Hell'Ectric War Fest 2013


Hell'Ectric War Fest

UN REPORTAGE DE...


85
JC


SOMMAIRE

Jour 1 : 26 avril 2013
Jour 2 : 27 avril 2013

REPORTS DU JOUR



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Jour 1 :26 avril 2013



Après une (trop) longue pause le Korigan, petite salle intimiste située à Luynes (Aix / Marseille), reprend du service. Voila qui devrait émoustiller bon nombre de chevelus du coin car le Korigan, pour ceux qui ne le savent pas, c'est pas du foutage de gueule niveau programmation. Il n'y a qu'à voir, cette période de printemps maussade aura déjà vu pas mal de formations plutôt sympa passer par la petite salle : Possessed, Agalloch, Moonspell, Insomnium, Septicflesh et j'en passe. C'est pas cool ça ? Et pour ce dernier week end d'avril, c'est à une double soirée à laquelle nous avons droit grâce aux associations Go Music France et Red Note qui se sont associées pour offrir au public du coin un Hell'Ectric War Fest à double saveur : une aux relents death et une autre industrielle. Miam miam.

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Vendredi soir. On arrive tranquillement dans la salle pour la première fois depuis longtemps. Première chose qui frappe : le lieu semble avoir été rénové. Nouvelle façade, plan incendie remanié (par rapport à mes souvenirs)… Bref, ça l'affiche bien. Deuxième chose qu'on constate rapidement : une affluence du public que l'on pourrait qualifier de... timide. C'est un peu dispatché à droite à gauche mais pour l'instant, pas grand monde. Et c'est donc devant une salle clairsemée que Necroverdose ouvre les hostilités. Les premiers mots du chanteur donnent un peu la couleur : « Bon ben ça va être un concert entre potes !». Effectivement, quelques gus se rapprochent de la scène et ont l'air motivé (les collègues en question ?) et les autres tendront leurs oreilles du fond de la salle. D'emblée le ton est donné, les gus officient dans un death tout ce qu'il y a de plus classique. Voix gutturale, blasts, riffs poisseux, tout est là... même le mix dégueulasse. Voila peut-être la raison pour laquelle leur musique m'aura parue « brutale ». Non franchement, un ensemble brouillon comme ça permet difficilement d'apprécier à juste valeur la prestation d'un groupe. L'ensemble aura été nébuleux, batterie en retrait, basse qui sera par moment ressortie de l'ensemble, notamment sur les passages slappés ayant donné aux aigus un timbre évidemment claquant mais assez perturbant dans le mix général. Du coup, dur dur de bien intégrer les morceaux, d'autant plus qu'il nous semble distinguer quelques pains éparpillés par ci par là. Tout n'est pas rose pour le groupe et pourtant on apprécie les gus et le set passe facilement. Pourquoi ? Allez savoir. Peut être parce que le duo chanteur / bassiste opère bien, ils prennent du plaisir, déconnent, mais pas que. Les gratteux, eux, sont appliqués et montrent la facette « sérieuse » du groupe. En gros : on joue mais on se fait plaisir. J'aurais plus assisté à ce concert en me disant que ça n'était qu'une première partie (de death qui plus est ce qui, rappelons-le, n'est pas trop ma cup of tea). Du coup on apprécie autant que possible cette prestation en espérant sincèrement revoir ce combo ov steel, mais cette fois ci dans des conditions techniques plus à leur avantage.

