Hellfest 2012


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 15 juin 2012
Jour 2 : 16 juin 2012
Jour 3 : 17 juin 2012

REPORTS DU JOUR


Arcturus
(Silverbard)
August Burns Red
(Silverbard)
Biohazard
(Kroboy)
Black Label Society
(Sebrouxx)
Blood Red Throne
(Silverbard)
Blue Oyster Cult
(Kroboy)
D-A-D
(Kroboy)
Dimmu Borgir
(Dimebag)
Hatebreed
(Dimebag)
Ihsahn
(Silverbard)
Mötley Crüe
(Kroboy)
Ozzy & Friends
(Sebrouxx)
Slash
(Sebrouxx)
Trivium
(Kroboy)


GALLERY

Artistes

Artistes 2

Divers

 


Jour 3 :17 juin 2012



Hellfest 2012, troisième journée. Les troupes sont déjà épuisées, mais le temps vient nous remettre un peu de baume au cœur. Axl étant monté sur scène, on s'attendait au déluge, ni plus ni moins ; au contraire, ce matin, c'est un beau soleil qui attend les festivaliers qui ont tous pris des couleurs et même carrément des coups de soleil la veille, bien qu'il ne faisait pas spécialement chaud. Un beau soleil qui donne envie de prendre son temps et de prolonger l'apéro, quitte à passer à côté des groupes du matin, pas spécialement du goût de votre serviteur (à part Vanderbuyst mais bon, tant pis). Oui je sais, c'est pas biennnnnn…

L'équipe des Eternels n'est d'ailleurs pas très matinale ce dimanche : notre généreuse lectrice Painlesslady a regagné ses pénates (encore merci à elle et à Guiomzappa, autre fidèle lecteur des Eternels qui aura lui aussi gentiment apporté sa contribution), Dimebag n'aura pas trouvé de source de motivation avant 14h30 et le set d'August Burns Red… Heureusement, Sebrouxx, notre photographe stakhanoviste, est quant à lui d'entrée sur le pied de guerre, alléché par l'idée de revoir L'Esprit du Clan sur scène. Cela lui a rappelé quelques bons vieux souvenirs de sa (ancienne) bonne ville de Nogent le Rotrou où il avait déjà eu l'occasion de voir le groupe ! Encore un bon groupe français malheureusement programmé de très bonne heure, comme Abysse, qui joue dans le même temps sous la Valley, ou encore Trepalium ou Betraying The Martyrs qui ont vécu la même expérience frustrante le vendredi. Dommage… Il en aura aussi profité pour regarder à quoi ressembleront les Crucified Barbara dans une vingtaine d'années en allant jeter un oeil du côté de Girlschool. Espérons pour Nikki Wicked qu'elle ne prendra pas le même chemin que Denise Dufort !

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Entre temps, Silverbard aura émergé doucement avec Year Of No Light. Les sludgeux ne font pas dans la dentelle avec un son massif, dense et profond qui garde néanmoins une dimension aérienne apportée par un clavier qui a plus le rôle de poseur d'ambiance de fond que de véritable rôle mélodique. Comme pour Amenra la veille, on se retrouve en face d'une musique pachydermique, introspective et incroyablement organique. Une nouvelle expérience sonore. Les atmosphères développées sont à couper le souffle bien que le son finisse sur la fin du set par devenir trop étouffant. Avec trois guitares et deux batteries, les six membres parviennent à créer un décor de no man's land, aussi aride que la Valley (of Death). Dans un registre beaucoup plus brutal, All Shall Perish prend la Mainstage d'assaut après un premier passage en 2009. Ils en veulent tellement qu'ils demanderont au public de faire un wall of death dès le premier morceau, entre deux « fuc**n circle pit ». Malgré l'heure matinale pour un dimanche de festival, le public a du répondant et se donner à fond, en partie grâce aux parties jumpy rafraîchissant leurs compos brutales.

