Motocultor Festival 2013


Motocultor Festival

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 16 août 2013
Jour 2 : 17 août 2013
Jour 3 : 18 août 2013

REPORTS DU JOUR



GALLERY

Un grand merci aux charmantes collègues de Nightfall pour nous avoir dépanné de toutes les photos du festival :

Dolorès V. Sélénium

Alexandra

 


Jour 3 :18 août 2013



Un final en apothéose, voici ce que propose le dimanche de l'édition 2013 du Motocultor. Une affiche de gros dingue (une légende du thrash, les pionniers du metal sympho, la reformation d'un groupe culte, des pointures internationales, des groupes frenchies en devenir…) pour un festival si modeste mais qui grossit en nombre chaque année. On comptabilisera 12 000 entrées sur les trois jours pour la cuvée 2013 (soit environ 1 000 de plus que l'an passé). Votre duo de reporters favoris a mis les bouchées doubles et à l'exception d'un groupe, tous les concerts du dimanche ont été couverts. Si c'est pas la classe ça. 

Pourtant, il y avait de quoi être inquiet. Cette journée de dimanche commence en effet plus tôt que les précédentes, dès 12h. Heureusement, Regarde Les Hommes Tomber et toute l'équipe du label Les Acteurs de l'Ombre ont visiblement réussi leur propagande, au plus grand plaisir de Silverbard accroché à la barre et voyant le peuple affluer. Un événement Facebook créé avant le début du fest ayant bien circulé et le bouche à oreille (entretenu entre autres par votre serviteur) ont fait leurs preuves (Droom en étant la première victime !). Le monde massé pour ce premier set de la journée était plus qu'honorable, rien à voir avec le Hellfest… On sent d'ailleurs un gros effet de buzz autour du groupe, rajouté tardivement coup sur coup sur l'affiche des deux plus gros fests metal français. Pour un groupe qui n'a que 2 ans d'existence et qui a sorti son premier album il y a de cela à peine 6 mois, la performance est incroyable ! Très intelligemment, le groupe s'est développé un visuel apocalyptique, très classe et tape à l'œil. Résultat des courses: les t-shirts à l'effigie du groupe ont littéralement envahis le festival (le prix aura aidé : à 20€ le pack album + t-shirt, on peut dire que Les Acteurs de l'Ombre ne se moquent pas du monde) ! Et que dire de la performance du Motocultor, si ce n'est qu'elle confirme tous les espoirs nés de l'album et de la prestation au Hellfest ? Disposant de 45 minutes, soit ce qu'il faut pour interpréter leur galette en entier, Regarde Les Hommes Tomber n'a pas fait de survivant et se hisse tout naturellement à la première place des sets mémorables du festival. Digne d'un concert d'Amenra ou de Cult Of Luna, l'avalanche sludge est exécutée à la perfection avec ce gimmick rythmique si caractéristique faisant hocher la tête. Un déversement de violence noire attendu et obtenu pour une purification de l'âme qui laisse exsangue et étourdi... Encore bravo les gars !

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Après l'excellent show de RLHT, l'ambiance change radicalement avec Bukowski. Un peu trop subitement pour Silverbard, encore sous le choc, qui ne restera que quelques morceaux. Pas de soucis pour Droom qui fait vite la transition dans son esprit volatile. Exit la lourdeur oppressante et bienvenue à l'énergie débridée d'un hard-rock testostéronée ma gueule. Et le public ne s'y trompe pas, invité à se lâcher par les deux frontman de la formation qui espèrent que l'alcool ne nous aura pas encore rendus totalement amorphes. Fred, à la guitare, semble loin de Watcha en s'affichant avec un chouette t-shirt Rust In Peace de vous-savez-qui. Du dernier et excellent album seront joués "Hardtimes", "Brother Forever", "Hazardous Creatures" et l'imbattable "Keep Your Head On". Tous passent l'épreuve de la scène sans soucis. Sur scène, d'ailleurs, rien à ajouter : le son est bon, les refrains cognent, les zicos bougent, s'amusent.... Bukowski assure une excellente date pour tout le monde. Il commence d'ailleurs à faire très beau, très chaud. Pas de doute, l'énergie des tigres français aura réveillé les festivaliers qui ne l'étaient pas encore après RLHT en ce dimanche matin.

