelque chose comme 150 dates et c’était vraiment une des deux meilleures expériences. L’atmosphère, le public, le groupe a bien joué, mes parents étaient aussi présents, ils sont venus exprès d’Angleterre pour y assister. Tout était parfait. C’est l’un des meilleurs souvenirs de la tournée.

Aurelsan : Et avais-tu déjà entendu parler de l’Olympia, de cette salle assez mythique et particulière en France ?

Steven Wilson : Oui je savais que Jeff Buckley y avait enregistré un live donc je connaissais déjà le nom de la salle. Et ensuite quand nous avons organisé le concert là-bas, tous ceux que je connais en France disaient : « Waah L’Olympia c’est génial ! » Alors ensuite j’ai réalisé dans les coulisses avec toutes les photos accrochées aux murs : Jimi Hendrix par exemple. Tu as ce sentiment de jouer dans un lieu légendaire et je le comprends maintenant parce que j’ai joué dans cette atmosphère si incroyable.

Aurelsan : Et donc tous vos prochains concerts auront lieu à l’Olympia ?

Steven Wilson : Je l’espère. Si on doit revenir à Paris oui assurément.
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Aurelsan : Vous êtes ici pour la promo de Nil Recurring, un mois et demi après votre dernier concert à Paris. Est-ce que vous n’êtes pas fatigués de répondre aux questions des journalistes ?

Steven Wilson : Pour être honnête, je n’en fais pas tellement que ça et je fais une exception ici. Mais tu as raison, je suis un peu grillé à force de répondre à tout ce qui tourne autour de Fear Of Blank Planet. J’ai fait littéralement des centaines d’interviews l’année dernière et j’ai expliqué tellement de fois le concept de l’album. A l’évidence, Nil Recurring est quelque chose de différent et c’est agréable d’expliquer pourquoi nous l’avons fait et ce en quoi il diffère de l’album. L’idée originale était de finaliser les chansons que nous avons laissées de coté parce que nous avons écrit beaucoup plus de morceaux que nous en avons finalement sortis. C’est devenu pratiquement un album à part entière de 30 minutes, par exemple dans les années 70 ils faisaient 32-35 minutes. Il est plus instrumental, plus complexe. C’est moins à propos de paroles et des voix mais plus porté sur le groupe lui-même.

Aurelsan : Et donc en une phrase que dirais-tu à vos fans pour qu’ils achètent cet album ?

Steven Wilson : En une phrase, ce n’est pas quelque chose que je fais facilement. Disons que c’est l’autre face d’une pièce de monnaie.

PhotoAurelsan : Merci c’était parfait. Et maintenant à propos de We Lost The Skyline, le mini-live que vous allez sortir, pourrais-tu nous en dire plus sur les conditions d’enregistrement ? Vous avez joué devant un public très limité n’est ce pas ?

Steven Wilson : Oui, c’était un show-case dans une grande enseigne, tu sais en général on joue quelques chansons, on fait quelques dédicaces, ça aide le magasin à vendre des cds. Mais celui-ci était un peu particulier, il y avait une scène, c’était à Orlando en Floride. Bon quand nous sommes arrivés sur place, on s’est rendu compte que la scène était petite mais tout avait été prévu, à l’extérieur il y avait les camions avec le matériel et tout donc on ne savait pas vraiment ce qu’ils allaient nous demander et au final, il n’y avait que moi et l’autre guitariste. A partir de là, je me suis dit, quitte à faire un enregistrement, faisons quelque chose de vraiment spécial et essayons de jouer des chansons que personne n’a encore jamais entendues de cette façon, un peu comme "The Sky Moves Sideways". Alors j’ai sélectionné quelques chansons que le groupe n’avait jamais enregistrées en live et c’était merveilleux parce qu’il y avait seulement 200 personnes dans le public, tout le monde était serré contre les rayons de cds. Ensuite lorsque j’ai écouté les bandes, j’ai pris 2 ou 3 chansons que j’ai mises sur internet en téléchargement et finalement j’ai décidé de mixer le tout pour en faire un live. Encore une fois comme pour Nil Recurring, c’est une autre face du groupe que nous donnons là. 2 guitares 2 voix, c’est tout à fait autre chose.


Aurelsan : Justement à propos d’Internet, est-ce que vous vous servez beaucoup de sites comme Facebook ou Myspace pour la promo ?

Steven Wilson : Facebook non ! Mais je pense que Myspace est un outil génial pour atteindre les gens, spécialement pour les groupes. La façon dont ils stockent les vidéos et tout, c’est vraiment bien. En tant que fan, tu peux aussi suivre de fil en aiguille tout ce qui t’intéresse. Si tu aimes Opeth, tu peux voir Porcupine Tree dans la liste d’amis et de Porcupine Tree tu peux aller à Katatonia, Blackfield et ainsi de suite. C’est ça la beauté du truc. Tu peux découvrir pleins de choses auxquelles tu n’aurais pas pensé.

Aurelsan : Sur ta page MySpace, j’ai été surpris de trouver une reprise de "Thank U" d’Alanis Morisette. Est-ce que c’est une artiste que tu apprécies particulièrement ?