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A côté de ce déluge sonore, dans la Valley, Alcest apparaît encore plus calme. L'organisation les a judicieusement placé avant l'heure du déjeuner, aucun risque de s'endormir malgré tout le bien qu'on pense du groupe de Neige. Pourtant, le constat est sans appel : Alcest en live, c'est loin d'être l'occasion de pogoter, de chanter en chœur ou d'admirer la technicité des musicos… Non, on écoute, on regarde, on se tait, on ne bouge pas et on essaie de rentrer dans le trip. Le problème est bien là, on essaie. Car le retrait et la discrétion des musiciens ne facilitent pas vraiment  l'accroche, et pour les fans comme pour les novices, la mayonnaise a du mal à prendre. Pourtant musicalement il n'y a rien à redire, tout est bien en place mais dans l'ambiance d'un festival metal, la sereine mélancolie du shoegaze d'Alcest est un peu trop décalée. On pourrait presque en penser autant de D-A-D, dont l'humour et la légèreté dénote avec l'agressivité de la plupart des groupes (LIVE REPORT ICI). Mais la diversité, c'est aussi ça le Hellfest ! Et au pire, August Burns Red aura vite fait de nous ramener à quelque chose de plus bourrin (LIVE REPORT ICI).

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Changement de décor avec le Black Label Society de Zakk Wylde, le nouvel ami des photographes, qui nous livre à peu de choses près le même show que l'an dernier (LIVE REPORT ICI). Ensuite, les coreux ont enfin l'occasion se sortir momentanément de la Warzone pour non pas un, mais DEUX concerts sur les Mainstages ! D'abord avec le metalcore virulent de Walls Of Jericho, déjà vu ici-même il y a quatre ans et qui n'a pas perdu la main depuis, loin s'en faut. Aussi efficace que puissant, le gros metalcore de la bande à Candace Kucsulain (petit poix sauteur féminin roux toujours aussi génial qu'un peu flippant) dure bien dans le temps et prend plus que jamais tout son sens en live. La Mainstage, dont les Américains ont cette année les honneurs, est ravie, le son est correct, il fait beau, on mange de la poussière en buvant des bières, tout va bien. La musique de Rocky retentit ensuite, ça veut dire que le groupe désormais honni des trve coreux, je fais bien entendu allusion à Hatebreed, est dans la place (LIVE REPORT ICI). Que ces derniers boudent dans leur coin, ils auront juste raté une nouvelle démonstration de force de la bande à Jamey Jasta-le-vendu.

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Les amateurs de death se seront quant à eux déjà repliés dans leur fief, l'Altar. Déjà, pour assister à la prestation de Blood Red Throne, qui aura osé le sacrilège de faire cohabiter death metal et grosse déconne (LIVE REPORT ICI) ; ensuite, quelques dizaines de minutes pour plus tard, dans un registre beaucoup plus séreux, pour assister à la véritable leçon assénée par Dying Fetus. On a vraiment de la peine à croire qu'ils ne sont que 3 sur scène tellement ils font de boucan. Forcément, c'est statique, puisque le guitariste John Gallagher et le bassiste Sean Bisley se partagent le chant. Ils sont donc coincés derrière leur micro, se complétant plutôt bien avec leurs deux styles différents, très guttural pour le premier, plus écorché pour le second. Cela n'en reste pas moins hallucinant de vitesse, de précision et de brutalité. Et ce Trey Williams, quelle facilité derrière les fûts… Bien évidemment, cela ne pouvait que se terminer par le cultissime "Kill Your Mother, Rape Your Dog", une dernière minute pour tout lâcher. La grosse claque et un challenger de poids avant le passage de Suffocation un peu plus tard dans la soirée !

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Dans le même temps sur la Mainstage, Devildriver, le combo groove-thrash moderne de l'illustre Dez Fafara. Pas grand chose à redire sur la prestation des Américains, dotés d'un son très correct et qui ont enchainé les tubes pendant 50 minutes, notamment les énormes "Horn Of Betrayal", "Head On To Heartache" ou "I Could Care Less", issu pour sa part du premier album. Souvenirs souvenirs, et un vrai plaisir de voir ces mecs sur scène, offrir un show très pro, carré et grandement apprécié du public, que Dez ne manquera pas de remercier chaudement. Et ce batteur... Virage à 80 degrés avec les vétérans (of the psychic wars, ah ah) de Blue Öyster Cult, qui arrivent sur la pointe des pieds et bluffent tout le festival (LIVE REPORT ICI). Ont-ils drainé tout le public ? C'est à se le demander quand on voit la Warzone déserte, le métalcore de djeunz tirant un brin vers l'émo d'Evergreen Terrace ne rameutant pas grand monde. Quasi personne devant la scène en fin d'après-midi un dimanche, c'est moche ! Résultat, un concert moyen donné par un groupe mi-déçu mi-frustré, et qui écourtera les débats après à peine 30 minutes d'un show pourtant plutôt honnête.