Sitôt le set terminé, Droom fonce vers l'autre scène pour voir un groupe très attendu... par lui : Ataraxie.
Là, funeral doom oblige, mieux vaut prendre son temps pour exposer la situation. Ataraxie joue sur la grande scène. Pas facile. Ataraxie joue en début de programme. Pas facile. Ataraxie joue sous un grand soleil. Pas facile. Ataraxie joue entre deux groupes à la musique directe. Pas facile. Bref, ce n'était pas gagné d'avance et c'est d'ailleurs un public clairsemé qui écoute avec sérieux le set des Rouennais. Etant donné la longueur des morceaux, la setlist se résume à 4 morceaux (au lieu des 3 initialement prévus, mais un incident de dernière minute allonge le set du groupe – on en reparle plus bas) : "L'ataraxie", "Walking Through The Land of falsity", "Face the Loss of Your Sanity" (sur lequel Sylvain, à la guitare, regrettera d'être désaccordé - bien que cela n'ait en rien gâché la performance) et "Slow Transcending Agony". La troisième piste – extraite de l'album à paraître début septembre, L'être et la Nausée – secoue un peu le tempo classique du genre en invitant quelques parties death / black du meilleur effet sur scène. Mis à part cela, le set n'est une longue succession de riffs tellement costauds et riches en basse que ce sont carrément les corps qui vibrent. Dur de dire si le public apprécie ou non tant l'expression est restreinte sur ce genre de musique. Certains se risquent néanmoins à un sloooooow-pogo plutôt amusant. Du reste, les râles désespérés sont parfaits, le rythme ultra-lent est très bien tenu par un batteur à la mine tellement abattue qu'elle en devient amusante et les riffs sont assénés avec convictions. Pourtant, lorsqu'entre les morceaux se fait entendre la très douce et calme voix du frontman, Jonathan, on y sent comme une pointe de cynisme. Un exemple au moment d'introduire le dernier morceau : « On a le temps pour un morceau supplémentaire... peut-être qu'il plaira à une personne... voire plusieurs...hum... ». Ambiance. Dans le même genre, alors qu'est évoqué le nouvel album par un gaillard des premiers rangs, la réponse est cinglante : « Ouais.... il est bien... ». Doom jusque dans l'esprit et, peu importe ce qu'en ont pensé les autres, votre serviteur a adoré (et a raté le merchandising, parti bien vite dans la journée... dur). Le set se termine tandis qu'un homme de l'organisation prend le micro...

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« Bon, les mecs, comme vous le savez, lorsqu’un gars de l'orga prend le micro, ce n'est jamais bon signe » (à ce moment là, on peut s'attendre à une réprimande des festivaliers pour mauvais comportement sur le site ou dans le camping...) « « Eyehategod ne va pas jouer aujourd'hui » » [on assimile la nouvelle et on commence à se dire : hein ? putain !]. Et voilà l'explication : les Américains, qui jouaient à Paris la veille et à Clermont-Ferrand le lendemain, ont tout simplement zappé le Motocultor pour se rendre directement à Clermont. Youplaboum. Bref, après information, nos lascars étaient particulièrement avinés dans la capitale, ceci pouvant expliquer cela. D'après une autre source, il aurait été rapporté que le tour-manager était vraiment abattu, limite en pleurs au téléphone au moment d'annoncer la bourde à l'orga... Après tout, l'erreur est humaine. Mais le plus étrange dans cette affaire ? La présence d'Orange Goblin sur le site du Motocultor, qui partageait la date Parisienne avec Eyehategod.... Quoiqu'il en soit, le groupe semblait attendu (et l'était en tout cas par Droom, et pas qu'un peu) et c'est d'une réelle déception dont il s'agit. Heureusement que le programme du dimanche est définitivement bien rempli. Malheureusement, on le sait désormais, une semaine plus tard, le batteur du groupe devait mourir... Une rencontre ratée jusqu'au bout, finalement.

