Hellfest 2019


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 21 juin 2019
Jour 2 : 22 juin 2019
Jour 3 : 23 juin 2019

REPORTS DU JOUR



GALLERY

 


Jour 1 :21 juin 2019



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Enfin ! L’édition 2019 du Hellfest tant attendue ! Sold-out une nouvelle fois en un temps record. La pré-annonce en fin d'édition 2018 par Joey DeMaio himself sur la Mainstage (haaa haaaa haaa), l’accueil du KnotFest le jeudi, les nouveautés du site gardées secrètes par l’équipe et une affiche, une fois de plus, pensée pour tous les goûts: tant de raisons pour la team des Éternels de se précipiter à Clisson avec une motivation et une passion constantes malgré des effectifs réduits !

Avant d'entrer de plein pieds dans le vif du sujet, précisons que cette année, le site a tourné en mode festival pendant quatre jours et non trois, car Ben et son équipe ont accueilli - via un partenariat intéressant - le Knotfest le jeudi 20 juin, en mettant à disposition les structures des deux grandes scènes principales. Ainsi, les gourmands (au nombre de 37000) ont pu non seulement bénéficier du privilège de pénétrer en amont sur le site, mais aussi avoir la primeur du merchandising et d'une partie des installations. Au delà de tout le blabla qu'on aura pu lire ou ouïr depuis l'annonce du Knotfest (l'expérience n'a pas vocation à être forcément reconduite à Clisson, Barbaud l’ayant effectivement annoncé dans sa traditionnelle conférence de presse bilan du dimanche), l'initiative demeure intéressante.

Ainsi, Clisson s'est donc mise en ordre de marche un peu plus tôt que d'habitude cette année et une impression de jour « classique » de festival s'est fait sentir dès le jeudi après-midi. Sans détailler malheureusement le contenu plein et entier de cette « add-on » pour des raisons propres à l'équipe, nous pouvons témoigner toutefois que ce jeudi, le site a accueilli uniquement les Knot-festivaliers sur les Mainstages, le reste du festival se voyant balisé de barrières et clôtures floquées du logo du Knotfest. Une tente a été dressée devant la scène Temple pour accueillir les saintes reliques du groupe Slipknot. Et c'est avec un plaisir et un temps illimités que l'on pouvait ainsi observer en mode « exposition » les différentes tenues et instruments des neuf musiciens, mais également, prendre connaissance de l'envergure logistique des multiples décors scéniques du groupe. Sympathique !

Au niveau de la HellStreet et du Metal Corner, le festival a d'emblée repris ses habitudes. Profitons d'ailleurs du moment pour mettre un peu en avant la programmation du chapiteau Corner, toujours éclectique et permettant aux plus impatients de lancer les premiers pogos et slams. Hélas, le groupe Void sera déjà à son milieu de set lorsque le plus précoce de vos serviteurs fera son arrivée sous la tente, ce qui ne l'empêchera pourtant pas de percevoir d'emblée toute la puissance de registre d'un death black aiguisé. L'incroyable et improbable Joe La Mouk réussissant l'exploit de tenir un set malgré une discographie toute relative. Et, finalement, passé le célèbre "Ta Gueule", ne jouera que des odes organiques vomi-pipi-caca et compagnie. Très agréable pour boire un premier pot-pot et en ne prenant le propos que pour ce qu'il est (vous l’aurez tous compris : DLM). L’espagnol cover band de Pantera aka Display Of Power, proposera en revanche, un set de feu. Pas la peine de dire « on s'y croirait » mais plutôt avancer un « on y était » (c'est comme ci). Les lights servant ici à faire deviner les épiques guitares d'un jeune et monstrueux Phil Anselmo, tout en dissimulant habilement chanteur et musicos. Bluffant, et le plaisir sera entier : "Broken", "Domination", "Walk", tout y passera ! Au son des derniers décibels, certains rejoindront le camping (sous un flux encore soutenu d'arrivées de festivaliers) ou leur pénates du weekend ; d'autres iront danser dans les deux nouvelles tentes aux allures de boîte de nuit: la Fury - suffisamment explicite - et la Party Tent où les registres eighties, nineties et autre eurodance ( + quelques queues-leu-leu osées) feront la joie des festivaliers jusqu’à l’aube.

Tout cela reste bien agréable en retrouvailles ou découvertes, mais avec le vendredi, arrivent enfin les choses sérieuses : let Hellfest 2019 begins !


