Hellfest 2011


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 17 juin 2011
Jour 2 : 18 juin 2011
Jour 3 : 19 juin 2011

REPORTS DU JOUR


Apocalyptica
(JC)
Bad Brains
(JC)
Black Label Society
(Painlesslady)
Comeback Kid
(Dimebag)
Converge
(Dimebag)
Coroner
(Painlesslady)
Destruction
(Kroboy)
Hammerfall
(Kroboy)
Kreator
(Kroboy)
Scorpions
(Kroboy)
Sodom
(Kroboy)
Terror
(JC)
Whiplash
(Kroboy)


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Jour 2 :18 juin 2011



La première journée fut difficile… et la nuit encore pire. Retrouver sa tente inondée à 2h15 du matin, ça n'a rien de très fun, surtout quand l'unique solution de repli est de dormir dans la voiture sans sac de couchage. Mais voilà, on est au Hellfest, alors on se met en mode warrior et on se dépieute de bonne heure le lendemain matin, parce que les hostilités commencent dès 10 heures du matin. Samedi 18 juin, il est temps de répondre à l'appel du metal !

Après les Poitevins de Klone la veille, c'est à une autre des valeurs montantes de la scène française que revient l'honneur d'ouvrir les festivités du jour. Précédés d'une réputation plus que flatteuse côté live, les Caennais de Headcharger confirment de façon brillante avec leur mélange de stoner et de hard groovy, emmené par un frontman remuant et volontiers taquin (« on s'appelle Blackrain ! »). Une performance énergique et plutôt revigorante pour démarrer la journée. Allez Malherbe ! Lyzanxia prend le relais sur la Mainstage 2. Pour l'occasion, le groupe nous a préparé une setlist bien thrashy, avec notamment la tuerie "Time Dealer". Malgré tout, en live, on finit par avoir la même impression que sur album : c'est techniquement irréprochable, à l'image d'un Clément Rouxel intenable derrière les fûts, le groupe est très professionnel sur scène, mais ça reste un peu froid. Malgré les efforts de Franck, les frères Potvin peinent à remuer un public encore très clairsemé en cette heure matinale. Respect tout de même aux Angevins, qui ont toujours su se donner les moyens de leurs ambitions. Allez le SCO !

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Du grind au petit déjeuner, ça le fait moyen, alors vous on va y aller mollo avec Crucified Barbara plutôt que Total Fucking Destruction. Quatre filles dans un vent bien heavy, c'est un argument de vente imparable pour attirer le beau linge, ou du moins extirper les festivaliers de leur torpeur matinale (et Dieu sait si la veille a été fêtée comme il se doit par certains au regard des bobines affichées à 11h15 !) Soyons galants et honnêtes: les Suédoises ne proposent rien de bien révolutionnaire, une sorte de Mötorhead version light. Mais leur bonne humeur mélangée à une envie de bien faire passe particulièrement bien au petit-déjeuner, élément à ne jamais négliger si l'on en croit les nutritionnistes. Beaucoup moins light, la performance de Nasty. Les organisateurs du Hellfest nous l'avaient promis, le début de journée sous la Terrorizer Tent n'aura connue qu'un seul mot d'ordre : violence. A peine 11h30 et les coreux marquent  déjà leur territoire dans le pit à coup de moulinets et de mosh-dances. D'ailleurs autant le dire tout de suite, il fallait avoir les pompes bien lacées pour survivre à cette journée.

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Sur la Mainstage, Whiplash donne le coup d'envoi de la journée thématique thrash old school (report détaillé ici). Les vétérans de Angel Witch prennent la suite avec leur line-up sans cesse remanié, qui comprend désormais Bill Steer à la guitare. On constatera avec plaisir que l'indéboulonnable leader Kevin Heybourne tient la grande forme, tant physiquement que vocalement. Les 40 minutes de show auront essentiellement été consacrées à l'album éponyme, mais on regrettera qu'Heybourne enchaîne les morceaux sans se soucier réellement du public. Au final, il aura fallu attendre le dernier morceau, évidemment le grand classique "Angel Witch", pour que l'ambiance décolle un peu. Le thrash alambiqué de Mekong Delta ne nous disant pas grand-chose, retour sous la Terrorizer Tent pour voir les Australiens de Deez Nuts, dont l'aspect hip hop se perd un peu en live. Le concours de slam est lancé et la vigilance est de rigueur pour tous ceux qui veulent éviter un coup de rangers en pleine poire. Un set de hardcore couillu et impeccable, avec une grosse énergie sur scène et une ambiance bon enfant (mine de rien) dans le public.

