Hellfest 2012


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 15 juin 2012
Jour 2 : 16 juin 2012
Jour 3 : 17 juin 2012

REPORTS DU JOUR


Belenos
(Silverbard)
Brujeria
(Guiomzappa)
Gorod
(Silverbard)
Gotthard
(Kroboy)
Lizzy Borden
(Kroboy)
Megadeth
(Painlesslady)
Moonsorrow
(Painlesslady)
Sólstafir
(Silverbard)
The Bronx
(Dimebag)
UneXpecT
(Guiomzappa)
Unisonic
(Kroboy)


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Artistes

Artistes 2

Divers

 


Jour 1 :15 juin 2012



Clissssooooon. Terminus de ce train. Un train en provenance de Nantes dans lequel tous les passagers ont salué le contrôleur sans pour autant juger bon de s’affranchir du prix du billet. « Rock n’ Roll Rebel », qu’il chantait le père Osbourne. C’est parti pour une édition 2012 qui va, entre autre, mixer hardcore, glam, une certaine conception du Big 4 et une application météo aléatoire tant dans sa connexion au service que dans la véracité de ses résultats. Paul le Poulpe, reviens-nous : c’est l’Euro 2012 en plus ! Et la France joue ce vendredi, à 18h00, contre l’Ukraine. Nous n’y sommes pas encore. Et le beau temps non plus d’ailleurs. Weather Pro, fuck you. Et bienvenue à toutes et à tous.

Le foot et le Hellfest, une grande histoire d’Amour. Tous les deux ans, dès le jeudi, amoureux du ballon rond et du ballon de rouge se retrouvent au Metal Corner histoire de finir leur lecture de L’Equipe et d’admirer les prouesses de leurs joueurs préférés. Une certaine conception de la Symphonie de la Destruction, il va sans dire. Mais pour l’heure pénétrons l’Antre du Diable et faisons le tour du propriétaire en exclusivité. Nous a été annoncé depuis longtemps un site plus grand, plus spacieux, muni de six scènes (contre quatre les années passées) et d’un Extreme Market maousse. Ce qui saute aux yeux d’entrée de jeu, c’est surtout l’accent mis sur le decorum dans les zones de repos intermédiaires. Toujours plus de sculptures en fer forgé et que dire sur ces lampes de bureau XXL en guise de lampadaires ! Plein de petits détails qui font la différence et offrent un cachet indéniable à l’environnement. Il en va de même pour la zone VIP/Presse qui, elle aussi, voit sa superficie tripler et son ornementation nettement améliorée. Point bonus : la salle de conférence de presse, limite Palais des Festival à Cannes, aux murs tapissés de bon nombre de photos sur plaque aluminium de l’ami Nidhal Marzouk. Il va être ravi, le père Dave Mustaine, de se taper la bobine du James Hetfield plein champ pendant une demi-heure… Du bon boulot (mais une merde à installer, vous pouvez nous croire !) Un peu de pub pour l’artiste photographe au passage : www.yog-photography.com Artiste que l’on salue avant de rejoindre le pub du Metal Corner.

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Sans grivoiserie aucune, à cette heure tardive et en ce saint lieu, Pub rime comme jamais avec Teub. Et Saint avec sein. Pas la peine de chercher Steel Panther, ils ne jouent pas ce soir. Mais les festivaliers sont chauds comme la braise (ou la bière). Et les festivalières entendent bien leur donner le change (mais pas trop pour certaines) en grimpant sur de résistantes tables en bois. Le tout sous un fond musical orchestré tout d’abord par Cover Kill, Helvètes passés maîtres dans l’art de la reprise et de la bonne humeur communicative. Quelques ‘stouquettes par-ci, quelques boobs par-là pour accompagner Slayer et Maiden. Ça promet. Ça réchauffe puisque la pluie commence aussi à donner de la voie. Et ce sans que les nénettes de Nympherno n’aient encore pointé le bout de leur… nez. Dieu merci, le show "A nous les petites Anglaises heavy", ce n’est pas prévu avant demain soir. Et les Eternels en seront, guidés par cette seule volonté d’informer avec force détails et conviction du travail bien fait. Soit ce qui guide également les Nantais de Crimson Daze, cover band de Led Zeppelin, dont la réputation ne s’avère en rien usurpée. Et dont le répertoire balaie également ceux de Deep Purple (leur version de "Burn" envoie sévèrement) et de, plus surprenant, AC/DC (excellent "Shoot to Thrill").  Robert Plant peut sans conteste faire le déplacement et juger par lui-même. Il peut même venir avec Jimmy Page.

