Death-metal : les hérétiques



 


Les premières pierres



1987 : Celtic Frost pose la première pierre

Cités par d’innombrables groupes comme influence, nos amis suisses sont-ils les véritables précurseurs du death et du black-metal ? A chacun de juger, mais ce qui est clair, c’est que ces musicos ont touché beaucoup de registres et une œuvre comme Into The Pandemonium est un des premiers albums de métal « extrême » à oser s’aventurer sur des terrains musicaux aussi différents que l’électro ("One in their Pride"), la dance (les chœurs de "I won’t dance"), le hard-rock ("Mexican Radio"), l’orchestration symphonique ("Rex Irae" et "Oriental Masquerade"), et aussi le gothique, en intégrant, et pas à petite dose, des vocaux plaintifs dans la pure lignée du regretté Rozz Williams ("Mesmerized", "Sorrows of the Moon", "Caress Into Oblivion"…).
Le tour de force de l’album est d’être relativement cohérent et de proposer une ambiance inquiétante, assez fascinante. Il n’est pas l’album parfait, mais plutôt le grand précurseur du métal à ambiance.


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L'iconoclaste Into the Pandemonium


Nous ne sommes alors qu’en 1987, et l’opus fait figure d’OVNI dans la planète métal… 

I Won’t Dance
Sorrows of the Moon
One in their Pride
Rex Irae


1990 : Nocturnus franchit le pas… 

En pleine déferlante death, Nocturnus, groupe de l’ancien batteur de Morbid Angel Mike Browning, ose commettre LE sacrilège : sortir The Key, œuvre totalement death-metal, mais bourrée (mais alors bourrée…) de claviers. En pleine surenchère de violence, l’album crée la différence.
Peu de similitudes néanmoins avec Celtic Frost : l’ambiance est ici aux antipodes de la poésie gothique du groupe suisse. Mike et ses amis proposent une atmosphère de science-fiction, les synthés étant utilisés pour l’illustration musicale de prouesses technologiques et pour effrayer (un peu) son auditoire.
Peut-être pas le meilleur album de death de l’histoire, mais la musique proposée est néanmoins intéressante et pas seulement pour la nouveauté. Les structures des morceaux sont travaillées et les instrumentistes sont loin d’être manchots.

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Le trip "Evil SF" ne fera pas beaucoup d'émules, mais l'introduction des claviers, oui. 

Nocturnus sortira par la suite un second album intitulé Thresholds, également de bonne facture. Peu de groupes suivront la voie « SF » ouverte par ces Américains, mais il n’empêche que Nocturnus aura décomplexé le monde du métal extrême : on peut être méchant et jouer des claviers… 

Lake of Fire



1991 : Paradise Lost sort Gothic

Une chronique, ni bonne ni mauvaise, de Phil Pestilence dans Hard-Rock Magazine et guère plus… En France tout au moins, on ne peut pas dire que la sortie de Gothic aura bouleversé les foules.
C’est vrai que bon, la pochette est assez… étonnante, et la musique proposée pas forcément tape-à-l’œil. L’album comporte un certain nombre de maladresses de composition et de chansons pas forcément intéressantes. Mais il y a au moins un morceau qui mérite une attention plus poussée, la première, celle qui porte le nom de l’album. Gothic résume à elle seule l’essence du « gothic doom-death », à savoir :  un duo de voix mixte (un grogneur et une princesse), des guitares lourdes, lentes et un peu sales, appuyés par des claviers qui n’ont pas honte de s’afficher comme tels. Et de jolies mélodies, mélancoliques à souhait. La recette a été bien exploitée…
Par la suite, Paradise Lost s’éloignera de ce style pour proposer un métal plus « propre » (et même une incartade « Depeche-modienne ») avec la réussite que l’on sait, mais ne reniera jamais son amour pour la musique gothique (cf. ses reprises de "Xavier" de Dead Can Dance et "No Time To Cry" de Sisters of Mercy).


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Oh la jolie pochette...

Gothic







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