Hellfest 2018


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 22 juin 2018
Jour 2 : 23 juin 2018
Jour 3 : 24 juin 2018

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Jour 1 :22 juin 2018



vendredi 22 Juin

Drakwald (ALTAR - 10h30)

The Walking Dead Orchestra (ALTAR - 11h40)

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Benighted (ALTAR - 14h20)

Toseland (MS1 - 12h15)

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TesseracT (MS 2 - 12h50)
Les Britanniques de TesseracT débarquent en ce début d'après-midi sur la MS2, amorçant une programmation assez étonnante sur cette scène pour la journée à venir. On a pu reprocher au festival par le passé de ne pas avoir de scène dédiée au metal moderne échappant un peu aux étiquettes classiques, faisant des groupes aussi variés que BTBAM se retrouver sur l'Altar, Leprous sur la Temple en 2013, où encore Textures également sur cette même MS2 l'an passé. Cette année le pari des organisateurs a été de proposer pour tout l'après-midi du vendredi une journée résolument moderne aux accents prog et expérimentaux sur la MS2, citons pèle mêle Converge, Meshuggah, Steven Wilson, avant de finir en apothéose avec A Perfect Circle en tête d'affiche. Pour revenir à nos Anglais de TesseracT, nos colonnes ont pu à plusieurs reprises démontrer la justesse et l'intensité de leur propos en salle. Force est de constater qu'ils n'ont jamais démérité non plus dans l'exercice du festival, la musique relativement technique et cérébrale du quintet n'en reste pas moins très efficace lorsque l'on va piocher dans les bons titres de la discographie. Aussi la sensualité de certains passages et les refrains très mélodiques sont loin de plomber l'efficacité des titres, mais permettent au contraire aux néophytes de mieux appréhender des pièces comme "Nocturne" ou "Smile". Mais comme à son accoutumée, c'est surtout du côté de son premier EP Conceiling Fate - datant d'y il y a 8 ans déjà ! - que le groupe va très largement piocher. Le choix est on ne peut plus logique dans le contexte du Hellfest. Si la dernière production du groupe intitulée Sonder nous emmène dans des signatures plus complexes, les titres proposés surprennent en bien, comme un "King" assez atypique mais à l'intensité marquante ! Ainsi une nouvelle fois TesseracT a brillé sans décevoir, prouvant à 100% sa place justifiée pour ce type de festival.

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Misanthope (ALTAR - 12h50)

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Schammasch (TEMPLE - 13h35)
Amateurs d'ambiances ésotériques et occultes bonjour, car oui il fallait décaniller pas trop tard pour assister à la cérémonie black/death des Suisses de Schammasch. Pleinement inscrit dans la présente mode des groupes qui "ritualisent", aussi connu sous le pseudonyme de "gang des blackeux à cupuches", Schammasch a néanmoins su d'après votre serviteur a bien se démarquer de la masse par son ingéniosité de composition. L'album de la révélation fut bien sûr la triple offrande Triangle en 2016, dont les 2 premières pièces marquent encore les esprits. Album d'ailleurs produit par V. Sentura, la filiation à Triptykon est dans tous les esprits à l'écoute des jeunes (petits ?) Suisses, le côté thrash en moins. Plus ambiante en effet, leur musique ritualisante sait compter sur quelques tubes bien sentis, "Consensus" ou "Metanoia" en tête. A 3 guitares, on arrive cependant à la limite du discernement, et il arrive malheureusement que quelques titres soient un peu plus brouillons, surtout on ne les connait pas bien à l'avance. Ce sera sans doute un point à améliorer pour le futur du groupe, savoir retranscrire le magma intense des productions studio sur scène. L'ambiance, elle, était bien au rendez-vous, bien que le groupe aurait gagné à jouer le soir, les règles sont malheureusement les mêmes pour tout le monde !