Le temps d'une pause méritée pour Droom qui festoie autour de quelques bières et de quelques kilos de taboulé (il faut ce qu'il faut pour se remettre !), tandis que Silverbard est définitivement perdu dans  les méandres du camping... C'est donc Droom qui s'y recolle en ce milieu d'après-midi pour aller voir ces gros amplis verts qui traînent sur la Supositor Stage. Ces amplis sont ceux d'Ufomammut, power-trio auquel votre serviteur reste invariablement hermétique sur album mais qui, en l'espace de trente secondes, aura su convaincre de sa puissance en live. La répétition des riffs et le soleil tapent sur la tête des festivaliers, le groove des géants barbus envahit l'espace et tout n'est plus que répétition, lourdeur et gras. Un must pour les accros au stoner. Impossible de détailler le set : il suffit de se souvenir de ces deux mots : puissance et groove. Une excellente surprise qui aura fait dodeliner la tête de plus d'un spectateur, celle de votre serviteur comprise. Encore une fois, si certains groupes ratent le coche en live et sont meilleurs sur albums, pour d'autres dont fait partie Ufomammut, c'est exactement l'inverse qui se produit.

16h30. Il est l'heure de se bouger sérieusement l'arrière-train pour Silverbard après une après-midi aux allures de farniente sous la tonnelle du camping [ndDroom : et il appelle ça une journée chargée ! non mais alors !]. Surtout que le soleil a tourné et que ça fait bien une heure qu'il faut se décaler sans cesse pour rester un peu à l'ombre ! (oui, dure vie que la vie d'un festivalier !) Allez, debout… Houlà, ça tourne ! Il faut dire que la chaleur du Morbihan invite à la dégustation de breuvages locaux. Finalement, l'arrivée à la barre de la Dave Mustage se fait sans encombre pour The Old Dead Tree puisque tout le monde semble chercher désespérément un coin de terre de fortune où se poser à l'ombre. Et pourquoi pas après tout, un concert de The Old Dead Tree peut très bien s'apprécier assis… Surtout que le set est sans surprises pour ceux déjà présents au Hellfest, tournée anniversaire de The Nameless Disease oblige. Et sans surprise non plus, le quatuor assure un show tout aussi brillant que celui livré en terre clissonnaise. Malgré un son bancal sur les premiers titres, l'émotion sera bien au rendez-vous, le temps estival n'enlevant rien à la tristesse et surtout la beauté des compositions. Une performance qui contraste avec le reste de la programmation du festival comme ironisera un festivalier à la fin du show: Merci! « Un peu de douceur dans ce monde de brutes!. » Nouvelle pause boisson pour Silverbard qui connaissant quasiment toutes les paroles de The Nameless Disease par cœur a par conséquent la gorge un peu sèche. Droom ne pourra pas en dire autant. Lui était venu pour voir The Old Dead Tree, groupe qu'il adore, à la base. Et voilà que, sur scène, se sont finalement produit Manuel Munoz et compagnie (ce n'est jamais agréable à dire, mais quel manque de charisme des autres musiciens ! sans le frontman, ce serait la catastrophe scénique, c'est certain), qui ont interprété The Nameless Disease. OK. Et si votre album culte à vous est le dernier en date, The Water Fields, vous pouvez broyer le même noir que celui arboré par tous les musiciens car vous n'en entendrez pas la moindre note. Super. S'il faut bien sur respecter et apprécier le choix de jouer intégralement et dans l'ordre le premier album (chose que Munoz précisera gentillement à ceux ne connaissant pas le groupe, entre deux phrases de promotion trèèèèèès timides pour la tournée de fin d'année), il reste que certains morceaux ne passent pas franchement bien en live. M'enfin, c'est la vie et TODT aura remporté la moitié des suffrages : Silverbard vote oui, Droom vote non, à regret, et assiste impuissant à l'une de ses déception de ce Motocultor 2013...

