Tyrant Fest 2019


Tyrant Fest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 16 novembre 2019
Jour 2 : 17 novembre 2019

REPORTS DU JOUR



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Jour 2 :17 novembre 2019



Retour en milieu d’après-midi, dimanche, sous un beau soleil. Je voulais absolument être présent à l’ouverture pour revoir Wolvennest, dont la prestation lors du dernier Alcatraz m’avait enchanté. Après quelques minutes d’attente, nous pouvons prendre place dans la salle, accueillis par une odeur d’encens. Un autel est placé sur le devant de la scène. Bien. La cérémonie peut débuter. Et quelle célébration ! Les Bruxellois vont offrir près d’une heure de leur musique si particulière, doom aérien de qualité. L’on se laisse hypnotiser par les mélopées et la lourdeur de l’ensemble. Les incantations de Shazzula ne laisseront pas de marbre l’assistance déjà nombreuse. Quel plaisir de retrouver cette formation dans des conditions parfaites et de se laisser emmener par la superbe "Ritual Lovers"! L’ambiance occulte appuyée par des vidéos qui défilent derrière le groupe sied parfaitement au lieu. Les lumières se rallument et il est temps de redescendre sur terre, de quitter le monde sombre et envoûtant dépeint par les Belges.

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Peu de répit nous est laissé. Des Italiens viennent prendre place sur la scène du Métaphone pour proposer une musique fort éloignée de celle jouée par leurs prédécesseurs. La violence est ici au rendez-vous. Après une introduction, le quartet de Trieste, The Secret, vient en découdre avec son black teinté de grind. Brutal et frontal. Voila comment pourrait se résumer leur set. Quelques soucis de son en début de concert seront à noter. Mais loin de se décourager, les Transalpins s’évertuent à maltraiter l’auditoire, qui le leur rend bien. Mention spéciale à leur nouveau batteur, Guido Montanarini, qui frappe avec une virulence peu commune. Malgré les qualités évidentes du combo, un je ne sais quoi m’a empêché de pleinement être investi. Mais reconnaissons tout de même que le mélange osé donne un metal extrême bien ficelé et habilement amené.

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Comme lors de chaque festival, il faut se ménager une pause bar/repas. Je ne verrai donc que quelques minutes d’Imperial Triumphant. Les New-Yorkais masqués, qui ont très bonne presse, ne m’ont pas captivé et c’est donc vers l’extérieur que je me dirige, pour une pause salvatrice en vue de la suite du programme.

Accusant du retard dans la réalisation de son backline, le collectif Mephorash apparaît sans accoutrement aucun, permettant de découvrir de jeunes Suédois, qui enfileront par la suite un costume cérémoniel de plus en plus convenu dans une certaine frange du black metal. Leur dernier album, Shem Ha Mephorash, le plus abouti de leur discographie, m’avait évoqué une sorte de Behemoth, en moins brutal. Au vu du show présenté, ce sont d’autres Polonais qui viendront à l’esprit. En effet, la mise en scène des encapuchonnés du grand nord est à rapprocher de celle de Batushka (avant ou après sa division, je vous laisse le soin de choisir). Toute la panoplie est de sortie, de l’aspect religieux jusqu’à l’encensoir qui est balancé en direction du public. Musicalement, pas grand-chose. Quelques gimmicks rappelant Nergal & co., mais l’ensemble est assez plat et peu aventureux. Au final, un apéritif qui mettra gentiment en bouche avant un plat plus consistant.

L’introduction de "Within the Voice of Existence" permet aux musiciens de Gaahl’s Wyrd de s’installer, avant que n’arrive, quelques instants plus tard, le commandant de la troupe. Et là, chose étonnante, un silence s’installe. La simple vue de Gaahl fait un effet assez particulier sur le public. Il faut dire que le Monsieur en impose. Lorsqu’il se fige pour regarder droit dans les yeux certaines personnes, la tension devient palpable. Et moi, qui n’ai jamais été un grand fan de ce qu’il a produit avec ses différentes formations, je dois bien confesser que j’ai été fasciné pendant une heure. Le maître de cérémonie arpente nonchalamment la scène, tandis que ses compagnons s’évertuent à rendre vivante la musique habitée de leur leader. Des compositions récentes, issues de son nouveau projet seront exécutées avec brio. Le chanteur fait montre de ses grandes aptitudes, aussi à l’aise dans les passages hurlés que dans ceux psalmodiés. Il se permet même le luxe d’utiliser un registre suraigu, avec une facilité confondante. Le concert laissera également résonner des titres plus anciens, issus des discographies de Gorgoroth ou God Seed. Le show s’achève par le final quasi-rituel de "Within The Voice Of Existence", durant lequel Gaahl serre les mains du premier rang. Décalé et inattendu, cette attitude prouve bien que Kristian Eivind Espedal est un être particulier au sein de la scène extrême.

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Après avoir été bluffé par Gaahl et ses amis, il faut désormais se préparer à en découdre avec la tête d’affiche, très attendue. Mayhem fait en effet son grand retour cette année 2019 et vient à Oignies présenter son dernier album sorti quelques jours plus tôt, Daemon. Le show, comme lors de l’Alcatraz en août, est divisé en trois parties bien distinctes. Dans un premier temps, les Norvégiens dévoileront des compositions récentes tirées de leur dernier méfait, agrémentées de titres post-Euronymous, comme "Symbols of Bloodswords" ou "My Death". La basse de Necrobutcher, bien en avant sur disque est également au rendez-vous. Lorsque ce dernier rencontre des problèmes de son, il ne cache pas son mécontentement. Il viendra ensuite haranguer la foule, exulté au possible. Il vit pleinement la musique et entend le faire savoir. En revanche, Teloch qui est devenu le principal compositeur, est assez en retrait. Il joue bien, certes, mais est un pas derrière ses comparses. Quant à Hellhammer, il martèle ses fûts avec une habilité ahurissante, sans jamais avoir l’air de forcer. Et Attila, comme de coutume, est possédé, exhibant un crâne et hurlant ses paroles avec son timbre si particulier. Pause. Le groupe revient avec des robes de bure et voilà que résonnent les premières notes de "Freezing Moon". Voici donc venu le temps de se replonger dans l’album le plus culte de l’histoire du black, De Mysteriis Dom Sathanas. Quatre morceaux qui font désormais partie de l’histoire, rien de moins. Pause. Dernier changement de décor. Silvester Anfang annonce "Deathcrush". Attila est revenu avec un blouson de biker aux couleurs de son groupe. La violence crue est de mise. Mayhem se déchaine avant de quitter la scène. Quel concert ! Le lieu, la durée et l’ambiance étaient bien meilleurs qu’en Belgique cet été. Que demander de mieux pour clore cet excellent weekend ?


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Le Tyrant Fest mérite amplement les louanges qu’il reçoit. Chapeau bas à l’organisation et au 9/9 bis pour cette nouvelle réussite. L’heure du retour a sonné. La nuit qui nous accompagnera est, bien évidemment, noire.

Merci à Shooting Metalhead pour les photos qui m’ont permis d’illustrer mon propos.

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