Gohelle Fest 2015


Gohelle Fest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 04 septembre 2015
Jour 2 : 05 septembre 2015

REPORTS DU JOUR



GALLERY

Crédits photo :
Guillaume Lézier

Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 


Jour 1 :04 septembre 2015



L'été est la saison des festivals, musicaux notamment. Le metal ne déroge pas à la règle et c'est souvent durant les beaux jours que des hordes d'amateurs de musique violente viennent en masse écouter leurs artistes favoris. Depuis quelque temps cependant, certains se sont mis en tête de prolonger la fête et de proposer des festivals à la fin de cette période, en septembre. Le premier week-end de ce mois voit donc pas moins de trois festivals se tenir en France: le M Fest en Touraine, le Fall of Summer en région parisienne et le Gohelle Fest dans le Nord-Pas-de-Calais.

Loos En Gohelle, petite ville connue pour abriter deux terrils jumeaux, se veut désormais une terre renommée en matière de metal. En cette année 2015, le festival présente sa deuxième édition, après avoir accueilli l'an dernier Loudblast, Kreator et Napalm Death notamment. Pour son nouveau cru, la barre a été placée plus haute. Les ambitions des organisateurs également, ces derniers souhaitant voir le Gohelle Fest devenir une référence dans le Nord de la France. Fort de son succès, c'est désormais deux jours de brutalité qui sont proposés, avec une affiche impressionnante, qui devrait attirer bon nombre d'amoureux de sensations metalliques.

Arrivé sur place, c'est avec plaisir que l'on peut apprécier la qualité de l'organisation et la grande salle qui s'apprête à résonner de riffs puissants. Le festival débute par la prestation d'Yrzen, groupe qui a été choisi lors de sélections régionales. Il est toujours difficile d'ouvrir les hostilités, surtout un vendredi à 16h, mais les Amiénois s'en sortent avec les honneurs. Leur mélange de death mélodique teinté de heavy a en effet été apprécié par un public clairsemé, mais attentif. Les musiciens semblaient ravis d'être sur scène et se sont démenés pour présenter leurs compositions.  "Ragnarök" clôt leur demi-heure de prestation. Rassurez-vous, la fin du monde n'est cependant pas prévue dans l'immédiat, de nombreux groupes devant se produire auparavant.

Setlist Yrzen :
Heathen on Earth
Paradox
Battlecries
Frozen Wonders
The Beholders
Snowburied Memories
Ragnarök
Photo_1_453h_300w

Photo_2_453h_300w Invités de dernières minutes, suite au désistement de Benighted, les lillois de Nirnaeth offrent quelques titres de black metal issus de leur répertoire. Le public est légèrement plus nombreux mais encore dispersé. Le quintet présente six morceaux qui plairont aux amateurs du style. Saluons une prestation honorable, préparée en peu de temps, même si certains auront forcément été déçus de l'annulation du groupe de death de Saint-Étienne.

Setlist Nirnaeth :
My Misanthropy
Let Me Inside
Curse
Inertia
Nihil
Spirit Elimination

Le temps de croiser quelques personnes, de partager des verres de jus de houblon local et voici déjà M-Pire Of Evil qui est prêt à bruler les planches. Pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi, ce groupe britannique est formé de deux anciens membres de Venom, Tony "Demolition Man" Dolan à la basse et au chant et Mantas à la guitare, accompagnés par Francesco La Rosa derrière les fûts. Ayant deux albums au compteur, la plupart des titres joués ce soir seront pourtant issus de la discographie de Venom. Le trio ressemble donc à un « tribute-band » de luxe de la formation culte anglaise. Cinq morceaux sur les treize interprétés seulement sont estampillés M-Pire Of Evil. Ne cachons pas que le public est enchanté d'entendre des classiques tels que "Welcome To Hell", ''Black Metal" ou "Countess Bathory" qui termine le set du trio. Les plus jeunes auront pris une leçon d'histoire en direct, tandis que les plus anciens seront replongés avec plaisir et nostalgie dans les années 1980. Un bon concert en tous points.