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Ca y est, il est 19h40, on rentre dans le money time et on ne sait plus où donner de la tête tellement ça envoie du lourd sur chacune des scènes. Attention, top c'est parti : sur la Mainstage 2, c'est Trivium qui sort le bulldozer et qui écrase tout sur son passage (LIVE REPORT ICI). Dans le Temple, Ihsahn, le messie du black metal à l'inspiration sans fin, délivre un set en forme de cérémonie (LIVE REPORT ICI). Dans la Warzone, un peu de punk à roulettes de la côte est avec H20, groupe de punk hardcore un peu atypique (mais pas trop non plus) de la scène new-yorkaise puisqu'il ne se contente pas de singer Madball et Sick Of It All (même si on en est pas loin), puisqu'il incorpore des éléments plus punks dans un hardcore au demeurant assez classique. Un concert qui se déroule dans la bonne humeur et se charge de remettre un coup de fouet aux organismes déjà bien éprouvés en cette dernière journée de fest'. C'était sans doute mieux que Mötley Crüe, qui nous a une nouvelle fois offert un set paresseux (LIVE REPORT ICI). On ose espérer qu'ils étaient un peu plus motivés le lendemain au Zenith et que le show ne s'est pas limité au rollercoaster de Tommy Lee…

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Vous en voulez encore ? OK, c'est donc à Slash de revisiter l'ensemble de sa carrière, des Guns à Velvet Revolver en passant par ses albums solo (LIVE REPORT ICI). Vous êtes plutôt branché extrême ? Alors direction l'Altar avec Suffocation, groupe culte du death metal sans être toutefois un de ses représentants les plus médiatisés. Les Américains sont considérés par beaucoup comme les précurseurs du brutal death, pour avoir repoussé les limites de la technique avec leur album culte de 1995, Pierced From Within. Scéniquement, le groupe est ce qu'on peut appeler une tuerie. Le son est roots et sans reproches : une batterie sans triggers et un bassiste qui joue aux doigts, on n'en aura pas vu beaucoup des groupes d'extrême comme cela ! Enchaînant sans relâche une setlist d'une dizaine de morceaux, on se prend un malin plaisir à headbanger furieusement au rythme des breaks en tout genre qui parsèment les compositions. Un des moments de brutalité technique des plus saisissants de cette édition 2012 ! Et puis une fois sous la tente, il n'y avait plus qu'à pivoter à 90 degrés pour communier avec le black progressif d'Arcturus (LIVE REPORT ICI).

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Ah mais je vois, votre truc, c'est plutôt la baston ? Alors Madball vous attendait de pied ferme dans la Warzone. Plus besoin de vous présenter ces légendes de la scène hardcore new-yorkaise, venus à Clisson pour un concert tout en casquettes, en shorts et en groove. La bande à Freddy Cricien, forte de morceaux presque toujours taillés pour le live et d'une expérience considérable (Madball existant tout de même depuis plus de vingt ans !) n'est jamais plus à l'aise que sur scène et le montre encore ce soir avec un set plein d'énergie, de sueur, de bonne humeur et de tirades sur l'honneur et le respect, le tout agrémenté de tubes hardcore majoritairement issus des dernières livraisons en date des Américains. Du vrai hardcore new-yorkais quoi. Et dire qu'avec autant de bons trucs, il y en avait encore qui traînaient au Metal Corner pour voir les Hollandais se faire humilier par Cristiano Ronaldo et ses potes… Peut-être n'avaient-ils tout simplement pas envie de voir Ozzy et ses Friends donner le même concert que Ozzy sans ses Friends l'année dernière (LIVE REPORT ICI). Un seul morceau différent avec "NIB", vive le foutage de gueule…

