Death-metal : les hérétiques



 


Toutes les dérives ne sont pas gothiques



Tous les hérétiques du death-metal ne sont pas de la même secte. Tous ne s’habillent pas en noir et ne passent pas leurs journées à pleurer… Certains ne renient en rien leurs origines métalliques mais modèrent leur agressivité death à base de claviers, de chants heavy classiques et d’influences prog.

L’un des exemples les plus connus (et réussis, il faut bien le dire) est le cas d’Amorphis et son second album, Tales from the Thousand Lakes.

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Le début d'une belle histoire

Leur premier album proposait du death-metal honnête, mais celui-ci, changement de décor. Des claviers sont massivement introduits dans les compos, et les chants death, encore présents, alternent cependant avec un chanteur à voix claire. Un album qui est devenu une référence métallique. Les morceaux sont très accrocheurs, et la puissance est (encore) au rendez-vous. 

Black Winter Day 


Tout aussi reconnus par le monde métallique, et même au-delà dans ce cas-là, The Gathering a sorti avec Always une merveille d’album death  atmosphérique.

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Pas encore de chanteuse...

Certains ne savent peut-être pas qu’avant de jouer du prog-rock, les Hollandais  n’avaient pas de chanteuse mais un grogneur (certes parfois secondé par une vocaliste) et jouaient de la musique de brutes. Enfin, de semi-brutes, pas de brutal death au programme, mais des morceaux lourds et mélodiques, appuyés par un clavier omniprésent (au son hélas un peu bontempi…). L’ambiance de l’album est déjà proche du prog et des morceaux comme "Subzero" (et son final époustouflant de puissance) ou "King For a Day" (avec son break tout bonnement divin) font mouche.

Subzero
King For a Day


Autre groupe unanimement acclamé, Opeth a eu une vie avant My Arms, Your Hearse et Still Life. Et quelle vie ! En 1995, Mike et sa clique sortent Orchid.

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Les pochettes sophistiquées, c'est pour plus tard !

En réécoutant cet album, on se rappelle qu’avant de proposer un death metal progressif au format relativement standard (quant à la durée et à l’accessibilité des morceaux tout au moins), Opeth n’était pas tout à fait l’Opeth qui a connu le succès. Orchid offre à l’auditeur sept chansons, la plupart extrêmement longues, aux schémas relativement complexes, bien plus difficiles à fredonner sous la douche que "Harvest" par exemple. Passages de métal classiques, intermède au piano, somptueuses guitares classiques presque flamenco, breaks inattendus, Orchid est tout cela. Il s’écoute en une seule fois, et il est très dur de ressortir un titre plutôt qu’un autre.
Après le deuxième album Morningrise, Opeth a certainement gagné en efficacité et a forgé son identité. Mais il est devenu un peu plus prévisible aussi.

The Apostle in Triumph


Tous les groupes suédois n’ont pas connu la brillante carrière d’Opeth. Crypt of Kerberos est l’un d’entre eux.

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Un album injustement méconnu

Passé totalement inaperçu, leur unique album World of Myths est cependant une réussite. Résolument death metal, cet opus est certainement celui qui est le plus à la limite du hors-sujet dans ce dossier. Mais tout de même, World of Myths est un régal pour tous les fans de death mélodique : les guitaristes y sont en verve et comblent nos oreilles d’interventions judicieuses. Quelques morceaux incluent un chant clair très convaincant, ce qui donne un côté classique au pur death de ces Suédois inspirés.
A écouter en priorité : avaler d’un trait les trois premières chansons. Ça fait du bien par où ça passe…

World of Myths
The Canticle
 







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