Altar - 10h30 - 11h00 : FREITOT
Pouvoir faire le premier groupe quelle que soit la scène est dorénavant un traditionnel plaisir. Les groupes présents semblent aussi ravis que les premiers festivaliers qui se pressent sur le gazon, vert pour encore quelques heures. Sous la tente Altar, Freitot le tout beau tout neuf projet porté par Arno Strobl vient nous introduire son old death metal tonique dans les esgourdes encore bien fraîches. Malgré l'heure (les entrées sont maintenant très rapides), le public répond déjà présent pour encourager le set. Celui-ci démarre d'ailleurs plutôt bien, le registre death proposé durant la petite demi-heure aura toute l'envergure attendue: tempo, blast, growl strobblesque caverneux as fuck, etc... Ça grogne, ça cogne et plaque de gros riffs pour naturellement faire éclore le premier circle-pit. La bonne humeur du leader est communicative et il proposera d'ailleurs les premiers affolants « hey hey hey » du weekend pour haranguer le public (mais pourquoiiiiiiiii !?). En bref, festivaliers et groupes entament avec de grands sourires l’édition 2019. Allez on résume tout ce qui a été dit pendant le set : il fallait être à l'Altar très tôt pour voir Freitot avec ses potos et plein de totos pour un peu de pogos, on va finir sur des tréteaux… Un clip communautaire filmé par le public via les portables, sur le titre "The Human Drawer" à la demande des musiciens (malédiction ! ), fera l'objet d'un montage ultérieur par le groupe. En un mot: Top. Opening réussi et fidélisant pour les connaisseurs et, pour les nombreux curieux présents sur les derniers titres, la découverte appréciée d'un nouveau bon projet de la scène française.

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Mainstage 02 - 11h40 - 12h10 : KLONE
Quoi de mieux pour commencer en douceur le Hellfest cuvée 2019 que de rejoindre la Mainstage 02 en cette fin de matinée pour assister à la performance de Klone ? On ne présente plus le quintet poitevin, programmé spécialement sur la scène principale pour représenter le metal français, à l'honneur aujourd'hui. L'horaire matinal ne rend évidemment pas justice à l'immense talent de la formation de rock / metal prog, souvent encensée dans nos colonnes. Mais il faut bien avouer qu'on est ici au Hellfest et qu'il est difficile de négocier son passage quand c'est évidemment la notoriété qui dicte sa loi. Pourtant, à l'inverse des sempiternels Lofofora et autres Dagoba qui fouleront plus tard les mêmes planches, Klone n'a eu de cesse de renouveler sa formule et de mettre à profit ses musiciens aux doigts de fée au service d'une écriture efficace et sans faille. Mélodies imparables, chant divin de l'intouchable Yann Lignier, rythmiques dansantes qui vont souvent lorgner sur les terres de Tool, voilà la formule magique de Klone. Mais, car il y a un mais, si tout ceci rend à merveille dans une petite salle feutrée et intimiste, l'exercice de la grande scène de festival en plein cagnard est une tout autre affaire. Et ne nous méprenons pas, si la qualité intrinsèque de la bande est évidemment au rendez-vous, les conditions environnementales ne sont pas réunies pour profiter comme il se doit de la musique. On apprécie donc ce set avec un léger goût d'ennui. Même les titres les plus énergiques tels que le tube "Rocket Smokes" ne sont pas aussi imparables qu'ils le sont d'habitude. Le groupe fait la part belle à ses deux derniers albums en date The Dreamer's Hideaway et Here Comes The Sun, et dévoile même pour terminer un nouveau morceau intitulé "Yonder" de son successeur déjà annoncé : Le Grand Voyage. Un pari osé, geste sympa pour les fans, mais qui ne conquiert pas forcément les néophytes pourtant venus en nombre. Et c'est peut-être là le pari le plus réussi du groupe, d'avoir gagné, en tout état de cause, la curiosité des festivaliers. Espérons que Klone saura les fidéliser !

Altar 11h40 - 12h10 : SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION
Retour express sur l'Altar pour retrouver un nouveau groupe français anthologique, Sublime Cadaveric Decomposition. Anthologique, mais toujours bien actif. Même si le dernier LP Raping Angels in Hell date déjà de 2017, le combo parisien tourne et participe ponctuellement mais trop peu souvent, à quelques festivals. Goûtons notre plaisir grind sanguinolent dans ce cas pour l’arrivée du power trio: growl / guitare / batterie (basse inutile - merci). Et quel plaisir de voir l'Altar remplie pour accueillir les Parisiens tout sourire: tout le monde veut voir Dagulard maltraiter ses toms, Seb gueuler et Guillaume défoncer son jeu de cordes. Et l’attente sera comblée : le groupe se révèle très en forme, distillant ses titres sans réel temps mort. Avec un son très raisonnable et sauf erreur de notre part, le groupe jouera entre autres "Shackles of Terrorism" et "Phantom Of Pleasure". Pour le moment, sur l'Altar, deux groupes frenchies, deux prestations remarquables, l’édition 2019 semble tenir toutes ses promesses.

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Altar - 12h50 - 13h30 : CULT LEADER
Nous sommes en milieu de journée et il est temps de passer aux choses sérieuses avec les Américains de Cult Leader. Alors que l'Altar est loin d'être pleine, le quatuor balance les hostilités avec "I am Healed", premier titre de l'excellent A Patient Man. L'auditoire headbangue tandis que les guitares tronçonnent la scène. On en prend très clairement plein la gueule et le groupe n'ira pas dans la dentelle en offrant une majorité de titres directs, aux guitares bien agressives, sans passer par la case post-metal de la deuxième partie de A Patient Man. Seul l'excellente fin de "Isolation in the Land of Milk and Honey" offre un moment de suspension à un public écrabouillé par la violence du set, mais aussi par un son pas toujours au top, notamment à cause de mediums trop forts. Les guitares font parfois bien mal aux oreilles et on plaint tous les pauvres festivaliers qui n'ont pas mis de bouchons. Anthony Lucero lui, hurle comme un possédé, se replie sur son micro, fait le show. Bref, on ne s'ennuie pas pendant ces quarante minutes et les amateurs de violence brute partiront satisfaits. On regrettera seulement de ne pas avoir eu quelques passages plus calmes comme la très attendue "A World of Joy", faute de temps probablement ; une bonne excuse cependant pour les revoir sur une durée plus longue !