Sons Of Apollo (MS2 - 14h20)

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Converge (MS2 - 16h40)
40 minutes pour Converge. C'est un peu dur tout de même, et franchement frustrant pour un groupe ayant tant à démontrer sur scène. Mais c'est le jeu et si cette édition-ci les Américains quittent leur chère Warzone pour une MainStage, c'est au prix de l'horaire (mais ça limite, on peut s'en contenter), et surtout du temps de jeu. Le locace Jocob Bannon devra donc laisser son bagou dans sa poche pour se concentrer sur ses hurlements caractéristiques, provoquant l’hilarité des néophytes au passage (Jacob, comprendras-tu un jour qu'il faut arrêter de manger ton micro ?). Kurt Ballou et ses copains balancent ainsi à un rythme effréné leur 12 bombes dans le temps imparti (une bonne moyenne de 3 minutes par titre, preuve de l'enchaînement prompt). La part belle est faire au denier album The Dusk In Us, avec un "Reptilian" bien senti en introduction. You Fail Me, mis à l'honneur au Roadburn 2018, se contentera de clore le show en 3 actes. En parlant du Roadburn, votre serviteur ayant eu la chance d'y voir les lascards en double ration quelques mois plus tôt, on ne pouvait être que très déçu de ce set du Hellfest en comparaison. Certes la performance du quatuor a été limitée par la montre mais le principal coupable est à chercher du côté des bourrasques de vent, qui ont complètement ruiné le son du set... Au final, une prestation peu marquante des rois de la rage sophistiquée et de la colère artistique. On sait qu'ils méritent mieux toutefois et on se dit que la prochaine fois, ils n'en reviendront que plus forts !

Joan Jett And The Blackhearts (MS1 - 16h45)

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Saor (TEMPLE - 16h45)

Meshuggah (MS2 - 17h40)
Les géants d'Umeå sont de retour par chez nous ! Ah Meshuggah, c'est toujours des petits frissons qui parcourent l'échine avant le début des hostilités. L'émotion du calme avant la tempête dirons-nous... Ayant pris d'assaut la MS2, les Suédois ont pu installer leur impressionnant backdrop à l'effigie de leur dernier né The Violent Sleep of Reason. Les toiles habillent majestueusement la scène, bonne mise en condition du souffle chaotique et dévastateur qui s'apprête à déferler sur Clisson. Les lourdes ondes sonores délivrées par "Born in Dissonance" puis "Do Not Look Down" sont d'ailleurs à mettre en perspective de l'ennemi de l'après-midi : le vent... Heureusement, ce dernier faiblit et rendra les armes pour de bon vers le milieu du set, ouf ! Et à peine enclenché, le rouleau-compresseur Meshuggah s'emballe à l'image des premiers rangs du pit qui s'enflamment malgré l'atmosphère ambiante déjà torride. Les rythmes orgasmiques atteignent leur apogée sur "Rational Gaze" et "Pravus", titre iconique de obZen disparu des setlists depuis un bail ! Vient alors le titre éponyme du dernier né, sorte de synthèse écœurante du génie du groupe, avant de conclure par la destruction faite musique en 2 temps, "Bleed" (pour sa version tronçonneuse) et "Demiurge" (pour sa version bulldozer). Le seul regret objectif qu'on pourrait émettre serait les lights (vrai 6ème membre du groupe) bien moins impressionnantes qu'à la nuit tombée. Mais on compensera en se disant qu'assister à messe polyrythmique de grande ampleur est si rare, qu'on ne pourra décemment que retirer un profond sentiment de jouissance musicale de ce moment.

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Church of Misery (VALLEY - 17h40)