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Et de Jimmy Page au fait de tourner la page ce soir, il n’y a (presque) qu’un pas à faire. D’autant que "The Rain Song", au demeurant magnifique titre de Led Zep, semble bien parti pour devenir le tube du week-end. Et de Tube à Teub, ça va, on connaît la chanson mais point trop n’en faut dans le délire. Un marathon, au sens sportif de la chose, nous attend pour les trois prochains jours. Ah oui, les résultats du foot au fait. Alors Ufomammut 1 - Croatie 1 (pas de groupe croate cette année). Et Hamlet 4 – Gama Bomb 0. C’est bien parti pour une bonne nuit de sommeil, la première avant celle de lundi soir. Et c’est parti pour une bonne édition du Hellfest, avec du glam et du rock sudiste en remplacement de la déferlante hard progressive de l’année passée. Un petit coucou aux collègues de chromatique.net, qui ont quand même fait le déplacement (n’est-ce pas Marjorie?)

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En 2011, le chant des Sirens nous avait donc bercé comme des bébés, la comptine matinale de Météo France ne nous disait rien qui vaille : ciel bien épais, aux nuances gris-noir comme le café de Clisson. Pas mieux en ce vendredi matin… du moins quand les applications météo daignent bien s’ouvrir sur le smartphone qui n’a plus rien de smart quand la 3G pointe aux abonnés absents. Un rapide détour au centre-ville de Clisson pour se restaurer et récupérer la météo sur les chaînes d’information. Qui préfèrent s’en tenir à la confrontation du jour opposant la France à l’Ukraine. Croisons les doigts et décroisons les jambes. Le Hellfest 2012 est lancé. L’audience est bien couverte, exception faite de sa fange glamouze (à moins que le spandex léopard ne tienne chaud).

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A peine rentré sur le site, un premier dilemme de choix se pose. Trois groupes français ont l'honneur d'ouvrir le fest' : si l'ultra-violence intéressante mais assez dérangeante des barges de Céleste est vite écartée, deux possibilités demeurent : les jeunes loups deathcore un peu trop hypes et lookés mais ô combien talentueux de Betraying The Martyrs, contre la valeur sûre du boogie death groovy et puissant de Trepalium. On parviendra à voir à peu près un quart d'heure des deux, et le constat est sans appel : les premiers donnent tout, mais jouent avec un son assez bordélique (récurrent sur les mainstages, on le verra) en plein soleil et vent devant une Mainstage 02 forcément assez dépeuplée à cette heure matinale, mais les bonhommes sont heureux d'être là et envoient le bois, comme on dit, avec notamment un "Man Made Disaster" très efficace et rendu plus supportable par une plus grande sobriété (mise en retrait?) de la voix émo du claviériste. De son côté, Trepalium joue avec un son quasi parfait sous une Altar déjà bien bondée et ne fait regretter à personne de les avoir choisis, avec notamment un "Sick Boogie Murder" parfait, interprété en duo avec le chanteur de Klone. Une reprise alourdie de "I'm Broken" de Pantera pour terminer, et ça y est, enfin, on se dit que le Hellfest est cette fois lancé, et bien lancé !

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Le festoche a à peine commencé que déjà, les baffes pleuvent dans la Valley (pas celle de Dana, oh oh) avec un set plein de pêche et de groove des Doomriders, combo stoner encore assez confidentiel mais qui, on l'espère, ne devrait pas le rester bien longtemps vu le kiff qu'ont offert les Américains à un public déjà relativement nombreux et bien réveillé sous la plus petite des scènes du fest'. Enchaînant les morceaux bien grassement tartinés de groove et de rock'n'roll avec un métier certain et un talent indéniable ("Come Alive", "Heavy Lies The Crown", à écouter absolument), Doomriders s'est fait plaisir et a enchanté tout le monde pendant une demi-heure, contribuant à démarrer ce sixième Hellfest de la meilleure des manières. Du gras, puis du sang parce que quoi de mieux que de boire ces saintes paroles de Benighted sur le coup de midi ? Ecoutez donc : « Let the blood spill between mybroken teeeeeeeeeeth !!! Grouïk! Grouïk! » Tout un programme. Les Français déboulent sur la scène The Altar avec la banane et la pêche (pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour) et ce n'est pas pour déplaire au public clissonnais qui occupe très largement la tente. L'éclectisme est de mise: des fans, des curieux, un monsieur barbu qui se frotte nu comme un ver dans la boue déjà bien remuée… Niveau setlist, le dernier album Asylum Cave se taille une part de lion et les circle-pits sont de la partie malgré la gadoue générale. On savait le batteur Kevin Foley très fort. Malheureusement on aurait préféré que le mix laisse mieux s'exprimer ses camarades, en particulier les mélodies des guitares. En effet, la vitesse d'exécution donne une désagréable sensation de brouillon à l'oreille, ce qui ne retire en rien la qualité d'exécution du groupe et le plaisir d'headbanger bien sûr ! Le lard et la manière en résumé...