Choix cornélien ensuite entre Hail Of Bullets et Hammerfall. Il faut trancher, et on se fera botter le cul par Martin Van Drunen une autre fois. Bonne pioche, puisque les Suédois nous ont offert un excellent moment de heavy metal (report détaillé ici). On attendait ensuite leurs compatriotes de The Haunted, mais ce sera pour plus tard : Peter Dolving ayant raté son avion, il faudra attendre 1 heure du matin pour voir le groupe, reprogrammé à l'arrache au Metal Corner. Comme si ce n'était déjà pas assez compliqué de choisir entre Coroner, Tryptikon et les Bad Brains ! Du coup, les organisateurs ont décidé d'inverser les choses et de reprogrammer en catastrophe Hemoragy, initialement titulaire du créneau en question au Metal Corner. C'est donc avec leur thrash / death bancal qu'il faut prendre son mal à patience, mais bravo tout de même à eux d'avoir assuré dans des conditions forcément pas évidentes… Sinon, il y avait Raw Power, qui nous a livré une sympathique prestation crust devant un public pour une fois moyennement fourni. Il faut bien s'accorder une petite pause de temps en temps si on veut tenir jusqu'au bout !

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Nous, on la poursuit pendant UFO et Exhumed pour mieux réattaquer avec Shai Hulud. Les voir en live était déjà une petite victoire tant le génial (pour les coreux du moins) combo de Poughkeepsie se fait plus que rare dans nos contrées. Bien joué de la part de l'organisation de les avoir chopés. Mais voir en bonus des mecs au taquet, maîtrisant à fond leurs instruments, heureux d'être là, avec notamment un Mike Moynihan en forme olympique au chant et revendicatif à souhait, ce fut un grand moment de kif en ce deuxième jour de festival. Retour ensuite devant une Mainstage gonflée à bloc avant le passage de Municipal Waste. Très attendus, les Ricains n'ont pas déçu avec un set déjanté, entamé sur la musique de Rocky IV. Ryan Waste et Tony Forresta sont très en verve et multiplient les interventions débiles, se souvenant même du wall of death foireux de 2008 !. Le public se donne à fond sur les titres phare comme "Wrong Answer", "Unleash The Bastard" ou l'inévitable "Born To Party". Un set bonnard, mais au risque de paraître blasé, quand on a vu les barjots de Richmond en club, les voir sur une grande scène n'a pas tout à fait la même saveur.

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Encore un choix difficile ensuite : tant pis pour Skyforger (dommage, il paraît que c'était excellent), on opte pour le classic rock de Thin Lizzy. Emmené par un Scott Gorham qui a toujours autant la classe, les Irlandais revisite leurs plus grands tubes, et ils en ont un paquet ! Dans son rôle de frontman, Ricky Warwick est parfait et fait taire tous les sceptiques. Les musiciens ont tous la banane et profitent à fond de l'accueil très chaleureux du public du Hellfest, tout en assurant comme des bêtes (ce Marco Mendoza, quel bassiste !). Ceci dit, avec encore un membre historique de moins en l'absence de John Sykes, on a de plus en plus l'impression d'avoir affaire à un (auto-)tribute band. Changement radical de style dans la foulée : c'était soit la Mainstage avec ce drôle d'enchaînement entre le thrash de Destruction (report détaillé ici) et le metal symphonique, si on peut le dire ainsi, d'Apocalyptica (report détaillé ici) ; soit les tentes avec la grosse baffe hardcore Comeback Kid (report détaillé ici) puis le black metal racé de 1349, qui a comblé les fans du genre, une nouvelle fois plutôt sevrés cette année.

