Euroblast 2015


Euroblast

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 01 octobre 2015
Jour 2 : 02 octobre 2015
Jour 3 : 03 octobre 2015

REPORTS DU JOUR



GALLERY

Album photo du festival pour Les Eternels webzine :
Das Silverfoto

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Jour 1 :01 octobre 2015



Déjà la onzième édition de l'Euroblast ! Il faut dire que le festival allemand tourne désormais à plein régime depuis environ quatre ans, accueillant au fil des éditions les plus grands noms du metal moderne, avec une spécialisation progressive autour de la scène djent et de ses dérivés.

Votre duo dévoué de chroniqueurs représenté par Ptilouis et Silverbard s'engage donc à braver les dangers de ce début du mois d'octobre en empruntant le Thalys direction Cologne ! Une arrivée en début de matinée permet de prendre nos marques dans cette grande ville de la Ruhr, on croise de ci de là des looks de coreux (de voire djenteux, nouvelle espèce s'il en est !), avec tout l'attirage écarteurs, bonnets et piercing buccaux propres au style... La poursuite de ce cortège nous mène naturellement au lieu du festival, l'Essigfabrik, vieux hangar reconverti en salle de concert !

Stömb

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Et c'est avec les Parisiens de Stömb que votre équipe de reporters commence le festival ! On se souvient non sans mal de leur coup de force au Backstage à Paname il y a seulement quelques mois, en ouverture de The Algorithm. Découvert pour beaucoup de monde à ce moment-la, le quatuor instrumental avait littéralement retourné d'entrée la salle parisienne ! Car dans un style tout de même bien saturé en termes d'originalité, les gars réussissent à se démarquer des grands noms pour proposer quelque chose de personnel et diablement intéressant. Et ce sera une nouvelle baffe que le groupe va nous infliger à l'Euroblast. Avec un son pachydermique pas loin de coller des acouphènes d'entrée, Stömb met les petites bûches dans les grandes et sème le chaos sur la « petite » scène du festival. Pour les Parisiens, il suffit d'imaginer un Glazart avec une scène réduite de moitié et une fosse au quart pour avoir la parfaite description du truc. Fort d'un unique album, les Franciliens assurent leur show d'une main de maître, déroulant leurs titres les plus catchy et terminant par le monstrueux "Corrosion Juncture".

Destrage

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Assez tôt dans l’après-midi, les Italiens de Destrage montaient sur scène. Ici, pas de grande surprise niveau setlist où les Italiens ont joué à peu de choses près la même qu’au Trabendo en première partie de Protest The Hero. Mais pour le reste, il n'y a qu’un mot à dire : enfin ! Enfin une scène assez grande pour les voir s’éclater, s’amuser à regarder le chanteur bouger dans tous les scènes, profiter des lumières qui éclairent bien les différents solos. Bref, si le son reste un peu brut, les lumières mettent en valeur le groupe et c’est un régal de profiter de leur énergie communicative. Bon bien sûr, tout ne pouvait pas être parfait et le chant a disparu du mix pendant presque tout "Transform, Create, Sublimate", laissant le pauvre Paolo Colavolpe s’égosiller pour rien, mais montrant à quel point les différents musiciens sont carrés (et le batteur, Federico Paulovich, d’une rapidité hallucinante). Enfin, pour achever de convaincre les curieux, le groupe, après un très bon "Are You Kidding Me ? No." a décidé de finir sa prestation avec la sautillante et entêtante "Jade’s Place". Une excellente idée et nul doute que le show en aura convaincu plus d’un.

Hypno5e

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Si l’on devait résumer le show d’Hypno5e, les mots « lumière bleue » et « fumée » auraient une bonne place, mais celui qui engloberait le mieux ce set restera « malchance ». Malchance dans les retours qu’ils n’avaient même pas. Malchance dans les samples (pas tous heureusement) qui ne venaient pas, malchance aussi dans la quantité de fumée envoyée qui faisait qu’on ne voyait goutte à leur show. Bref, les Français sont repartis déçus, finissant leur set plus tôt que prévu, dégoutés. Pourtant, l’atmosphère véhiculée était excellente, bien aidée par les samples de paroles en français. Les nouveaux morceaux joués avaient eux aussi un certain charme. Il ne reste plus qu’à espérer qu’ils ne connaitrons pas les mêmes déboires s’ils reviennent l’an prochain.