Steven Wilson (MS2 - 19h40)
Steven Wilson au Hellfest, voilà un concert qu'il ne fallait rater sous aucun prétexte ! Déjà parce que cet icône du rock prog contemporain est bien connu des métalleux de part ses nombreuses collaborations avec Opeth (surtout), Orphaned Land et quelques autres. Ensuite parce que depuis 10 ans et la dernière venue de son ancien groupe Porcupine Tree, notre Anglais préféré n'avait pas refoulé les planches de Clisson ! Enfin, parce Steven Wilson, c'est avant tout un all-star band sur scène, le gratin du gratin des zicos, peut-être pas les plus célèbres mais un gage certain de qualité. Les premières notes ne font qu'abonder en ce sens, rarement il n'a été donné sur une MainStage d'avoir un son d'une aussi incroyable qualité et justesse. Tout est maîtrisé au poil et c'est vraiment beau. La question maintenant que tout le monde avait sur les lèvres était de savoir ce que notre meilleur ami de la perfide Albion allait nous mijoter comme setlist ! Allait-on avoir son dernier tube pop en date Permanating ? Et bien non ! Steven Wilson reste un musicien intelligent voulant avant tout faire plaisir à ses fans qui aiment la distorsion et éventuellement séduire quelques-uns de leurs amis qui ne le connaîtraient pas encore. Il osera jusqu'à dire : "Je vais jouer les titres les plus heavy (sic) de ma discographie". Notons qu'il n'a pas précisé de quelle discographie il parlait... Crevons le suspense des rêveurs, il n'y aura ni "Anesthetize" ni "Arriving Somewhere but not Here". Et au final que deux titres de Porcupine Tree : l'épique "Sleep Together" en outro, qui commence à s'imposer comme un classique, et plus rare, le très groovy "The Creator Has a Mastertape", pioché sur In Absentia. Mais les bonnes surprises sont plutôt à chercher du côté de "Hand. Cannot. Erase." avec des interprétations saisissantes de "Home Invasion" / "Regret #9" en intro et surtout de la pièce maîtresse "Ancestral", frissons garantis ! Plutôt donc que chercher la distorsion, le pari a été de mettre l'accent sur des titres aux ambiances sombres, intenses et aux climax. Un choix très intelligent pour un des sets les plus appréciés du festival !

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Eyehategod (VALLEY - 21h50)

Suffocation (ALTAR - 21h50)

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Judas Priest (MS1 - 23h25)

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Napalm Death (ALTAR - 00h00)

Corrosion Of Conformity (VALLEY - 00h00)

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A Perfect Circle (MS1 - 01h00)
Groupe des plus attendus - pour ne pas dire LE plus attendu - de cette édition du Hellfest, A Perfect Cicle signe en cette fin de journée du vendredi son premier passage en France depuis... 2004 ! 14 ans d'attente insoutenable pour les fans de l'époque et rêve devenu réalité pour tous les fans plus récents. Et pour finir, un nouvel album sorti quelques mois plus tôt pour accompagner ce retour, intitulé Eat the Elephant. On pourrait commencer par ce bout-là, puisque ce nouvel opus est bien loin d'avoir fait l'unanimité dans la presse et auprès des fans. Beaucoup de piano, un contenu plus mielleux dans l'ensemble, plus porté sur les mélodies vocales que sur les guitares, musicalement l'album tranche assez nettement de ses lointains prédécesseurs. Assez logiquement, près de la moitié de la setlist lui est consacré. Sauf que pour votre serviteur comme pour beaucoup d'autres sous ce ciel étoilé clissonnais, nombreux se sont mis à complètement redécouvrir ce qu'ils avaient écouté distraitement d'une oreille déçue plusieurs semaines auparavant. Par quelle magie ? Une est bien connue, et on pouvait s'y attendre - non sans appréhension, elle s'appelle Maynard J. Keenan. Le frontman de Tool, presque aussi attendu que APC en tant que tel, a brillé de mille feux sur le podium de la scène. Brillé d'autant plus que son costume rose ne l'a pas laissé pas inaperçu, sa performance au charme unique était au-delà des espérances de beaucoup. La scénographie peut y être pour quelque chose aussi, avec un jeu de lumières splendide et une mise en scène marquante. On notera aussi un son excellemment équilibré, redonnant vie à des éléments un peu massacré sur l'album comme la batterie ou les guitares. Enfin le choix assez intelligent de la setlist a permis d'apprécier d'autant plus des titres catchy comme "Hourglass" ou le refrain de "TalkTalk", ou alors les magnifiques "Disillusioned" ou "The Contrarian" à la sensualité décuplée par l'ambiance nocturne. Pour le reste, le groupe ira sélectionner des classiques qui auront fédéré ses rangs de fans tels "The Hollow", "Weak and Powerless" ou "The Outsider" en clôture. Curiosité de la setlist - sans doute un troll de Maynard - une reprise de "Dog Eat Dog" d'AC/DC en mémoire de Malcolm Young - ou comment voir APC jouer du hard rock... Un peu cheveu sur la soupe et un peu bête car les fans avides n'auraient pas boudé un titre d'APC supplémentaire après tant d'attente... Mais qu'importe, on ne retiendra que le meilleur qui fera de ce moment sans doute l'un des concerts du festival.

Therion (TEMPLE - 01h05)

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