Steven Wilson : C’est avant tout une chanson que j’aime. Les « cover versions », il y en a actuellement 4, la 5ème doit sortir prochainement. On a commencé en 2002 je crois et on en sort tous les ans. Le truc c’est que quand les gens les achètent, ils ne savent absolument pas ce qu’il y a dedans, ca s’appelle juste « cover version ». Cover version 1, 2, 3… et j’essaie d’y mettre des choses dont personne ne se douterait. Pour cette chanson d’Alanis Morisette, je la trouve vraiment magnifique bien qu’il s’agisse maintenant d’un titre emblématique US peut-être même un peu chiant. Alors j’ai essayé de la présenter sous un jour complètement différent.

Aurelsan : Très bien, je pensais que tu avais une relation particulière avec Alanis Morisette.

Steven Wilson : Pour être honnête, je ne suis pas vraiment fan mais j’aime cette chanson et je crois qu’elle en a fait quelques-unes absolument géniales. Pour moi ça n’aurait pas de sens de faire des reprises de groupes similaires à Porcupine Tree. Ce qui m’intéresse ici, c’est de prendre une chanson totalement décalée et d’en faire ma propre interprétation.

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Aurelsan : Je trouve qu’on ne parle pas beaucoup des femmes artistes, quel est ton artiste féminin préféré ? Le milieu du rock est assez masculin, tu ne trouves pas ?

Steven Wilson : Oui en effet, il n’y a pas beaucoup de femmes dans le milieu. Il y a pleins de chanteuses qui sont là essentiellement pour distraire mais elles n’écrivent pas leurs propres chansons, elles sont juste une façade comme Britney Spears par exemple. Comme véritables artistes, je dirai Kate Bush avec qui j’ai grandi, elle est extraordinaire. J’aime aussi Liz Fraser de Cocteau Twins, Lisa Gerrard de Dead Can Dance. Et si tu parles d’une Artiste plus actuelle, Bjork ! C’est très dur de la comparer à qui que ce soit.

Aurelsan : Et maintenant, un petit mot sur Opeth. Tu as probablement écouté The Roundhouse Tapes. Étais-tu au concert ?

Steven Wilson : Oui bien sûr, j’y étais, en coulisses.

Aurelsan : Et si tu devais donner une note à l’album ? On aime ça chez les Éternels donner des notes…

Steven Wilson : Ah, ce n’est pas très fair play de me demander ça. Ecoute, j’ai toujours un regard très particulier sur les albums sur lesquels j’ai travaillé. Ce qu’il y a sur ce live, ce sont plutôt des chansons de leurs débuts et elles ne me sont pas très familières. Mais c’est un groupe live génial. Quand j’ai commencé à travailler avec eux ce n’était pas vraiment le cas mais ils deviennent encore meilleurs avec le temps.

Aurelsan : Et à l’heure actuelle, préféres-tu te consacrer à la production, à l’écriture ou bien aux deux à la fois ?

Steven Wilson : Pour être franc, ce que j’aime c’est changer régulièrement. Il y a des moments où j’aime écrire, des moments où j’aime enregistrer, d’autres où j’aime bien faire de la promo comme maintenant. C’est un cycle. La raison pour laquelle je ne peux pas vraiment répondre à ta question, c’est que je ne pense pas que j’aimerai faire une seule de ces choses tout le temps. J’adore l’idée de faire quelque chose de différent le mois suivant.
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Aurelsan : Et donc, le mois prochain, tu fais quoi ?

Steven Wilson : Le mois prochain, j’enregistre mon premier album solo.

Aurelsan : Fantastique, et peux-tu nous donner des détails ?

Steven Wilson : Oui déjà ça va être totalement différent du son qu’on retrouve dans les « cover versions » que j’ai aussi fait sous mon propre nom. Il y a des choses que je n’ai jamais fait ressortir dans ma musique et notamment la musique avec laquelle j’ai grandi. Des trucs comme Joy Division, The Cure, Wire… les soi-disant groupes post-punk.

Aurelsan : Et il y aura des noms connus sur l’album ?

Steven Wilson : Non pas vraiment, cela reste un album solo. Je veux en faire le plus possible de mes propres mains même l’artwork, les photos…

Aurelsan : Donc tu t'intéresses aussi énormément à des domaines artistiques comme le dessin, la vidéo ?

Steven Wilson : Oui j’adore le cinéma. J’ai commencé à prendre beaucoup de photos il y a 3 ans et je n’avais jamais fait çà avant. J’ai aussi essayé de faire quelques films. J’ai plein d’idées de ce genre.

Aurelsan : Tu as collaboré aux vidéos que l’on voit pendant les concerts de Porcupine Tree ?

Steven Wilson : Je ne les ai pas réalisées mais j'ai donné certaines idées. J’ai expliqué au réalisateur ce qu’il pouvait y avoir derrière les paroles.

Aurelsan : Y a-t-il des questions que l’on ne t'a jamais posées et auxquelles tu aimerais répondre ?

Steven Wilson : Mmh ! On m’a plus ou moins tout posé comme questions ces cinq dernières années.

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Aurelsan : Un petit mot pour tes fans français ?

Steven Wilson : D’abord les remercier d’avoir fait de l’année 2007 une aussi année spéciale pour nous. Et plus particulièrement aux fans qui sont venus au concert à l’Olympia.

Aurelsan : Quand serez-vous de retour en France ?

Steven Wilson : Je ne connais pas les dates mais nous espérons enregistrer un DVD cette année pour clore en quelque sorte tout le concept autour de Fear Of A Blank Planet et Nil Recurring. Je pense que nous le ferons après l’été, en septembre probablement.


Crédits photos (sauf Éternels) : www.myspace.com/therealstevenwilson


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