Mainstage 01 - 13h35 - 14h15 : SONATA ARCTICA
Quelle tristesse ! Alors que Sonata Arctica était un groupe de speed metal incroyablement entraînant et qu'il avait opéré un virage vers le progressif très intéressant avec Unia et The Days of Grays, ici au Hellfest, il n'est que l'ombre de lui-même: à l'image de Tony Kakko. Avec son look de teenager de près de quarante-cinq ans tout habillé en rouge et ses poses cool, le chanteur paraît sortir d'un autre univers. D'ailleurs, lui même ne semble pas y croire, il a les yeux perdus et ses relances à un public, peu fourni pour une Mainstage, manquent de conviction. Et encore, nous n'avons pas évoqué les morceaux ! Concentré sur des titres récents, mais aucun de Talviyö prévu pour 2019, le groupe entame son show avec le mid-tempo "Closer to an Animal" et si la prestation est correcte, on sent que la passion s'est envolée. Pire, même "Black Sheep" et "Fullmoon", issus des premiers albums des Finlandais, n'arrivent pas à rallumer la flamme. Alors bien sûr, le groupe joue quand même "No Dream Can Heal a Broken Heart" et c'est réussi, la composition nous emporte dans son histoire. Mais très vite, le final "Life" arrive, faisant tout de suite retomber l'ambiance, et ce n'est pas l'outro où Tony Kakko hurle « Vodka, we need a Vodka! »  en demandant au public de taper des mains comme des fous furieux qui changera la donne. Quoi qu'il n'ait pas tout à fait tort sur ce point: nous aurions bien besoin d'une bonne vodka pour oublier cette immense déception !

Temple - 13h35 - 14h15 : UADA
Place aux encapuchonnés de Uada pour prendre la relève sur le Temple ! Jeune formation dans la droite lignée de la nouvelle vague de black metal mélodique menée par Mgła, le combo de Portland déroule avec assurance ses recettes de riffs incisifs devant un public venu en nombre ! Car si le côté indéniablement mélodique du groupe, mené à grand renfort de guitares harmonisées à la tierce, le rend aisément accessible à un public quasi-néophyte de L'Art Noir, l'efficacité est bien le maître mot de toutes les compos. Ainsi, chaque déluge de tremoli fait a minima hocher la tête, le tout soutenu par son ballet de rythmiques habituelles, alternance de mid-tempo, blast beats et double pédale. Finalement, le seul paramètre qui aurait pu faire pencher la balance du mauvais côté sur ce style aurait été un son brouillon, ce qui fort heureusement ne sera pas le cas. Enfin, si le côté très répétitif de la formule assénée peut être un point faible sur album, cela confère un aspect plutôt hypnotique à la performance live. Sans avoir proposé LE set du festival, les Américains auront assuré leur prestation de façon propre et maîtrisée, rehaussée par une bonne présence scénique.

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Altar - 14h20 - 15h00 : DAUGHTERS
Avant d'aller voir voir Daughters, tout le monde le savait, cela allait être une expérience à vivre. Leur dernier album You Won't Get What You Want constitue vraiment un disque à part, intense, sans compromis. Et le live ne déroge pas à la règle. Envoûtant dès les premiers instants, articulé exclusivement sur les titres du dernier album, le set des Américains nous plonge dans leur univers sombre, malsain, rempli d'angoisse et d'urgence. Cette angoisse est créée par les deux guitares qui dissonent en permanence – et qui d'ailleurs ne sont pas aidées par un son assez moyen – et nous abreuvent de riffs et de mélodies inquiétantes. L'urgence, c'est Alexis Marshall qui l'apporte, avec son chant mi-parlé, mi-hurlé. On se sent mal, pris par les coups de butoir de Jon Syverson, le chant plein de désespoir et les guitares qui semblent nous enserrer en permanence. On suffoque. Le public est hypnotisé et regarde bouche bée le chanteur se frapper la tête avec son micro tandis que le reste des musiciens captent complètement l'auditoire grâce aux rythmiques ensorcelantes de "The Reason They Hate Me", "Satan in The Wait" et surtout de l'incroyablement dépressive "Less Sex". Et pour prouver que le show valait le coup et que le chanteur était véritablement dans un état second, apprenez que les traces du micro sont restées gravées sur son front plusieurs heures après le concert… à l'image de l'impact qu'aura ce concert sur les festivaliers! Une expérience, vraiment !