Setlist M-Pire Of Evil :
Demone
Die Hard (Venom cover)
Hellspawn
Don't Burn the Witch (Venom cover)
Blackened Are the Priests (Venom cover)
Carnivorous (Venom cover)
Wake Up Dead
Parasite (Venom cover)
Taking It All
Hell to the Holy
Welcome to Hell (Venom cover)
Black Metal (Venom cover)
Countess Bathory (Venom cover)
Photo_3_453h_300w

Photo_4_453h_300w L'affiche du Gohelle Fest se voulait éclectique, pour plaire au plus grand nombre. Un autre style s'est donc invité à la fête, le punk rock, proposé par l'un de ses meilleurs représentants hexagonal, Tagada Jones. Est-il encore besoin de présenter le groupe breton qui a dépassé les vingt ans d'existence, sorti sept albums et écumé un nombre incalculable de salles, en France notamment?
Arrivé tardivement suite à un problème sur la route, le quatuor ne met pas longtemps à trouver ses marques et à obtenir les faveurs d'un public acquis à sa cause. La formation connait parfaitement son travail et est devenue un modèle de professionnalisme. Niko au chant crie toujours sa rage face au monde dans lequel il vit. Les refrains inspirés de feu Bérurier Noir, influence totalement assumée, sont repris en chœur. Tout est réglé au millimètre. Les récents "De l'amour et du sang", "Tout va bien" passent parfaitement l'épreuve du live. En une heure, les bretons vont une nouvelle fois prouver qu'ils sont une machine implacable en concert et qu'à moins d'être rétif à ce genre musical, il est difficile de ne pas apprécier leur prestation, pleine de colère et de puissance.

Setlist Tagada Jones :
De l'amour et du sang
Instinct Sauvage
Le Chaos
Yec'hed mad
Descente aux enfers
Tout va bien
Zéro de conduite
Cargo
Les Nerfs à vif
Vendetta
Dissident
Je suis Démocratie
Plus de son, plus d'image
Le Feu aux poudres
La Traque
Karim & Juliette

La soirée se poursuit avec l'une des têtes d'affiche du festival: Eluveitie. Disons le tout de suite, je ne suis pas fan de ce groupe. Je ne suis pas le seul, au vu des personnes qui préfèrent s'asseoir sagement sur les gradins pour regarder calmement le concert des suisses. Ces derniers exécutent avec précision leurs morceaux mélangeant metal extrême et folk. Ils reçoivent un accueil chaleureux de leurs fans, enchantés d'entendre les compositions jouées ce soir. J'avoue ne pas avoir été subjugué, comme je m'y attendais. L'alternance de chant clair féminin et growl masculin, la présence d'instruments folkloriques ne m'ont pas emporté dans l'univers dépeint par les helvètes.

Setlist Eluveitie :
King
Nil
Thousandfold
Slanias Song
Omnos
The Call of the Mountains
From Darkness
Brictom
Scorched Earth
Meet the Enemy
Neverland
A Rose for Epona
The Siege
Quoth the Raven
Tegernakô
Havoc
Alesia
Photo_6_452h_300w

Photo_5_453h_300w Arrive enfin l'heure tant attendue par bon nombre de présents, la dose de death floridien primitif servie par l'un des géants du genre: Obituary. Leur dernier album avait su rallumer la flamme chez certains fans déçus de leurs dernières livraisons, dont je fais partie. Il fallait désormais voir comment ces morceaux sonnaient en live. Pas de surprise, ils sont taillés pour la scène, comme tous les ceux écrits depuis plusieurs décennies par le groupe. "Visions in My Head" ou "Violence" ne dépareillent pas aux côtés des classiques du quintet. Ce dernier est rôdé depuis longtemps aux prestations scéniques et prouve qu'il est encore capable de faire remuer une horde de fans pourtant fatiguée. En parlant de forme, John Tardy ne semble pas en pleine possession de ses moyens. Il semble peiner et souffrir quelque peu entre les morceaux. Il assure quand même un chant puissant et racé, reconnaissable entre mille. Les minutes filent au gré des riffs lourds au possible et lorsque résonnent les première notes de "Slowly We Rot", la stupeur frappe certains. Ce titre clôt normalement les concerts des Floridiens. Or, cela fait à peine une heure qu'ils sont sur scène. Il était prévu qu'ils jouent une demi-heure de plus. Pourquoi donc avoir écourté leur prestation? Mystère. Un arrière-goût de déception vient donc assombrir un concert pourtant de bonne qualité. 

Setlist Obituary :
Redneck Stomp
Centuries of Lies
Visions in My Head
Intoxicated
Bloodsoaked
'Til Death
Don't Care
Back to One
Violence
Inked in Blood
Slowly We Rot

Vient le moment de faire un rapide bilan de cette première journée. Globalement positif, ce dernier pourrait être terni par le concert trop court de la tête d'affiche, mais également par le manque de public. Il est temps de regagner ses pénates ou le camping pour certains et de se reposer avant le deuxième round prévu le lendemain.


Lire le report :
suivant


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4