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Et comme les bonnes manières sont un concept bien de chez nous, autant reprendre une louche de notre sacro-sainte scène française qui a trusté la matinée. D'abord avec Belenos, dont le pagan a fait mouche (LIVE REPORT ICI). Ensuite, Bukowski, puis Black Bomb A s’en sont donnés à cœur joie respectivement sur les Mainstages 01 et 02. Certes chacun dans son style pour un temps de jeu cumulé dépassant les 70 minutes. Une heure dix de grand bordel, il va sans dire. Buko nous avait déjà gratifié d’une belle performance l’année passée dans un autre festival-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et nos trois Parigots ont encore enfoncé le clou. Quant à BBA, le duo Poun et Shaun  fonctionne  très bien et le groupe axe son set essentiellement sur ses deux premiers albums et le petit nouveau Enemies of the State. Petit moment de détente juste après "Mary" et son énorme ligne de basse puisqu'un énorme splif atterrit sur scène, que Shaun s'empresse évidemment d'allumer avant de délirer sur le "Exodus" de Bob Marley ! Le concert se termine avec le retour de l'ancien bassiste Etienne pour un explosif "Tales from the Old School". Qu’ajouter si ce n’est qu’il n’y a pas mieux pour rappeler néanmoins à notre bon souvenir que ce week-end reste aussi celui du deuxième tour des élections législatives. On verra les résultats à la télé ou sur le suscité smartphone. Comme pour la météo et l’Euro. Et surtout on verra cela dimanche. Pour l’heure vive la république du stoner, vive la démocratie du hardcore et vive la France. OK, les gars ?  

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OK mais changeons néanmoins de registre avec Lizzy Borden (LIVE-REPORT ICI) qui a le mérite de mettre l’accent sur le théâtral heavy et les go go danseuses trash cracheuses de feu. Les photographes ont déjà les yeux qui brillent. Borden surjoue un max, envoyant un hard US de bonne facture, moins vieillot qu’il était possible de le craindre et de l’imaginer. Un sacré set pour un des highlights de ce vendredi. En face, dans un tout autre registre, Solstafir a fait plus que de se défendre (LIVE REPORT ICI). Enchaînons fissa avec ce qui suit à l’Altar, Syriak le guitariste aux dreadlocks gigotantes nous dit que son groupe UneXpecT (LIVE-REPORT ICI) est heureux d'avoir traversé l'Atlantique pour participer au fameux Hellfest, plaisir partagé par le public en feu au bout de 45 minutes. Direction la Warzone ensuite, pour la toute première fois du fest' (pas la dernière, loin s'en faut), afin d'assister au set des Victims conseillé par des potes. On connaissait peu le groupe de thrashcore/punk réputé pour la rudesse de ses concerts, on en sortira un peu abasourdi : ces mecs jouent très vite, très fort, et c'est très, très basique. Des morceaux courts et monolithiques, un jeu de scène inexistant, les quatre baraques se pointent sur scène et balancent brûlot sur brûlot, avec un chant hurlé proprement terrifiant qui mange un peu tout le reste du son, le tout pour un résultat très binaire, abrupt et peu enclin à la gaudriole. Difficile de les allumer tant ils semblent sincères et impliqués, mais on n'accroche vraiment pas. Pas facile non plus d'accrocher à Gorod, dont le son brouillon dessert leur death technique (LIVE REPORT ICI). En plus ils ont eu la guigne sur la fin avec une sale coupure de générateur, comme quoi quand rien ne va... The Bronx s'est sûrement dit la même chose quand leur guitariste malade a dû déclarer forfait, mais ils ont su trouver la bonne solution (LIVE REPORT ICI).