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Vient alors Lutece... vu de loin par Droom, la scène ayant de la tronche, avec son pied de micro ornée de crânes humains (en plastique voyons). Mais rapidement, et tout en flânant dans le petit marché metallique, on remarque que quelque chose cloche. Le groupe – qui jouit sûrement du meilleur son parmi tous les groupes de black du week-end (pas bien dur, ceci dit) – s'annonce comme le gagnant d'un tremplin quelconque (félicitations à eux), remercie à tout va la foule, incite à passer au merchandising, etc. Humainement, c'est très sympa. Néanmoins, on ne peut s'empêcher de penser que pour un groupe qui joue les gros vilains à base de crânes plastifiés, le discours tombe un peu comme une mouche dans le potage. Détail, détail... D'autant que finalement, la musique du combo semble bonne et tire à plusieurs reprise sur le folk, comme pendant un "Alesia" fort bien exécuté (le signe : le morceau aura capté l'attention de certains flâneurs du coin shopping). Et le public ne rejette pas ce black-folk-festif-méchant puisque le pit s'organise : une rangée centrale s'assoit et se charge de faire le tapis roulant pour les slammeurs. Pas très esthétique (beurk, tous ces corps luisants...) mais assurément fun ! La bonne ambiance règne donc pendant un set qui n'aura obtenu, à notre connaissance, que de bons retours. Et pendant ce temps, Droom commence à savoir sur quoi dépenser son budget shopping. Tout ce choix est à faire tourner la tête et parmi les stands, celui des Acteurs de l'Ombre est impressionnant (ce qui n'est pas le cas du stand de bongs et autre bêtises du même acabit totalement hors-sujet ici...).

Droom enchaîne alors avec Mutach. Et comme pour un certain nombre de groupe du festival, c'est de loin qu'il observera la prestation de ces adultes du rock. Les membres ne sont pas les plus jeunes de la journée mais mazette, en plus de jouir d'un son cristallin et propre au possible, ils assurent contre toute attente un show énorme (malgré le peu de mouvements sur scène). Une réelle énergie se dégage du set. Le hard-rock / heavy de Mustach, qui choisit mal ses patronymes et ses artworks, en aura convaincu plus d'un (dont René le PapiMetal ; mais est-il parfois déçu ?) grâce a des riffs ciselés et ultra-efficaces et à un chant absolument remarquable : une voix claire, puissante et un poil rocailleuse. Et voilà qu'on se prend à se rapprocher, petit à petit, de la scène. La marque d'un concert réussi. Clairement à réécouter ou a revoir.

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Pendant ce temps-là, Silverbard s'interroge au camping: « - Decrepit Birth ? Je sais pas si j'y vais, c'est quel style ? Death technique. Sérieux ? Ah ça m'intéresse alors! »« - Même qu'ils terminent toujours par une cover de "Crystal Mountain" de Death! SERIEUX ? Ce n'est plus que ça m'intéresse là, c'est que je suis obligé de venir! » La plus grande joie des festivals : aller voir des groupes que l'on aurait jamais eu l'idée de voir, simplement en discutant autour d'un verre avec des gens fraichement rencontrés. La joie n'est que plus grande quand le concert se révèle être une claque. Car oui, on a bien affaire à du Death metal de haut volée, en insistant sur le "D" majuscule au vu de l'inspiration non cachée des membres pour le travail de Chuck Schuldiner. On peut même pousser la filiation à Cynic (période Focus) pour certaines rythmiques chelous qui semblent tout droit sorties des cerveaux de Masdival et Reinert, dans une variante plus brutale à la Spawn Of Possession ou Origin. Sur scène, ça assure en conséquence, en particulier derrière les fûts et sur les manches de grattes. La surprise vient plutôt de la clochardise du chanteur (selon ses dires, il serait effectivement sans abris hors tournée) à la barbe et aux dreads visiblement laissés à l'abandon de tout soin esthétique. Ayant également abusé de substances psychotropes, ses discours se révéleront de bonnes poilades : « Vous n'existez pas, vous n'êtes que des hallucinations de mon esprit ! ». Dans le même genre, le stand de merchandising du groupe accueillera un petit pannonceau signé du groupe précisant que « celui-ci est à la recherche de WEED » ! Euh... lolwüt ? Bref. Et pour finir, chose promise, chose due : "Crystal Mountain", qui disait bien quelque chose à Droom mais qui n'arrivait pourtant pas à mettre le doigt dessus, qui laisse flotter l'esprit bienveillant du toujours très regretté maestro Chuck…. RIP