Temple - 15h05 - 15h55 : TROLLFEST
OK, voir Trollfest ce n'est pas voir du tech-death méga chiadé ou du black à l'atmosphère ultra léchée. Non. Trollfest en festival, c'est souvent blindé et c'est souvent très très con... et leur show au Hellfest ne trompe personne. Dès le départ on le sait, c'est la teuf ! Il y a des ballons partout et l'entrée des Norvégiens se fait sur les accords grandiloquents de Carmina Burana. Le public est déjà chaud bouillant et hurle dès que le batteur arrive en robe bleue et cheveux roses, mais surtout lorsque Trollmannen se déhanche en manteau impérial rouge, ceint d'une couronne faite à base de ballons-frites. Bref, c'est déjà le bordel, et même si le groupe reste carré, on sent que la bonne humeur est de mise. Et elle ne descendra d'ailleurs jamais, avec un enchaînement de titres plus joyeux et bordéliques les uns que les autres. Un "Toxic" de Britney Spears revisité à la sauce metal, une chenille monstrueuse et des slams dans tous les sens, n'en doutez plus, ce concert se révèle une véritable ode à la joie et n'importe quelle personne présente en ressort heureuse.

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Valley - 16h00 - 16h40 : MY SLEEPING KARMA
Qui a décidé qu'il fallait être debout et les yeux rivés sur la scène pour profiter d'un concert ? Une fois n'est pas coutume, une posture alternative peut être adoptée pour couvrir le set des Allemands de My Sleeping Karma - et au passage mettre à l'honneur le nom du groupe -... la position allongée de dodo bien sûr ! Avouons tout d'abord que la musique du trio s'y prête à merveille, a fortiori à l'heure de la sieste ! Alors que l'astre solaire s'abat implacablement sur le désert clissonnais, l'ombre offerte sous la tente de la Valley s'affiche comme un délicieux oasis, où l'on y retrouve la population la plus baba cool du festoche. Car on a ici affaire à un stoner rock finalement très doux, « smooth » comme disent nos amis anglo-saxons et aux accents fortement psychédéliques. À grands renforts de rondes lignes de basses et d'arpèges tout en delay, les boucles développées nous conduisent doucement par l’hypnose à un état de transe pas si éloigné du Nirvana. Il est donc tout naturel de sentir ses paupières se relâcher et faire corps avec les vibrations de l’air, comme dans un rêve enchanté ! Le set file alors à la vitesse de la lumière et les larges applaudissements finissent par nous faire quitter notre sommeil paradoxal. En résumé, un superbe voyage sonore !

Mainstage 01 - 16h45- 17h35 : DEMONS AND WIZARDS
Mine de rien, la programmation de Demons & Wizards à l'affiche du Hellfest est un petit événement en soi. Le festivalier fidèle au rendez-vous le sait bien à présent, le taux de recouvrement des groupes d’une édition à l'autre est assez incroyable. D'ailleurs, votre serviteur écumant le site de Clisson depuis huit ans maintenant est le premier à se plaindre du manque de renouvellement des affiches, donc prenons acte de ce contre-exemple : enfin une exclusivité ! Quoique... Pour rappel, Demons & Wizards, c'est la collaboration de deux amis avant tout, Hansi Kürsch de Blind Guardian et Jon Schaffer de Iced Earth. Un « side-project » comme on dit, et avouons-le d'emblée, le « à côté » de l'expression s'est toujours bien fait sentir. N'évoquant jamais la magie d'un Blind Guardian, jamais non plus la machine à riffs des meilleurs titres d'Iced Earth, Demons & Wizards adopte volontiers le qualificatif de « sympathique » et quand on cherche à le caractériser, il faut y voir une sorte de sous-Iced Earth avec en bonus (non négligeable) Hansi Kürsch au chant. Mais avec seulement deux albums à son actif, le premier datant déjà de 2000 et le suivant de 2005, on se demande bien ce qui a motivé cette tournée en 2019… Une affaire de calendrier me diriez-vous, les compères n'habitant pas sur le même continent et ayant les obligations de leurs groupes respectifs à honorer, ainsi que leurs contraintes personnelles (on sait qu'Hansi Kürsch a toujours pris soin de préserver sa voix et, l'âge aidant, ses apparitions live ne se font jamais à l’improviste). En dépoussiérant les archives, on apprend d’ailleurs qu’il faut remonter à l’année 2000 (soit après la sortie du premier opus) pour trouver le premier, seul et unique concert de Demons & Wizards dans l’Hexagone. Ceci venant confirmer notre propos sur l’importance jusque-là portée à ce « side-project »… Sauf que voilà, comment ne pas voir dans cette tournée d’été des festivals européens une simple affaire de sous ? Avec le recul, on peut constater qu’Iced Earth a eu du mal à passer le cap du XXIème siècle et navigue depuis dans un lent mais certain déclin malgré quelques rebonds passagers. Pas aidé par un line-up totalement instable, le groupe de Jon Schaffer n’est de fait plus vraiment une référence aujourd’hui et fait davantage office de groupe du passé. À l’inverse, Blind Guardian a davantage su se réinventer et proposer des albums pertinents qui sont parvenus à souder sa base de fans tout en gagnant de nouveaux adeptes. Ayant personnellement toujours vu Demons & Wizards pencher du côté de Jon Schaffer, difficile de ne pas sentir une opération du Ricain à la manœuvre pour regagner ses parts de marché perdues chez Iced Earth ! Passée cette longue digression, revenons à ce set du Hellfest, qui est donc une première ! Niveau instrumentistes, c’est assez simple : Jon Shaffer a rameuté son comparse soliste d’Iced Earth, tandis qu’Hansi Kürsch a fait appel à ses camardes de Blind Guardian, le bien connu Marcus Siepen relégué à la basse et le batteur Frederik Ehmke. On est en famille, le ton est donné ! Penchons-nous maintenant sur la très amusante setlist qui débute sur les chapeaux de roues avec les tubes du premier ("Heaven Denies" et "Poor Man's Crusade") puis du second album ("Crimson King"). Très bien ! Mais quel élément révélateur que de poursuivre aussitôt sur des covers d’Iced Earth ("Burning Times") et de Blind Guardian ("Welcome to Dying") ! L’idée est bonne, excellente même pour les fans, mais si révélatrice… Bon choix que de poursuivre avec "The Gunslinger", mieux que la convenue "Terror Train", sans parler du tube moyen qu’est "Blood on My Hands". En revanche, on salue le final sur "Fiddler on the Green" tout en acoustique. Niveau performance enfin, on applaudit, non sans surprise, l’excellente prouesse vocale du maestro Hansi Kürsch tandis que les autres membres se sont contentés de faire le job.

