Hellfest 2014


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 20 juin 2014
Jour 2 : 21 juin 2014
Jour 3 : 22 juin 2014

REPORTS DU JOUR


Aerosmith
(Dimebag)
Avenged Sevenfold
(Metalyogi)
Benighted
(Sven)
Comeback Kid
(Dimebag)
Dagoba
(S1phonique)
Deep Purple
(Seosamh)
Extreme
(S1phonique)
Skid Row
(S1phonique)


GALLERY


Das Silverfoto

Un grand merci à tous ceux qui nous ont également dépannés en photos:

Eric Ozirith

Dolorès V. Sélénium

Elie Lahoud-Pinot Photography

 


Jour 2 :21 juin 2014



Saperlipopette et nom d'un petit boule en minishort ! Quelle première journée ce fut ! Le Hellfest est devenu une impitoyable machine de guerre, qui broie le festivalier dans ses mâchoires infernales pour son plus grand plaisir.  Un peu moins de soleil serait idéal mais trêve de plaintes déplacées et en route pour le deuxième tiers du festival, avec encore une affiche composée de noms à faire baver un mort de déshydratation. Et en parlant de dessèchement, le soleil va un fois de plus darder ses rayons et tanner les peaux pour le plaisir des bronzeurs et le cauchemar des rougeurs (et des goths et autres fans de black amateurs de futes en cuir et en clous).

Pour commencer, un tribute band à l'heure de l’apéro c’est bien agréable (12h15, MS1) Et oui ! Quoi de mieux pour se réveiller que quelques reprises de Led Zeppelin ? C’est donc les demoiselles de Lez Zeppelin qui s’y collent, et on peut dire qu’elles sont vraiment à fond dans leur trip, n’hésitant pas à s'aventurer dans les solos de guitare ou de batterie de leurs glorieux aînés. Le problème étant que sur un set d’une demi-heure seulement, on ne peut pas forcément se le permettre, et peut-être que jouer plus de titres aurait été de meilleur effet. Elles ont également parié sur des morceaux un peu moins connus du répertoire du Zep plutôt que de ne faire que des classiques. On appréciera ou non, mais l'intention était louable et on ne peut que le saluer. Au final, on pourrait se poser la question de l'intérêt d’un groupe de reprise au Hellfest, un groupe « original » aurait peut-être plus mérité sa place.  Mais pas le temps de tergiverser, car au même moment le réveil va se révéler nettement plus tonique pour les lève-tard, car les français bourrineurs de Benighted (12h15, Altar) (report ici) sont venus vous distribuer les mandales à qui mieux mieux.

Direction Mos Generator  ensuite (12h50). Après un concert de Benighted un peu trop exigeant pour les oreilles et le reste de l’organisme, petit détour par la Valley, qui présente clairement la scène la plus originale du Hellfest. En effet, les groupes psyché, stoner, hard rock s'y succèdent, et le son y sera souvent suffisamment fort pour gêner le public présent sous la tente Altar/Temple (quelqu'un a-t-il subi Electric Wizard et son set absolument massif?Sans doute trop même?), mais on y trouve un public régulièrement assis derrière la régie, voire allongé par terre, en plein repos aviné ou enfumé (bon, au fil du week-end, on en trouvera aussi dans l’enceinte du métal de la mort, mais passons). Et on peut également y faire de bonnes découvertes, sous cette belle Valley (de dana, désolé) ! Ce sera le cas avec Mos Generator. Le trio pratique un heavy rock teinté de stoner, énergique et puissant, dynamisant peu à peu un public jusqu’alors relativement assoupi. Cheveux longs, barbe et testostérone sont de rigueur chez les américains. Groove, moulinets de bras de batteur et décibels également. Et ils auront le mérite de réveiller une vallée pleine d’endormis, grâce à un savoir-faire et une implication non négligeables. 

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Le déjeuner (enfin la pause "nutrition estomac" effectuée) tout le monde se prépare pour un bel et chaud après-midi. D'ailleurs quelques groupes des nineties seront à l'honneur sur les scènes principales, et ça commence avec Skid Row (13h35, MS01) (report ici). Le metal folk est à l'honneur sous les tentes black/death et ça va secouer pas mal avec Trollfest (14h20). Qu'on n'aime ou pas leur musique, Trollfest fait partie de ces groupe pour lesquels on se dit « en live ça doit buter ». Grâce à quelques morceaux écouté en préparant mon Hellfest, c'est là mon état d'esprit avant d'aborder ce concert. Et effectivement, l'ambiance sous la tente est rapidement montée d'un cran voire plusieurs. Sept ou huit membres sur scène (dont deux batteurs) en blouse en train de s'amuser sous les pouet-pouet accordéonesques, rien que ça c'est déjà une invitation à la déconne. Mais quand arrive "Toxic", leur fameuse reprise de Britney Spears, ça devient un grand n'importe quoi festif qui ne peut laisser indifférent, malgré un son pas exceptionnel. Cela dit, malgré cette bonne humeur communicative, le chant m'apparut personnellement comme bien trop rédhibitoire.

