Le Djent, genre à part ou simple onomatopée ?



 


I. Aux origines : qu’est-ce que ce djent dont tout le monde parle ?



C’est désormais l’heure pour vous de rentrer dans le monde du djent, style récent (mais plus si nouveau que ça) encore en vogue en ce milieu des années 2010.
Mais avant de franchir ce palier dissonant, arrêtons-nous quelques instants sur un point de grammaire philosophique : qu’est-ce qu’un style précisément ? Car c’est là toute la question finalement. Un style doit pouvoir se conformer à la personne qui le fait vivre. Pour exister, il se doit d’être vivant, en mouvement, en constante évolution ou tout du moins, subir des modifications dans le temps pour se rafraîchir et ne pas décrépir. C’est comme ça que l’on se retrouve avec une pléthore de styles issus de divers croisements dans le temps. Il suffit de voir aujourd’hui l’appellation des différents styles pour s’en apercevoir – et pas seulement dans le monde du metal. D’autres échappent encore à la règle et peuvent être considérés, selon certains critères, comme un « nouveau style » à part entière et vont adopter un nom unique, pour se démarquer des autres dénominations. Alors bien sûr, celui-ci ne sort pas de nulle part non plus, il n’est pas ex nihilo, mais a au moins le mérite de se démarquer de la masse et de se reconnaître assez facilement.


1. Étymologie du terme.

C’est donc le cas du djent, dont le nom serait tiré – d’après les mythes et légendes ancestrales – du son particulier que produisent les cordes des guitares quand elles sont grattées de manière étouffée avec un accordage beaucoup plus bas que la normale, et tout cela donnerait une onomatopée en version anglaise qui se rapprocherait de « djent ». Si tout cela est confus pour vous – et cela peut se comprendre – peut-être qu’un visuel sera d’une meilleure aide pour vous immerger dans ce monde particulier, parfois qualifié de binaire.


2. Histoire du genre

En ce qui concerne sa paternité, on l’attribue massivement en faveur du mythique groupe suédois Meshuggah taré »  en hébreu). Mais attention, on ne peut pas qualifier leur musique comme étant du djent, à-priori. D’ailleurs, à l’heure qu’il est, des recherches sont encore activement mises en place afin d’élucider quel style pratique réellement le groupe. On sait à peu près que les gars font une sorte de thrash metal teinté de plein d’influences, dont celui qui nous intéresse ici, et seraient donc les précurseurs d’un style qui évoluera vers le djent. Mais d’après les quelques autres tests ADN effectués en amont, un autre homme pourrait aussi revendiquer la filiation de ce style, en la personne de Misha Mansoor, un des membres fondateur d’une figure déjà mythique du genre, Periphery, mais qui a posé les premières bases par l’intermédiaire de son projet solo intitulé Bulb. Par la suite, et des années après les premières fondations posées par Meshuggah, d’autres groupes comme SikTh, Textures, Fellsilent, TesseracT, Animals As Leaders, ou Volumes ont poursuivi l’entreprise initiée par les Scandinaves. La réelle première vague djent est apparue au milieu des années 2000, avec pour terreau fertile les États-Unis et l’Angleterre, et a commencé à s’étendre et déferler à partir des années 2007/2008.

3. Implantation géographique


Le djent est un produit qui s’exporte massivement et dans pas mal de pays hors du Vieux Continent. Bien évidemment, celui-ci pullule en masse dans le grand pays qui l’a presque vu naître : les États-Unis. Je m’avancerais même à dire, sans trop prendre de risques, qu’au moins un groupe sur deux est originaire du pays aux cinquante États. Mais son implantation est également très forte au Canada et en Australie, ainsi qu’en Angleterre, en Allemagne, en Suède, en Russie, en Suisse et, dans une moindre mesure, en Argentine, en Inde, en Espagne et en France (liste non-exhaustive bien sûr). Preuve que ce style commence à se faire connaître un peu partout : certains pays pouvant paraître totalement étanches niveau metal - qui n’est pas forcément le point fort de leur culture musicale - ont commencé à se l’approprier, comme la Turquie, le Koweït, les Émirats Arabes Unis, la Macédoine, la Biélorussie ou encore la Hongrie et la République Tchèque.

Quant aux amateurs de djent, une carte datant de 2010 nous montre la répartition de ceux-ci à travers le monde. Et le constat est assez criant : pas moins de 147 pays sont concernés.

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