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Petite pause et changement de plateau. Les prochains à suivre sur l'affiche viennent de Toulon et, paraît-il, sont plutôt du genre à botter des culs. Aposthem, formation qui fait son bout de chemin depuis ses débuts (peut être avez vous récemment vu leur interview dans le Metallian du mois d'avril), monte sur les planches pour nous offrir leur death teinté de grind. Comme souvent, le premier constat concerne le son qui, malgré son aspect beaucoup plus percutant, reste un peu brouillon. On se demande si le groupe n'est pas accompagné par son propre ingé son tellement certains éléments paraissent travaillés. Quoi qu'il en soit, il aura été beaucoup plus facile de profiter de la musique offerte par la formation toulonnaise que celle du groupe précédent. Techniquement c'est propre, on quitte le côté « concert entre potes » (qui n'a rien de péjoratif) pour une prestation plus pro. On retrouve certaines similitudes avec Necroverdose d'un point de vue scénique : les deux gratteux et le batteur sont concentrés sur leur jeu (rondement mené d'ailleurs) et à côté, chanteur et bassiste apportent la petite touche « occupation de scène ». Les gars ont de la mimique en stock, prennent la pause et avoinent comme il se doit. Que se soit sur le plan individuel ou collectif rien à dire, ça fonctionne. Le groupe est capable de composer des titres efficaces aux riffs accrocheurs. C'est brutal, technique juste ce qu'il faut et compact. En somme, une belle prestation qui malheureusement ne semble pas avoir été suffisamment digne d'intérêt pour le public. Peu de monde pour ce set. Déjà qu'en réunissant tous le monde, on ne remplissait qu'une petite partie de la salle mais alors là... Vraiment dommage pour eux. Le chanteur aura bien essayé de motiver les troupes mais la réponse du public n'aura pas été à la hauteur de la prestation. Un groupe à suivre en tout cas, car de toutes les prestations offertes durant ce Hell'Ectric War Fest, celle d'Aposthem figure parmi les bonnes surprises.

Photo_3_418h_300w Bon allez, après cette découverte on se choppe une binouze histoire de patienter pendant qu'Acod s'installe. Et c'est pour dire si ce changement de plateau intrigue. Le groupe semble développer une certaine esthétique. Le pied de micro orné d'une chaîne en est un parfait exemple et malgré le côté « Judas Priest meet Warhammer 40.000 », on est impatient. Le début du set va encore plus pousser notre curiosité. Le groupe arrive sur scène accompagné de deux chanteurs, l'un au chant hurlé, et l'autre aux aspects beaucoup plus mélodiques. Voila qui perturbe un peu nos oreilles mais cela est loin d'être la seule chose qui vient nous titiller. A côté de ce duo vocal posé une musique death / thrash / épique / tousketuveu ; des lumières à rayons vert sont employées pour développer l'esthétique visuelle du groupe (effet boite de night garanti). L'ensemble devient vite indigeste mais voilà, à ce simple stade du concert, on ne se doute pas du calvaire qu'on va subir. En effet, très vite le chanteur gueulard prend les devants pour chauffer le public présent. Il invite le public à venir sur scène et insiste jusqu'à ce que ce dernier exhausse son souhait. Le seul hic, c'est que les quelques gus qui auront osé la chose semblent gênés et agissent, pour certains, de manières assez bouffonne (à notre tour d'être gêné pour eux).
Les choses ne s'arrêtent pas là, Mister Gueulard souhaite voir le public s'approcher de la scène (ce simple fait n'étant pas condamnable) et décide de faire le tour de la salle, accompagné de ses potes, pour jouer des coudes, rentrer dans le lard des gens, les tirer par les bras et les forcer à s'approcher. On est dans le lourd, le ridicule, Beaufland nous ouvre ses portes. Le top, c'est quand l'énergumène s'est amusé à bousculer dans le dos son acolyte chanteur qui m'a lui aussi semblé agacé. A côté de ça, musicalement, la chose tient pas trop mal la route, il faut le reconnaître. Malheureusement, les compositions tournent en rond et ne décollent pas (riffs et compos anodins voir gnangnan,  manque d’énergie). L'autre chanteur lui, adopte une attitude plus statique et se concentre sur son chant. Bien exécuté, certes, mais lui aussi rapidement répétitif et lassant. Bref, une prestation qui ne m'emballe pas du tout et qui parvient même à me gêner. Chose qu'on aurait bien aimé dire au coreux / kéké de chanteur quand il nous disait : « Mais qu'est ce que c'est que ces pogos de pédé ? Vous êtes timides ou quoi ? ». Non mec, on a juste honte et on ne veut pas salir notre image. Sois bon et le public réagira de lui même. Dommage car le groupe jouissait d'un son très honorable, et de lumières bien synchronisées avec la musique.