On poursuit l'après-midi vadrouille avec un des ovnis du festoche, et c'est tout droit vers la Valley que Subrosa (14h20, Valley) propose à son tour son œuvre. Subrosa, c’est avant toute chose une découverte récente et une curiosité de voir le rendu live. Au programme, des filles avec violons électriques, du doom et des passages atmosphérique de toute beauté. Parfait pour se rafraîchir un peu les idées et fuir un peu le soleil en ce début d’après-midi. La musique est lancinante comme on pouvait s’y attendre, mais fortes d’une présence scénique exemplaire, le public est rapidement tout conquis aux demoiselles. Malgré un son parfois brouillon et une voix pas toujours dans le ton, Subrosa marquera très positivement l’affiche de la Valley 2014 en proposant une approche très originale de la musique lente et envoûtante.


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Le ciel est vraiment dégagé en ce deuxième jour et pas mal de festivaliers resteront à l'ombre une bonne partie de la journée, évitant le soleil de plomb. Quoiqu'il en soit, arrive l'heure du goûter musical et c'est encore direction le Temple qu'il faut aller pour voir le set de Skyclad. (16h00). Pour le metalleux lambda ne maîtrisant pas vraiment la discographie du groupe, aller voir un concert de Skyclad, c'est l'assurance d'un moment de bonne humeur, de chansons à boire et d'airs légers, marquant une cassure au milieu de ces trois jours de growl et de rythmiques plombées. Une oasis de fraîcheur quand la température extérieure concurrence celle de l'Enfer. C'est ce que le public a eu, du moins au début et à la fin de ces cinquante minutes de concert. Quand après un "Anotherdrinkingsong" génial, débarque sur scène Dave Pugh, ancien guitariste du groupe, c'est pour revisiter la discographie plus ancienne du groupe où violon et guitare acoustique sont bien moins à la fête. Les fans de la première heure sont réjouis, le reste peut se demander où est passé le groupe qu'ils sont venus voir. La bonne humeur est cependant toujours là, et malgré ce reproche, on peut comprendre que le groupe ait voulu adapter sa setlist à un festival très orienté metal extrême.

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Au même instant c'est Witch Mountain qui se produit (16h00,Valley). Allons-y franco et disons qu’il s’agit là d’une des plus grosses claques du festoche, car peu attendue. Partant d’un son finalement assez policé sur album, le combo de Portland délivre en live une série de claques doom-psyché des plus grasses et enfumées, pour un résultat impeccable en termes de kiff et qui n’est pas sans rappeler les talentueux Windhand. La chanteuse Uta Petkin et son look à base de « je m’en branle tellement » (t-shirt moche, chevelure moche, jean moche, main dans la poche) possède cependant une sacrée voix et celle-ci colle à merveille à la musique maxi-maousse du combo. Tantôt touchante, tantôt puissante, tantôt carrément inquiétante, celle-ci envoûtera complètement la Valley au gré de lignes de chant salement casse-gueule (notamment des aigus dont on se demande encore comment elle ne les a pas tous plantés) et au détour de morceaux parfaitement bien écrits et interprétés. Faisant écho à la grosse branlée mise par Pallbearer l’an dernier (si vous ne connaissez pas, go go go), voici une nouvelle découverte doom-psyché résolument bienvenue pour votre serviteur. Vivement 2015 pour le prochain écrasement facial. Donnez-nous YOB bon dieu !