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16h35 et les D sont lancés. Les D de Discharge et Darkspace qui nous contraignent à douloureusement nous séparer. Mais aussi à quitter les mainstages si le heavy n’est pas votre tasse de thé. Effectivement ces dernières sont proscrites en ce premier jour, on se rabat donc à nouveau vers la Warzone pour assister de loin à une partie de set des cultissimes crusties de Discharge. Mais culte ne veut pas forcément dire bon, et on hallucine un peu devant la pauvreté assez flagrante des compos des Américains, qui « déchargent » véritablement dans les oreilles du public, déflagration après déflagration. L'ensemble manque tout de même singulièrement d'accroche et, finalement, d'intérêt pendant une heure qui s'annonçait si roborative qu'on ne l'aura pas laissée s'écouler avant de se casser. Un genre d'écho du concert des Victims, peut-être. Quant à Darkspace, Le trio nous a asséné une grosse demi-heure de black metal ambiant  avec force blasts voire pilonnage de la boîte à rythmes. L'atmosphère dégagée est glaciale, aidée en cela par l'attitude quasi figée des musiciens, mais pour peu qu'on soit arrivé à rentrer dans leur show, leur musique est immersive. Ils ont leur univers, pas de doute. Mais il peut s'avérer moins reposant que prévu au regard de la violence de leur musique oscillant entre Gorod et Brujeria. Justement, à l’Altar, ce dernier (LIVE-REPORT ICI) a rempli sa mission : tout faire péter et lester chaque festivalier d'un bon litre de bière et de transpiration. Le seul moment de répit sera la reprise metal de la "Macarena", histoire de finir leur set avec bonne humeur.
Bonne humeur et bon esprit à la Valley également. Ceux qui pensaient s’y rendre pour se reposer sur du doom bien lent voire hypnotique ont dû se prendre un bon coup derrière les cervicales avec Orange Goblin. Les quatre Anglais ne sont pas là pour rigoler ni chanter des berceuses. On aura droit à un set punchy au son aussi puissant qu’en studio et un stoner incisif et groovy à souhait. Les gaillards tatoués feront honneur à leur dernier album sans oublier quelques pépites des albums The Big Black et Time Travelling Blues, dont l’excellent "Scorpionica" qui clôturera ceconcert de façon magistrale. Pour ceux qui n’y étaient pas, vous avez clairement raté un très bon moment du Hellfest.

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Finalement retour à un peu de Hard & Heavy, comme les premières journées du Hellfest ont par le passé si souvent su en offrir à nos esgourdes déjà endolories. Et retour à la Mainstage 01 pour le set d'Unisonic (LIVE-REPORT ICI)Une petite "Chevauchée des Walkyries" wagnerienne pour se mettre en jambes et enchaîner sur neuf titres dont deux incontournables d'Helloween ("March of Time" et "I Want Out" pour finir), justifiés par la présence de Kai Hansen et Michael Kiske. Le guitariste Mandy Meyer fait aussi partie de la fête, lui qui a connu les belles (et moins belles) heures de Gotthard.
En parlant du loup, on attendait justement Gotthard (LIVE-REPORT ICI) au tournant avec le newcomer Nic Maeder, et le test a été réussi haut la main. Allez hop, direction le Metal Corner pour voir la fin du match des Bleus... et plus si affinités, puisque la pluie ukrainienne, plus forte encore que la clissonnaise, a décalé le début du match. Tant mieux, on en ratera un peu moins, sauf si on veut voir les concerts suivants auquel cas il faudra la zapper la fin (pas grave, le score est acquis de toute façon).

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Et là, c'est un choix que seul le Hellfest est capable de nous offrir. Vous aimez la froideur septentrionale ? Direction le Temple, Moonsorrow est fait pour vous (LIVE-REPORT ICI). Vous préférez la chaleur ? Cap sur la Mainstage pour voir Lynyrd, LE groupe de rock sudiste qui a le Skynyrd et la manière de faire fleurir des drapeaux américains (et même des confédérés, la classe, on sait recevoir !) un peu partout sur  le site. On pensait Van Zant, Rossington, Medlocke et consorts capables de rameuter en terre française tout ce que l’Hexagone héberge de bikers et autres mauvais garçons amateurs de Bourbon. Que nenni ! Lynyrd, en configuration festival, c’est simple comme… leur tube "Simple Man". Premier d’une longue série parmi lesquels vont figurer "Call me the Breeze", "That Smell", "Sweet Home Alabama" et le climax terminal "Free Bird". Des hits qui réveilleront un public (seulement ?) présent pour entendre ces titres phares… et bailler au son des morceaux disons plus récents et/ou méconnus. Dommage tant certains valent le coup ("Skynyrd Nation") et tant Skynyrd ne passe que rarement en France (qui sait avec leur nouvel album attendu pour la fin août…) Un joli pari de l’organisation du Hellfest, qui laisse certes ses festivaliers les plus énervés sur le bas-côté, mais qui permet à certains d’entre eux de voir enfin exaucé leur vœu d’assister à un show des Américains sur le territoire

