Death-metal : les hérétiques



 


L'Europe continentale également atteinte...



Toujours en 1992, le mal s’étend à des pays abritant déjà un certain nombre d'infections musicales… Les Allemands de Pyogenesis sortent le surpuissant EP Ignis Creatio

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Puissance germanique sans lendemain

Quel dommage qu’ils n’aient pas persévéré et soient allés explorer des horizons musicaux vraiment différents ! Après ce fameux Ignis Creatio et le un peu moins inspiré Waves of Erotasia, nos Allemands s’en furent sous d’autres cieux. On regrettera légitimement qu’ils n’aient pas enregistré d’albums dans la lignée de cet EP. Ignis Creatio est carré, rentre-dedans sans pour autant négliger ni les chœurs féminins ni quelques nappes de claviers bien senties. Deux morceaux sont à écouter à tout prix : "Still Burning Fire" (avec sa petite surprise initiale) et "Underneath Orion Sword".

Still Burning Fire
Underneath Orion Sword


Du côté de la Hollande, les membres de Celestial Season semblent avoir écouté les œuvres précédentes et visiblement, ça leur a donné des idées… et des bonnes puisque Forever Scarlet Passion est un album magnifique.

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Un groupe de Hollande, le poing et la rose... des chansons royales... 

L’opus offre un double visage à l’auditeur : du doom gothique (avec du violon joliment intégré) et pleureur à souhait d’une part, des breaks métalliques très accrocheurs et bienvenus pour secouer un peu la tête quand même (on n’est pas obligé de chialer tout le temps, que diable !)
Si les gars ont aussi changé leur approche musicale au cours de leur histoire, ils ont quand même pris le temps de produire un autre bel album du même style, intitulé Solar Lovers.

Cherish My Pain
In Sweet Bitterness/Ophelia
For Eternity


Même année, en Suède, Katatonia sort son premier album Dance Of December Souls.

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On n'est pas des éphèbes, mais on fait de la bonne zique

Certain se demanderont sûrement ce que fout un groupe comme Katatonia dans un dossier sur le death… D’accord, nos Suédois étaient à l’époque plutôt orientés black-metal, mais tout de même, leur premier album se situe à la frontière entre black et doom-death. Et il est tellement bon, cet album, qu’il aurait été dommage de ne pas l’évoquer... Totalement mélodique, totalement mélancolique (totalement chiant diront les détracteurs du style…), l’album Dance of December Souls propose un certain nombre de joyaux.
A retenir : "Gateways of Bereavement", "In Silence Enshrined", et, bien sûr, le mythique "Tomb of Insomnia" et son inoubliable partie acoustique (le groupe en jouera une similaire sur l’EP For Funerals to Come).

Gateways of Bereavement
In Silence Enshrined
Tomb of Insomnia


Dans un registre totalement funèbre, les Finlandais de Thergothon sortent en 1994, l’album fondateur du funeral-doom, le mythique (jamais le mot n’aura été aussi approprié) Stream from the Heavens qui reprend et complète avec brio la démo Fhtagn-Nagh Yog-Sototh.

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Quand le deuil devient beau

Les riffs pèsent trois tonnes chacun et le chanteur a une voix qui fait passer les trois-quarts des chanteurs de death-metal pour des sopranos. A côté, tous les autres albums décrits dans ce dossier sont guillerets.
De cette noirceur extrême, émergent cependant des éléments d’une beauté incontestable, parties acoustiques et nappes de clavier féériques. En témoigne le très poignant "The Unknown Kadath In the Cold Waste", moment de pure émotion.

The Unkown Kadath in the Cold Waste


Pendant ce temps, Therion continue sa mue. Venu des profondeurs death-metal, le célèbre groupe scandinave a vu sa musique subir de profonds changements pour arriver au métal gothico-symphonique actuel. Symphony Masses : Ho Drakon Ho Mega est encore bien un album de grogneur, mais commencent à surgir les mélodies « therioniennes » et autres éléments symphoniques, de claire obédience Frostienne, qui deviendront (pour le meilleur et pour le pire) la marque de fabrique du combo.

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Ho Drakon... marque un tournant

Dark Princess Naamah
Symphoni Draconis Inferni
 







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