On laisse alors place Moonspell sur la Dave Mustage. Alors que Droom est très curieux - n'ayant jamais été réellement convaincu par les livraisons studio des Portugais, pour Silverbard, c'est session de rattrapage, les ayant manqués au Hellfest mais ne connaissant que leur excellent dernier opus Alpha Noir. Visiblement, rien n'a été fait pendant le set précédent puisque les balances continuent alors que la musique a cessé et que le public s'est massé devant la scène, le dos réchauffé par un soleil couchant de toute beauté (ce soir est d'ailleurs une nuit de pleine lune, idéale pour "Full Moon Madness"). Et le groupe rentre sur scène. Fernando est affublé d'un casque antique, dans le style hoplite, ce qui est tout aussi ridicule que sympathique, d'autant que cet objet de honte est bien vite ôté. Passé un premier morceau laborieux et quelques soucis de micro (le chant est tellement grave qu'il en devient incompréhensible !), Droom sera conquis par le reste du set ! La setlist balance entre nouveautés et classiques et les "Finisterre", "Full Moon Madness" ou "Alma Mater" rencontrent un accueil à la mesure de la prestation (qui est d'ailleurs soignée jusque dans le jeu de scène sur "Vampiria", où intervient une danseuse du ventre-vampire). Bref, Moonspell qui laisse parfois froid sur album aura convaincu le festival, c'est certain. Tout ce pour quoi on vient au Motocultor se retrouvait dans le set des Portugais : bonne ambiance, bonne musique, kitsch, sérieux, baffe en live. Pendant ce temps, Silverbard est parti casser la croûte depuis bien longtemps. Pour lui, le show était décevant tant dans l'interprétation pataude des morceaux que dans le mix sans nuances. Impossible de retrouver toutes les subtilités présentes sur album, comme les modulations du chant ou les finesses des orchestrations. Bon, comme quoi, les avis divergent...

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Ne voulant pas se laisser abattre, Silverbard décide, après Aborted, de rejouer la carte de la découverte avec Dying Fetus (car après Aborted, Dying Fetus – désolé, il fallait bien faire honneur à cette blague pourrie du festival !). Et de manière assez inattendue, grosse baffe à l'arrivée ! Au même titre qu'un Suffocation (qui d'ailleurs, accueille à présent le chanteur de Dying Fetus en tournée) mais dans une version bien plus brutale, si le trio américain s'avère vite ennuyeux sur album, c'est une vraie boucherie en live ! Des titres supersoniques, ultra-brutaux et maxi-groovy et en 2 à 3 minutes chrono, emballez c'est pesé ! Pas trop le genre de musique où il fait bon vivre dans le pit (ça avait l'air très très chaud !), votre serviteur a préféré se placer en retrait pour headbanger tranquillou et observer l'hyper concentration des zicos en train de jouer. D'autant que les growls sont assurés en relais par les deux compères qui tiennent la guitare et la basse. Finalement, Dying Fetus a peut-être livré le set le plus brutal du festival mais paradoxalement aussi le plus statique. Cela n'enlève pour autant rien du charisme des Américains, comment pourrait-il en être autant quand on voit le feu que peuvent mettre dans le pit trois bonhommes immobiles ? Le final marque le summum du set allant piocher dans les vieux albums les tubes suintant le groove, à savoir : "Praise the Lord (Opium of the Masses)", "Kill Your Mother, Rape Your Dog" et "One Shot, One Kill".

Vous n'avez eu votre dose de violence avec Dying Fetus ? L'orga a tout prévu pour vous, car voici Exodus, clairement LE groupe le plus attendu des festivaliers, à en voir la marée humaine rassemblée. Heureusement (ou pas), le show commencera 10 minutes en retard, laissant le temps de souffler pendant que le staff technique cherche à régler un léger sifflement venant d'un ampli. Le problème ne sera pas réglé, ce qui pourra expliquer pourquoi Exodus jouera fort avec un son objectivement médiocre. Sauf qu'à peine les thrashers américains débarqués sur scène et le premier circle-pit lancé par Rob Dukes (au bout de 5 secondes !), les préoccupations sont ailleurs. Car ce circle-pit ne sera que le premier d'une looooongue série. C'est bien simple : pendant la quasi-intégralité du show, la fosse sera divisée en 4 zones : un avant mouvementé, un cercle tournoyant tel un périphérique bondé, un îlot central où il fait bon vivre et l'arrière, plus calme par nature. Tout ça sans compter les slams, de plus en plus originaux (nus, sur un bateau gonflable... voire les deux en même temps !). A cause des déboires du début, le set sera raccourci mais bourré de classiques (la moitié des titres étant issus de Bonded By Blood). Mais qu'importe, avec les circle-pit de "Piranha", "A Lesson in Violence" et "Bonded By Blood" ou le wall of death de " Strike of the Beast", que demande le peuple ? "Children of a Worthless God" au refrain surprenant mais qui se transforme en hymne ou l'autre classique "Blacklist" sont autant d'excuses pour continuer à se mettre sur la tronche. Définitivement pas un concert, mais une putain de guerre ! Droom ayant été plongé au cœur du chaos pendant l'intégralité du show, ne se contentera que de cette conclusion : Exodus en live, ça vaut le coup, et pas qu'un peu !