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Dans le même temps et avec force don d’ubiquité, un des meilleurs représentants de la scène brutal death -quand on aime danser la gigue en se démontant la nuque avec ses copains festivaliers-, ça ne se rate pas, même à l'heure du digestif. Pas de surprise concernant Cannibal Corpse à l’Altar : leur son est énorme, leurs riffs furieux, reconnaissables et monsieur George « Corpsegrinder » Fisher bien en voix. Ils nous balanceront une douzaine de leurs bombes avec la même énergie qu'à l'accoutumée. Ils aiment la scène et nous le font partager avec une patate que beaucoup leur envie. Puissant, violent et headbangant à souhait. Dans la foulée, c'est une foule importante qui se masse sous le Temple pour assister au show de Satyricon. L'orientation artistique du groupe n'a pas fait que des heureux, mais le groupe reste une valeur sûre en live avec un Satyr toujours aussi charismatique. L'accent est mis sur les titres plus black n' roll des 3 derniers albums, avec la présence des incontournables "Now, Diabolical" en ouverture et "K.I.N.G." et "Fuel for Hatred" pour finir, mais Satyricon n'oublie pas de revenir ponctuellement à ses racines, avec comme point d'orgue "Mother North", évidemment. Pas de grande surprise, mais du boulot bien fait. Idem pour Megadeth (LIVE-REPORT ICI), qui nous avait laissés quelque peu sur notre faim lors de son passage l’année dernière au festival-dont-on-ne-doit-toujours-pas-prononcer-le-nom et qui a bien redressé la barre, malgré un son capricieux qui aura généré des avis disparates sur sa prestation. Le père Dave est si content  qu’il en vient même à saluer le public présent en masse… et à prier pour lui. On espérait Diamond Dave et Van Halen cette année, mais on va se contenter d’enchainer Dave Mustaine et King Diamond histoire de boucler une boucle plus sémantique que musicale. Amen !

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Après quelques années de silence et un triple pontage coronarien (ouch…), King Diamond est de retour pour deux concerts événementiels, au Sweden Rock et au Hellfest. Pour l'occasion, le groupe a sorti l'artillerie lourde en terme de décors et de mise en scène à la Alice Cooper. Les néophytes auront sûrement eu du mal avec la voix si particulière du King et des compos plutôt alambiquées, pas faciles à apprivoiser,  et ils n'auront pas forcément eu le courage d'affronter la pluie à une heure aussi avancée. En revanche, les fans, rassurés par la forme éclatante de la Légende, n'auront pas boudé leur plaisir. Pour les amateurs de cornes d'abondance(de bière) et autres peaux de bêtes, le vendredi se termine sur le show des maîtres du metal viking. Quand résonnent les premières notes de "War of the Gods", le doute n'est pas permis, on est bien devant Amon Amarth ! Le souffle épique (et picole et grammes) prend tout le monde aux tripes, le bras levé, la gorge déployée pour entonner les hymnes du grand Nord. L'ambiance surchauffée ne retombera pas pendant les 1h15 de concert, aidée en cela par les effets pyrotechniques. Un son parfait, une set-list qui ne l'est pas moins pour un concert clôturant une belle journée metallique.

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Comme il en faut pour tous les goûts, pour finir cette première journée riche en émotions et en alcools divers, certains auront préfré filer sous la Warzone assister au set d'un groupe de hardcore culte, Tragedy (rien à voir avec les tâches R'n'B de « hey oh » - oui bon il fallait que je la fasse). On se pointe sans trop connaître, espérant la révélation. Il n'en sera malheureusement rien tant ce set rappelle celui des Victims : ça tabasse, sans arrêt, et massivement. Alors OK, cette fois on sent que le niveau technique est bien plus élevé, il y a même de vagues solos et des lignes mélodiques dont on sent qu'elles doivent tout éclater sur CD, mais en live le rendu est d'une assez effarante violence frontale, et le chant encore une fois terrifiant et supplantant tout le reste n'arrange pas grand chose. Une énorme claque dans la face pour finir cette première journée, mais dans le sens douloureux et frustrant du terme. 




Traditionnellement, il est connu qu’une première journée de festival se passe comme une mise en bouche pépère, qu’elle se déroule à un tranquille rythme de colonel. En somme que l’organisation nous met dans le bain bien gentiment avant de dégainer l’artillerie lourde pour les deux jours suivants. Que nenni pour cet Hellfest 2012 où le quidam a déjà mangé lourd et gras. Ah oui, tiens, se restaurer, ce n’est pas une mauvaise idée, mais on verra ça demain ! Ah sinon pour le foot, France 2 – Ukraine 0. Le terrain devait être moins boueux, non ?


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