Motocultor 2014


Motocultor

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 15 août 2014
Jour 2 : 16 août 2014
Jour 3 : 17 août 2014

REPORTS DU JOUR



GALLERY


Crédits photo :

Das Silverfoto

 


Jour 1 :15 août 2014




La première journée commence très fort avec The Great Old Ones (13h – 13h45) en ouverture du festival. D'entrée on est partagé entre l'immense plaisir d'accueillir la talentueuse formation bordelaise et la déception qu'offre la programmation de placer le groupe si tôt sur l'affiche... Difficile en effet de permettre au black atmo lancinant du groupe de s'exprimer sous son meilleur visage en plein air alors que le soleil est à son zénith. Les avis seront très partagés dans le public entre les néophytes qui auront du mal à saisir pleinement l'ambiance et les émotions des compositions dans ces conditions et les fans qui, comme votre serviteur, parviendront à passer outre. Venu défendre son excellent nouvel opus Tekeli-li, une des meilleures options était de simplement fermer les yeux afin de se laisser immerger dans l'univers sombre et oppressant de H. P. Lovecraft. Et pour celui qui laissera Cthulhu pénétrer son âme, la prestation sera une franche réussite avec toujours la même puissance et classe. Une excellente entrée en matière donc !

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Hua†a (14h30 – 15h15), jeune formation rennaise, se charge poursuivre les hostilités en ce début d'après-midi alors que le ciel se fait de plus en plus nuageux et menacant. La première surprise est l'imagerie religieuse inversée ostensible à la façon de Ghost pour cette formation de stoner / doom. Le frontman apparaît encapuchonné dans une aube rouge écarlate d'ecclésiastique et entonne sa cérémonie occulte avec un jeu de scène très similaire à un Papa Eremitus. D'entrée, le groupe évoque clairement sa filiation musicale avec Electric Wizard, reprenant les mêmes codes rythmiques et sonores. Mais le set se voit perturbé à son milieu par une pluie qui devient vite torrentielle et insoutenable. Seuls les plus vaillants resteront devant la scène.

Une heure plus tard, le soleil est revenu même si la terre du festival est désormais largement boueuse. Qu'à cela ne tienne, c'est l'heure des Américains d'Havok (16h – 16h55) venus réveiller l'audience. Et autant leur récente prestation en salle à Paris s'était révélée être une semi-déception, autant le groupe était attendu de pied ferme dans des conditions de festival qui sont bien connues pour révéler tout le potentiel des groupes de thrash. Et rien qu'à l'issue des premiers morceaux, tout doute est immédiatement dissipé. Le son est puissant et claquant, la machine de guerre parfaitement en place et la fosse déjà en feu déclenchant circle-pit sur circle-pit. A l'instar d'Angelus Apatrida, Havok marquera l'édition 2014 du Motocultor par la guerre nucléaire engendrée dans le public avec son revival thrash ultra groovy et aux accélérations dévastatrices. Carton plein pour le combo de Denver !

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Andréas et Nicolas (19h25 – 20h15) ont beaux être programmés sur la petite scène du festival, le public est venu en masse assister au spectacle (c'est le cas de la dire) des deux joyeux lurons. Et sans absolument rien connaître aux titres, votre serviteur a passé un très agréable moment fréquemment ponctué de bonnes barres de rires, expérience unanimement partagée par tous les néophytes. L'ambiance dans le public était clairement festive avec les refrains largement repris en chœur, voire même les titres les plus connus récités par cœur par les aficionados (visiblement nombreux) d'Andréas et Nicolas. Si le phénomène Ultra Vomit a connu un large succès commercial, il est étonnant de constater que Nicolas/Fetus a visiblement trouvé le bon filon pour prolonger la comédie avec ce duo plus orienté chanson. Accompagnés d'un batteur déguisé en grosse peluche de singe et un figurant déguisé en grosse peluche de coq, les décors se renouvellent tout en s'adaptant aux thèmes des chansons. Parmi les morceaux les plus marquants, on retiendra l'opener "Putain ! Putain ! Putain !", le tube "S**** Salope" ou bien évidemment "Je collectionne des canards (vivants)" connu de tous par la version d'Ultra Vomit mais à l'origine composé par Andréas et Nicolas. En résumé, un show d'une légèreté fort bienvenue et qui apporte une bonne ambiance communicative dans le cadre du festival.