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Fatigué après un festival pas si reposant que ça et relativement peu demandeur du groupe ce soir-là, c'est de loin que Droom assiste (pour la quatrième ou cinquième fois) à la performance de Therion. Premier point : Les Fleurs du Mal ne sont pas mise à l'honneur ce soir là (ouf) et "Poupée de Cire..." sera le seul représentant de cet étrange opus. Deuxième point : le nouveau look steampunk du groupe frise quand même de très près le ridicule. Un coup a regretter le Therion grandiose et pompeux et des grands jours... Bref. Niveau line-up, on regrettera l'absence de Snowy Shaw, qui laisse seul à bord le pirate Thomas Vikström. Or, celui-ci n'aura pas fait grand chose du set. Quelques lignes de chant, beaucoup d'appels à participer dirigés vers le public et c'est marre. Malheureusement, les nouvelles chanteuses ne sont pas spécialement marquantes non plus. La brune (mes excuses pour l'absence de précision qui m'oblige à me rabattre sur la couleur capillaire) assure le show et le fait bien et la blonde... glandouille un peu. Sa prestation n'aura pas marqué. Dès lors, que reste t-il ? Une setlist agréable (la surprenante "Call of Dagon", "Son of The Sun" qu'on ne peut qu'aimer, le rappel "To Mega Therion" effectivement présent en rappel - le seul du festival - aux cotés de "Cult of the Shadows" ou encore la petite nouvelle "Kali Yuga III"), un show rodé, un guitariste soliste excellent et clair comme de l'eau de roche (Mr. Vidal). Bref, une prestation très pro, efficace et agréable pour un novice du groupe comme Silverbard, mais vraiment pas étonnante pour un habitué comme Droom. Cependant, le faible nombre de fidèles encore présent à cette heure certes tardive désarçonne quelque peu… Les Suédois étant vendu comme la grosse tête d'affiche du festival, on constate qu'il reste moins de monde que pour Orange Goblin et deux à trois fois moins que pour Exodus… Coté scène, tout semble aller, mais dès lors que l'on se retourne : plus personne ! C'en est presque triste pour le groupe. Therion serait-il en perte de vitesse ? Le public français est-il lassé du groupe ? Est-ce simplement la fatigue ? Gageons néanmoins que la partie du public étant restée aura pris du plaisir, et ce malgré le discours désormais classique de Johnsonn sur "La France, le Vin et la Syphilis", amusant mais quelque peu lassant.

Il est tard et les têtes résonnent encore. Déjà, une certaine nostalgie plane sur le site. Car on dira ce qu'on veut, mais la franchise et le naturel du public metal, assocités à une programmation qui ne laisse personne de coté permet de créer une ambiance réellement unique. L'espace d'un week-end, plus rien d'autre que la déconne et les décibels ne comptent. Sur ces belles pensées, Droom et son camarade de festival (non-Éternel, lui) décideront finalement de reprendre la route de nuit, à chaud, en carburant au metal toute la nuit... pas forcément très malin... Mais qu'importe, puisque le fameux Espace-Faucon Millenium fera des siennes et refusera de démarrer. Surement un problème de batterie... Reste  qu'en ce dernier soir, Droom s'endort sans savoir s'il pourra quitter les lieux le lendemain. Le Motocultor, quand il t'agrippe, c'est pour de bon ! Pour l'anecdote, c'est bien la batterie qui ne fonctionnait guère, et c'est bien la solidarité des metalleux (dédicace au groupe du « Orange Gobelet ! », si si la famille, tavu !) qui permettra finalement de redémarrer le lendemain. Quelle aventure ! 



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