Warzone - 16h45 - 17h35 : THE INTERRUPTERS
Il fallait arriver assez tôt sur la Warzone pour espérer voir le groupe de 16h45 et c’est sur la fin du set des légendaires Suédois de No Fun At All et sur les accords festifs de "Out of Bounds" puis de "Master Celebrator" que l’on peut enfin s’installer tranquillement. Entre les deux prestations, la Warzone se videra en une vingtaine de minutes pour se remplir à nouveau sans discontinuer sur l’heure et demie suivante, si bien qu’il sera quasiment impossible d’accéder à l’entrée basse pour espérer voir The Interrupters. En trois LP et de nombreuses tournées, les Californiens n’ont cessé de voir leur popularité croître. Il était donc logique et mérité pour eux d’être finalement invités à Clisson pour rependre leur ska punk énergique. La setlist proposée sera équilibrée en conséquence et privilégiera tous les hits du groupe. Si les frères Bivona sont acclamés dès leur arrivée, c’est l’hystérie quand débarque Aimee Allen. Et comme le set débute sur un vrai cuivre pour enchaîner sur "A Friend Like Me", tout le monde s'accorde à croire - à raison - que le concert va être génial. "Take Back The Power" ou "She Got Arrested" fait bouger tout le site: le spectacle est certes sur scène, mais également dans la fosse, au bar haut, sur les marches. Festif et entraînant, même les curieux succombent au charme du groupe. Alors, quand Kevin annonce le prochain morceau comme une reprise d’un groupe californien ayant eu une majeure influence pour eux, joue les premières mesures de "Enter Sandman" (en tout cas assez pour que le public hurle) puis s’arrête en précisant « mais non, ce n’est pas celle-là! », tout le monde explose de rire. C’est "Sound System" de Operation Ivy qui est finalement jouée. Ska punk sincère, un « wall of united » remplace le wall of death explique Bivona à la guitare: l’exercice doit rester festif et rassembler les personnes et non l’inverse. Le set se termine déjà sur les bombes "Got Each Other" et "She's Kerosene", pour finir avec un timide chant du public sur "Family". Sans prendre de risque, on classera le set parmi les meilleurs du weekend. Un parfait régal, comme en propose régulièrement la Warzone.

Mainstage 02 - 17h40 - 18h30 : DAGOBA
De retour sur la Mainstage 02 pour la suite de la journée 100% frenchy. Vous vous rappelez du set de 2014 ? Poussière et wall of death gigantesque ? La dernière fois que Franky Costanza officiait à Clisson pour Dagoba ? Et bien visiblement personne n’a oublié, et pour tous ceux n'y étaient pas il y a cinq ans, une grosse coche sous le nom du groupe était mentionnée sur les feuilles de running order. C’est bien simple, le site est déjà plein, mais le pit va grossir encore substantiellement dès les premières secondes du traditionnel opener du groupe ("Dracula"). Quelques jours auparavant, Dagoba avait posté les vidéos du précédent passage demandant au public s’il était prêt pour un nouvel exploit. Ainsi, chaleur + effervescence + impatience (et dans une moindre mesure les superbes écrans en guise de backdrop) affirment déjà l'une des grosses performances du weekend. Bon, cela restait théorique, mais la petite heure de pratique va complètement confirmer l’attente. Avec une setlist best-of de la discographie (incluant deux titres de Black Nova, le dernier LP en date), le groupe débute par un "I, Reptile" déjà rapide, pour envoyer ensuite deux titres de Face the Colossus finalement plus connus de l’ancien public. La pression va monter ensuite pour ne plus s’arrêter à partir de "Black Smockers", également un ancien titre, mais connu maintenant de tous au fil des concerts. C’est certes avec beaucoup moins de poussière (mille merci aux pavés ! – ce genre de détail qui rend le festival unique!) que le pit s’énerve méchamment. Le public est tellement compressé qu’il en est même difficile de voir se dessiner un circle pit constant. Les titres s’enchaînent tandis que l’impatience monte. Alors ? C’est quand ? On le fait ou quoi ? Oui ! "When Winter" achevé, Shawter va enfin faire référence à l’exploit et n’a pas besoin de se répéter pour que le public se sépare  – certes, moins loin qu’en 2014 mais la taille est remarquable en nombre de personnes participantes. « Plus loin… Plus loin ». Intro de "The Sunset Curse". Long silence. Mutisme du groupe. Et... c’est parti dans le lancement du titre ! Le tsunami metal déferle et dure en même temps qu’un jeu de flammes en bord de scène ; le tout relayé à l’écran par caméra haute et drone. Enfin le mosh pit se libère. Dans la folie totale le groupe termine sur "The Things Within" et s'en suivent de longs applaudissements. Un événement parmi d’autres sur ce weekend 2019, Dagoba a proposé un set monstrueux aux compositions maîtrisées et avec une puissance implacable. Le son très honnête et les quelques flammes ornant certains titres placent le concert parmi les meilleurs de la journée pour le moment. Peut-être en raison de ses premières années à la fierté et l'orgueil artistique souvent mal acceptés, Shawter a enfin fini par s'imposer à force de travail et de tournées. Avec un prochain album à la hauteur - et c'est tout le bien qu'on lui souhaite ! - Dagoba devrait pouvoir croître encore plus a l'international (et multiplier les tournées comme celle au Japon d’où il revenait avant Clisson). En tout cas avec ce nouveau concert du jour, en France - quoiqu'on en dise - c'est chose faite.