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Entombed, formation émérite s'il en est du death old school façon suédoise, signe son retour en 2014 sous l'entité Entombed A.D. (22h05 – 23h05) avec du matériel à promouvoir puisque le groupe vient tout juste de faire paraître "Back To The Front". Cependant, pour le bonheur de tout le monde, les morceaux joués iront très majoritairement piocher dans la dicographie d'Entombed. Premier élément : le son est fidèle à la tradition, à savoir lourd, gras 

Ça fait plusieurs années que le nom de Trollfest (23h05 – 00h) fait parler de lui et il est étonnant de constater que la troupe (pas moins de 7 musiciens sur scène !) existe depuis 10 ans et compte déjà 6 albums à son compteur ! La majeure partie de la réputation étant issue de leurs performance live, l'occasion se présente de juger à présent le groupe après les avoir raté au Hellfest il y a 2 mois. Et premier point remarquable, le public est venu bien nombreux, public d'ailleurs composé essentiellement de fans très au fait des chansons jouées. La fosse est donc bien agitée entre pogos à gogo, slams incessants et refrains chantés à tue-tête. L'excellente reprise de "Toxic" de Britney Spears marque sans doute le point d'orgue du bordel dans le pit. Musicalement, la mixture folk metal très énergique est intéressante mais le son fouillis ne rend malheureusement pas honneur à la musique. L'excellente ambiance compense un peu ce point mais pour le profane, il n'est pas évident de retenir les morceaux ni de saisir tous les éléments. A revoir dans de meilleurs conditions mais le groupe a su transmettre de l'énergie et de la bonne humeur, ce qui est déjà satisfaisant.

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Kreator (00h – 01h05) continue inlassablement de tourner faire la promotion de son dernier album Phantom Antichrist sorti il y a déjà 2 ans ! Se retrouvant quasiment d'office tête d'affiche de tous les festivals où le groupe est invité et profitant au minimum d'une heure de set pour livrer son show, on voit mal comment les Allemands pourraient se plaindre de leur situation. Mais d'un autre côté, cette assiduité montre le plaisir inarrêtable de Mille Petrozza et ses compagnons de tourner, plaisir immédiatement saisissable et plus que communicatif. La setlist n'a pas bougé d'un iota depuis leur passage en France l'an dernier aux côtés de Morbid Angel. Mais comment se plaindre de ce rouleau compresseur? Il n'y a qu'à voie l'intro de "Coma Of Souls" qui annonce classiquement le monstrueux "Pleasure To Kill" ou le trio final "Phobia" / "Enemy Of God" / "Civilization Collapse" regroupant 3 hymnes de 3 époques différentes, pour s'en convaincre. Et comment demander du changement face à la mandale connue et reconnue des rappels : "Violent Revolution" puis " Flag of Hate / Tormentor" ? Ca marche à tous les coups et rien ne pourrait marcher différemment à l'instar de Mille Petrozza qui assure son show sans aucune variation, venant haranguer longuement la foule avec son drapeau : "It's time !... To raise !... THE FLAG OF HATE !" ou de conclure "THE KREATOR WILL RETURN !". Kreator reste une valeur sûre increvable du metal, absolument immanquable en live. Et en constatant que le camarade Mille est encore capable de crier comme quand il avait 20 ans, on se dit que les Allemands n'ont pas fini de nous régaler.

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Alors que tout le monde est KO dès le premier soir, il reste un dernier groupe à passer avant de retourner au campement et pas un des plus reposants puisqu’il s'agit de Malevolent Creation (01h05 – 02h). Formation de death américaine existant depuis les débuts du genre, le combo a toujours évolué dans l'ombre de ses pairs (ce qu'on appelle communément un « second couteau »). Pourtant, le groupe se révèle être très convainquant en live, tabassant comme il faut et à défaut d'être original, les gars s'appliquent à répéter pour chaque titre la même formule destructrice. Le tempo est constamment très rapide, rythmé sous le coup de double pédale à fond les ballons ou de blast-beats frénétiques. Les breaks sont incessants et le groove toujours là. On se rend cependant vite compte que les titres sont au final très répétitifs voire indiscernables car bâtis exactement sur le même modèle et suffisamment peu cohérents pour être mémorisables. Mais à ce moment de la journée, ces considérations sont vites laissées de côtés et malgré un son pas vraiment au top et un chanteur un peu à la ramasse, les courageux restés jusqu'à si tard passent tous un bon moment.


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