Soen

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Ah Soen !... Deux albums à leur actif et deux déceptions pour Silverbard... Oui ne mâchons pas nos mots : le terme « déception » est de mise quand on sait que Soen est avant tout « le nouveau groupe de Martin Lopez, ex-Opeth » et que de ce fait, on est plus qu'en droit d'attendre une musique de très haut vol. Et d'autant plus d'ailleurs, quand on sait que les autres musiciens sont loin d'être des manchots, bien au contraire, puisqu'on a quand même plutôt à faire à de sacrés as dans leurs instruments respectifs (cordes vocales incluses !). Alors alors, où est donc le problème ? Et bien c'est assez simple, Soen n'a jamais su concrétiser l'exceptionnel de son talent technique en talent de composition. La frustration est donc d'autant plus palpable lors de l'exercice du live, qui révèle pour les plus jeunots le talent inouï de batterie dont dispose Monsieur Martin Lopez. Que de fans auraient rêvé découvrir Opeth plus tôt pour entendre jouer le maestro derrière les fûts des Suédois. Mais l'Histoire est faite ainsi et parlons plutôt de Soen. Du chanteur charismatique singeant (le terme n'est pas trop fort) tant physiquement que vocalement Maynard James Keenan au timide bassiste, on vibre intensément et on regarde avec une candeur enfantine cette maîtrise technique absolue. Malheureusement, la scène ne fait qu'accentuer les remarques en studio, le talent est indéniable, mais les compositions de marquent pas les esprits. Un concert délicieusement agréable à entendre, tout autant qu'il a été horriblement peu apte à nous subjuguer.

Pryapisme

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Fou ! Fantastique ! Fantasque ! Fantabulesque ! Voilà comment nous pouvons résumer le show des français de Pryapisme. Serrés à cinq sur la toute petite scène secondaire de l’Euroblast, les Français semblaient ravis d’être là et ont enchaîné leurs titres les plus fous, allant de la classique "Un Druide est Giboyeux lorsqu’il se prend pour un Neutrino", à la plus folle "Chiralité…", tout en faisant quelques incartades en reprenant du Mussorgsky ("La Nuit sur le Mont-Chauvelu") pour le final. Mais, la crème de la crème, fut leur prestation d’une partie de Futurologie où le groove, l’électro et le metal se mélangeaient parfaitement. Alors que dire d’autre ? Que tous étaient extrêmement carrés, que l’accent anglais et la bonne humeur du guitariste (et deuxième clavier) Nicolas en aura fait rire plus d’un et que les cinq français n’ont jamais autant groové. Preuve de la réussite du concert, tous les musiciens avaient le sourire aux lèvres tout au long du set. Merci les gars pour cette bonne humeur communicative !

Haken

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Il fallait faire vite pour enchaîner entre le show incroyable de Pryapisme et le début du set d’Haken. Ici, peu de surprises, mais de l’efficace entre un "Cockroach King" exécuté parfaitement et une large place accordée à The Mountain, au détriment d’Aquarius (même Visions aura eu le droit à un titre). Tout y est. Le chanteur Ross Jennings s’avère en forme et le public répond plutôt bien aux différentes injonctions du groupe. Le son est correct, les basses ne sonnant pas trop fort (ce qui fut rare pendant ce festival) et les musiciens très carrés, manquant peut-être d’un petit grain de folie. Car il faut bien le reconnaître, si le show ne comportait pas beaucoup de surprises, il en eut tout de même une de taille avec l’interprétation du long epic "Crystallised" provenant de l’E.P Restoration (trois démos des Anglais remises au goût du jour). Vingt minutes d’un prog léché avec de sublimes parties chantées, des moments dynamiques où le clavier omniprésent a gratifié le public d’un passage dissonant très réussi. Un show carré et efficace qui aura donné envie à plus d’une de les revoir plus longtemps.

BTBAM

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Trêve de plaisanteries, car les héros du soir ce sont eux : les Américains de Between The Buried and Me. Tête d’affiche et venant défendre leur dernier album en date, l’excellent Coma Ecliptic, les musiciens commencent leur set avec un morceau tiré des entrailles de leur discographie "Selkies : The Endless Obsession" (Alaska), surprise générale et ravissement, la montée progressive est bien menée et Tommy Rogers semble particulièrement en forme. D’ailleurs, le mix le mettra bien en avant ainsi que les claviers et les guitares, au détriment de la basse quasi absente. Après un discours annonçant la joie du groupe d’être dans un tel festival, les américains enchaîneront essentiellement des morceaux issus de Colors, Parallax part II et Coma Ecliptic. A ce titre on notera l’enchaînement parfait d’"Astral Body" et "Lay Your Ghost To Rest", mais aussi l’interprétation de l’énorme "Ants of the Sky", ses passages instrumentaux prog d’une efficacité redoutable et son passage country toujours aussi irrésistible. Niveau nouveaux morceaux, le groupe se contentera essentiellement de jouer les titres présentés avant la sortie de l’album ("Famine Wolf", "The Coma Machine" et "Memory Palace") qui s’en sortent très bien. Le concert sera forcément plus tourné vers les mélodies progressives et Tommy Rogers effectuera certains arrangements au chant sur "Famine Wolf" et "Memory Palace" pour essayer de ressortir toutes les paroles. Finalement, le seul regret vient probablement du rappel où, faute de temps probablement, le groupe se sera contenté de jouer sa reprise de "Bohemian Rhapsody". L’interprétation est impeccable, prouvant encore une fois la forme olympienne du chanteur, mais quand on sait que les américains ont joué "White Walls" à Paris une semaine plus tôt, il y a de quoi rester légèrement sur sa fin.

Ainsi s'achève la première journée du festival déjà bien chargée en émotions avec en tête BTBAM comme prévu.



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