Mainstage 01 - 18h35 - 19h35 : DREAM THEATER
Nous sommes en fin d'après-midi et sur la Mainstage 01, Dream Theater, les papas du metal progressif, arrivent et peuvent jouer à une heure décente devant un public bien présent pour l'occasion. Et c'est sur les notes de "Untethered Angel", opener de son dernier album, que le groupe démarre. Il faut être honnête, le morceau passe très bien le cap du live et ce sera encore le cas des autres titres issus de ce Distance Over Time: "Fall Into the Light", "Barstool Warrior" et la quasi instrumentale "Pale Blue Dot". On sent que le groupe s'amuse bien, que Petrucci est à la fois très en muscles et en forme et balance des soli beaux à pleurer. Seul James Labrie se révèle décevant, peu en voix et bousillant complètement le heavy "As I Am". Dommage. Si la première partie du set se place sous le signe de la nouveauté, la suite ravive quelques souvenirs: et quels souvenirs ! Le très rock "Peruvian Skies" enchante le public, resté un peu passif jusque là, tout comme un "The Dance of Eternity" exécuté parfaitement, illustrant toute la maîtrise technique et le brin de folie des Américains. Si à cela, on ajoute un tube du headbang (l'agressif "Lie"), la carte de visite est remplie et il est sûr que nombre de personnes ne connaissant pas le groupe auront au minimum été intriguées par ce set. Un contrat rempli, à défaut de folie et de prises de risques, un peu à l'image du groupe aujourd'hui.

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Mainstage 02 - 19h40 - 20h40 : ULTRA VOMIT
Si la foule se masse sur la Mainstage 01 pour Dream Theater, que dire de la marée humaine qui se déverse pour les joyeux lurons d'Ultra Vomit ? La Mainstage 02 est littéralement bondée, preuve que le groupe mérite largement sa place en ce début de soirée. Et le show vaut le coup: entre une intro aux sons des Looney Tunes, des blagues sur écran géant pour dire qu'ils vont mettre la branlée à Mass Hysteria et détrôner Gojira, le groupe n'est même pas entré sur scène qu'il pète déjà le feu et distille une bonne humeur et des rires débiles contagieux ! Le concert sera d'ailleurs du même acabit tout du long, avec une foule en délire slammant sur tous les morceaux (oui, TOUS !), headbanguant et se cognant sur les titres les plus velus ("Maïté Ravendark", "Takoyaki"...). Les Français, eux, ne cessent de blaguer, que ce soit Fetus ou le batteur qui se fait régulièrement charrier, et haranguent un public transi pour le pousser à hurler davantage. Les écrans font défiler les différents délires complètement barrés du groupe : entre une Maïté grimée façon black metal, un caca faisant référence au film Tron, c'est sûr ce n'est pas fin, mais ça marche. Enfin, comment ne pas parler des invités ! Avec l'arrivée de Niko de Tagada Jones sur "Un Chien Géant", la venue d'un gospel pour "Jesus" (faire un slam pendant que le cœur hurle « Jesus », que toute la foule te porte, te sourit, que le ciel est vraiment très bleu, c'est probablement l'une des meilleures expériences live de toute ta vie !), l'inratable Andreas grimé en Freddy Mercury, allant jusqu'à porter une veste dorée et faire exploser une pluie de paillettes sur scène et enfin, et surtout, l'arrivée d'un faux clone de Calogero qui aura attisé de nombreuses rumeurs sur la venue ou non du bassiste (« Putain, les cons ils ont vraiment réussi à faire venir Calogero, c'est fou ! »). Bref, un concert de folie où bien entendu l'incontournable wall of death Pipi vs Caca a bien lieu. Voir Ultra Vomit c'est un véritable plaisir et même si c'est crétin, les types sont ultra carrés et savent faire un concert inoubliable parfaitement taillé pour ce festival ! Peut-être un jour seront-ils en tête d'affiche, qui sait ?