Après le concert de Skid Row c'est un autre groupe des 90's qui rend visite au Hellfest : Extreme, (16h55,MS01) (report ici) dont le set sera un peu pollué sur sa ballade légendaire par le soundcheck des bruyants Dagoba. D'ailleurs les Marseillais vont retourner le site par la suite, il ne fallait pas louper ça : Dagoba  (17h50, MS01) (report ici)

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Autre endroit autre ambiance : C’est toujours un plaisir de voir Shining (17h50, Temple) en festival. Voir Niklas Kvaforth prendre sa pose rockstar du black metal, le voir vider sa bouteille de Jack Daniels, le voir faire des bêtises sur scène à maltraiter ses musiciens ou faire des grimaces au public.... Bref, du fun. Appliquant la même recette scénique depuis des années, on se surprend à toujours en redemander, surtout quand l’interprétation est absolument exemplaire. Mine de rien, Shining peut désormais se targuer d’avoir ses “tubes”, que ce soient "Låt oss ta allt från varandra" (ben quoi, vous causez pas scandinave?) ou encore "Förtvivlan, min arvedel", titres toujours aussi saisissants en live. Au final un concert qui ne marquera pas les esprits mais dont on se souviendra en bien.  Avec ce début de soirée (et oui, déjà), la MainStage va prendre des couleurs de groupes légendaire en enchainant les combos dont la carrière est plus vieille que la moyenne d'âge du festivalier, du moins de celui de la Warzone c'est certain.

Et on commence avec Status Quo  (18h45,MS01). « Increvable », tel est le qualificatif qui vient immédiatement à l'esprit lorsqu'on évoque Status Quo, 30 albums studio et près de 50 ans d'existence à sillonner la planète pour délivrer la bonne parole du rock'n'roll. Les sexagénaires à l'élégance toute british qui débutent leur show sur la MS01 ce samedi en fin d'après-midi inspirent donc un certain respect. Même si Parfitt et Rossi, les deux seuls membres d'origine, continueraient à jouer dans la tombe tellement ils connaissent sur le bout des phalanges les classiques qu'ils moulinent depuis si longtemps, la routine ne semble pas altérer la qualité de leur jeu ni leur plaisir de chanter de bons vieux boogies devant un public charmé par le professionnalisme enjoué de types qui pourraient être les parents, voire les grand-parents de bon nombre de personnes massées devant la scène - même si la moyenne d'âge est tout de même plus élevée que sous les tentes dédiées au métal extrême ou la warzone -. La joie simple de se déhancher une heure durant au son (impeccable) de vieux rocks vigoureux ne se refuse pas. On notera que les voix des deux vétérans sont toujours aussi agréables à défaut d'être bouleversantes, et que "Caroline" a toujours autant de chien. Alors oui, bien sûr, ils ont balancé "In the Army now", cette reprise tubesque complètement incongrue dans leur répertoire. Mais il faut bien reconnaître que, placée au milieu du set, elle fait figure d'antidote à la monotonie qui guette cette succession de titres forgés dans le même creuset. Mais ceux-ci sont tellement efficaces qu'on leur dit merci, aux aïeux.

Pour autant, on n'oublie pas qu'en cette belle et chaude journée jouait au même moment Protest The Hero (18h45, Warzone) : les bûcherons canadiens étaient attendus de pied ferme sur la terre sablonneuse et poussiéreuse (euphémisme) de la Warzone en cette fin d'après-midi. Fer de lance d'un mathcore mélodique proggy ultra chiadé techniquement, le nom est désormais bien connu d'un public prog et -core au sens large. Et leur réputation live n'est décidément pas volée car niveau instru, ça assure à mort comme sur album, tant pour les deux gratteux que le nouveau bassiste. Le chant n'est pas en reste puisque le gaillard assure comme une bête, en particulier en chant clair où on va taper dans des notes intouchables ! Les pauses entre les morceaux se font assez longues, permettant à chacun de reprendre son souffle et de laisser carte blanche à l'humour très douteux du frontman ! Véritable clown, ce dernier ne peut s'empêcher de verser une logorrhée de n'importe quoi potache mais qui fera ricaner un public déjà bien alcoolisé. Au final, tous les albums seront couverts et le show sera exécuté à la perfection. A revoir en salle définitivement pour être encore plus près des zicos !

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Status Quo a assuré et dans un autre registre, et ce sont les légendaires papes du hardcore-métal Hatebreed qui prennent le relais (19h45, MS01). Si la température commence a baisser avec cette fin d'après midi, les gars de Hatebreed ont vite fait de rallumer la canicule et ses nuages de poussière du coté de la Mainstage 2. Si le groupe se sert encore de son dernier album de début 2013 pour tourner, il aura le mérite de proposer une setlist dense et taillée pour du festival. Sans limitation de vitesse, le groupe assure son set et ravit les bourrins du genre notamment avec une apocalyptique reprise de "Ghost of War" de Slayer, non sans avoir égratigné Iron Maiden et l'intro de "Run to the Hills".  