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Il est déjà 20 heures, et les gros morceaux se succèdent aux quatre coins du site. Si Sodom joue sans réelle concurrence (report détaillé ici), si ce n'est Times Of Grace qui boucle un set monstrueux porté par un grand Jesse Leach, derrière il y en a pour tous les goûts. Les fans de heavy burné trouveront leur bonheur avec le Black Label Society de Zakk Wylde (report détaillé ici), tandis que les amateurs de death raffiné jetteront leur dévolu sur Septic Flesh. Quant aux fans de crossover, ils se seront rués sous la Terrorizer Tent pour le set des rarissimes D.R.I. La jeune génération a sans doute découvert que Municipal Waste n'a rien inventé : Kurt Brecht a sûrement fait office de modèle pour Tony Forresta, et Spike Cassidy, revenu de loin après avoir bataillé contre le cancer, vit le moment à fond. En 50 minutes, le groupe aligne un max de compo sans débander une seule seconde. Une fois de plus, la fosse a pris cher ! Et encore, comparé à la suite, c'était une simple petite récréation. Car dans la foulée, il y a avait deux alternatives possibles : soit l'anéantissement par Kreator (report détaillé ici), soit l'extermination par Terror (report détaillé ici) !

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Pour beaucoup de monde, cette journée du samedi, était la plus riche des trois. Sous la pression des fans, les rarissimes Bolt Thrower ont été décalé pour ne pas jouer en même temps que Coroner, l'autre exclu du festival. Pas de bol pour ceux qui avaient déjà prévu de mater Scorpions ou Converge et qui n'ont pas pu voir les Anglais, qui ont fait un tabac sur leur propre stand de merchandising malgré des horaires d'ouverture très limités. Apparemment, leur set fut dantesque, tout comme celui de Converge (report détaillé ici) ; on ne pourra pas en dire autant de Scorpions, attendu avec impatience par un public très fourni mais qui a livré un show en demi-teinte (report détaillé ici). Grand moment d'émotion ensuite avec l'hommage à Patrick Roy, rendu de fort belle manière avec beaucoup de sobriété. Avec "For Those About To Rock" en musique de fond, ce sont de nombreuses photos du défunt député, fournies par les festivaliers eux-mêmes, qui défilent sur l'écran géant pendant le traditionnel feu d'artifice. L'organisation en aura profité pour rendre un hommage à Dio, Peter Steele ainsi qu'Eric Ledroit, l'ancien chef de la sécurité.


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Après ce moment solennel, il y avait encore de quoi déguster pour les festivaliers affamés et pas encore repus. En plus de The Haunted au Metal Corner, on pouvait savourer sur la Mainstage le grand retour de Coroner, visiblement très réussi (report détaillé ici). Sous une Terrorizer Tent une nouvelle fois bondée, les Bad Brains donnaient un set haut en couleurs (report détaillé ici). Enfin, avec Tryptikon sous la Rock Hard Tent, c'était carrément la grand-messe. Déjà massif sur CD, le son du groupe s'épaissit encore en live. La musique prend un tour encore plus théâtral, tandis que Tom G. Warrior se révèle plus charismatique et inquiétant que jamais. Tryptikon s'appuie évidemment sur ses propres compositions, mais revisite aussi le répertoire de Celtic Frost : les classiques issus des trois premiers albums, comme "Procreation Of The Wicked" ou "Circle Of Tyrants", mais aussi deux titres de Monotheist, dont ce nouveau projet est en quelque sorte le prolongement. C'était donc une fin de soirée en forme d'apothéose : quel que soit votre décision finale, vous étiez assurés de prendre une énorme claque.


Cette journée du samedi était à la fois excitante et effrayante. Excitante parce qu'elle était dotée d'une programmation 4 étoiles qui prenait des allures de véritable casse-tête à partir de 21 heures, et même dès 17 heures pour les festivaliers aux goûts les plus éclectiques ; et effrayante, parce que 16 heures de metal non-stop qui se dressent devant vous, avec quasiment aucune pause possible du fait qu'il y avait toujours au moins un truc intéressant, c'est un véritable défi. Et pourtant c'est passé à une vitesse folle, on en a pris plein les yeux et les oreilles… et c'est ça qu'on aime dans le Hellfest.


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