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Bon... on fermera les yeux sur ce qu'on vient de voir et d'entendre. On s'en fout car la grosse partie du gâteau va arriver : Trepalium. Déjà vu à plusieurs reprises sur scène, la dernière fois au Divan du Monde l'automne dernier avec la tournée Klonosphère, c'est un excellent souvenir. Mais revoir les Poitevins dans le coin a une saveur particulière : leur dernier passage dans la région avait eu lieu dans une petite MJC, à Aubagne, et à cause d'un problème lié à la salle (coupure de courant suite à une trop grosse utilisation de la machine à fumée apparemment), le concert avait été annulé au bout de trois morceaux. La loose... Quelques minutes d'attente et voilà l'arrivée sur les planches des boogie-deatheux. L'intro est celle de l'album, et voila "Heic Noenum Pax" qui ouvre le bal. Ce début de concert sera d'ailleurs l'occasion de mettre en avant le petit nouveau : "Prescription Of Crisis", "Insane Architect" et "Worst F(r)iend" s’enchaînent avec très peu de temps mort, ce qui est parfait pour pouvoir nous imprégner de l'atmosphère du dernier album bien plus direct que ces prédécesseurs. Sur scène, les membres y mettent du leur et malgré une certaine fatigue apparente (à moins que ce soit moi qui l'ai imaginée), K.K et sa bande tente de motiver les troupes et de faire bouger son cul à ce public toujours peu présent et mollasson (c'est sûr, c'est pas l'ambiance vue à Paris il y a quelques mois). Les efforts paient plutôt bien et malgré une atmosphère parfois étrange le public est réceptif. Après une première partie du concert axé sur HNP, Trepalium fait honneur à ses anciennes productions. "Inner Hell" fait son entrée avec son riff imparable. Rendu boogie/brutal sur-efficace, impossible de ne pas headbanguer sur ce morceau. L'album XIII aura d'ailleurs été l'un des albums les plus mis en avant ce soir là juste après HNP. En réalité ces deux opus auront constitué la quasi totalité de la setlist de ce soir. Les deux premiers skeuds ne voient qu'exécuter leur classiques ("Necropolis", "Decayed Emotions", "Sick Boogie Murder"). Pas grave, car la qualité de la prestation offerte ce soir est au rendez vous. Ça joue, c'est carré, Bouvier avoine derrière ses fûts, le son est bon et K.K se plaît toujours autant à communiquer avec le public pour balancer deux / trois conneries. Bref, un groupe qui assure et qui aura offert un concert digne de ce nom. Mais venant de Trepalium ça n'est plus vraiment étonnant. Non, ce qui aura été étonnant c'est de voir que le show sera aussi venu du public. Un mec de l'orga complètement arraché est monté sur scène pour prendre le micro en disant on ne sait quoi aux oreilles de K.K (sûrement un truc du genre : « Vas-y laisse-moi chanter je connais les paroles ! »). Le micro lui aura été cédé quelques secondes et là... le phénomène nous sors un petit « Choubidouwawibabdouwa » suintant l'ivresse. Chose énorme : le morceau joué n'était pas "Sick Boogie Murder"... Situation des plus cocasses qui en aura fait rire plus d'un. Merci à lui !


Cette première soirée de l'Hell'Ectric War Fest aura proposé tout ce qu'un festival peut offrir. Des découvertes, des coups de gueule, des confirmations et dans l'ensemble, on ne peut être que satisfait de ce qu'on a vu et entendu. Il reste à espérer que le public réponde plus présent pour le second round.


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