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Et puis voilà, à force d'invoquer le Malin à travers "Mr Crowley", Ozzy a tiré le gros lot : une pluie torrentielle sur les coups de 23h30 qui va durer pas loin d'une heure, le poussant à arrêter son set très en avance. Pour rester au sec, des fous ont tenté l'expérience Sunn O))). Que dire ? On savait à l'avance que ce serait une épreuve, on voulait les voir pour pouvoir dire « ouais ouais, on a vu Sunn O))), on l'a fait ». Une heure d'anti-musique (en même temps, le drone-doom n'est point de la pop), d'infrabasses monstrueuses faisant littéralement trembler les sapes de votre serviteur, de trips complètement hallucinés, hurlés au travers de la fumée, de larsens interminables. Pas de batterie, juste un mur d'enceintes, un mur de fumée, et deux malades encapuchonnés expérimentant pendant une heure avec les nerfs et les oreilles déjà mises à rude épreuve en cette toute fin de festoche. Il semble difficile de rentrer dans le trip des Anglais sans être bien camé (et pas à la bière ou à la gentille weed) et c'est dont plus sentiment entre ennui et malaise qui s'installe, mais au bout du compte, un truc à voir, assurément. Impressionnant autant que pénible.

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A la surprise générale, vu le niveau déplorable de leurs derniers albums, on ne pourra pas en dire autant de Children of Bodom, car les Finlandais ont tout défoncé dans un format qui leur convenait bien : 1 heure pour tout donner. Avant même que ça commence, on remarque la production scénique originale avec cette bagnole en plein milieu, dont les phares serviront de lights. Le début du set en dit long sur l'orientation du set : zéro prise de risques, priorité aux tubes des premiers albums. Et ça marche ! En même temps, en démarrant avec "Hate Me !" et "Silent Night, Bodom Night", il n'y a pas moyen de se planter, alors avec "Angels Don't Kill" et autres "Deadnight Warrior" plus tard... Laiho est égal à lui-même, surpassant le maître Ozzy dans l'usage du fuck et fucking à toutes les sauces. Il aura aussi eu la témérité de goûter un breuvage balancé sur scène, et vu la tronche qu'il a tirée et le mal de bide qu'il s'est payé sur le reste de set, ça devait pas être fameux. A l'arrivée, le public, pas très âgé au demeurant (et surement pas le même qui a assisté dans la journée aux shows de Dying Fetus, Lock Up et autres Suffocation), aura bien pris son pied en tout cas.

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Comme l'année dernière, plateau 4 étoiles pour finir : après Opeth, Cradle of Filth et Kyuss Lives !, on aura eu droit aux maîtres un peu paresseux du black sympho, Dimmu Borgir (LIVE REPORT ICI), aux ex-leaders du NYHC qui tente un comeback difficile, Biohazard (LIVE REPORT ICI), et aux fers de lance de la nouvelle scène américaine, Lamb of God. Le spectacle commence bien avant le début du concert : les roadies discutent, font des allers-retours, bâchent le matos, puis arrêtent, puis continuent… Un scénario digne de Roland Garros la semaine précédente ! Ozzy ayant lâché l'affaire à 0h15, le combo de Richmond attend une demi-heure puis attaque finalement avec 10 minutes d'avance, avec un son d'abord déséquilibré entre les deux guitares. Le groupe commence par des titres de son dernier album Resolution avant d'enchainer sur des classiques, mais une surprise est là, où sont les pogos ? La réponse se trouve à l'avant de la fosse devenue une patinoire de boue, faisant passer l'envie de bouger. Un peu trop rôdée et manquant totalement de folie, cette prestation de clôture s'avère globalement décevante pour un groupe de ce calibre.


Et bien voilà, on n'a plus qu'à rentrer au camping sur cette vue désolante d'un site ravagé en une heure de pluie alors qu'il avait fait très beau toute la journée. Heureusement que c'est tombé juste avant la fin du festival ! Mais peu importe, en dépit de cette météo maussade qui n'aura pas eu de conséquences trop catastrophiques, on gardera avant tout les bons souvenirs et les promesses de ce nouveau site, spacieux, ombragé (enfin, pour les fois où il y aura du soleil !), où il est facile de déplacer d'une scène à l'autre. Hormis le manque de sanitaires qui s'est avéré assez problématique, c'était un nouveau sans-faute pour le Hellfest, qui n'a donc pas rencontré de problème majeur sur cette édition de transition. Chapeau les gars, encore merci et à l'année prochaine !


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