Une brève histoire du metal noir



 


Tentatives de renaissance



1998 et 1999 auront marqué un très net ralentissement de la production black, tant en quantité qu'en qualité. Les groupes majeurs ne sortent presque plus d'albums ou mettent de l'eau dans leur vin. Les nouveaux se font rares et aucun ne perce vraiment. Bref, le genre est moribond après avoir vécu un début de décennie totalement fou. Seul grain de folie, et pas des moindres, Taake, encore norvégien qui manie le sale, le cru, le malsain et la mélodie pour marier les meilleurs éléments de Darkthrone et Emperor dans un magnifique Nattestid..., brillant de conservatisme et de nouveauté. 
 
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« Sombre et glacé, traditionnel et nouveau »

2000 est la date choisie par LE groupe pour faire son retour définitif. 6 ans après son unique album et après un mini convaincant, Mayhem refait surface, sans son guitariste fondateur bien sûr, mais avec Hellhammer à la batterie, dans le groupe depuis 1989, et Necrobutcher à la basse présent dès les débuts. A ceux-ci se sont greffés Maniac au chant, un retour donc, et Blasphemer à la guitare qui prend en main la composition aussi. Le moins qu'on puisse dire c'est que ce retour fait parler ! 
Imaginez que le groupe est revenu avec un album faisant allègrement la part belle à l'expérimentation, et il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Electro/trip hop par endroit, froid et mécanique dans d'autre, martial ailleurs, du chant clair par endroits, le black metal ne nous avait que peu habitué à ça, voire pas du tout. Le public est quelque peu médusé par ce retour et les fans de la première heure sont évidemment déçus. Mayhem acquiert par contre un immense respect en contrepartie de toute une nouvelle frange de mélomanes. Un indispensable de black moderne et une sacrée claque au cul de tous. Le groupe se permet de marquer le genre une 2e fois. 
 
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« PAM !!! Dans la fourmillière du black ! »

Le France commence à sortir de l'ornière via Seth qui a produit un remarqué Les blessures de l'âme en 1998 et qui réédite l'exploit avec un L'Excellence, enregistré en Norvège, sorte de brûlot polaire et expérimental, un peu, avec ses guitares sèches. Riffs acérés et production froide en font un indispensable. L'année suivante Nehemah rejoint les troupes françaises avec Light of a Dead Star … qui renvoie directement à Darkthrone et A Blaze in the Northern Sky, la qualité presque équivalente ! Et Belenos explose enfin avec un vrai batteur pour produire Errances oniriques qui reste son meilleur album à ce jour, une merveilleuse démonstration de black metal cru et superbement joué et composé. La France entre donc dans l'échiquier du black metal de fort belle manière, et fait oublier les tristes légions noires qui firent plus de mal à notre pays qu'autre chose via des productions à la qualité plus que douteuse. Seul Mütiilation réussira à s'en sortir au final.
 
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« Une jolie brochette à la française  »

Immortal est fidèle à ses habitudes et pond un énième album de qualité, Damned in Black cette fois. Plus martial et violent que son prédécesseur, il satisfait les amateurs de la frange plus extrême du genre qui croient entrevoir un retour aux sources. Emperor meurt dans son coin avec un dernier Prometheus bancal, étouffé par son ambition. Il arrive toutefois à prouver pourquoi Emperor s'est appelé Emperor par instants, et il faut absolument écouter "Thorns on my Grave" lorsqu'on aime le black metal.
 
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« Bye bye... » 

Darkthrone qui n'avait jamais vraiment quitté le navire retrouve de la vigueur avec un PlagueWielder qui remet les pendules à l'heure : ils sont le black metal. Un son toujours limite, des riffs hantés et une ambiance glaciale que… seuls eux savent créer avec une telle aisance. Pourtant 2001 malgré son marasme va voir sortir l'Album de Dimmu Borgir. Puritanical Euphoric Misanthropia déboule avec le statut de premier album de black metal enregistré avec un véritable orchestre sous ses ordres. Comme le groupe a en plus décidé de faire des riffs de tueurs, il ne se réfugie pas derrière le facile argument symphonique, et d'abandonner la pop avec un son énorme, bien que trop triggé pour la batterie, il accouche tout simplement du 2e choc de la décennie après Mayhem. Fantastique et majestueux. 

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« Gasp, se dit d'un habitant de la Gaspégie, mais aussi à l'écoute d'un album monumental »

Immortal sort Sons of Northern Darkness en 2002, ce qui est peut-être sa plus grande réussite de mélange entre black froid et violent et gros son à riffs heavy. Le groupe entame malheureusement par la suite une longue parenthèse qui se finira en Septembre 2009. Satyricon s'engage sur une voie plus catchy avec Volcano qui dévoile des éléments thrash et groovy et qui met en valeur la subtilité du jeu de Frost, véritable grooveur en diable. Shining enfin fait parler de lui, avec son leader charismatique Kvarthforth par le biais d'un black metal suicidaire nouveau par son mélange de rythmique lancinante à des ambiances plus typiquement black metal. Son III est une réussite qui plongera de nombreux auditeurs dans la dépression. 
 
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« Le black metal, ce sont avant tout des personnes attachantes »

Ce sera à peu près tout pour cette année bien pauvre… A condition d'oublier un imparable album de pur black metal qui se permet d'avoir une personnalité forte tout en suivant tellement à la lettre les préceptes du black metal qu'on en chialerait. Cet album a un nom, Far Beyond the Light, et son géniteur est Leviathan, qui n'a malheureusement plus rien sorti à ce jour. Pendant ce temps là, la graine a pris sur le Nouveau monde et des formations comme Leviathan (rien à voir avec le Suédois précité) ou Xasthur apportent un regard nouveau et dérangeant sur le genre. Et consacrent également le système du « one-man band ». Très crades, très lancinantes des fois, dissonantes et oppressantes, ces entités font parler d'elles et prouvent que les Etats-Unis, malgré leur culture absolument pas propice au black peuvent produire des groupes bons, originaux et à la personnalité fortement marquée. 

A écouter : 

Dimmu Borgir - Sympozium
Immortal - One by One
Satyricon - Angstridden








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