Mainstage 01 - 20h45 - 21h55 : DROPKICK MURPHYS
Rentrer dans le concert des Dropkick Murphys après un show aussi déjanté que celui d'Ultra Vomit est relativement ardu. Malgré une volonté de nous plonger tout de suite dans l'ambiance celte avec l'entrée des musiciens sur une version très aérienne de "Foggy Dew" (par Sinéad O'Connor & The Chieftains), le groupe a du mal à embarquer totalement le public. Les Américains enchaînent les hymnes (de toute façon tous leurs morceaux sont des hymnes !), mais l'énergie manque à l'appel, à moins que cela ne soit le son de guitare qui manque de mordant. Le show continue, les deux chanteurs poussent régulièrement un public déjà bien alcoolisé à reprendre des refrains et taper des mains dans une ambiance bon enfant. Les animations défilent sur le grand écran avec parfois les paroles des morceaux, histoire que le public puisse les gueuler bien fort. Les Dropkick Murphys enchaîneront aussi les hommages à d'autres groupes en faisant des reprises de The Cricket ("I Fought the Law") ou Rodgers & Hammerstein ("You'll Never Walk Alone"), voire à la musique traditionnelle irlandaise avec "The Irish Rover". Pourtant, tout ça ne suffira pas à véritablement bousculer le public et il faudra attendre la scie "Rose Tattoo" et son refrain répété à l'infini avant que la sauce ne prenne (et que le refrain reste dans la tête des festivaliers pendant toute la soirée !). Dommage, car si ce morceau est très bien interprété, tout comme la très longue mais très chouette "Until the Next Time" avec un refrain également entonné en cœur par le public, le concert touche déjà à sa fin. La bande de Matt Kelly et Ken Casey s'en va sur "I'm Shipping Up To Boston" avec un public tout sourire, signe que malgré des débuts un peu poussifs, les Américains ont su relever la tête et que leur bonhomie a finalement réussi à séduire la fosse.

Altar 21h50 - 22h50 : POSSESSED
Retour du groupe maudit à l'Altar pour notamment promouvoir Revelations of Oblivion, le tout nouvel LP sorti cette année. Mais personne ne se trompe car le public présent veut surtout apercevoir enfin, ou revoir pour d’autres, Jeff Becerra, le créateur de Seven Churches, mais aussi de Beyond The Gates, dernier membre fondateur ainsi donc présent sur scène. Le set sera orienté logiquement en ce sens, malgré l'interprétation de "Demon", "Graven" ou "No More Room in Hell" issus du dernier recueil. Accueilli énergiquement par le public avec de réguliers échanges et un témoignage fort de sympathie, Becerra rend les sourires entre deux growls puissants et le set décolle légèrement une fois l’intro de "The Heretic" jouée. C’est pour cela qu’une bonne partie du public est venue et, enfin, les "The Exorcist" ou "Pentagram" apportent le salut au pieux spectateurs. A l’issue du set, certains ajoutent une ligne à leur liste de groupes à voir absolument dans leurs vies et se satisfont de l’instant ; d’autres sont déjà tournés vers leur prochain concert. Quoiqu'il en soit, la prestation aura été honnête et respectable.

Mainstage 02 - 22h00 - 23h05 : MASS HYSTERIA
Il est maintenant temps de profiter de la tête d'affiche de la Mainstage 02: Mass Hysteria. Annoncé à la fin du Hellfest de l'an dernier comme le plus grand concert de leur histoire, il fallait s'attendre à du lourd et les Français arrivent donc en pleine forme, prêts à en découdre. Dès les premières notes, on pressent que le show sera carré. Les riffs arrivent, massifs, poussant le public à headbanguer et se jeter dans le pit au plus grand plaisir d'un Mouss « positif à bloc », peut-être même un peu trop. Comme il y a deux ans, le groupe enchaîne les titres bien rentre-dedans des derniers albums et ça marche. Chaque morceau est accompagné par un discours de Mouss qui parlera de la famille du metal, du fait que l'on soit positif à bloc (et ce vraiment plusieurs fois dans la soirée), que le Hellfest est le meilleur festival au monde... Bref, si le discours s'accorde bien à l'ambiance bon enfant du festival, Mouss en fait beaucoup, parfois trop (il va jusqu'à se prendre en photo avec tous les roadies et les petites mains du Hellfest à la fin du concert sous des salves d'applaudissements, une belle action quoiqu'un peu too much). Mais à côté de ça, les musiciens sont irréprochables et le concert vaut le coup d’œil. Avec la nuit qui s'installe tout au long du set, le lightshow se pare de bleu et illustre de nombreux morceaux d'une façon très classe: mention spéciale aux soldats géants de "Chiens de la Casse" qui rendent encore plus martial et imposant un morceau déjà très efficace. Si à cela on ajoute une dernière partie très chouette avec un "Contradiction" sorti d'outre tombe baigné par de sublimes lumières rouges ou encore les deux derniers titres "Plus que du metal" et le bordel que représente "Furia", on ne peut que s'incliner devant un tel final. Résultat: un show maîtrisé de bout en bout qui montre que, malgré certains tics assez agaçants, Mass Hysteria est une valeur sûre à voir en festival. À la prochaine, les gars !