Et pour rester dans le fin et la dentelle, il fallait ensuite rejoindre la tente Altar :(20h45, Altar) ! Brutal Truth au Hellfest, c'est l'une des dernières opportunités de voir Dan Lilker sur scène, celui-ci ayant annoncé en début d'année qu'il arrêterait les frais le jour de ses cinquante ans (en octobre). C'est une légende du métal extrême qui tire sa révérence – rappelons que le bonhomme a co-fondé Anthrax, groupe pionnier du thrash metal, puis Nuclear Assault, avant de participer à une foule de projets entre punk, crust et black metal, le plus pérenne étant la formation grind-core avec laquelle il se présente ce samedi sur la scène de l'Altar. Égal à lui-même, le grand échalas à bouclettes se fige devant son micro avant l'entame de "Birth of Ignorance", le « tube » du premier album du groupe sorti en 92 dont il assure les chœurs de sa voix d'outre-tombe. Son compère Kevin Sharp pousse les hurlements de suidé en route pour l'abattoir caractéristiques du genre, le guitariste dévale ses accords distordus, tandis que le batteur blaste à tout va : pas de doute, c'est du grind premier choix qui est balourdé aux auditeurs en quête de sensations fortes. Et comme le rendu sonore ne vire pas à la bouillasse redoutée – chaque instrumentiste se fait distinctement entendre - l'heure passée en compagnie des New-yorkais se révèle plutôt agréable pour qui aime à recevoir des parpaings d'ultra-violence dans les trompes d'eustache.  

En parallèle, on pouvait préférer la furie du hardcore et suivre le set des excellents canadiens de Comeback Kid (20h45, Warzone) (report ici). Suite à cela, deux dinosaures vont pouvoir se succéder sur les Mainstages en cette soirée agréable mais toujours tellemennnnt chaude. Le soleil est couché, mais la température reste élevée. Le grand Deep Purple (21h45, MS02) commence et se produit devant cette fois une  foule importante (report ici). En effet les festivaliers se pressent et attendent la tête d'affiche de cette deuxième journée.

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Et avec quelques minutes de retard, rock-stars oblige,  les voici enfin, le groupe qu'a priori une grosse majorité de festivaliers souhaitait voir : Aerosmith  (22h55, MS01) (report ici) déboule avec un light show de fous et des écrans géants gigantesques et va faire décoller tout les fans de metal par une prestation ne galvaudant en rien leur réputation. Suite à Aerosmith, la population devant les mainstages se jeunise très nettement pour la venue de Avenged Sevenfold, qui est bel et bien présent et en forme (01h05, MS02) (report ici) ! Pour les plus durs, il restait la possibilité, avec un peu de chance, de passer par la Altar, mais la masse grouillante de métalleux avinés pouvait rebuter : car c'était l'heure pour la bonne vieille Carcass d'allumer la nuit. 


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Même topo pour le dernier livre de la journée coté Warzone, avec un peu moins de monde et nettement plus d'air, où se produisait Millencolin (01h05,Warzone). Et là, je ne sais pas si c’est l’épuisement dû à l’horaire tardif du concert, l’abus d’alcool ou les deux, mais ce set de Millencolin m’est apparu comme étant des plus moyens, du moins eut égard au statut de groupe culte de la scène punk à roulettes dont bénéficie les suédois : son bordélique et agressif à souhait (volontairement ? Après, la Warzone reste assez aléatoire en termes de qualité sonore), exécution un peu approximative, attitude convenue et peu impliquée des musiciens, bref ce set possédait une froideur plus proche de la nationalité de ses exécutants que du style pratiqué, qu’on imagine toujours bien plus jovial et enlevé. Un beau moment quand même puisque le groupe interprètera son tube ultime "No Cigar", soit une des toutes meilleures chansons de punk rock jamais écrites. Mais ce fut bien maigre pour clore une journée au demeurant exceptionnelle.

Comme souvent, la deuxième journée a pas mal écrémé le public, du moins dans ses heures les plus chaudes. Que cela soit la cause de fatigue ou de gueule de bois (qui peut s'avérer particulièrement sale quand il fait 30° dans votre tente à 9h30 du matin), les allées étaient un peu plus dégagées en journée. Par contre le festival se réveilla définitivement en début de soirée, et la fréquentation présenta ses pics lorsque la chaleur du soleil clissonais commença à baisser. Un constat s'impose en cette deuxième magnifique journée : le HellFest est à fonds, la nuit sera encore trop courte et trop peu sobre, et l'ultime journée s'annonce gigantesque.



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