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Temple - 22h55 - 23h55 : HELLHAMMER PERFORMED BY TOM WARRIOR'S TRIUMPH OF DEATH
Une autre exclusivité de l’édition 2019, c’est bien la présence de ce set spécial « Hellammer : Triumph Of Death » interprété par le maître Tom G. Warrior (Triptykon, ex-Celtic Frost) et ses sbires, du nom de son tout premier groupe – culte, s’il en est – Hellhammer. Un nom que l’on voit souvent revenir pour quiconque (de jeune) s’intéresse à l’histoire du metal extrême, puisque Hellhammer est bien l'un des pionniers du genre, aux côtés de Venom. Pourtant, ce n’est plus une formation très écoutée des jeunes générations, la faute à une production assez exécrable qui n’est pas parvenue à traverser les décennies (à l’inverse de la scène black metal norvégienne du début des années quatre-vingt-dix qui, elle, bénéficie toujours d'une aura culte qui a su perdurer). Il convient de préciser que Hellhammer ne s’est jamais produit en concert durant sa brève existence et que la plupart de son répertoire n’a ainsi jamais été interprété live. D’où le petit événement en soi d’assister à l’écoute de ces vieilleries qui, pour l’occasion, ont été un peu retravaillées à la mouture Triptykon (sous-accordage, son plus lourd et massif). Très amusant de voir ce papy du metal jouer ses compos d’ado, mais avec toujours autant de classe et un son super, pour une expérience qui vaut bien le détour !

Altar - 0h00 - 01h00 : CARCASS
Depuis la reformation et la sortie de Surgical Steel datant déjà de 2013, le groupe s’est réellement relancé et enchaîne les tournées. Si a priori le nouvel LP est déjà finalisé à en croire les déclarations faites durant le récital, le public présent pour cet ultime concert du jour sur l'Altar attend sa dernière mandale. Et avec seulement trois petits titres (mais quasi obligatoires) des légendaires débuts du combo : "Exhume to Consume" , " Reek of Putrefaction" et "Genital Grinder", le groupe va monter son set tranquillement en élevant le niveau au fur et à mesure et clôturer parfaitement le jour 1 du hangar death, notamment grâce à un son parfaitement restitué. Jeff Walker est acclamé dés son arrivée et échangera sporadiquement avec le public ; mais l'essentiel est ailleurs. Le rendu rythmique est millimétré et les solos de guitares, ainsi que les longues parties instrumentales, emportent le public. Crescendo en intensité et incroyablement bien jouées, les compositions, même âpres, sont d’une musicalité énorme ! La triplette de fin "Corporal Jigsore", "Heartwork" et "Carneous Cacoffiny" laisse derrière elle de longs applaudissements et hurlements de joie. Un des bons set de la journée qui, sans être spectaculaire, aura eu le mérite de donner une belle leçon de maîtrise du genre.

Mainstage 02 - 00h45 - 02h05 : GOJIRA
Après une sérieuse déconvenue du côté d’une Warzone totalement blindée pour Sum41, il faut finalement se rabattre sur le fond de la Mainstage pour assister nettement plus confortablement à la deuxième partie du set de Gojira. On peut d'ores et déjà commencer par parler de la mise en scène proprement incroyable! Imaginez la scène entière comme une immense toile géante d’écrans où alternent en fondu les musiciens filmés avec des incrustations de dessins et peintures en mouvement, le tout dans une tonalité de couleurs froides. Les musiciens non éclairés disparaissent ainsi presque de la scène et vous obtenez quelque chose d’extrêmement sobre et classieux, tout à l’image du groupe. On aura raté pas mal de tubes du début de set comme "Oroborus", "Backbone", "Stranded" ou encore "Flying Whales", mais il faut dire que les Landais n’ont pas lésiné sur le côté « best-of » de leur set afin de faire plaisir à tout le monde dans le cadre de cette journée dédiée au « metal français ». Le groupe ira pas mal piocher dans les vieilleries de Terra Incognita, particulièrement à l’honneur pour donner un peu de furie comme avec l’écrasant "Clone" ou encore la plus rare et planante "Blow Me Away You(niverse)" avant de conclure sur la tout aussi enivrante "The Gift Of Guilt" accompagnée pour l’occasion d’un magnifique feu d’artifice venant tout en grâce clore la prestation en apothéose.

Temple - 01h05 - 02h05 : KING DIAMOND
On pourra ajouter deux mots sur le set de King Diamond, avant de conclure sur cette première journée de festival. Pour la bonne raison que le bonhomme – avec l’aval des organisateurs – a décidé de faire fi de l’horaire de couvre-feu et de poursuivre son show jusqu’à trente minutes de plus que prévu sous une Temple complètement dégarnie au moment de l'arrivée de votre serviteur revenant de Gojira. Après deux passages en Mainstage en 2012 et 2016 sur le même créneau horaire, le Danois a été relégué sous tente mais y a conservé l’exacte même mise en scène grandiose de maison hantée sur deux étages. Un son puissant et old-school, pour un King à son affaire vocalement. Idéal pour conclure (en tout bien tout honneur).

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